City Power!

Plus de 84 % de la population suisse vit dans un espace urbain. C’est ce qu’indiquent les statistiques publiées par l’OFS le 28 août dernier. Des communes relativement petites et encore considérées comme rurales il y a quelques années accèdent désormais au rang de villes. Si ces notions peuvent faire l’objet de considérations plus ou moins subjectives, il est indéniable que l’importance des agglomérations s’est décuplée au cours des dernières décennies. Au-delà des chiffres, ce sont réellement les modes de vie qui ont changé et la mobilité qui a explosé. La population a pris conscience de l’existence et de l’identité des agglomérations et s’est habituée à en exploiter tout le potentiel, qu’il s’agisse de vie professionnelle, d’études ou de loisirs. Les plus grandes en Suisse sont celles de Zurich (1,3 million d’habitants), Bâle (850 000) et Genève (820 000), les deux dernières étant largement transfrontalières. Ainsi les agglomérations helvétiques regroupent non seulement plus de six millions d’habitants en Suisse, mais encore plus d’un million à l’étranger.

Nous avons tous observé et vécu cette évolution, aussi profonde que rapide. Ainsi des hôpitaux cantonaux se sont partagé certaines tâches afin d’éviter de coûteux doublons (CHUV et HUG en sont un exemple), les universités et les hautes écoles se constituent en réseau (l’EPFL a créé des laboratoires à Genève, en Valais, à Neuchâtel et même à Bâle ainsi que des chaires conjointes avec l’UNIL), et nombre de sociétés sont devenues des groupes qui déploient leurs activités sur tout le pays et au-delà (plusieurs bureaux d’ingénieurs bien connus en Suisse romande en sont de bons exemples). Nous pourrions continuer cette liste en analysant presque n’importe quel secteur d’activité, des coiffeurs aux imprimeurs, des mécaniciens aux médecins.

Ces connexions locales donnent l’impulsion à des liens renforcés entre deux ou plusieurs grandes villes voisines. Et ainsi de suite à des échelles toujours plus grandes, les mégapoles constituant un réseau international privilégié. Il y a donc «la manière dont on divise le monde légalement et la manière dont on utilise le monde», comme le dit l’expert de géopolitique Parag Khanna dans notre interview à lire en page 14.

Aujourd’hui c’est aussi – et surtout – l’exploitation des données digitales qui force une nouvelle évolution des villes. Un enjeu stratégique sur lequel les collectivités publiques ont encore bien des progrès à faire. La gestion géographique et physique du territoire reste certes essentielle, la gestion numérique devient pour sa part vitale.

Les villes sont donc au centre de milles enjeux. Si la carte de la Suisse change, les frontières administratives et politiques, elles, semblent presque immuables. Là aussi, une réflexion devrait être menée et l’autorité des villes, des agglomérations ou des régions peut-être revue et renforcée. City power!

Hors-série 2017

Découvrez notre Hors-Série 2017 – Spécial villes et travaux publics

Chaque année entre octobre et novembre, votre magazine se décline en Hors-Série. Un numéro centré sur les enjeux de l’urbanisation, de la « chose publique » dans son sens le plus large avec  un focus pointé sur le futur. Selon les dernières statistiques de l’OFS, plus de 84% de la population suisse vit dans un espace urbain. Ainsi, dans les faits, les pays deviennent les banlieues des villes. Ceci appelle à la création de nouvelles infrastructures et de nouveaux services, sans oublier de conserver le patrimoine. Découvrez notre dossier « Smart City », nos reportages sur le nouveau centre de maintenance et d’entretien des Transports Publics fribourgeois et sur le Viaduc de la Venoge et apprenez comment des villes romandes prennent soins de leurs vieilles pierres.

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Force intérieure

Hôpital Riviera-Chablais, Rennaz

Situé à Rennaz, l’établissement inter cantonal de soins aigus hébergera 350 lits, un large plateau technique et des services ambulatoires. Son volume, bien qu’imposant, est travaillé avec savoir pour dialoguer avec son environnement. Patios et cours intérieures permettent à la lumière naturelle de pénétrer jusqu’au coeur du bâtiment et offrent des espaces de sérénité et d’intimité aux patients.

Le futur Hôpital Riviera-Chablais se situe dans la commune de Rennaz, emplacement stratégique à l’union du canton de Vaud et du canton du Valais. Établissement intercantonal de soins aigus, il rassemble 350 lits d’hospitalisation, un large plateau technique et des services ambulatoires. Initiée pour des raisons techniques et économiques, et pour garantir la pérennité de soins de qualité sur la Riviera vaudoise et dans le Chablais, la réalisation de l’Hôpital Riviera-Chablais viendra remplacer les deux hôpitaux de la Riviera et du Chablais, et cinq sites de soins aigus existants.

En regroupant les soins aigus sur un seul site, le nouvel hôpital permettra de mieux répondre aux demandes de spécialisation, ainsi qu’à l’augmentation des maladies chroniques et des polypathologies liées au vieillissement de la population. Il consti- tuera le cœur d’un nouvel ensemble hospitalier, au service d’un bassin de population d’environ 180 000 personnes. Il accueillera près de 2000 personnes.

Activité / intimité

Conçu sur trois niveaux principaux, le bâtiment se glisse à l’horizontale dans le paysage. Tapi dans la vallée, il s’inscrit autant à l’échelle du territoire qu’à l’échelle locale ….

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Tout le monde veut bouger!

L’OCDE considère que l’Europe constitue la plus grande opportunité pour du capital institutionnel, vu les besoins du Vieux Continent en nouvelles infrastructures ou en rénovation d’anciennes. Pour donner un ordre de grandeur limité à un seul pays: à fin 2016, le Gouvernement britannique a publié son «National Infrastructure and Construction Pipeline», qui prévoit des dépenses publiques et privées de l’ordre de 100 milliards de livres sterling à l’horizon 2021.

Par rapport à l’Amérique du Nord, les pays européens ont moins l’habitude de financer leurs grands projets au travers d’obligations privées. Il faut donc qu’emprunteurs et promoteurs de projets s’apprivoisent: ils doivent s’habituer les uns aux autres, à des conditions d’investissements, à des présentations de renseignements financiers et des documentations différentes de ce qu’ils connaissent usuellement. Les institutionnels doivent aussi se familiariser plus en détail avec les caractéristiques souvent complexes du secteur des infrastructures.

Ce pas franchi, les projets s’avèrent nombreux. Pour donner quelques exemples, le fonds de dette d’infrastructures géré par UBS Asset Management a récemment investi dans le refinancement d’un opérateur de ferries reliant la Suède au Danemark, dans des centrales solaires photovoltaïques en Espagne, dans une autoroute en Irlande ou encore dans un portefeuille de terminaux de stockage de produits chimiques et pétroliers en France et dans la péninsule Ibérique.

En Suisse aussi, le financement des infrastructures revient perpétuellement sur le devant de la scène. Le Conseil fédéral s’apprête à mettre en consultation la prochaine tranche d’investissements ferroviaires. 7 milliards d’ici à 2030 ou 12 milliards jusqu’en 2035? À l’heure où ces lignes s’écrivent, le choix entre les deux variantes n’est pas fait. Dans l’une comme dans l’autre, il est question de désengorger les principaux goulets d’étranglement (construction du tunnel de Brütten entre Zurich et Winterthour) et d’améliorer les cadences et l’offre sur les axes Berne-Zurich, Bâle- Bienne, Lausanne-Genève, Lausanne-Yverdon, Lausanne-Martigny, Annemasse-Coppet ainsi que diverses mesures pour le trafic marchandises sur le Plateau. La transformation de plusieurs gares fait également partie du programme, dont celles de Nyon, Morges et Neuchâtel. La seconde variante offre une vision et une planification d’une plus grande portée et voudrait permettre d’inclure dans les listes d’autres projets, tels que la liaison RER entre Neuchâtel et La Chaux-de- Fonds, la construction du tunnel du Zimmerberg entre Zoug et Zurich ou encore la réalisation d’une ligne souterraine d’évitement de la gare de Lucerne. La bataille Romands contre Alémaniques est d’ores et déjà engagée, chacun argumentant sur le caractère prioritaire de tel ou tel projet. Et l’on craint que des considérations peu objectives puissent ponctuellement faire pencher la balance.

Au même moment, la start-up allemande Volocopter effectue un premier vol d’essai public de son taxi volant autonome. Le gros drone électrique et sans pilote est capable de voler en autonomie 30 minutes à une vitesse maximale de 100 km/h. Une application de smartphone pour commander la course et deux clients pourront bientôt prendre le Volocopter pour rejoindre le Voloport le plus proche de leur destination.

Entre gros sous, amélioration des infrastructures existantes et innovations aux faux airs de science-fiction, la mobilité concentre encore et toujours de gigantesques enjeux. Tout le monde veut bouger!

Le vert est dans la ville

Écoquartier de la Jonction, Genève

Usine à gaz, Artamis, Carré Vert: dénominations et affectations changeantes pour un site urbain et postindustriel. Située entre la rue du Stand et le boulevard Saint-Georges, la parcelle s’apprête à accueillir un projet dont on a longtemps parlé. Pas encore terminé, l’écoquartier de la Jonction est pourtant déjà très vert.

Bordé par le Rhône côté nord et par l’Arve côté sud, le quartier de la Jonction a un lointain passé maraîcher. Légèrement en marge du centre de la ville, le secteur est ensuite marqué par plus d’un siècle d’activités industrielles diverses. Aujourd’hui, c’est un nouveau mode de vie, urbain et responsables qui donne son impulsion.

Le chantier appelé «Écoquartier Jonction» a débuté en 2013. Trois maîtres d’ouvrage construisent 312 logements et 6200 m2 de surfaces destinées à des activités tant artisanales, que commerciales, associatives ou artistiques. Ces trois maîtres d’ouvrage se sont associés dans un processus ouvert en lançant un appel à projets et une démarche participative afin de définir l’affectation des surfaces d’activités et de susciter la participation des futurs locataires. Ce programme mixte est complété par 18500 m2 dédiés à des dépôts patrimoniaux pour les musées de la Ville de Genève et par un parking souterrain de 320 places géré par la Fondation des Parkings.

Entre 2008 et 2012, les travaux d’assainissement prennent une envergure impressionnante. La présence d’hydrocarbures, de goudron, de cyanure et de métaux lourds dans le sous-sol, résultant des activités industrielles passées, impose la construction d’une vaste tente de confinement.

Puis, dès 2013, les bâtiments prennent forme. Il s’agit de trois immeubles distincts (Fondation de la Ville de Genève pour le logement social, Coopérative Artamis des Rois et Coopérative de l’habitat associatif) accompagnés d’un équipement public (salle de gymnastique, locaux parascolaires, crèche et salle pluridisciplinaire) et d’un parking souterrain de 319 places. Les quatre lots sont menés par des maîtres d’ouvrage différents.

De l’usine aux jardins

Par leurs échelles, les trois volumes projetés rappellent la mémoire industrielle du quartier et la phase d’occupation artistique de l’ex-site d’Artamis. Le projet fait une large place aux phénomènes d’appropriation, aux processus éphémères et aux démarches spontanées. Le projet vise …

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Diamant urbain

Théâtre provisoire de Plainpalais, Genève

 

 

photo:scott-visuals.com 

Afin d’accueillir le spectacle urbain ZUP, un immense diamant de bois s’est posé sur le skatepark de la plaine de Plainpalais. Un défi technique pour ce théâtre éphémère entièrement financé par des fonds privés.

Un entrepreneur passionné par les arts vivants et urbains et des concepteurs audacieux qui n’en sont pas à leur coup d’essai: voilà les premiers éléments qui font naître le spectacle ZUP et le théâtre éphémère qui trône actuellement sur le skatepark de Plainpalais.

Le show est une création originale née dans l’imagination de Michel Gaud, fondateur et administrateur d’une importante agence de placement ainsi que fondateur de La Compagnie Urbaine, association culturelle genevoise dédiée aux arts urbains. Sa rencontre avec le chorégraphe Nicolas Musin dessine une fresque puissante et aérienne qui mêle la danse, le skate, le roller, le BMX, le free running et des acteurs. Une histoire d’amour esquissée, un mapping vidéo époustouflant et une bande-son originale et inspirée font le reste. Les spectateurs sont emballés. Entre deux respirations, quelqu’un lève tout de même les yeux et parcourt du regard l’immense poutre de bois.

photo:scott-visuals.com

Bois suisse

Projetée par le bureau Charpente Concept – à qui l’on doit moult réalisations spectaculaires en bois, en Suisse romande et au-delà – l’infrastructure est aussi une première. L’élément principal en est une poutre de 62 mètres de portée sans ancrages dans le sol. Haute de 4 mètres et large de 3, elle dessine un arc suspendu à 10 mètres de haut.

Une poutre secondaire marque le front de scène alors que quatre fermes triangulées rayonnent depuis l’arrière et dessinent un plan en diamant. Toiture et parois de fermetures latérales s’ajoutent à cette composition qui totalise 400 m3 de bois, du sapin blanc vaudois, assemblés par scellement de résine et boulonnage. Le levage et la mise en place de la poutre principale à l’aide de deux camions-grue ont sans doute été le moment fort du montage.

 

 

 

Lestée en six points par des blocs en béton (540 tonnes), la structure de bois abrite 700 places pour le public, une buvette, la régie et une loge.

Au niveau architectural, divers défis ont également été relevés. Il a fallu respecter de nombreuses contraintes, telles que conserver la voie de circulation, ne pas abîmer les arbres, rendre le site tel quel et faire en sorte que l’on puisse voir la scène depuis l’ensemble des gradins.

Alors que les seize représentations programmées connaissent un réel succès, le skate-park reste accessible au public toute la journée, en dehors des heures du show, comme il l’a d’ailleurs été tout au long des travaux.

La structure est conçue de manière à pouvoir être démontée, transportée et reconstruite sur un autre site pour accompagner le spectacle lors de ses prochaines étapes.

Prêts pour l’immersion!

Aquatis, Lausanne

Aquatis promet d’immerger les visiteurs dans une odyssée à travers les cinq continents. Un parcours ludique et didactique rythmé par une cinquantaine d’aquariums et vingt éco-systèmes. Visite à quelques semaines de l’ouverture officielle, fixée au 21 octobre.

Le Biopôle de Lausanne, au nord de la ville, est un parc d’activités biotechnologiques de huit hectares, axé sur les sciences de la vie, qui dispose actuellement de 134 000 m2 de surfaces de bureaux et de laboratoires. Les six bâtiments qui le composent ont tous été construits entre 2007 et aujourd’hui. Quelque quarante-trois sociétés spécialisées y sont d’ores et déjà installées. Le site est desservi par le métro M2, inauguré en 2008, et se place au croisement d’un accès autoroutier et d’un axe urbain principal. D’autres développements sont prévus pour la décennie à venir.

Au sud du parc, un parking P+R de 1200 places a été construit en 2009. C’est sur la dalle de toiture de ce dernier que le projet Aquatis prend forme. Il se compose d’un hôtel 3 étoiles supérieur de 143 chambres inauguré en 2015, d’un centre de conférences et, pièce maîtresse de l’ensemble, d’un aquarium/vivarium de plus de 8000 m2.

Imaginé au début des années 2000 par deux biologistes et un muséologue, ce centre de compétences et de culture scientifiques dédié à l’eau douce, ressource vitale par excellence, se présente donc ici comme une évidence.

Le Canton de Vaud et la Ville de Lausanne offrent aussi un soutien financier substantiel sous la forme d’un prêt LADE. Le groupe Grisoni-Zaugg SA agit en tant qu’entreprise totale pour la partie structure et enveloppe, alors que toute la partie intérieure, équivalente au niveau financier, est pilotée et réalisée par la société BCO SA, filiale du groupe BOAS. La Fondation Aquatis, qui promeut l’éducation à l’environnement et au développement durable, assure le suivi scientifique et le programme pédagogique.

L’ensemble est conçu par le bureau Richter Dahl Rocha & Associés architectes SA et joue sur le contraste de forme pour mettre en valeur le lieu. L’hôtel, en forme de «L», se détache sur le côté nord-est et embrasse une large esplanade. Au centre de celle-ci trône le bâtiment de l’aquarium/vivarium.

Sa forme circulaire, organique et, surtout, son habillage étincelant en font l’emblème du lieu.

Alors que les façades de l’hôtel en verre sérigraphié réfléchissent les couleurs du lieu et les aléas du temps, celles de l’aquarium scintillent au gré du vent. Quelque 98 000 disques en aluminium sont suspendus à cette façade, mais restent néanmoins mobiles grâce à un système de fixation ad hoc. L’effet produit par le vent évoque tantôt des écailles de poisson sous les rayons du soleil, tantôt des vagues sur un plan d’eau. La présence de l’eau se retrouve au sol, entre les deux bâtiments, à travers un bassin extérieur qui ne fait qu’enrichir ce jeu de reflets. Il participe également au côté ludique du lieu, orienté vers un public familial.

Béton et charpente métallique sont les composants essentiels de la construction. L’évolution de la scénographie intérieure ainsi que la modification du programme (notamment au moment de l’intégration du vivarium non prévu initialement) ont imposé plusieurs remaniements des plans. Les charges du bâtiment sont reportées sur la structure du parking.

Dans ce sens, la position des grands aquariums n’est pas anodine. Certains piliers ont dû être renforcés par des gainages métalliques. Un secteur a également nécessité la réalisation de micropieux.

Cinq continents

L’exposition permanente d’Aquatis Aquarium/Vivarium invite le visiteur à une odyssée à travers les cinq continents. Un regard spectaculaire sur la faune et la flore aquatique à travers cinquante aquariums – contenant plus de deux millions de litres d’eau douce – et vingt écosystèmes. Cette dimension ludique sera enrichie d’une vision scientifique de l’eau, ressource à préserver pour l’économie, la société et l’environnement, matérialisée par des îlots d’observation et des espaces interactifs d’expérimentation. C’est cette richesse entre voyage fantastique de découverte et approche scientifique qui transportera chaque visiteur au cœur des environnements aquatiques du monde, créant un lien durable et émotionnel avec l’eau, source de vie de notre planète.

Le premier niveau est consacré à la faune aquatique d’eau douce d’Europe. Un parcours au fil du Rhône, de son origine glaciaire jusqu’à son embouchure en mer Méditerranée, est réparti sur différentes zones: Espace Alpin, Espace Léman et Espace Méditerranéen.

Le second niveau de visite permet aux observateurs de prolonger leur voyage à la découverte des milieux aquatiques d’eau douce des autres continents de notre planète:

> L’Afrique et ses grands lacs, connus pour la diversité exceptionnelle de leur faune aquatique, ainsi que le fleuve Niger, une ressource en eau douce pour des millions d’Africains.

> L’Asie et ses mangroves avec leur enchevêtrement de branches plongeant dans les eaux saumâtres, ses curieuses rizi-piscicultures ainsi que son long fleuve Mékong et ses villages flottants.

> L’Océanie et sa Pioneer River, un fleuve se déversant au niveau de la Grande Barrière de corail.

> L’Amérique du Sud et sa forêt inondée d’Amazonie, véritable poumon de notre planète.

Outre les milieux permanents, Aquatis dispose de deux zones d’expositions temporaires. Un restaurant self-service, une boutique. Deux salles de travaux pédagogiques viennent soutenir la vocation de l’éducation à l’environnement. L’objectif de fréquentation est de 450 000 visiteurs par année.

Depuis la conception du projet jusqu’à son achèvement, il s’agit de réaliser des écosystèmes et des milieux ambiants avec l’aide d’intervenants spécialisés tels que: biologistes, muséologues, scénographes et paysagistes, et des bureaux d’études énergétiques et techniques. •

Informations: www.aquatis.ch

Sans ingénieurs, c’est la cata!

L’actualité de ces dernières semaines a été marquée par les catastrophes naturelles. C’est d’abord le détachement d’une imposante masse rocheuse de la paroi nord du Piz Cengalo qui a provoqué la succession de laves torrentielles, ensevelissant une partie du village de Bondo dans les Grisons. Les images de l’effondrement de ces quatre millions de mètres cubes de roche et de ces boues déferlant à 250 km/h laissent sans voix. La catastrophe a fait huit victimes, contraint des centaines d’habitants à évacuer le village et provoqué des dégâts matériels dont la facture finale se chiffrera en centaines de millions.

Quelques jours plus tard, nos regards se sont tournés vers Houston, la Caraïbes et la Floride. Les ouragans Harvey puis Irma, parmi les plus puissants qui aient frappé la région, ont balayé la ville texane, les îles de Barbuda, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Anguilla, les îles Vierges, Cuba et la Floride. Les images rappellent à notre mémoire l’ouragan Katrina et les destructions et les inondations qu’il avait provoquées en 2005 à La Nouvelle-Orléans et d’autres catastrophes similaires. À l’heure où ces lignes s’écrivent, le phénomène est encore en cours. Alors que toutes sortes d’embarcations ont pris la place des voitures dans la ville inondée et sillonnent les quartiers afin de secourir les personnes en difficulté, un début de polémique frappe déjà les autorités : « Pourquoi a-t-on fait évacuer la Floride et pas Houston ? » Sylvester Turner, maire de la ville, se défend en invoquant la relative imprévisibilité de la trajectoire et de la durée de l’ouragan et, surtout, l’impossibilité d’organiser l’évacuation de près de sept millions de personnes. C’est pourtant ce qui a été fait en Floride. En plus de l’étendue de l’agglomération texane, c’est également la forte concentration d’industries pétrolières et pétrochimiques présentant un risque de pollution très élevé, qui fait frémir. Quoi qu’il en soit, on imagine la difficulté de prise de décision et la complexité logistique que de tels événements impliquent.

Les experts l’annoncent depuis plusieurs années et nous le répètent ces jours : le dérèglement climatique nous promet une multiplication des tels événements et l’urbanisation croissante ne fait qu’augmenter exponentiellement les risques pour l’homme, pour l’environnement et pour les infrastructures. Oui, de plus en plus de zones sont exposées à des dangers naturels. Et la Suisse ne fait pas exception, bien au contraire.

Beaucoup de systèmes d’alerte sont en place – ils ont par exemple fait leurs preuves à Bondo, permettant une évacuation préventive – et les mesures constructives relativement bien maîtrisées. Pourtant, comme l’a souligné le Prof. Lyesse Laloui, directeur de la Section de Génie civil de l’EPFL, interpelé sur le sujet par nos confrères de La Première, les mesures préventives en place se basent sur des statistiques, donc sur le passé. « Ce que l’on constate avec le dérèglement climatique actuel, dit-il, est que les données connues sont bousculées. Les phénomènes s’accélèrent et deviennent plus intenses. L’ingénierie civile a fait d’énormes progrès pour réduire les risques. Mais aujourd’hui nous devons développer des outils prédictifs pour mieux appréhender le dimensionnement et le renforcement des infrastructures en nous projetant dans les décennies à venir. Nous devons être conscients du fait que nous allons être confrontés de plus en plus souvent à des inondations, à des éboulements ou à des glissements de terrain. Ceci va nous obliger à dimensionner et à construire de manière différente. Le besoin de connaissance, de surveillance et d’intervention préventive est énorme. »

Bonne nouvelle, en ce mois de septembre, quelque nonante étudiants de l’EPFL fêtent l’obtention de leur master en Génie civil ; nombre record de toute l’histoire de la Haute École. La tendance est à la hausse et les deux prochaines volées devraient atteindre la barre symbolique des cent diplômés. Mauvaise nouvelle, les besoins du marché actuel ainsi que les projections sur les prochaines années nous disent qu’il en faudrait le double. Le secteur a quelque peu amélioré son image. C’est bien. Pourtant, l’attrait des professions techniques doit être encore fortement augmenté afin qu’une relève nourrie soit assurée. Sans ingénieurs, c’est la cata!

On ne creuse plus!

Le 8 juin dernier, l’ultime mètre du tunnel de Champel a été creusé une quinzaine de mètres sous l’avenue Alfred-Bertrand à Genève. Cet événement particulier pour les mineurs a été célébré en leur présence, quatre ans après le début des travaux de cet ouvrage. Les dix kilomètres de parcours souterrain de CEVA (Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse) sont désormais entièrement excavés et les principaux défis techniques liés, relevés avec succès.

Après le percement du tunnel de Pinchat en 2015, le poussage du pont de l’Arve, la pose des premières briques de verre et la jonction des tranchées couvertes suisse et française en 2016, ainsi que les premières plantations de la Voie verte cette année, le percement du tunnel de Champel représente un nouveau pas capital dans la réalisation du projet de CEVA.

Long de 1630 mètres, le tunnel de Champel a été creusé durant trois ans depuis ses deux extrémités à une profondeur comprise entre dix et trente mètres. Pour rappel, le premier coup de pioche de ce tunnel n’avait pu être donné qu’en février 2013. En effet, après que le Tribunal fédéral avait validé la décision d’approbation des plans (autorisation de construire) en mars 2012, il avait fallu encore mener une procédure d’expropriation. La première année de travaux a permis de réaliser les points d’attaque pour la creuse, à savoir les deux portails, situés de part et d’autre de l’ouvrage. Au Val d’Arve, c’est une première étape complexe qui a été menée pour réaliser l’entrée du tunnel d’une hauteur de vingt mètres dans le cône d’éboulis qu’est la falaise de Champel. Aux Eaux-Vives, le portail est situé au niveau de l’avenue Théodore-Weber, au bout de la tranchée couverte du même nom.

«Les ouvrages s’achèvent les uns après les autres. Il est important de marquer ces événements dans la vie d’un chantier, surtout quand …

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tunnels entamés

 

Appel au bon sens

« Y a-t-il quelque chose de pourri sur nos chantiers? » C’est avec ce titre pour le moins accrocheur que la FMB, la Fédération genevoise des métiers du bâtiment, a introduit son assemblée générale du 29 juin dernier. Travail au noir, sous-traitance en cascade ou faux indépendants, les problématiques sont récurrentes et pourraient finir par lasser. Personnellement, après plusieurs années de fréquentation régulière, j’avais fini ces derniers temps par bouder l’événement: «Toujours les mêmes blablas, me disais-je, les prix trop bas, les méchants profiteurs qui viennent à Genève casser les prix, les blocages administratifs, et patati et patata.» Pourtant cette fois, j’ai cédé à l’insistance de l’invitation et des rappels. Eh bien, au premier coup d’œil, je n’ai pas été dépaysé. Les visages sont connus et les nouveaux peu nombreux. Les discours sont ceux attendus et globalement, les thèmes sont les mêmes. Pourtant, imperceptiblement, je devine une certaine évolution. Finies les virulences tachycardiques de Gabriel Barrillier. Finie l’élégante indignation de Luc Perret et les coups de (grande) gueule lancés depuis les tables. L’ambiance est objectivement plus posée, résolument plus pragmatique.

Avec son phrasé menu, Serge Hiltpold, président de la FMB depuis 2014, impose à toute l’assemblée une concentration nouvelle, orientée vers des solutions concrètes et concertées. À la tête d’une menuiserie bientôt centenaire, il travaille les dossiers politiques jusqu’au détail. Il scie, il rabote, il lime ses arguments, puis les réunit avec précision. Sa logique est ajustée au millimètre tout en restant singulièrement simple, une succession de gestes rapprochés et rapides, semblables à ceux de l’artisan, qu’il déroule avec naturel, que l’on ne peut interrompre et qui se poursuit jusqu’à un assemblage à l’apparence évidente et pourtant riche en savoir-faire et maîtrise.

Les sujets d’inquiétude des entrepreneurs genevois sont nombreux et familiers bien au-delà des frontières cantonales, en particulier en ce qui concerne les marchés publics. La tendance à choisir systématiquement l’entreprise la moins chère, le manque de curiosité des autorités face à des prix anormalement bas – telles des heures facturées à moins de 50.- francs pour des ingénieurs –, et la navrante facilité avec laquelle les responsabilités les plus diverses sont reportées sur les entreprises sans que mandataires et maîtres d’ouvrages ne soient impliqués, ne sont pas l’apanage de la cité de Calvin. Il y a encore bien du travail à mener tant au niveau local que fédéral.

Empreint de bon sens et inscrit dans le long terme, le menuisier carougeois bannit les dogmatismes. Il en appelle au pragmatisme et à l’honnêteté. Les récents dispositifs mis en place ont une force contraignante d’abord pour les entreprises et visent ensuite à assainir un système que quelques fraudeurs s’affairent à déséquilibrer. La FMB a soutenu le renforcement du contrôle obligatoire des sous-traitants par les entreprises principales, la limitation de la main-d’œuvre temporaire, l’examen de la capacité effective d’une entreprise soumissionnaire à réaliser les travaux avec son propre personnel et encore l’augmentation des sanctions à l’encontre des tricheurs avec une exclusion de tous les marchés publics durant cinq ans et une amende administrative pouvant aller jusqu’à 10 % de la valeur du marché.

À Genève comme ailleurs donc, les entreprises de la construction prouvent qu’elles sont prêtes à assumer leurs responsabilités. C’est maintenant aux autorités – surtout lorsqu’elles agissent en maître d’ouvrage – d’en faire autant!