Archives de catégorie : Architecture

Lignes d’horizon

Centre de maintenance TPG, En Chardon, Genève

 

Couché le long de la route de Meyrin sous le couloir d’approche et de décollage des avions, le troisième centre de maintenance des transports publics genevois (TPG) prend forme. Avec l’arrivée des entreprises de second oeuvre le chantier entre dans la dernière ligne droite. La gestion des autobus et des tramways de tout le réseau s’apprête à être optimisé une nouvelle fois. L’horizon 2019, qui semblait si lointain au début des travaux, est désormais en point de mire.

L’histoire des transports publics à Genève remonte à l’automne 1883 lorsque deux voitures ouvrent un service à l’heure, puis à la demi-heure, entre la Place de Neuve et la Ville de Carouge. Un parcours de 2,5 kilomètres assuré par un véhicule à traction hippomobile, l’omnibus. Les premiers enregistrements témoignent d’une fréquentation journalière de 500 personnes ….

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Le bois se met en scène

Nouveau pavillon Théâtre de Vidy, Lausanne

Le Théâtre Vidy-Lausanne se dote d’un nouveau pavillon – une salle complémentaire de 250 places – qui dialogue avec le bâtiment de 1964. Entièrement en bois, il adopte une nouvelle technologie de fixation bois-bois qui abolit tout élément métallique.

Le Théâtre Vidy-Lausanne est une institution qui rayonne loin à la ronde et dont la réputation est reconnue dans tout le monde théâtral francophone. Posé dans le vaste parc Émile-Henri-Jaques-Dalcroze sis au bord du lac, ce théâtre a été construit en 1964 par l’artiste et architecte Max Bill dans le cadre de l’exposition nationale en tant que pavillon «éduquer et créer». Il utilise des méthodes de construction nouvelles et démontables avec des structures métalliques. Le théâtre aurait dû être démonté après l’exposition. Il est finalement conservé et, malgré sa nature initiale éphémère, résiste bon an mal an aux affronts du temps. Des campagnes d’assainissement et de rénovation sont ponctuellement menées et le théâtre actuel est un parfait outil de travail au service de la culture.

En 1995, un chapiteau en toile est installé dans le parc, face à l’entrée principale du théâtre. Il offre des espaces de création et de répétition supplémentaires et accueille également une programmation propre. C’est ce dernier qui est aujourd’hui remplacé par le nouveau pavillon en bois.

Pas un clou!

C’est l’architecte et professeur EPFL Yves Weinand, à la tête du laboratoire IBOIS, qui fait ici une proposition inédite. Avec le soutien du plan d’action bois de l’Office fédéral de l’environnement, le pavillon devient l’occasion d’un transfert de technnologie qui pourrait bien ouvrir de nouvelles voies à la construction en bois. Exploitant pleinement les capacités des machines de découpe automatisée actuelles, les concepteurs développent un système de fixation intégré dans la matière, à l’image de ce qui se fait déjà dans l’assemblage de mobilier, pour la création d’un tiroir par exemple, avec un ordre d’assemblage précis et prédéfini, l’ordre séquentiel de montage. Ici, la construction se passe d’éléments de fixation distincts; sur tout le bâtiment, il n’y a aucun clou ni aucune vis, ni aucun autre type de plaques ou de boulons. Chaque élément qui compose la construction est unique et ne peut être assemblé que d’une seule manière. La connexion intégrée qui assure la cohésion de l’ensemble impose un positionnement précis de chacune des pièces et une séquence de montage unique.

Il s’agit d’une structure porteuse à double nappe inédite et réalisée à partir de panneaux multiples en hêtre. La structure par plis et l’incurvation des murs latéraux sont calculées informatiquement pour obtenir une répartition uniforme des forces entre les différents éléments. Enfin, les arches et les murs sont formés par une double peau qui renforce la structure en limitant les forces de cisaillement, et qui assure l’isolation phonique et permet l’intégration de l’isolation thermique en ouate de cellulose (210 mm).

Les recherches d’IBOIS appliquées au pavillon ont permis d’élaborer une structure porteuse qui peut s’étirer sur une distance de 16 à 20m sans pilier et avec une épaisseur de panneau de seulement 45 mm. La distance entre les deux couches est de 300 mm à partir du haut du panneau extérieur et jusqu’au bas du panneau intérieur. L’utilisation de bois domestique garantit un très faible impact sur l’environnement.

L’aspect économique est également à relever. Les assemblages représentent habituellement 25 % des coûts dans la construction d’une ossature en bois. Ici, ces coûts sont tout simplement éliminés. De plus, la structure présentant une surface finie à l’intérieur, les coûts de finitions sont également réduits.

Le pavillon a été construit en douze mois. Long de 28 mètres et large de 20 mètres, il a une surface totale de 540 m2. Le gradin rétractable offre 250 places (150 de plus que l’ancien chapiteau). La scène a 14 mètres d’ouverture et 11 mètres de profondeur. Ces caractéristiques rendent le pavillon parfaitement complémentaire, en taille et en jauge, avec les trois autres salles du théâtre. Il permet d’accueillir des temps de répétitions, des spectacles en création et en accueil ainsi que des actions de médiation. De plus, cette structure sera indispensable au maintien d’une vie artistique à Vidy le temps de la rénovation de la grande salle Charles Apothéloz, qui devra fermer pendant plus d’une saison d’ici à 2020.

Transparences cadrées

Cycle d’orientation de la Gruyère, Riaz

Fort de son développement démographique exceptionnel, le district de la Gruyère se dote de nouvelles infrastructures. Un nouveau Cycle d’orientation est en construction Riaz. À la rentrée de 2018, il accueillera quelque 800 élèves.

La ville de Bulle et avec elle tout le district de la Gruyère traversent une époque de forte croissance démographique, l’une des plus marquées de Suisse. En effet, la population y a pratiquement doublé au cours des deux dernières décennies. Leur position centrale entre Berne et l’arc lémanique ainsi qu’une politique volontariste de développement des infrastructures et des services ont favorisé l’accroissement d’une activité industrielle déjà enviable. La mise en valeur du vieux bourg – grâce notamment à la création de la route de contournement –, la richesse patrimoniale et touristique de la région ainsi que le caractère simple de petite ville à la campagne ont fait le reste. Aujourd’hui, Bulle est une cité de 22 000 habitants et moult projets sont encore en développement tant en ville que dans tout le district.

Cet élan appelle naturellement à la création de nouveaux établissements scolaires. Ainsi, c’est sur une parcelle en limite de zone agricole, à l’entrée du village de Riaz, que se construit le nouveau Cycle d’orientation de la Gruyère. Au programme, une trentaine de salles de classe normales, quinze salles d’enseignement spécial, quatre salles de gymnastique, une bibliothèque et un auditoire ainsi qu’une cafétéria et des locaux annexes.

Protection et ouverture

Le projet, lauréat du concours de 2013, est signé du bureau lausannois mcm de Graeme Mann & Patricia Capua Mann. Selon les dires des architectes, la construction du nouveau CO «s’exprime comme une borne dans le territoire construit du village de Riaz, à la limite des terres agricoles».

Le plan en U a séduit le jury. Il permet de réaliser une construction relativement compacte qui n’occupe qu’une fraction du terrain disponible et évite l’effet «barre». Les lignes brisées des longues façades ainsi que la trame des brise-soleil abolissent toute monotonie. La cour, lovée entre les volumes, est protégée des nuisances externes. Cœur du site, elle met en relation les différentes parties du bâtiment et s’ouvre généreusement au sud; là, le regard se porte sur le clocher, au centre du village, puis sur le Moléson, sommet emblématique de la région. Côté route, une large esplanade aménagée permet un accès aisé et sûr tant aux véhicules individuels et aux transports publics qu’aux cyclistes et aux piétons.

Entre les volumes ainsi qu’à l’intérieur, les lignes de fuite dessinées par les couloirs amplifient les espaces de circulation et cadrent les paysages.

Les locaux communs et/ou publics trouvent place au rez-de-chaussée et sont desservis par trois entrées indépendantes et abritées. Les parois brisent l’orthogonalité et conduisent naturellement vers l’accès principal de l’école, au centre de la composition. C’est ici que le volume s’ouvre verticalement, laissant place à un escalier monumental. La largeur des volées des étages est réduite, augmentant ainsi l’effet de suspension; l’escalier est aérien, baigné de lumière naturelle. Juste à côté, la bibliothèque s’ouvre sur la cour. Aux étages, les salles de classe normales occupent la périphérie du volume, en relation avec le paysage et le monde extérieur, alors que les salles spéciales prennent place côté cour.

Exosquelette

Le projet a passablement évolué au cours de l’étude. C’est essentiellement le développe- ment des détails de façade – d’abord pour optimiser la protection solaire, puis pour prévenir la surchauffe estivale et assurer également une barrière phonique adéquate – qui a porté à la solution maintenant mise en place. Les architectes commencent par dessiner des brise-soleil plus marqués que ceux initialement esquissés. Puis, en étroite collaboration avec les ingénieurs, ils les transforment en une véritable trame structurelle porteuse. Cette sorte d’exosquelette se compose de 780 éléments préfabriqués, des montants et des sommiers. Ces derniers sont scellés aux dalles et reprennent une partie des charges pour les répartir dans les éléments verticaux. Cette solution – innovante et peut-être même inédite en Suisse – a ainsi permis de réduire le nombre de piliers du rez-de-chaussée.

La recherche d’une architecture compacte, respectueuse de la volumétrie du village de Riaz, fait s’enfouir la triple salle de gymnastique et se superposer des programmes aux trames statiques discontinues. Pour répondre à ces exigences, les ingénieurs font appel à tout leur savoir-faire et donnent forme et force à un système structurel complexe au sein duquel collaborent éléments précontraints, pièces de charpente métallique et voiles de béton.

«système structurel complexe»

Mais c’est réellement la mise en tension des éléments de façade qui finalise la structure et permet de retirer progressivement les 1200 billons de bois qui servaient d’étayage des dalles.

La partie du terrain laissée libre par le projet ainsi qu’une parcelle voisine sont pré- destinées à accueillir de futurs bâtiments publics. Le CO de Riaz, pour sa part, s’apprête à accueillir quelque 800 élèves de la région et à soulager ainsi les cycles de Bulle et de La Tour-de-Trême, tous deux au bord de l’implosion. Le budget de construction est de 81 millions de francs et la mise en service est fixée à la rentrée d’août 2018.

Le vert est dans la ville

Écoquartier de la Jonction, Genève

Usine à gaz, Artamis, Carré Vert: dénominations et affectations changeantes pour un site urbain et postindustriel. Située entre la rue du Stand et le boulevard Saint-Georges, la parcelle s’apprête à accueillir un projet dont on a longtemps parlé. Pas encore terminé, l’écoquartier de la Jonction est pourtant déjà très vert.

Bordé par le Rhône côté nord et par l’Arve côté sud, le quartier de la Jonction a un lointain passé maraîcher. Légèrement en marge du centre de la ville, le secteur est ensuite marqué par plus d’un siècle d’activités industrielles diverses. Aujourd’hui, c’est un nouveau mode de vie, urbain et responsables qui donne son impulsion.

Le chantier appelé «Écoquartier Jonction» a débuté en 2013. Trois maîtres d’ouvrage construisent 312 logements et 6200 m2 de surfaces destinées à des activités tant artisanales, que commerciales, associatives ou artistiques. Ces trois maîtres d’ouvrage se sont associés dans un processus ouvert en lançant un appel à projets et une démarche participative afin de définir l’affectation des surfaces d’activités et de susciter la participation des futurs locataires. Ce programme mixte est complété par 18500 m2 dédiés à des dépôts patrimoniaux pour les musées de la Ville de Genève et par un parking souterrain de 320 places géré par la Fondation des Parkings.

Entre 2008 et 2012, les travaux d’assainissement prennent une envergure impressionnante. La présence d’hydrocarbures, de goudron, de cyanure et de métaux lourds dans le sous-sol, résultant des activités industrielles passées, impose la construction d’une vaste tente de confinement.

Puis, dès 2013, les bâtiments prennent forme. Il s’agit de trois immeubles distincts (Fondation de la Ville de Genève pour le logement social, Coopérative Artamis des Rois et Coopérative de l’habitat associatif) accompagnés d’un équipement public (salle de gymnastique, locaux parascolaires, crèche et salle pluridisciplinaire) et d’un parking souterrain de 319 places. Les quatre lots sont menés par des maîtres d’ouvrage différents.

De l’usine aux jardins

Par leurs échelles, les trois volumes projetés rappellent la mémoire industrielle du quartier et la phase d’occupation artistique de l’ex-site d’Artamis. Le projet fait une large place aux phénomènes d’appropriation, aux processus éphémères et aux démarches spontanées. Le projet vise …

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Prêts pour l’immersion!

Aquatis, Lausanne

Aquatis promet d’immerger les visiteurs dans une odyssée à travers les cinq continents. Un parcours ludique et didactique rythmé par une cinquantaine d’aquariums et vingt éco-systèmes. Visite à quelques semaines de l’ouverture officielle, fixée au 21 octobre.

Le Biopôle de Lausanne, au nord de la ville, est un parc d’activités biotechnologiques de huit hectares, axé sur les sciences de la vie, qui dispose actuellement de 134 000 m2 de surfaces de bureaux et de laboratoires. Les six bâtiments qui le composent ont tous été construits entre 2007 et aujourd’hui. Quelque quarante-trois sociétés spécialisées y sont d’ores et déjà installées. Le site est desservi par le métro M2, inauguré en 2008, et se place au croisement d’un accès autoroutier et d’un axe urbain principal. D’autres développements sont prévus pour la décennie à venir.

Au sud du parc, un parking P+R de 1200 places a été construit en 2009. C’est sur la dalle de toiture de ce dernier que le projet Aquatis prend forme. Il se compose d’un hôtel 3 étoiles supérieur de 143 chambres inauguré en 2015, d’un centre de conférences et, pièce maîtresse de l’ensemble, d’un aquarium/vivarium de plus de 8000 m2.

Imaginé au début des années 2000 par deux biologistes et un muséologue, ce centre de compétences et de culture scientifiques dédié à l’eau douce, ressource vitale par excellence, se présente donc ici comme une évidence.

Le Canton de Vaud et la Ville de Lausanne offrent aussi un soutien financier substantiel sous la forme d’un prêt LADE. Le groupe Grisoni-Zaugg SA agit en tant qu’entreprise totale pour la partie structure et enveloppe, alors que toute la partie intérieure, équivalente au niveau financier, est pilotée et réalisée par la société BCO SA, filiale du groupe BOAS. La Fondation Aquatis, qui promeut l’éducation à l’environnement et au développement durable, assure le suivi scientifique et le programme pédagogique.

L’ensemble est conçu par le bureau Richter Dahl Rocha & Associés architectes SA et joue sur le contraste de forme pour mettre en valeur le lieu. L’hôtel, en forme de «L», se détache sur le côté nord-est et embrasse une large esplanade. Au centre de celle-ci trône le bâtiment de l’aquarium/vivarium.

Sa forme circulaire, organique et, surtout, son habillage étincelant en font l’emblème du lieu.

Alors que les façades de l’hôtel en verre sérigraphié réfléchissent les couleurs du lieu et les aléas du temps, celles de l’aquarium scintillent au gré du vent. Quelque 98 000 disques en aluminium sont suspendus à cette façade, mais restent néanmoins mobiles grâce à un système de fixation ad hoc. L’effet produit par le vent évoque tantôt des écailles de poisson sous les rayons du soleil, tantôt des vagues sur un plan d’eau. La présence de l’eau se retrouve au sol, entre les deux bâtiments, à travers un bassin extérieur qui ne fait qu’enrichir ce jeu de reflets. Il participe également au côté ludique du lieu, orienté vers un public familial.

Béton et charpente métallique sont les composants essentiels de la construction. L’évolution de la scénographie intérieure ainsi que la modification du programme (notamment au moment de l’intégration du vivarium non prévu initialement) ont imposé plusieurs remaniements des plans. Les charges du bâtiment sont reportées sur la structure du parking.

Dans ce sens, la position des grands aquariums n’est pas anodine. Certains piliers ont dû être renforcés par des gainages métalliques. Un secteur a également nécessité la réalisation de micropieux.

Cinq continents

L’exposition permanente d’Aquatis Aquarium/Vivarium invite le visiteur à une odyssée à travers les cinq continents. Un regard spectaculaire sur la faune et la flore aquatique à travers cinquante aquariums – contenant plus de deux millions de litres d’eau douce – et vingt écosystèmes. Cette dimension ludique sera enrichie d’une vision scientifique de l’eau, ressource à préserver pour l’économie, la société et l’environnement, matérialisée par des îlots d’observation et des espaces interactifs d’expérimentation. C’est cette richesse entre voyage fantastique de découverte et approche scientifique qui transportera chaque visiteur au cœur des environnements aquatiques du monde, créant un lien durable et émotionnel avec l’eau, source de vie de notre planète.

Le premier niveau est consacré à la faune aquatique d’eau douce d’Europe. Un parcours au fil du Rhône, de son origine glaciaire jusqu’à son embouchure en mer Méditerranée, est réparti sur différentes zones: Espace Alpin, Espace Léman et Espace Méditerranéen.

Le second niveau de visite permet aux observateurs de prolonger leur voyage à la découverte des milieux aquatiques d’eau douce des autres continents de notre planète:

> L’Afrique et ses grands lacs, connus pour la diversité exceptionnelle de leur faune aquatique, ainsi que le fleuve Niger, une ressource en eau douce pour des millions d’Africains.

> L’Asie et ses mangroves avec leur enchevêtrement de branches plongeant dans les eaux saumâtres, ses curieuses rizi-piscicultures ainsi que son long fleuve Mékong et ses villages flottants.

> L’Océanie et sa Pioneer River, un fleuve se déversant au niveau de la Grande Barrière de corail.

> L’Amérique du Sud et sa forêt inondée d’Amazonie, véritable poumon de notre planète.

Outre les milieux permanents, Aquatis dispose de deux zones d’expositions temporaires. Un restaurant self-service, une boutique. Deux salles de travaux pédagogiques viennent soutenir la vocation de l’éducation à l’environnement. L’objectif de fréquentation est de 450 000 visiteurs par année.

Depuis la conception du projet jusqu’à son achèvement, il s’agit de réaliser des écosystèmes et des milieux ambiants avec l’aide d’intervenants spécialisés tels que: biologistes, muséologues, scénographes et paysagistes, et des bureaux d’études énergétiques et techniques. •

Informations: www.aquatis.ch

Des tonnes de légèreté

Immeuble administratif Rhodanie 58, Lausanne

Au sud de Lausanne, sur l’avenue de Rhodanie, un nouveau bâtiment administratif vient relier le tissu urbain avec force et légèreté. Son puissant porte-à-faux et sa brillante façade lui confèrent une identité unique. Un assemblage de poutres Vierendeel se charge de la statique.

L’avenue de Rhodanie est un axe important qui marque l’entrée sud de Lausanne et court du giratoire de la Maladière à Vidy jusqu’à Ouchy. Son visage a passablement changé au cours des dernières décennies. En effet, une série de nouvelles constructions d’envergure y a surgi, dont le siège de Philip Morris International, celui de Nespresso ou la Maison du Sport International. La première pièce de ce renouveau est le bâtiment sis au N° 60 inauguré il y a exactement vingt ans et construit en son temps pour la société Golay-Buchel & Cie SA.

C’est à côté de cet édifice que la démolition de deux vieilles maisons a libéré une intéressante parcelle sur laquelle prend forme le bâtiment administratif que nous présentons ici.

Conçu par Richter Dahl Rocha & Associés architectes SA en étroite collaboration avec les ingénieurs d’Ingeni, l’immeuble adopte une volumétrie originale marquée par un puissant porte-à-faux. L’accès au bâtiment s’inscrit dans un retrait qui évite tout rapport de force avec les volumes et les cheminements existants. Les niveaux supérieurs, quant à eux, s’élancent de 15 mètres et dominent le front de rue. La force longitudinale de la composition est particulièrement prononcée.

Ce parti pris architectural impose des choix structurels clairs. Un noyau en béton, long et étroit, marque l’axe longitudinal. Il regroupe les locaux de service et les cir- culations verticales et assure une fonction parasismique. Une charpente métallique élaborée s’y rapporte et dessine l’ossature du bâtiment.

Échelle des forces                                                                                                           En plan, le bâtiment est un rectangle de 45 mètres sur 21. Il s’élève de quatre étages et s’appuie sur deux niveaux de sous-sol.

La proximité du lac ainsi que la densité …

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Building-Award 2017

Créée en 2015, le Building-Award vise à améliorer l’image des métiers d’ingénieurs dans la construction. La deuxième édition aura lieu au KKL de Lucerne le 20 juin prochain.

Mettre en valeur les réalisations et les compétences des ingénieurs, attirer la relève, tels sont les principaux objectifs du prix. La coopération avec les écoles est centrale et pleinement intégrée au concours. Une récompense pour les jeunes professionnels a également été créée, misant sur un effet d’émulation.

Building-Award
Mardi 20 juin 2017
KKL, Lucerne www.building-award.ch

Je sème à tout vent

École de commerce Raymond Uldry, Genève

Un quartier en mutation et en densification accueille une nouvelle école de commerce. Son plan rappelle une fleur, ses façades s’inspirent des arbres. Concentrée et ouverte, l’école assumera son rôle – multiple, urbanistique et symbolique – de repère et de point de départ.

Dès la rentrée de l’automne 2017, une nouvelle école de commerce ouvrira ses portes sur le plateau de Frontenex. Elle contribuera à répondre à l’augmentation du nombre d’élèves du secondaire II (plus de 15 ans). Rendu possible par le transfert d’un stade de football et d’une piste d’automodélisme, ce projet permettra d’accueillir plus de 1000 apprentis de commerce. Cette école porte le nom de Raymond Uldry, en l’honneur du haut fonctionnaire qui a tant œuvré pour l’éducation et l’intégration.

Lauréat du concours lancé par l’État de Genève en 2009, le projet signé par le bureau Meier + Associés Architectes s’insère dans un contexte en mutation. La phase d’exécution est placée sous la direction du bureau Architech SA.

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Grandeur nature

Innovation – Cabane de montagne

Un groupe de recherche international, basé en Slovénie, mène actuellement une expérience grandeur nature dans le cœur des Alpes. Il développe et fabrique des modules et les installe en haute montagne pour en étudier le comportement.

À l a frontière entre la Slovénie et l’Italie, le Mont Kanin culmine à 2587 mètres d’altitude. Le site offre des vues à 360° sur les vallées environnantes, sur le Mont Triglav – le plus haut sommet du pays qui en est également le symbole et est représenté sur le drapeau national – et jusqu’aux côtes adriatiques. C’est là qu’un groupe de recherche international qui réunit des architectes, des ingénieurs, des entreprises de construction spécialisées ainsi que des chercheurs a installé une cabane de montagne originale.

Le défi consiste à installer ces modules sur des sites isolés et d’étudier leur réponse aux phénomènes météorologiques extrêmes (violents changements de température, fort cumul de neige, pluie tempétueuse, terrain instable, etc.). Les conditions plus que difficiles exigent une réponse formelle, technique et matérielle (formes architecturales spécifiques, statique et structure adaptées, enveloppe et matériaux appropriés).

Aucune route ne conduit au site, tous les éléments sont transportés par hélicoptère – les modules et les charges sont préparés selon les limites de poids et d’équilibre. Sa position isolée exige le respect des res- sources naturelles et un impact minimal sur le terrain.

Le Mont Kanin revêt également une grande portée historique en raison des importants combats qui ont eu lieu ici pendant la Première Guerre mondiale. Les soldats se sont battus le long du front de l’Isonzo et de nombreux vestiges témoignent encore de ces années tragiques. Déjà largement reconnue pour sa beauté, la région est destinée à devenir encore plus prisée des randonneurs, grimpeurs, spéléologues, alpinistes et autres amoureux de la nature. Ainsi, au-delà des visées de recherche, l’idée de créer des modules qui servent de refuge prend tout son sens.

Science et tourisme

Les conditions météorologiques sont très difficiles. La couverture de neige dure plus de la moitié de l’année. En effet, la zone du
Kanin est connue pour les précipitations record de neige, qui dépassent régulièrement les 10 mètres. Les vents violents et les fortes pluies frappent aussi (précipitations record enregistrées pour une journée: 363 litres/m2). Des tremblements de terre sont aussi occasionnellement enregistrés.

Cet ensemble d’éléments porte les concepteurs à imaginer un module compact en bois. La forme géométrique particulière minimise l’emprise sur le terrain tout en offrant neuf places de couchage réparties sur trois plate-formes et une vue époustouflante. La décoration intérieure est réduite à son minimum et subordonnée à la fonction. Théoriquement, plusieurs modules pourraient être placés l’un à côté de l’autre afin de créer une structure d’une plus grande capacité et avec des fonctionnalités complémentaires.

La cabine a été entièrement financée par des dons et réalisée avec l’aide de nombreux volontaires. Les chercheurs l’utiliseront également en tant que base pour des observations climatologiques et géologiques ainsi que pour acquérir de nouvelles connaissances en ingénierie et architecture (statique, comportement des matériaux, etc.). La beauté du site et l’originalité architecturale ont d’ ores et déjà valu à la cabane du Mont Kanin diverses publications dans des magazines internationaux.•

Passer au BIM, combien ça coûte?

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Le milieu bouillonne et beaucoup n’hésitent pas à parler de révolution. Le BIM est sur toutes les lèvres et nombre de bureaux d’architectes et d’entreprises s’apprêtent à franchir le pas. La question du coût est donc des plus légitimes.

Alors que l’industrie multiplie les propositions, difficile parfois de se faire une idée globale de ce que comporte la transition BIM. Déployer le BIM dans votre entreprise implique nombre d’éléments qu’il est utile d’énumérer au moment d’établir le budget.

Le logiciel lui-même coûte à l’achat entre 7’000 et 10’000 francs. La souscription annuelle de mise à jour et maintenance s’élève à environ 20% du prix d’achat. Ce logiciel permettra de réaliser et de modi er le modèle 3D, de faire des visualisations et des estimations de quantités. A ces fonctions «de base» (bien que déjà très riches) peuvent s’ajouter des modules complémentaires ou d’autres logiciels pour réaliser des analyses plus précises, la planification, etc. Les clones ou les versions « light » sont souvent offerts aux alentours de 1’000 à 2’000 francs. Gare aux éventuelles limitations auxquelles ses versions sont soumises (surtout au niveau de l’échange des données).

Une fois l’achat réalisé, vient le temps de la formation. Les logiciels BIM sont complexes, mais plutôt conviviaux. Une semaine de formation (au minimum) reste toutefois indispensable. Les prix, là encore sont plutôt variables, globalement entre 700 et 1200 francs par jours. A ne pas oublier, durant la période de formation les personnes sont absentes du bureau ou tout du moins, ne sont pas productives. Une formation interne est à envisager si vous avez les ressources pour le faire.

chr-9_bim-78-copieIdéalement vos employés doivent se sentir impliqués et comprendre que ce changement et cette formation sont tout à leur avantage. Ils y mettront du leur en se documentant et en s’engageant pleinement.

Les logiciels BIM sont extrêmement puissants. Ils requièrent donc des ordinateurs performants pour les faire tourner. Compter 2’500 à 3’500 francs pour ce type de machines, avec écrans. Sauf si bien sûr si vous disposer déjà de ce type d’ordinateur.

Il n’est jamais facile de changer les vieilles habitudes. Le BIM est un changement radical part rapport à la CAO, ce qui pourrait entraîner une relative perte de rendement initiale. vous ne pourrez pas passer du jour au lendemain de l’un à l’autre sans encombres. Certains parlent d’environ 20-30% de baisse de rendement les quatre premiers mois. vous connaissez le salaire et les charges de vos employés, le calcul est relativement vite fait.

Mettre en place le BIM dans l’entreprise prend du temps, beaucoup de temps. Le BIM impose de changer les méthodes de travail de chacun. Il faut mettre en place et tester les nouveaux flux de travail, créer les standards, les gabarits, expliquer, tester et échanger.

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C’était mieux avant?

Les arguments énumérés jusqu’ici sont, certes, plutôt rebutants. Posons donc la ques- tion autrement: Combien cela vous coûte-t-il de ne pas passer au BIM? Le passage de la planche à dessin à la CAO, qui est encore dans beaucoup de mémoires, donne sans doute une bonne indication. Personne aujourd’hui n’imagine ressortir ses Rapidos et revenir en arrière! Personne non plus n’a mis la clé sous le paillasson pour être passé à la CAO, malgré l’engagement et les coûts initiaux.

Tout comme la CAO, le BIM donne globalement des résultats positifs assez rapidement. En effet les études le démontrent: après un an d’exploitation du BIM, la production enregistre une augmentation d’environ 25% et cela continue d’augmenter les années suivantes. Le coût initial sera ainsi amorti au bout de deux ans environs. Et bien sûr le BIM pourrait vous amener des affaires supplémentaires.

Une question qui revient souvent est: «Qui paie?». La réponse est pourtant simple: celui qui bénéficie de la valeur ajoutée par le BIM. Admettons que vous soyez architectes. vous utilisez le logiciel BIM comme aide à la conception et pour faire des visualisations 3D uniquement. Votre maquette n’est pas structurée, donc il n’y aura pas d’échange possible sans travail. Là clairement vous êtes le seul bénéficiaire, donc vous payez ou si vous préférez vous ne pouvez pas facturer les coûts supplémentaires à votre client.

«25% d’augmentation de productivité après un an»

Pareil si vous êtes une entreprise de construction et que vous réalisez une maquette numérique afin de faire des détections de conflits, de la planification de chantier, de la gestion des coûts voire de la sécurité. vous en bénéficiez donc vous prenez en charge les coûts.

Par contre si vous êtes architectes et que vous utilisez tous les avantages de la maquette numérique structurée, comme pour les calculs énergétiques, et que votre client économise même un faible pourcentage de sa consommation d’énergie sur la durée de vie du bâtiment, alors là votre client doit prendre en charge les coûts de conception supplémentaires. Et si en plus vous faîtes la coordination des maquettes (structure, MEP, etc.), que ces maquettes sont passées à l’entrepreneur et que celles-ci sont ensuite mise à jour « tel que construite », que votre client pourra l’utiliser pour la maintenance, alors là bien sûr votre client devra payer pour cette plus-value. A vous de le convaincre…

Certes, le BIM est encore jeune. Mais les retours d’expérience très positifs se multiplient et les avantages pour le Maître d’ouvrage sont relativement simples à expliquer. La demande de la part des clients, bien informés et tournés vers l’avenir, se renforce clairement. Certains marchés publics l’imposent déjà. (Article de Patrick Riedo objectif-bim.com, Adaptation:Massimo Simone) •