Archives de catégorie : Architecture

Le vert est dans la ville

Écoquartier de la Jonction, Genève

Usine à gaz, Artamis, Carré Vert: dénominations et affectations changeantes pour un site urbain et postindustriel. Située entre la rue du Stand et le boulevard Saint-Georges, la parcelle s’apprête à accueillir un projet dont on a longtemps parlé. Pas encore terminé, l’écoquartier de la Jonction est pourtant déjà très vert.

Bordé par le Rhône côté nord et par l’Arve côté sud, le quartier de la Jonction a un lointain passé maraîcher. Légèrement en marge du centre de la ville, le secteur est ensuite marqué par plus d’un siècle d’activités industrielles diverses. Aujourd’hui, c’est un nouveau mode de vie, urbain et responsables qui donne son impulsion.

Le chantier appelé «Écoquartier Jonction» a débuté en 2013. Trois maîtres d’ouvrage construisent 312 logements et 6200 m2 de surfaces destinées à des activités tant artisanales, que commerciales, associatives ou artistiques. Ces trois maîtres d’ouvrage se sont associés dans un processus ouvert en lançant un appel à projets et une démarche participative afin de définir l’affectation des surfaces d’activités et de susciter la participation des futurs locataires. Ce programme mixte est complété par 18500 m2 dédiés à des dépôts patrimoniaux pour les musées de la Ville de Genève et par un parking souterrain de 320 places géré par la Fondation des Parkings.

Entre 2008 et 2012, les travaux d’assainissement prennent une envergure impressionnante. La présence d’hydrocarbures, de goudron, de cyanure et de métaux lourds dans le sous-sol, résultant des activités industrielles passées, impose la construction d’une vaste tente de confinement.

Puis, dès 2013, les bâtiments prennent forme. Il s’agit de trois immeubles distincts (Fondation de la Ville de Genève pour le logement social, Coopérative Artamis des Rois et Coopérative de l’habitat associatif) accompagnés d’un équipement public (salle de gymnastique, locaux parascolaires, crèche et salle pluridisciplinaire) et d’un parking souterrain de 319 places. Les quatre lots sont menés par des maîtres d’ouvrage différents.

De l’usine aux jardins

Par leurs échelles, les trois volumes projetés rappellent la mémoire industrielle du quartier et la phase d’occupation artistique de l’ex-site d’Artamis. Le projet fait une large place aux phénomènes d’appropriation, aux processus éphémères et aux démarches spontanées. Le projet vise …

… Découvrez l’article complet dans notre édition de juillet 2017. Contactez-nous pour recevoir un exemplaire gratuit et abonnez-vous!

Prêts pour l’immersion!

Aquatis, Lausanne

Aquatis promet d’immerger les visiteurs dans une odyssée à travers les cinq continents. Un parcours ludique et didactique rythmé par une cinquantaine d’aquariums et vingt éco-systèmes. Visite à quelques semaines de l’ouverture officielle, fixée au 21 octobre.

Le Biopôle de Lausanne, au nord de la ville, est un parc d’activités biotechnologiques de huit hectares, axé sur les sciences de la vie, qui dispose actuellement de 134 000 m2 de surfaces de bureaux et de laboratoires. Les six bâtiments qui le composent ont tous été construits entre 2007 et aujourd’hui. Quelque quarante-trois sociétés spécialisées y sont d’ores et déjà installées. Le site est desservi par le métro M2, inauguré en 2008, et se place au croisement d’un accès autoroutier et d’un axe urbain principal. D’autres développements sont prévus pour la décennie à venir.

Au sud du parc, un parking P+R de 1200 places a été construit en 2009. C’est sur la dalle de toiture de ce dernier que le projet Aquatis prend forme. Il se compose d’un hôtel 3 étoiles supérieur de 143 chambres inauguré en 2015, d’un centre de conférences et, pièce maîtresse de l’ensemble, d’un aquarium/vivarium de plus de 8000 m2.

Imaginé au début des années 2000 par deux biologistes et un muséologue, ce centre de compétences et de culture scientifiques dédié à l’eau douce, ressource vitale par excellence, se présente donc ici comme une évidence.

Le Canton de Vaud et la Ville de Lausanne offrent aussi un soutien financier substantiel sous la forme d’un prêt LADE. Le groupe Grisoni-Zaugg SA agit en tant qu’entreprise totale pour la partie structure et enveloppe, alors que toute la partie intérieure, équivalente au niveau financier, est pilotée et réalisée par la société BCO SA, filiale du groupe BOAS. La Fondation Aquatis, qui promeut l’éducation à l’environnement et au développement durable, assure le suivi scientifique et le programme pédagogique.

L’ensemble est conçu par le bureau Richter Dahl Rocha & Associés architectes SA et joue sur le contraste de forme pour mettre en valeur le lieu. L’hôtel, en forme de «L», se détache sur le côté nord-est et embrasse une large esplanade. Au centre de celle-ci trône le bâtiment de l’aquarium/vivarium.

Sa forme circulaire, organique et, surtout, son habillage étincelant en font l’emblème du lieu.

Alors que les façades de l’hôtel en verre sérigraphié réfléchissent les couleurs du lieu et les aléas du temps, celles de l’aquarium scintillent au gré du vent. Quelque 98 000 disques en aluminium sont suspendus à cette façade, mais restent néanmoins mobiles grâce à un système de fixation ad hoc. L’effet produit par le vent évoque tantôt des écailles de poisson sous les rayons du soleil, tantôt des vagues sur un plan d’eau. La présence de l’eau se retrouve au sol, entre les deux bâtiments, à travers un bassin extérieur qui ne fait qu’enrichir ce jeu de reflets. Il participe également au côté ludique du lieu, orienté vers un public familial.

Béton et charpente métallique sont les composants essentiels de la construction. L’évolution de la scénographie intérieure ainsi que la modification du programme (notamment au moment de l’intégration du vivarium non prévu initialement) ont imposé plusieurs remaniements des plans. Les charges du bâtiment sont reportées sur la structure du parking.

Dans ce sens, la position des grands aquariums n’est pas anodine. Certains piliers ont dû être renforcés par des gainages métalliques. Un secteur a également nécessité la réalisation de micropieux.

Cinq continents

L’exposition permanente d’Aquatis Aquarium/Vivarium invite le visiteur à une odyssée à travers les cinq continents. Un regard spectaculaire sur la faune et la flore aquatique à travers cinquante aquariums – contenant plus de deux millions de litres d’eau douce – et vingt écosystèmes. Cette dimension ludique sera enrichie d’une vision scientifique de l’eau, ressource à préserver pour l’économie, la société et l’environnement, matérialisée par des îlots d’observation et des espaces interactifs d’expérimentation. C’est cette richesse entre voyage fantastique de découverte et approche scientifique qui transportera chaque visiteur au cœur des environnements aquatiques du monde, créant un lien durable et émotionnel avec l’eau, source de vie de notre planète.

Le premier niveau est consacré à la faune aquatique d’eau douce d’Europe. Un parcours au fil du Rhône, de son origine glaciaire jusqu’à son embouchure en mer Méditerranée, est réparti sur différentes zones: Espace Alpin, Espace Léman et Espace Méditerranéen.

Le second niveau de visite permet aux observateurs de prolonger leur voyage à la découverte des milieux aquatiques d’eau douce des autres continents de notre planète:

> L’Afrique et ses grands lacs, connus pour la diversité exceptionnelle de leur faune aquatique, ainsi que le fleuve Niger, une ressource en eau douce pour des millions d’Africains.

> L’Asie et ses mangroves avec leur enchevêtrement de branches plongeant dans les eaux saumâtres, ses curieuses rizi-piscicultures ainsi que son long fleuve Mékong et ses villages flottants.

> L’Océanie et sa Pioneer River, un fleuve se déversant au niveau de la Grande Barrière de corail.

> L’Amérique du Sud et sa forêt inondée d’Amazonie, véritable poumon de notre planète.

Outre les milieux permanents, Aquatis dispose de deux zones d’expositions temporaires. Un restaurant self-service, une boutique. Deux salles de travaux pédagogiques viennent soutenir la vocation de l’éducation à l’environnement. L’objectif de fréquentation est de 450 000 visiteurs par année.

Depuis la conception du projet jusqu’à son achèvement, il s’agit de réaliser des écosystèmes et des milieux ambiants avec l’aide d’intervenants spécialisés tels que: biologistes, muséologues, scénographes et paysagistes, et des bureaux d’études énergétiques et techniques. •

Informations: www.aquatis.ch

Des tonnes de légèreté

Immeuble administratif Rhodanie 58, Lausanne

Au sud de Lausanne, sur l’avenue de Rhodanie, un nouveau bâtiment administratif vient relier le tissu urbain avec force et légèreté. Son puissant porte-à-faux et sa brillante façade lui confèrent une identité unique. Un assemblage de poutres Vierendeel se charge de la statique.

L’avenue de Rhodanie est un axe important qui marque l’entrée sud de Lausanne et court du giratoire de la Maladière à Vidy jusqu’à Ouchy. Son visage a passablement changé au cours des dernières décennies. En effet, une série de nouvelles constructions d’envergure y a surgi, dont le siège de Philip Morris International, celui de Nespresso ou la Maison du Sport International. La première pièce de ce renouveau est le bâtiment sis au N° 60 inauguré il y a exactement vingt ans et construit en son temps pour la société Golay-Buchel & Cie SA.

C’est à côté de cet édifice que la démolition de deux vieilles maisons a libéré une intéressante parcelle sur laquelle prend forme le bâtiment administratif que nous présentons ici.

Conçu par Richter Dahl Rocha & Associés architectes SA en étroite collaboration avec les ingénieurs d’Ingeni, l’immeuble adopte une volumétrie originale marquée par un puissant porte-à-faux. L’accès au bâtiment s’inscrit dans un retrait qui évite tout rapport de force avec les volumes et les cheminements existants. Les niveaux supérieurs, quant à eux, s’élancent de 15 mètres et dominent le front de rue. La force longitudinale de la composition est particulièrement prononcée.

Ce parti pris architectural impose des choix structurels clairs. Un noyau en béton, long et étroit, marque l’axe longitudinal. Il regroupe les locaux de service et les cir- culations verticales et assure une fonction parasismique. Une charpente métallique élaborée s’y rapporte et dessine l’ossature du bâtiment.

Échelle des forces                                                                                                           En plan, le bâtiment est un rectangle de 45 mètres sur 21. Il s’élève de quatre étages et s’appuie sur deux niveaux de sous-sol.

La proximité du lac ainsi que la densité …

… Découvrez l’article complet dans notre édition de mai 2017. Contactez-nous pour recevoir un exemplaire gratuit et abonnez-vous!

Building-Award 2017

Créée en 2015, le Building-Award vise à améliorer l’image des métiers d’ingénieurs dans la construction. La deuxième édition aura lieu au KKL de Lucerne le 20 juin prochain.

Mettre en valeur les réalisations et les compétences des ingénieurs, attirer la relève, tels sont les principaux objectifs du prix. La coopération avec les écoles est centrale et pleinement intégrée au concours. Une récompense pour les jeunes professionnels a également été créée, misant sur un effet d’émulation.

Building-Award
Mardi 20 juin 2017
KKL, Lucerne www.building-award.ch

Je sème à tout vent

École de commerce Raymond Uldry, Genève

Un quartier en mutation et en densification accueille une nouvelle école de commerce. Son plan rappelle une fleur, ses façades s’inspirent des arbres. Concentrée et ouverte, l’école assumera son rôle – multiple, urbanistique et symbolique – de repère et de point de départ.

Dès la rentrée de l’automne 2017, une nouvelle école de commerce ouvrira ses portes sur le plateau de Frontenex. Elle contribuera à répondre à l’augmentation du nombre d’élèves du secondaire II (plus de 15 ans). Rendu possible par le transfert d’un stade de football et d’une piste d’automodélisme, ce projet permettra d’accueillir plus de 1000 apprentis de commerce. Cette école porte le nom de Raymond Uldry, en l’honneur du haut fonctionnaire qui a tant œuvré pour l’éducation et l’intégration.

Lauréat du concours lancé par l’État de Genève en 2009, le projet signé par le bureau Meier + Associés Architectes s’insère dans un contexte en mutation. La phase d’exécution est placée sous la direction du bureau Architech SA.

Découvrez l’article complet dans notre édition de février 2017. Contactez-nous pour recevoir un exemplaire gratuit et abonnez-vous!

Grandeur nature

Innovation – Cabane de montagne

Un groupe de recherche international, basé en Slovénie, mène actuellement une expérience grandeur nature dans le cœur des Alpes. Il développe et fabrique des modules et les installe en haute montagne pour en étudier le comportement.

À l a frontière entre la Slovénie et l’Italie, le Mont Kanin culmine à 2587 mètres d’altitude. Le site offre des vues à 360° sur les vallées environnantes, sur le Mont Triglav – le plus haut sommet du pays qui en est également le symbole et est représenté sur le drapeau national – et jusqu’aux côtes adriatiques. C’est là qu’un groupe de recherche international qui réunit des architectes, des ingénieurs, des entreprises de construction spécialisées ainsi que des chercheurs a installé une cabane de montagne originale.

Le défi consiste à installer ces modules sur des sites isolés et d’étudier leur réponse aux phénomènes météorologiques extrêmes (violents changements de température, fort cumul de neige, pluie tempétueuse, terrain instable, etc.). Les conditions plus que difficiles exigent une réponse formelle, technique et matérielle (formes architecturales spécifiques, statique et structure adaptées, enveloppe et matériaux appropriés).

Aucune route ne conduit au site, tous les éléments sont transportés par hélicoptère – les modules et les charges sont préparés selon les limites de poids et d’équilibre. Sa position isolée exige le respect des res- sources naturelles et un impact minimal sur le terrain.

Le Mont Kanin revêt également une grande portée historique en raison des importants combats qui ont eu lieu ici pendant la Première Guerre mondiale. Les soldats se sont battus le long du front de l’Isonzo et de nombreux vestiges témoignent encore de ces années tragiques. Déjà largement reconnue pour sa beauté, la région est destinée à devenir encore plus prisée des randonneurs, grimpeurs, spéléologues, alpinistes et autres amoureux de la nature. Ainsi, au-delà des visées de recherche, l’idée de créer des modules qui servent de refuge prend tout son sens.

Science et tourisme

Les conditions météorologiques sont très difficiles. La couverture de neige dure plus de la moitié de l’année. En effet, la zone du
Kanin est connue pour les précipitations record de neige, qui dépassent régulièrement les 10 mètres. Les vents violents et les fortes pluies frappent aussi (précipitations record enregistrées pour une journée: 363 litres/m2). Des tremblements de terre sont aussi occasionnellement enregistrés.

Cet ensemble d’éléments porte les concepteurs à imaginer un module compact en bois. La forme géométrique particulière minimise l’emprise sur le terrain tout en offrant neuf places de couchage réparties sur trois plate-formes et une vue époustouflante. La décoration intérieure est réduite à son minimum et subordonnée à la fonction. Théoriquement, plusieurs modules pourraient être placés l’un à côté de l’autre afin de créer une structure d’une plus grande capacité et avec des fonctionnalités complémentaires.

La cabine a été entièrement financée par des dons et réalisée avec l’aide de nombreux volontaires. Les chercheurs l’utiliseront également en tant que base pour des observations climatologiques et géologiques ainsi que pour acquérir de nouvelles connaissances en ingénierie et architecture (statique, comportement des matériaux, etc.). La beauté du site et l’originalité architecturale ont d’ ores et déjà valu à la cabane du Mont Kanin diverses publications dans des magazines internationaux.•

Passer au BIM, combien ça coûte?

chr-9_bim-3

Le milieu bouillonne et beaucoup n’hésitent pas à parler de révolution. Le BIM est sur toutes les lèvres et nombre de bureaux d’architectes et d’entreprises s’apprêtent à franchir le pas. La question du coût est donc des plus légitimes.

Alors que l’industrie multiplie les propositions, difficile parfois de se faire une idée globale de ce que comporte la transition BIM. Déployer le BIM dans votre entreprise implique nombre d’éléments qu’il est utile d’énumérer au moment d’établir le budget.

Le logiciel lui-même coûte à l’achat entre 7’000 et 10’000 francs. La souscription annuelle de mise à jour et maintenance s’élève à environ 20% du prix d’achat. Ce logiciel permettra de réaliser et de modi er le modèle 3D, de faire des visualisations et des estimations de quantités. A ces fonctions «de base» (bien que déjà très riches) peuvent s’ajouter des modules complémentaires ou d’autres logiciels pour réaliser des analyses plus précises, la planification, etc. Les clones ou les versions « light » sont souvent offerts aux alentours de 1’000 à 2’000 francs. Gare aux éventuelles limitations auxquelles ses versions sont soumises (surtout au niveau de l’échange des données).

Une fois l’achat réalisé, vient le temps de la formation. Les logiciels BIM sont complexes, mais plutôt conviviaux. Une semaine de formation (au minimum) reste toutefois indispensable. Les prix, là encore sont plutôt variables, globalement entre 700 et 1200 francs par jours. A ne pas oublier, durant la période de formation les personnes sont absentes du bureau ou tout du moins, ne sont pas productives. Une formation interne est à envisager si vous avez les ressources pour le faire.

chr-9_bim-78-copieIdéalement vos employés doivent se sentir impliqués et comprendre que ce changement et cette formation sont tout à leur avantage. Ils y mettront du leur en se documentant et en s’engageant pleinement.

Les logiciels BIM sont extrêmement puissants. Ils requièrent donc des ordinateurs performants pour les faire tourner. Compter 2’500 à 3’500 francs pour ce type de machines, avec écrans. Sauf si bien sûr si vous disposer déjà de ce type d’ordinateur.

Il n’est jamais facile de changer les vieilles habitudes. Le BIM est un changement radical part rapport à la CAO, ce qui pourrait entraîner une relative perte de rendement initiale. vous ne pourrez pas passer du jour au lendemain de l’un à l’autre sans encombres. Certains parlent d’environ 20-30% de baisse de rendement les quatre premiers mois. vous connaissez le salaire et les charges de vos employés, le calcul est relativement vite fait.

Mettre en place le BIM dans l’entreprise prend du temps, beaucoup de temps. Le BIM impose de changer les méthodes de travail de chacun. Il faut mettre en place et tester les nouveaux flux de travail, créer les standards, les gabarits, expliquer, tester et échanger.

chr-9_bim-6

C’était mieux avant?

Les arguments énumérés jusqu’ici sont, certes, plutôt rebutants. Posons donc la ques- tion autrement: Combien cela vous coûte-t-il de ne pas passer au BIM? Le passage de la planche à dessin à la CAO, qui est encore dans beaucoup de mémoires, donne sans doute une bonne indication. Personne aujourd’hui n’imagine ressortir ses Rapidos et revenir en arrière! Personne non plus n’a mis la clé sous le paillasson pour être passé à la CAO, malgré l’engagement et les coûts initiaux.

Tout comme la CAO, le BIM donne globalement des résultats positifs assez rapidement. En effet les études le démontrent: après un an d’exploitation du BIM, la production enregistre une augmentation d’environ 25% et cela continue d’augmenter les années suivantes. Le coût initial sera ainsi amorti au bout de deux ans environs. Et bien sûr le BIM pourrait vous amener des affaires supplémentaires.

Une question qui revient souvent est: «Qui paie?». La réponse est pourtant simple: celui qui bénéficie de la valeur ajoutée par le BIM. Admettons que vous soyez architectes. vous utilisez le logiciel BIM comme aide à la conception et pour faire des visualisations 3D uniquement. Votre maquette n’est pas structurée, donc il n’y aura pas d’échange possible sans travail. Là clairement vous êtes le seul bénéficiaire, donc vous payez ou si vous préférez vous ne pouvez pas facturer les coûts supplémentaires à votre client.

«25% d’augmentation de productivité après un an»

Pareil si vous êtes une entreprise de construction et que vous réalisez une maquette numérique afin de faire des détections de conflits, de la planification de chantier, de la gestion des coûts voire de la sécurité. vous en bénéficiez donc vous prenez en charge les coûts.

Par contre si vous êtes architectes et que vous utilisez tous les avantages de la maquette numérique structurée, comme pour les calculs énergétiques, et que votre client économise même un faible pourcentage de sa consommation d’énergie sur la durée de vie du bâtiment, alors là votre client doit prendre en charge les coûts de conception supplémentaires. Et si en plus vous faîtes la coordination des maquettes (structure, MEP, etc.), que ces maquettes sont passées à l’entrepreneur et que celles-ci sont ensuite mise à jour « tel que construite », que votre client pourra l’utiliser pour la maintenance, alors là bien sûr votre client devra payer pour cette plus-value. A vous de le convaincre…

Certes, le BIM est encore jeune. Mais les retours d’expérience très positifs se multiplient et les avantages pour le Maître d’ouvrage sont relativement simples à expliquer. La demande de la part des clients, bien informés et tournés vers l’avenir, se renforce clairement. Certains marchés publics l’imposent déjà. (Article de Patrick Riedo objectif-bim.com, Adaptation:Massimo Simone) •

Le BIM, combien ça coûte?

004409_TheRibbon_Hotel-DA_160321_1052.3dm

Le milieu bouillonne et beaucoup n’hésitent pas à parler de révolution. Le BIM est sur toutes les lèvres et nombre de bureaux d’architectes et d’entreprises s’apprêtent à franchir le pas. La question du coût est donc des plus légitimes.

Alors que l’industrie multiplie les propositions, difficile parfois de se faire une idée globale de ce que comporte la transition BIM. Déployer le BIM dans votre entreprise implique nombre d’éléments qu’il est utile d’énumérer au moment d’établir le budget.

Le logiciel lui-même coûte à l’achat entre 7’000 et 10’000 francs. La souscription annuelle de mise à jour et maintenance s’élève à environ 20% du prix d’achat. Ce logiciel permettra de réaliser et de modi er le modèle 3D, de faire des visualisations et des estimations de quantités. A ces fonctions «de base» (bien que déjà très riches) peuvent s’ajouter des modules complémentaires ou d’autres logiciels pour réaliser des analyses plus précises, la planification, etc. Les clones ou les versions « light » sont souvent offerts aux alentours de 1’000 à 2’000 francs. Gare aux éventuelles limitations auxquelles ses versions sont soumises (surtout au niveau de l’échange des données).

Une fois l’achat réalisé, vient le temps de la formation. Les logiciels BIM sont complexes, mais plutôt conviviaux. Une semaine de formation (au minimum) reste toutefois indispensable. Les prix, là encore sont plutôt variables, globalement entre 700 et 1200 francs par jours. A ne pas oublier, durant la période de formation les personnes sont absentes du bureau ou tout du moins, ne sont pas productives. Une formation interne est à envisager si vous avez les ressources pour le faire.

Idéalement vos employés doivent se sentir impliqués et comprendre que ce changement et cette formation sont tout à leur avantage. Ils y mettront du leur en se documentant et en s’engageant pleinement.

Les logiciels BIM sont extrêmement puissants. Ils requièrent donc des ordinateurs performants pour les faire tourner. Compter 2’500 à 3’500 francs pour ce type de machines, avec écrans. Sauf si bien sûr si vous disposer déjà de ce type d’ordinateur.

Il n’est jamais facile de changer les vieilles habitudes. Le BIM est un changement radical part rapport à la CAO, ce qui pourrait entraîner une relative perte de rendement initiale. vous ne pourrez pas passer du jour au lendemain de l’un à l’autre sans encombres. Certains parlent d’environ 20-30% de baisse de rendement les quatre premiers mois. vous connaissez le salaire et les charges de vos employés, le calcul est relativement vite fait.

Mettre en place le BIM dans l’entreprise prend du temps, beaucoup de temps. Le BIM impose de changer les méthodes de travail de chacun. Il faut mettre en place et tester les nouveaux flux de travail, créer les standards, les gabarits, expliquer, tester et échanger.

chr-9_bim-4C’était mieux avant?

Les arguments énumérés jusqu’ici sont, certes, plutôt rebutants. Posons donc la ques- tion autrement: Combien cela vous coûte-t-il de ne pas passer au BIM? Le passage de la planche à dessin à la CAO, qui est encore dans beaucoup de mémoires, donne sans doute une bonne indication. Personne aujourd’hui n’imagine ressortir ses Rapidos et revenir en arrière! Personne non plus n’a mis la clé sous le paillasson pour être passé à la CAO, malgré l’engagement et les coûts initiaux.

Tout comme la CAO, le BIM donne globalement des résultats positifs assez rapidement. En effet les études le démontrent: après un an d’exploitation du BIM, la production enregistre une augmentation d’environ 25% et cela continue d’augmenter les années suivantes. Le coût initial sera ainsi amorti au bout de deux ans environs. Et bien sûr le BIM pourrait vous amener des affaires supplémentaires.

Une question qui revient souvent est: «Qui paie?». La réponse est pourtant simple: celui qui bénéficie de la valeur ajoutée par le BIM. Admettons que vous soyez architectes. vous utilisez le logiciel BIM comme aide à la conception et pour faire des visualisations 3D uniquement. Votre maquette n’est pas structurée, donc il n’y aura pas d’échange possible sans travail. Là clairement vous êtes le seul bénéficiaire, donc vous payez ou si vous préférez vous ne pouvez pas facturer les coûts supplémentaires à votre client.

«25% d’augmentation de productivité après un an»

Pareil si vous êtes une entreprise de construction et que vous réalisez une maquette numérique afin de faire des détections de conflits, de la planification de chantier, de la gestion des coûts voire de la sécurité. vous en bénéficiez donc vous prenez en charge les coûts.

Par contre si vous êtes architectes et que vous utilisez tous les avantages de la maquette numérique structurée, comme pour les calculs énergétiques, et que votre client économise même un faible pourcentage de sa consommation d’énergie sur la durée de vie du bâtiment, alors là votre client doit prendre en charge les coûts de conception supplémentaires. Et si en plus vous faîtes la coordination des maquettes (structure, MEP, etc.), que ces maquettes sont passées à l’entrepreneur et que celles-ci sont ensuite mise à jour « tel que construite », que votre client pourra l’utiliser pour la maintenance, alors là bien sûr votre client devra payer pour cette plus-value. A vous de le convaincre…

Certes, le BIM est encore jeune. Mais les retours d’expérience très positifs se multiplient et les avantages pour le Maître d’ouvrage sont relativement simples à expliquer. La demande de la part des clients, bien informés et tournés vers l’avenir, se renforce clairement. Certains marchés publics l’imposent déjà. (Article de Patrick Riedo objectif-bim.com, Adaptation:Massimo Simone) •

Qui fait quoi?

ARCHITECTURE_MO, BAMO, RMO, architectedsc_0226-copie

Pour les communes et autres institutions publiques, la gestion d’un projet de construction, scolaire par exemple, relève d’un processus complexe. Comment organiser le suivi et assurer la maîtrise du projet et de ses coûts pour obtenir un résultat de qualité? Du MO à l’architecte en passant par le BAMO et le RMO, Christiane von Roten, membre du comité SIA Vaud, nous rappelle qui fait quoi.

chr-spec_actu-bamo-1

Chantiers & Rénovation (C&R): Nombre de communes vivent une phase de fort développement. Qu’est-ce qui peut les aider à mener à bien leurs projets de construction?                                     Christiane von Roten (CvR): L’un des fondements de la réussite d’un projet de construction réside dans la con ance mutuelle entre les parties. Ce rapport de confiance n’est pas toujours issu d’une relation éprouvée, car le maître de l’ouvrage public, une commune par exemple, ne connaît pas toujours l’architecte avec qui il devra collaborer. Il s’agit donc de définir au préalable et clairement la répartition des tâches et des responsabilités de chacun. S’il existe pour cela des outils (Code des obligations, norme de compréhension SIA 112 «Modèle et conduite de projet», contrats SIA 1001/1-2-3), il convient de rappeler ici quelques pistes favorisant le succès d’un projet.

C&R: La première?
CvR: Plus un maître de l’ouvrage (MO) s’implique dans le processus, plus l’objet construit satisfera ses besoins.

C&R: Mais le processus est complexe.
CvR: Oui, et il exige de la part des acteurs concernés des compétences pointues et multiples. Pour l’architecte, il s’agit de coordonner des contraintes et des besoins parfois antagonistes en vue de proposer à son client la meilleure solution. Le MO, quant à lui, doit avoir les disponibilités et les compétences nécessaires pour prendre des décisions en toute connaissance de cause. Cet investissement mutuel de la part du MO et de son mandataire est garant de la qualité d’une construction, du respect de ses délais et de ses coûts.

C&R: Toutes les communes ne disposent pas de telles ressources. Que constatez-vous sur le terrain?
CvR: Souvent désemparées face à l’ampleur de la mission, les communes font aujourd’hui de plus en plus appel à des spécialistes «Bureau d’assistance au maître de l’ouvrage» (BAMO) ou «Représentant du maître de l’ouvrage» (RMO).

C&R: Pouvez-vous nous préciser les rôles de ces derniers?
CvR: Dans les deux cas, il s’agit de bureaux mandatés par le MO pour l’assister dans toutes ou partie de ses tâches au fil du projet. Leur profil est similaire, s’agissant de spécialistes expérimentés dans les domaines de la construction et des marchés publics, familiarisés avec les outils de gestion des coûts, des délais et du management de projet. Un BAMO n’assistera que partiellement le MO, agissant comme un expert compétent sur des tâches bien précises. Le cahier des charges d’un RMO sera plus large: il assistera et représentera le MO dans toutes ses tâches et tout au long du processus, agissant comme «chef de projet» du MO.

C&R: Le BAMO/RMO n’assure donc pas des prestations de l’architecte.
CvR: Non, il s’agit d’un mandat spécifique dont le but est bien de compléter les compétences et les disponibilités du MO. Cette assistance ne libère pas de ses responsabilités le MO qui, dans tous les cas, reste le seul à prendre les décisions et à signer les contrats.

C&R: Les architectes sont souvent à la tête d’un pool de mandataires. Qu’en est-il?
CvR: Parfois, le MO étend les responsabilités de l’architecte pour qu’il assure la fonction de mandataire général, le soulageant ainsi de la gestion des professionnels spécialisés (l’architecte conclut alors des contrats de sous-traitance avec ces derniers). Cette mission supplémentaire, qui relève du cahier des charges du MO, ne correspond pas forcément aux compétences de base de l’architecte. Le MO doit donc au préalable s’assurer que les architectes, chargés de la mission de mandataire général (selon la norme SIA 112), possèdent les compétences et les ressources suffisantes pour assumer cette responsabilité étendue.

C&R: Finalement donc, pas d’antagonisme entre architectes et BAMO ou RMO?
CvR: Tous ont le même but et, si les rôles sont bien définis, la collaboration est très fructueuse. L’architecte sert au mieux de ses connaissances et de sa compétence les inté- rêts du MO pour atteindre les objectifs de celui-ci. Il se porte garant de ses intérêts et, de ce fait, est tenu de l’informer, de le mettre en garde et de le conseiller tout au long du processus. Aussi, l’architecte est le partenaire de confiance du maître d’ouvrage. Et il a besoin d’un MO investi dans sa mission, ou d’un BAMO/RMO qui le représente, afin de garantir un résultat à la hauteur des attentes de tous. •

Démocratie en chantier

Parlement Vaudois – Château Saint-Maire, LausanneCHR 7_Parlement_Lsne 1

Pascal Broulis nous fait la visite des deux chantiers emblématiques qui sont actuellement sous sa responsabilité: la reconstruction du Parlement Vaudois et la rénovation du Château Saint-Maire.

Passionné et parfaitement à l’aise au milieu des gravats, agile sur les échafaudages comme il l’est avec les chiffres. Le patron des Finances vaudoises a repris le dossier de la reconstruction du Parlement alors que celui-ci était pratiquement dans l’impasse pour cause de refus populaire de la nouvelle architecture, et en particulier de la toiture, proposée par le premier projet. L’homme a su remettre tout le monde autour d’une table et, arrondissant les angles (un peu) et redimensionnant le toit (surtout), il a évité que le site ne reste en friche encore plus longtemps et que les parties historiques pouvant encore être sauvées ne soient définitivement perdues. Le chantier est aujourd’hui bien avancé et l’inauguration approche à grands pas.

CHR 7_Parlement_Lsne 2 - copie

Dans le respect des institutions, la rénovation centenaire du château Saint-Maire prévue de longue date, était mise en attente. «Il aurait été mal venu, explique Pascal Broulis, que l’on rénove le château avant d’avoir trouvé la solution pour le Parlement. Dès que la situation s’est débloquée, nous avons pu voter le crédit pour le château avec des projets quasi définitifs.» Aujourd’hui, le site de Perregaux, la butte qui domine la colline de la Cité et qui donne appui à ces deux bâtiments emblématiques de la démocratie vaudoise, est un vaste chantier.

L’article complet est à découvrir dans notre édition de septembre. Contactez Tania ou Stéphanie et recevez un exemplaire gratuit ou souscrivez un abonnement!