Diamant urbain

Théâtre provisoire de Plainpalais, Genève

 

 

photo:scott-visuals.com 

Afin d’accueillir le spectacle urbain ZUP, un immense diamant de bois s’est posé sur le skatepark de la plaine de Plainpalais. Un défi technique pour ce théâtre éphémère entièrement financé par des fonds privés.

Un entrepreneur passionné par les arts vivants et urbains et des concepteurs audacieux qui n’en sont pas à leur coup d’essai: voilà les premiers éléments qui font naître le spectacle ZUP et le théâtre éphémère qui trône actuellement sur le skatepark de Plainpalais.

Le show est une création originale née dans l’imagination de Michel Gaud, fondateur et administrateur d’une importante agence de placement ainsi que fondateur de La Compagnie Urbaine, association culturelle genevoise dédiée aux arts urbains. Sa rencontre avec le chorégraphe Nicolas Musin dessine une fresque puissante et aérienne qui mêle la danse, le skate, le roller, le BMX, le free running et des acteurs. Une histoire d’amour esquissée, un mapping vidéo époustouflant et une bande-son originale et inspirée font le reste. Les spectateurs sont emballés. Entre deux respirations, quelqu’un lève tout de même les yeux et parcourt du regard l’immense poutre de bois.

photo:scott-visuals.com

Bois suisse

Projetée par le bureau Charpente Concept – à qui l’on doit moult réalisations spectaculaires en bois, en Suisse romande et au-delà – l’infrastructure est aussi une première. L’élément principal en est une poutre de 62 mètres de portée sans ancrages dans le sol. Haute de 4 mètres et large de 3, elle dessine un arc suspendu à 10 mètres de haut.

Une poutre secondaire marque le front de scène alors que quatre fermes triangulées rayonnent depuis l’arrière et dessinent un plan en diamant. Toiture et parois de fermetures latérales s’ajoutent à cette composition qui totalise 400 m3 de bois, du sapin blanc vaudois, assemblés par scellement de résine et boulonnage. Le levage et la mise en place de la poutre principale à l’aide de deux camions-grue ont sans doute été le moment fort du montage.

 

 

 

Lestée en six points par des blocs en béton (540 tonnes), la structure de bois abrite 700 places pour le public, une buvette, la régie et une loge.

Au niveau architectural, divers défis ont également été relevés. Il a fallu respecter de nombreuses contraintes, telles que conserver la voie de circulation, ne pas abîmer les arbres, rendre le site tel quel et faire en sorte que l’on puisse voir la scène depuis l’ensemble des gradins.

Alors que les seize représentations programmées connaissent un réel succès, le skate-park reste accessible au public toute la journée, en dehors des heures du show, comme il l’a d’ailleurs été tout au long des travaux.

La structure est conçue de manière à pouvoir être démontée, transportée et reconstruite sur un autre site pour accompagner le spectacle lors de ses prochaines étapes.

Prêts pour l’immersion!

Aquatis, Lausanne

Aquatis promet d’immerger les visiteurs dans une odyssée à travers les cinq continents. Un parcours ludique et didactique rythmé par une cinquantaine d’aquariums et vingt éco-systèmes. Visite à quelques semaines de l’ouverture officielle, fixée au 21 octobre.

Le Biopôle de Lausanne, au nord de la ville, est un parc d’activités biotechnologiques de huit hectares, axé sur les sciences de la vie, qui dispose actuellement de 134 000 m2 de surfaces de bureaux et de laboratoires. Les six bâtiments qui le composent ont tous été construits entre 2007 et aujourd’hui. Quelque quarante-trois sociétés spécialisées y sont d’ores et déjà installées. Le site est desservi par le métro M2, inauguré en 2008, et se place au croisement d’un accès autoroutier et d’un axe urbain principal. D’autres développements sont prévus pour la décennie à venir.

Au sud du parc, un parking P+R de 1200 places a été construit en 2009. C’est sur la dalle de toiture de ce dernier que le projet Aquatis prend forme. Il se compose d’un hôtel 3 étoiles supérieur de 143 chambres inauguré en 2015, d’un centre de conférences et, pièce maîtresse de l’ensemble, d’un aquarium/vivarium de plus de 8000 m2.

Imaginé au début des années 2000 par deux biologistes et un muséologue, ce centre de compétences et de culture scientifiques dédié à l’eau douce, ressource vitale par excellence, se présente donc ici comme une évidence.

Le Canton de Vaud et la Ville de Lausanne offrent aussi un soutien financier substantiel sous la forme d’un prêt LADE. Le groupe Grisoni-Zaugg SA agit en tant qu’entreprise totale pour la partie structure et enveloppe, alors que toute la partie intérieure, équivalente au niveau financier, est pilotée et réalisée par la société BCO SA, filiale du groupe BOAS. La Fondation Aquatis, qui promeut l’éducation à l’environnement et au développement durable, assure le suivi scientifique et le programme pédagogique.

L’ensemble est conçu par le bureau Richter Dahl Rocha & Associés architectes SA et joue sur le contraste de forme pour mettre en valeur le lieu. L’hôtel, en forme de «L», se détache sur le côté nord-est et embrasse une large esplanade. Au centre de celle-ci trône le bâtiment de l’aquarium/vivarium.

Sa forme circulaire, organique et, surtout, son habillage étincelant en font l’emblème du lieu.

Alors que les façades de l’hôtel en verre sérigraphié réfléchissent les couleurs du lieu et les aléas du temps, celles de l’aquarium scintillent au gré du vent. Quelque 98 000 disques en aluminium sont suspendus à cette façade, mais restent néanmoins mobiles grâce à un système de fixation ad hoc. L’effet produit par le vent évoque tantôt des écailles de poisson sous les rayons du soleil, tantôt des vagues sur un plan d’eau. La présence de l’eau se retrouve au sol, entre les deux bâtiments, à travers un bassin extérieur qui ne fait qu’enrichir ce jeu de reflets. Il participe également au côté ludique du lieu, orienté vers un public familial.

Béton et charpente métallique sont les composants essentiels de la construction. L’évolution de la scénographie intérieure ainsi que la modification du programme (notamment au moment de l’intégration du vivarium non prévu initialement) ont imposé plusieurs remaniements des plans. Les charges du bâtiment sont reportées sur la structure du parking.

Dans ce sens, la position des grands aquariums n’est pas anodine. Certains piliers ont dû être renforcés par des gainages métalliques. Un secteur a également nécessité la réalisation de micropieux.

Cinq continents

L’exposition permanente d’Aquatis Aquarium/Vivarium invite le visiteur à une odyssée à travers les cinq continents. Un regard spectaculaire sur la faune et la flore aquatique à travers cinquante aquariums – contenant plus de deux millions de litres d’eau douce – et vingt écosystèmes. Cette dimension ludique sera enrichie d’une vision scientifique de l’eau, ressource à préserver pour l’économie, la société et l’environnement, matérialisée par des îlots d’observation et des espaces interactifs d’expérimentation. C’est cette richesse entre voyage fantastique de découverte et approche scientifique qui transportera chaque visiteur au cœur des environnements aquatiques du monde, créant un lien durable et émotionnel avec l’eau, source de vie de notre planète.

Le premier niveau est consacré à la faune aquatique d’eau douce d’Europe. Un parcours au fil du Rhône, de son origine glaciaire jusqu’à son embouchure en mer Méditerranée, est réparti sur différentes zones: Espace Alpin, Espace Léman et Espace Méditerranéen.

Le second niveau de visite permet aux observateurs de prolonger leur voyage à la découverte des milieux aquatiques d’eau douce des autres continents de notre planète:

> L’Afrique et ses grands lacs, connus pour la diversité exceptionnelle de leur faune aquatique, ainsi que le fleuve Niger, une ressource en eau douce pour des millions d’Africains.

> L’Asie et ses mangroves avec leur enchevêtrement de branches plongeant dans les eaux saumâtres, ses curieuses rizi-piscicultures ainsi que son long fleuve Mékong et ses villages flottants.

> L’Océanie et sa Pioneer River, un fleuve se déversant au niveau de la Grande Barrière de corail.

> L’Amérique du Sud et sa forêt inondée d’Amazonie, véritable poumon de notre planète.

Outre les milieux permanents, Aquatis dispose de deux zones d’expositions temporaires. Un restaurant self-service, une boutique. Deux salles de travaux pédagogiques viennent soutenir la vocation de l’éducation à l’environnement. L’objectif de fréquentation est de 450 000 visiteurs par année.

Depuis la conception du projet jusqu’à son achèvement, il s’agit de réaliser des écosystèmes et des milieux ambiants avec l’aide d’intervenants spécialisés tels que: biologistes, muséologues, scénographes et paysagistes, et des bureaux d’études énergétiques et techniques. •

Informations: www.aquatis.ch

Sans ingénieurs, c’est la cata!

L’actualité de ces dernières semaines a été marquée par les catastrophes naturelles. C’est d’abord le détachement d’une imposante masse rocheuse de la paroi nord du Piz Cengalo qui a provoqué la succession de laves torrentielles, ensevelissant une partie du village de Bondo dans les Grisons. Les images de l’effondrement de ces quatre millions de mètres cubes de roche et de ces boues déferlant à 250 km/h laissent sans voix. La catastrophe a fait huit victimes, contraint des centaines d’habitants à évacuer le village et provoqué des dégâts matériels dont la facture finale se chiffrera en centaines de millions.

Quelques jours plus tard, nos regards se sont tournés vers Houston, la Caraïbes et la Floride. Les ouragans Harvey puis Irma, parmi les plus puissants qui aient frappé la région, ont balayé la ville texane, les îles de Barbuda, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Anguilla, les îles Vierges, Cuba et la Floride. Les images rappellent à notre mémoire l’ouragan Katrina et les destructions et les inondations qu’il avait provoquées en 2005 à La Nouvelle-Orléans et d’autres catastrophes similaires. À l’heure où ces lignes s’écrivent, le phénomène est encore en cours. Alors que toutes sortes d’embarcations ont pris la place des voitures dans la ville inondée et sillonnent les quartiers afin de secourir les personnes en difficulté, un début de polémique frappe déjà les autorités : « Pourquoi a-t-on fait évacuer la Floride et pas Houston ? » Sylvester Turner, maire de la ville, se défend en invoquant la relative imprévisibilité de la trajectoire et de la durée de l’ouragan et, surtout, l’impossibilité d’organiser l’évacuation de près de sept millions de personnes. C’est pourtant ce qui a été fait en Floride. En plus de l’étendue de l’agglomération texane, c’est également la forte concentration d’industries pétrolières et pétrochimiques présentant un risque de pollution très élevé, qui fait frémir. Quoi qu’il en soit, on imagine la difficulté de prise de décision et la complexité logistique que de tels événements impliquent.

Les experts l’annoncent depuis plusieurs années et nous le répètent ces jours : le dérèglement climatique nous promet une multiplication des tels événements et l’urbanisation croissante ne fait qu’augmenter exponentiellement les risques pour l’homme, pour l’environnement et pour les infrastructures. Oui, de plus en plus de zones sont exposées à des dangers naturels. Et la Suisse ne fait pas exception, bien au contraire.

Beaucoup de systèmes d’alerte sont en place – ils ont par exemple fait leurs preuves à Bondo, permettant une évacuation préventive – et les mesures constructives relativement bien maîtrisées. Pourtant, comme l’a souligné le Prof. Lyesse Laloui, directeur de la Section de Génie civil de l’EPFL, interpelé sur le sujet par nos confrères de La Première, les mesures préventives en place se basent sur des statistiques, donc sur le passé. « Ce que l’on constate avec le dérèglement climatique actuel, dit-il, est que les données connues sont bousculées. Les phénomènes s’accélèrent et deviennent plus intenses. L’ingénierie civile a fait d’énormes progrès pour réduire les risques. Mais aujourd’hui nous devons développer des outils prédictifs pour mieux appréhender le dimensionnement et le renforcement des infrastructures en nous projetant dans les décennies à venir. Nous devons être conscients du fait que nous allons être confrontés de plus en plus souvent à des inondations, à des éboulements ou à des glissements de terrain. Ceci va nous obliger à dimensionner et à construire de manière différente. Le besoin de connaissance, de surveillance et d’intervention préventive est énorme. »

Bonne nouvelle, en ce mois de septembre, quelque nonante étudiants de l’EPFL fêtent l’obtention de leur master en Génie civil ; nombre record de toute l’histoire de la Haute École. La tendance est à la hausse et les deux prochaines volées devraient atteindre la barre symbolique des cent diplômés. Mauvaise nouvelle, les besoins du marché actuel ainsi que les projections sur les prochaines années nous disent qu’il en faudrait le double. Le secteur a quelque peu amélioré son image. C’est bien. Pourtant, l’attrait des professions techniques doit être encore fortement augmenté afin qu’une relève nourrie soit assurée. Sans ingénieurs, c’est la cata!

On ne creuse plus!

Le 8 juin dernier, l’ultime mètre du tunnel de Champel a été creusé une quinzaine de mètres sous l’avenue Alfred-Bertrand à Genève. Cet événement particulier pour les mineurs a été célébré en leur présence, quatre ans après le début des travaux de cet ouvrage. Les dix kilomètres de parcours souterrain de CEVA (Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse) sont désormais entièrement excavés et les principaux défis techniques liés, relevés avec succès.

Après le percement du tunnel de Pinchat en 2015, le poussage du pont de l’Arve, la pose des premières briques de verre et la jonction des tranchées couvertes suisse et française en 2016, ainsi que les premières plantations de la Voie verte cette année, le percement du tunnel de Champel représente un nouveau pas capital dans la réalisation du projet de CEVA.

Long de 1630 mètres, le tunnel de Champel a été creusé durant trois ans depuis ses deux extrémités à une profondeur comprise entre dix et trente mètres. Pour rappel, le premier coup de pioche de ce tunnel n’avait pu être donné qu’en février 2013. En effet, après que le Tribunal fédéral avait validé la décision d’approbation des plans (autorisation de construire) en mars 2012, il avait fallu encore mener une procédure d’expropriation. La première année de travaux a permis de réaliser les points d’attaque pour la creuse, à savoir les deux portails, situés de part et d’autre de l’ouvrage. Au Val d’Arve, c’est une première étape complexe qui a été menée pour réaliser l’entrée du tunnel d’une hauteur de vingt mètres dans le cône d’éboulis qu’est la falaise de Champel. Aux Eaux-Vives, le portail est situé au niveau de l’avenue Théodore-Weber, au bout de la tranchée couverte du même nom.

«Les ouvrages s’achèvent les uns après les autres. Il est important de marquer ces événements dans la vie d’un chantier, surtout quand …

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tunnels entamés

 

Appel au bon sens

« Y a-t-il quelque chose de pourri sur nos chantiers? » C’est avec ce titre pour le moins accrocheur que la FMB, la Fédération genevoise des métiers du bâtiment, a introduit son assemblée générale du 29 juin dernier. Travail au noir, sous-traitance en cascade ou faux indépendants, les problématiques sont récurrentes et pourraient finir par lasser. Personnellement, après plusieurs années de fréquentation régulière, j’avais fini ces derniers temps par bouder l’événement: «Toujours les mêmes blablas, me disais-je, les prix trop bas, les méchants profiteurs qui viennent à Genève casser les prix, les blocages administratifs, et patati et patata.» Pourtant cette fois, j’ai cédé à l’insistance de l’invitation et des rappels. Eh bien, au premier coup d’œil, je n’ai pas été dépaysé. Les visages sont connus et les nouveaux peu nombreux. Les discours sont ceux attendus et globalement, les thèmes sont les mêmes. Pourtant, imperceptiblement, je devine une certaine évolution. Finies les virulences tachycardiques de Gabriel Barrillier. Finie l’élégante indignation de Luc Perret et les coups de (grande) gueule lancés depuis les tables. L’ambiance est objectivement plus posée, résolument plus pragmatique.

Avec son phrasé menu, Serge Hiltpold, président de la FMB depuis 2014, impose à toute l’assemblée une concentration nouvelle, orientée vers des solutions concrètes et concertées. À la tête d’une menuiserie bientôt centenaire, il travaille les dossiers politiques jusqu’au détail. Il scie, il rabote, il lime ses arguments, puis les réunit avec précision. Sa logique est ajustée au millimètre tout en restant singulièrement simple, une succession de gestes rapprochés et rapides, semblables à ceux de l’artisan, qu’il déroule avec naturel, que l’on ne peut interrompre et qui se poursuit jusqu’à un assemblage à l’apparence évidente et pourtant riche en savoir-faire et maîtrise.

Les sujets d’inquiétude des entrepreneurs genevois sont nombreux et familiers bien au-delà des frontières cantonales, en particulier en ce qui concerne les marchés publics. La tendance à choisir systématiquement l’entreprise la moins chère, le manque de curiosité des autorités face à des prix anormalement bas – telles des heures facturées à moins de 50.- francs pour des ingénieurs –, et la navrante facilité avec laquelle les responsabilités les plus diverses sont reportées sur les entreprises sans que mandataires et maîtres d’ouvrages ne soient impliqués, ne sont pas l’apanage de la cité de Calvin. Il y a encore bien du travail à mener tant au niveau local que fédéral.

Empreint de bon sens et inscrit dans le long terme, le menuisier carougeois bannit les dogmatismes. Il en appelle au pragmatisme et à l’honnêteté. Les récents dispositifs mis en place ont une force contraignante d’abord pour les entreprises et visent ensuite à assainir un système que quelques fraudeurs s’affairent à déséquilibrer. La FMB a soutenu le renforcement du contrôle obligatoire des sous-traitants par les entreprises principales, la limitation de la main-d’œuvre temporaire, l’examen de la capacité effective d’une entreprise soumissionnaire à réaliser les travaux avec son propre personnel et encore l’augmentation des sanctions à l’encontre des tricheurs avec une exclusion de tous les marchés publics durant cinq ans et une amende administrative pouvant aller jusqu’à 10 % de la valeur du marché.

À Genève comme ailleurs donc, les entreprises de la construction prouvent qu’elles sont prêtes à assumer leurs responsabilités. C’est maintenant aux autorités – surtout lorsqu’elles agissent en maître d’ouvrage – d’en faire autant!

Les PPP pour répondre aux besoins d’infrastructures

Economie – Partenariat Public-Privé

Lors d’une séance d’information organisée à Lugano le 5 mai dernier, l’Association PPP Suisse et son groupe PPP Suisse italienne ont mis en lumière le potentiel des partenariats public-privé pour les besoins d’infrastructures de la Suisse italienne, et présenté dans ce cadre les instruments juridiques et techniques des projets de PPP. Le grand nombre de par- ticipants, parmi lesquels des autorités politiques, des entre- prises et d’autres personnes curieuses d’en savoir plus sur cette thématique, témoigne clairement de l’intérêt suscité par les PPP aussi en Suisse italienne.

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics font de plus en plus appel à des capitaux privés pour leurs ouvrages a n de délester leurs budgets, professionnaliser la gestion et développer les services. Analyser et planifier les besoins des partenaires publics et privés sur le long terme sont des éléments clés des partenariats public-privé (PPP), un type de coopération qui permet d’ouvrir de nouvelles voies pour réaliser des infrastructures publiques.

Cycle de vie

En Suisse alémanique, les PPP ont été expérimentés à plusieurs reprises et mis en œuvre avec succès dans de nombreux projets, dont notamment le Centre administratif cantonal Neumatt à Berthoud, qui est entré en service en 2012 et qui regroupe sur un seul site 19 services cantonaux, avec près de 450 postes de travail. Il a été réalisé sur 18 700 m2 de surface utile pour un volume d’investissement d’environ 150 millions de francs.

Doris Haldner, présidente de la commis- sion du contrat Neumatt, explique: «Le bilan après cinq années d’exploitation est toujours extrêmement positif et confirme la haute qualité de construction grâce à l’approche sur le cycle de vie. L’analyse des besoins et le calcul de rentabilité réalisés au préalable ont permis aux partenaires publics comme pri- vés d’évaluer de manière plus précise et plus complète les futures exigences en termes d’exploitation et d’entretien. Les utilisateurs ont été impliqués dès la phase d’appel d’offres. La principale mission de la société de projet est la prise en charge des risques liés à la fourniture de prestations.»

Neumatt est un formidable exemple pour mieux comprendre les PPP et comment réussir leur mise en application. Et Doris Haldner d’ajouter: «Les pouvoirs publics restent propriétaires de l’ouvrage pendant toute la durée du contrat, soit vingt-cinq ans. La planification, la construction, le financement et une partie de l’exploitation des bâtiments et des installations sont pris en main par la société d’exploitation. Cette dernière fournit l’ensemble des prestations et assume la responsabilité de l’entretien et de l’exploitation des bâtiments et des installations. Elle reçoit en contrepartie une indemnité d’utilisation qui permet de payer les frais d’investissement, de financement, d’entretien et d’exploitation pendant la durée du contrat.»


 

 

 

 

Une alternative aux marchés publics

En Suisse italienne, on a certes beaucoup discuté d’une collaboration plus active entre l’État et les partenaires privés, mais les PPP n’avaient jamais été utilisés jusqu’ici. Avocate au sein du Service juridique de la Ville de Lugano, Betty Gatti confirme toutefois qu’il existe des projets appropriés qui pourraient être menés à terme dans le cadre d’un PPP, grâce à une meilleure compréhension de ce type de coopération et à des conseils adéquats prodigués par le groupe Suisse italienne de l’Association PPP Suisse (groupe PPP Suisse italienne). «Les partenariats public-privé sont une alternative aux marchés publics conventionnels utilisés par les pouvoirs publics. Ils sont axés sur une collaboration à long terme, régie par un contrat qui définit les tâches et la répartition des risques. Composé d’experts indépendants, le groupe PPP Suisse italienne offre une vision détaillée des tâches des partenaires publics et privés.»

Lugano: pionnière des PPP

Betty Gatti a décrit brièvement la mise en œuvre du Pôle touristique et de congrès Campo Marzio Nord par la Ville de Lugano et présenté les contenus supplémentaires dans le projet, qui ont permis de créer les conditions requises pour une collaboration avec le futur partenaire privé. L’objectif du Conseil communal est par ailleurs que les coûts de réalisation des secteurs publics soient totalement couverts par les recettes provenant du droit de superficie octroyé au partenaire.

Le conseiller d’État Claudio Zali a ensuite évoqué les possibilités et limites des PPP et souligné leur potentiel pour le développement du canton du Tessin. Conseil- lère municipale de Lugano, Cristina Zanini Barzaghi a mis l’accent sur trois éléments essentiels pour mener à bien la collaboration entre les pouvoirs publics et le secteur privé: partenariat, équilibre et confiance. «Un partenariat entre forces publiques et privées pour atteindre plus facilement un objectif commun. Un équilibre entre intérêts publics et privés pour agir de manière responsable en matière environnementale et sociétale et pas uniquement pour obtenir des avantages économiques. La confiance grâce à des règles claires dès le début pour prévenir les litiges et prévoir des portes de sortie en cas de blocages politiques.»

Président de l’Association PPP Suisse, Lorenz Bösch s’est réjoui du grand intérêt suscité par les PPP et de la première séance publique de l’Association en Suisse italienne. Il a souligné le courage de cette région pour développer des projets de PPP et étendre la collaboration entre pouvoirs publics et partenaires privés. Dans le même temps, Lorenz Bösch a mis en garde contre les attentes trop élevées et recommandé de toujours procéder à un test d’aptitude sérieux pour déterminer si un PPP est approprié. Un bon exemple de partenariat public-privé est le projet de Pôle touristique et de congrès de la Ville de Lugano, qui, outre des espaces pour des manifestations, comprend également une composante hôtelière pour faire de Lugano une destination de congrès reconnue.

Membre du comité de l’Association PPP Suisse et président de son groupe PPP Suisse italienne, Tobiolo Gianella a présenté les tâches de ce groupe, notamment les entretiens de conseils initiaux et les manifestations de formation continue, comme les deux soirées organisées récemment à Bellinzona et à Manno avec deux organismes régionaux de développement.•

Dans ta face!

Début juin, le président américain Donald Trump lançait un énorme pavé dans la marre en annonçant le retrait des États-Unis des Accords de Paris sur le climat. Les réactions de toutes parts condamnant ou regrettant cette décision ne se sont pas fait attendre. Le «Make our planet great again», tweeté par Emmanuel Macron a rapidement fait le tour du monde, donnant au président français – et avec lui à toute l’Europe – un renouveau de leadership qui pourrait porter bien au-delà de la question climatique.

Aux États-Unis même, divers États fédérés, grandes villes et multinationales sont déjà montés au front, décidés à poursuivre la mutation entamée sous l’ère Obama. Les gouverneurs démocrates des États de New York, de Washington et de Californie – qui à eux trois représentent un cinquième de la population américaine – ont déjà déclaré vouloir maintenir l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28 % d’ici 2025. Ils ne sont pas les seuls. Une trentaine d’États ont eux aussi pris des mesures, imposant par exemple des normes aux compagnies d’électricité pour les obliger à accroître leurs parts d’énergies renouvelables. Même le Texas, bastion républicain et grand producteur de pétrole, met l’accent sur l’énergie éolienne; la production y est en constante augmentation et déjà plus de trois millions de foyers sont alimentés grâce à la puissance du vent. Les grandes villes, New York et Los Angeles en tête, s’allient au sein de la «Mayors National Climate Action Agenda», une coalition de 82 maires représentant 40 millions d’Américains dotée d’un programme aussi concret qu’ambitieux. Finalement, les multinationales les plus puissantes et innovantes, parmi lesquelles Apple, Google, Facebook, Hewlett-Packard, General Motors, Tesla, ou encore tout le groupe Walt Disney, se montrent déterminés à poursuivre leur engagement environnemental, tout comme les grandes universités. C’est donc un très large front qui ne suit pas Trump. Même les milieux économiques – que la décision est censée favoriser – sont divisés sur la question: le retrait pourrait induire un fléchissement des investissements dans le domaine hautement porteur des cleantech, mettant en péril des millions d’emplois et l’industrie US du secteur au rang des retardataires. Un retour de boomerang dont la seule éventualité pourrait faire mal au milliardaire locataire de la Maison-Blanche.

La Suisse et l’Europe seraient bien avisées de booster maintenant l’innovation et de faire le forcing sur les nombreux marchés qui gravitent autour de la question climatique.

Certes, la puissance industrielle américaine ne va probablement pas vaciller sous le seul effet de cette décision. L’impulsion politique n’est toutefois pas négligeable. La Suisse, par sa stabilité et son savoir- faire, et l’Europe, quelque peu portée par la reprise économique, seraient bien avisées de booster maintenant l’innovation et de faire le forcing sur les nombreux marchés qui gravitent autour de la question climatique.

Au mois d’octobre prochain, c’est, ironie du sort, justement aux États-Unis que l’une de ces bagarres de matière grise va se jouer. Le concours Solar Decathlon, organisé par le Département américain de l’énergie, est une compétition universitaire internationale, qui met au défi les équipes d’étudiants de concevoir et de construire en taille réelle des maisons efficientes sur le plan énergétique et ne s’approvisionnant qu’en énergie solaire. L’équipe suisse composée d’étudiants de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), de la Haute École d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR), de la Haute École d’art et de design de Genève (HEAD) et de l’Université de Fribourg (UNIFR), y présentera une maison de quartier à énergie positive. Baptisé «NeighborHub», le prototype fait le pari de placer des panneaux solaires uniquement en façade. Les solutions techniques proposées pourraient ouvrir la voie à la création d’immeubles de grande hauteur totalement autonomes. Les retombées sont potentiellement énormes.

Et dans quelques années, c’est peut-être une start-up issue de cette équipe qui sera l’entreprise la plus performante pour transformer les façades de la Trump Tower et de tous les autres buildings du magnat afin de les rendre plus respectueux du climat.

Des tonnes de légèreté

Immeuble administratif Rhodanie 58, Lausanne

Au sud de Lausanne, sur l’avenue de Rhodanie, un nouveau bâtiment administratif vient relier le tissu urbain avec force et légèreté. Son puissant porte-à-faux et sa brillante façade lui confèrent une identité unique. Un assemblage de poutres Vierendeel se charge de la statique.

L’avenue de Rhodanie est un axe important qui marque l’entrée sud de Lausanne et court du giratoire de la Maladière à Vidy jusqu’à Ouchy. Son visage a passablement changé au cours des dernières décennies. En effet, une série de nouvelles constructions d’envergure y a surgi, dont le siège de Philip Morris International, celui de Nespresso ou la Maison du Sport International. La première pièce de ce renouveau est le bâtiment sis au N° 60 inauguré il y a exactement vingt ans et construit en son temps pour la société Golay-Buchel & Cie SA.

C’est à côté de cet édifice que la démolition de deux vieilles maisons a libéré une intéressante parcelle sur laquelle prend forme le bâtiment administratif que nous présentons ici.

Conçu par Richter Dahl Rocha & Associés architectes SA en étroite collaboration avec les ingénieurs d’Ingeni, l’immeuble adopte une volumétrie originale marquée par un puissant porte-à-faux. L’accès au bâtiment s’inscrit dans un retrait qui évite tout rapport de force avec les volumes et les cheminements existants. Les niveaux supérieurs, quant à eux, s’élancent de 15 mètres et dominent le front de rue. La force longitudinale de la composition est particulièrement prononcée.

Ce parti pris architectural impose des choix structurels clairs. Un noyau en béton, long et étroit, marque l’axe longitudinal. Il regroupe les locaux de service et les cir- culations verticales et assure une fonction parasismique. Une charpente métallique élaborée s’y rapporte et dessine l’ossature du bâtiment.

Échelle des forces                                                                                                           En plan, le bâtiment est un rectangle de 45 mètres sur 21. Il s’élève de quatre étages et s’appuie sur deux niveaux de sous-sol.

La proximité du lac ainsi que la densité …

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L’utile et l’agréable

Lac des Vernes, Meyrin

Pour récolter les eaux claires et faire tampon en cas de grosses intempéries, la Ville de Meyrin construit un bassin de rétention. Cette fonction devient l’occasion de créer une nouvelle zone de loisirs et de détente. L’inauguration est xée au samedi 10 juin.

C’est avant tout une infrastructure de génie civil indispensable, le maillon nal d’un vaste projet. Le lac est un bas- sin de rétention pour les eaux de pluies de Meyrin. Il a pour fonction de réguler les crues du Nant d’Avril et de récolter les excédents d’eau du quartier en périodes de pluie. Sa réalisation est liée à la mise en séparatif des collecteurs d’eaux ainsi qu’à la réalisation d’une importante galerie de décharge. En outre, au final, les habitants bénéficieront d’une nouvelle zone de détente et de nature très agréable.

Baptisé lac des Vernes, sa construction a été votée par le Conseil municipal en juin 1998 et acceptée …

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Building-Award 2017

Créée en 2015, le Building-Award vise à améliorer l’image des métiers d’ingénieurs dans la construction. La deuxième édition aura lieu au KKL de Lucerne le 20 juin prochain.

Mettre en valeur les réalisations et les compétences des ingénieurs, attirer la relève, tels sont les principaux objectifs du prix. La coopération avec les écoles est centrale et pleinement intégrée au concours. Une récompense pour les jeunes professionnels a également été créée, misant sur un effet d’émulation.

Building-Award
Mardi 20 juin 2017
KKL, Lucerne www.building-award.ch