Archives de catégorie : Energie

Construisons l’avenir de l’énergie

Un dŽbat urgent: le futur des centrales Žleclectriques; le protocole de Kyoto. Le secteur de la production d'ŽlectricitŽ est en pleine mutation: de nombreuses centrales arrivent en fin de vie et il faut dŽcider des nouveaux investissements pour la pŽriode 2005-2010. Le dŽveloppement ˆ court terme du secteur de l'Žnergie doit tenir compte des engagements environnementaux de l'Union europŽenne ˆ Kyoto qui, sinon, ne pourront pas tre respectŽs. 03/2003 ©CE/EC

La stratégie énergétique 2050 doit encore être affinée au niveau politique, mais sur le terrain nombreux sont les acteurs qui construisent déjà l’avenir énergétique. Or, il manque du personnel qualfié pour relever les défis, en particulier dans le secteur du bâtiment. En collaboration avec ConstructionSuisse, SuisseEnergie lance la campagne de communication «Nous construisons l’avenir de l’énergie» avec l’objectif de positionner le secteur du bâtiment comme acteur principal pour l’avenir de l’énergie et de mettre en valeur l’attractivité des formations continues et des perfectionnements dans ce domaine.

Le Conseil fédéral et le Parlement sont en train de redéfinir les conditions-cadres pour l’avenir de l’énergie en Suisse, dont la base sera constituée par les énergies renouvelables et par l’efficacité énergétique. La nouvelle stratégie énergétique offre de nombreuses opportunités à l’économie ainsi qu’à la société suisse. Les investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ouvrent des marchés en expansion et repositionnent la place économique suisse.

« Renforcer l’image du secteur »

CHR 8_energie 2A cet égard, le secteur du bâtiment joue un rôle central. Pour une mise en œuvre fructueuse des mesures planifiées, du personnel bien formé est indispensable, car son savoir-faire influence à long terme la consommation énergétique des bâtiments et des installations. Par conséquent, en collaboration avec ConstructionSuisse et de nombreuses associations partenaires et institutions de formation, SuisseEnergie lance la campagne de communication «Nous construisons l’avenir de l’énergie». 

Les objectifs fondamentaux de cette campagne de communication sont le positionnement du secteur du bâtiment comme acteur important de la Stratégie énergétique 2050 ainsi que le renforcement de la réputation sociale des professions du bâtiment dans le contexte de la nouvelle politique énergétique. L’accent est mis sur la formation et le perfectionnement du personnel qualifié déjà actif, ainsi que sur le recrutement de professionnels supplémentaires afin de soutenir le secteur du bâtiment dans le domaine de l’énergie.

La campagne de communication comprend une action d’affichage nationale, trois clips vidéo, un site Internet spécifique et différents matériels destinés aux associations partenaires. Il est prévu de développer cette campagne progressivement sur plusieurs années, toujours en étroite collaboration avec les associations des branches participantes.

Brillant!

ISOLATION – Dépôt de bus «Grüzefeld»                                                                  CHR 7_enveloppe_isover 1Avec son architecture surprenante, le nouveau dépôt de bus «Grüzefeld» à Winterthour est un brillant exemple de bâtiment industriel durable. Placée sur une toiture ingénieuse, isolée par Saint-Gobain Isover SA, une installation photovoltaïque performante produit de l’électricité pour 60 ménages.

Avant d’être desservie par des bus, la ville de Winterthour dépendait autrefois du tramway. Les habitants ont ainsi vu défiler le «Rössli-Tram», un tramway tiré par deux chevaux, puis ses successeurs sur rails dans les rues de la ville. Suite à l’abandon progressif du tramway, Stadtbus Winterthur exploite désormais un réseau de 23 lignes de bus avec une flotte de 80 véhicules. Ceux-ci transportent chaque année plus de 26 millions de passagers sur environ 5 millions de kilomètres-horaire.

L’organisation de cette offre de transport a nécessité un nombre de bus, de trolleybus et de bus articulés en constante augmentation, à tel point que les halles de dépôt, les ateliers et les bureaux de Stadtbus Winterthur se sont retrouvés à court de place. Lors d’un nouvel agrandissement de la flotte, la ville a finalement décidé d’augmenter l’espace disponible et, par la même occasion, d’optimiser le fonctionnement de l’exploitation. Dans cette optique, les sites vieillissants «Deutweg» et «Tösstalstrasse» ont été regroupés dans le nouveau bâtiment reluisant «Grüzefeld» et la halle voisine datant de 1967. Depuis l’été 2014, Stadtbus Winterthur jouit donc de 1000 m2 d’espace administratif supplémentaire et d’une nouvelle surface d’environ 6000 m2 pour les ateliers et le dépôt des bus.

Ecologiques et économiques                                                                                            La ville a demandé dès la mise au concours que la nouvelle construction soit esthétique, qu’elle offre plus d’espace ainsi que la meilleure efficacité énergétique possible et qu’elle soit équipée d’une installation photovoltaïque. «La réalisation de ce site est en elle-même déjà une étape importante dans l’accomplissement de notre tâche de promotion des énergies renouvelables», se réjouit Christian Maurer, collaborateur du département Communication de la ville de Winterthour. Le résultat est convaincant: «Avec une surface de 1500 m2 et une production de 250 kWc, l’installation photovoltaïque fournit en électricité près de 60 ménages ou permet à un trolleybus de parcourir environ 100 000 kilomètres», a déclaré Christian Maurer.

« la température ambiante de la halle non chauffée ne passe jamais sous la barre des 10 °C »

«Outre les aspects écologiques et économiques, la qualité des places de travail figurait également en tête du catalogue des exigences», a précisé Rolf Wagner, responsable de projet pour les constructions en bois chez Baltensperger AG, l’entreprise générale en charge de la réalisation. Ainsi, ce bâtiment industriel efficient est un lieu de travail apprécié grâce à un climat ambiant optimal. «L’aile administrative remplit les exigences Minergie-ECO®, et, grâce à une isolation thermique performante, la température ambiante de la halle non chauffée ne passe jamais sous la barre des 10 °C» explique le spécialiste. Les produits Isover d’isolation en laine de verre satisfont depuis longtemps aux exigences des constructions Minergie® et les isolants de nouvelle génération remplissent également les critères de Minergie-ECO®. Ces derniers tiennent compte de divers facteurs tels que la provenance et la disponibilité des matières premières, la fabrication des matériaux de construction y compris l’énergie utilisée à leur production.

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Une construction intelligente                                                                                             La visite des nouvelles halles montre le soin avec lequel tous ces défis ont été relevés: tant dans le concept créatif et statique de BDE Architekten GmbH, en charge du projet, que lors de la réalisation par les entreprises mandatées. Couvrant la halle sur toute la longueur et la largeur, la structure porteuse de la toiture à base d’acier, aérée et légère, forme une ossature traditionnelle en dents de scie. «Par-dessus, nous avons posé des panneaux en bois recouverts de laine de verre Isover Uniroll 035 de 240 millimètres d’épaisseur préfabriqués par nos spécialistes, avec des détails inconnus des profanes», explique Rolf Wagner. Les matériaux isolants Isover en laine de verre convenaient particulièrement bien à cet ouvrage car ils atteignent d’excellentes performances isolantes tout en étant légers et minces.

«Pour que nous puissions monter ces panneaux sur une si grande surface le plus rapidement possible tout en évitant au maximum les intempéries, chaque élément a dû être calculé avec précision, chaque angle pris en compte et chaque étape minutieusement préparée», se souvient Rolf Wagner. «Si tous les éléments ont été prêts dans les temps, c’est également grâce à l’excellente collaboration avec Saint-Gobain Isover SA. Ce fabricant de matériaux isolants a réussi à nous livrer une quantité particulièrement grande de matériaux – environ 9 tonnes – et avait même, sur demande, déjà procédé au découpage précis de certaines pièces», indique le responsable de projet.

La façade recouverte d’éléments scintillants en tôle d’acier chromé est aussi isolée avec de la laine de verre Uniroll 035 de Saint-Gobain Isover SA. Alors qu’elle brille et attire le regard, elle est également appréciée pour sa valeur «intérieure». A l’instar des panneaux de la toiture, les éléments modulaires de la façade ont été préfabriqués dans les halles de production de l’entreprise Baltensperger à Seuzach. Là aussi, le bois apparaît comme le matériau idéal car il respecte en tous points les critères économiques et écologiques du maître d’ouvrage. «D’autant plus que combiné à l’acier et au béton, le bois est le garant d’un climat ambiant agréable», affirme-t-on chez Baltensperger. L’entreprise se réfère également à la manière dont les panneaux ont été fixés directement sur l’ossature en acier qui confère une sécurité statique à l’édifice. Le résultat: un montage très efficace qui a donc fondamentalement contribué à ce que le site puisse être ouvert selon le planning établi.CHR 7_enveloppe_isover 6

Minergie et photovoltaïque

Réglementation – énergie                                                                                                  Le Conseil fédéral a modifié la réglementation quant au soutien des installations photovoltaïques le 1er avril 2014. Il a notamment introduit la possibilité de toucher une rétribution unique (RU) et la possibilité d’auto-consommer sa propre production photovoltaïque. Cette nouvelle situation a conduit Minergie à revoir sa pratique quant au bilan énergétique.

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L’ordonnance du Conseil fédéral prévoit que tous les exploitants de nouvelles installations photovoltaïques comprises entre 10 kWp et 30 kWp peuvent opter pour la rétribution à prix coûtant (RPC) ou la rétribution unique (RU), qui s’élève au maximum à 30% des coûts d’investissement. Les installations de 2 kWp à 10 kWp ne peuvent recevoir dorénavant que la rétribution unique et les installations photovoltaïques d’une puissance inférieure à 2 kWp ne perçoivent ni la RPC, ni une rétribution unique. Par ailleurs, les exploitations d’installations photovoltaïques peuvent dorénavant auto-consommer tout ou partie de leur propre production. Ces modifications sont substantielles et ont conduit Minergie à modifier sa pratique quant à la prise en compte de l’électricité photovoltaïque dans les bilans énergétiques des objets demandant la labellisation Minergie: ce courant photovoltaïque y est à présent totalement pris en compte, sauf dans quelques cas particuliers.

Les bilans énergétiques des objets demandant la labellisation Minergie sont établis maintenant selon les exigences décrites ci-dessous et éclairées par le tableau suivant:

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Vue d’ensemble de la prise en compte du courant photovoltaïque dans le bilan énergétique Minergie                                                                                                  Toutes ces dispositions sont déjà en vigueur, sauf celles indiquant une date d’entrée en force. Elles concernent tous les standards (Minergie, Minergie-P et Minergie- A, pour les nouvelles constructions comme pour les rénovations).

1. Le courant provenant des installations photovoltaïques recevant la rétribution unique (RU) est inclus dans le bilan énergétique.

2. Dès le 01.01.2016, le courant provenant des installations photovoltaïques de ≥ 30 kWp recevant la RPC et avec consommation propre sera inclus dans le bilan énergétique.

3. Le courant provenant des installations photovoltaïques de 10 à 30 kWp recevant la RPC, qu’il y ait ou non de l’auto-consommation, n’est pas inclus dans le bilan énergétique.

4. Le courant provenant d’installations photovoltaïques ne recevant ni RU ni RPC est compris dans le bilan énergétique.

5. Dès le 01.01.2016, le courant de bourses solaires sera pris en compte dans le bilan énergétique.

Conditions: L’installation photovoltaïque doit se trouver sur le bâtiment même ou dans son environnement immédiat.

Maroc, le soleil, le vent

Avec la construction de mega-complexes photovoltaïques et d’importants parcs éolien, le Maroc affiche son ambition énergétique et mise avec force sur le renouvelable.

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Le Maroc s’est fixé pour objectif de couvrir plus de 40% de ses besoins énergétiques grâce aux énergies renouvelables d’ici à 2020. Ce pays d’Afrique du Nord espère en effet combler l’absence d’hydrocarbures dans ses sols en misant sur les segments de l’éolien et du photovoltaïque. 1,7 milliard d’euros viennent d’être débloqués pour construire la seconde phase du méga-complexe de centrales solaires «Noor 2» et «Noor 3» à Ouarzazate, dans le sud du Maroc.

Parmi les investisseurs du projet, on trouve la banque publique allemande KFW, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement mais également la Banque européenne d’investissement, l’Agence française de développement et l’Union européenne. Le but, à terme, est de produire 500 MW grâce à l’ensemble des centrales photovoltaïques de Ouarzazate. La phase «Noor 1» est toujours en construction et devrait être livrée en octobre 2015. Au final, le pays maghrébin ambitionne que sa production d’énergie solaire atteigne les 2000 MW à l’horizon 2020.

L’éolien n’est pas non plus en reste, puisque le plus vaste parc du continent africain a été récemment mis en service à Tarfaya, dans le sud-ouest du royaume. La totalité de ces projets énergétiques se chiffre à 10,6 milliards d’euros, ce qui pèse pour 60% des investissements énergétiques du Maroc prévus jusqu’en 2020.

Une enveloppe vraiment étanche

CHR 6_second oeuvre_soupapes 2CHR 6_second oeuvre_soupapes 3INNOVATION – Soupapes de contrôle

Même les bâtiments bien isolés perdent de la chaleur: les canalisations d’aération et d’évacuation des eaux usées ainsi que les diverses ouvertures de fonction dans l’enveloppe du bâtiment provoquent la perte de plusieurs pour cent de l’énergie de chauffage. Un architecte de lucernois a conçu, en collaboration avec l’école supérieure de technique et d’architecture de Lucerne, des soupapes adaptées pour réduire ces pertes d’énergie dans les bâtiments neufs et existants.

Texte: Benedikt Vogel/OFEN
Images: OEKAG/B. Vogel/G. Morandini

Afin de réduire la consommation d’énergie, l’isolation thermique des bâtiments est sans cesse améliorée. La force motrice est fournie par les normes Minergie mais également par les modèles de prescriptions énergétiques des cantons dans le domaine de l’énergie (MuKEn). Plus l’enveloppe du bâtiment est isolée efficacement, plus les pertes thermiques dues à des fuites sont faibles. Les ventilations de confort qui rendent l’ouverture des fenêtres pour l’aération superflue dans les bâtiments neufs modernes en sont un exemple parlant.

Toutefois, malgré toutes les mesures pos- sibles, l’enveloppe d’un bâtiment n’est jamais absolument étanche. Une porte doit être installée quelque part pour laisser le gens entrer et sortir. A cela s’ajoute les divers ouvertures indispensables pour des raisons techniques comme, par exemple, pour les canalisations d’eau usée, les installations de ventilation, les conduites sanitaires vers la canalisation. Toutefois, même les drainages de toit à l’inté- rieur, les cages d’ascenseur et les tubes pour l’alimentation d’air et les gaz d’échappement des installations de combustion traversent l’enveloppe du bâtiment. Même si ces ouvertures de fonctions ont de faibles coupes transversales dans la plupart des cas, elles laissent échapper l’air réchauffé et ainsi une précieuse énergie de chauffage. On chauffe quasiment l’extérieur.

5% de pertes

Les pertes d’énergie par les ouverture de fonction ont été longtemps ignorées ou considérées comme négligeables mais le souhait d’améliorer le rendement énergétique à poussé la branche de la construction à se préoccuper de ces ouverture. Des chercheurs de l’école supérieure de technique et d’architecture de Lucerne ont maintenant analysé et quantifié les pertes d’énergie dans une étude subventionnée par l’Office fédérale pour l’énergie (OFEN). “ La perte d’énergie peut s’élever à 5 % des besoins en énergie de chauffage d’une maison individuelle ”, écrit l’ingénieur diplômé Serge Mattli, auteur principal de l’étude qu’il a rédigé au centre de technique intégrée du bâtiment (ZIG) de l’école supérieure de Lucerne.

Les 5 % s’appliquent pour une maison individuelle bien isolée Minergie-P avec installation d’évacuation d’air de cuisine, poêle suédois et tuyauterie d’évacuation d’air pour les installations sanitaires. En réalité, les pertes d’énergie par les ouvertures de fonctions devraient être plus élevées dans la mesure où l’étude n’a pas encore tenu compte des pertes d’énergie par infiltration (échange d’air en raison des différences de pression entre les pièces intérieures et l’environnement). “ Le vent et l’aspiration générée, par exemple, l’air ambiant chaud qui circule vers l’extérieur par la cheminée peut générer des pertes d’énergie supplémentaires considérables « , ajoute Serge Mattli. Ce faisant, il faut toutefois savoir que ces pertes sont déjà calculées aujourd’hui pour le justificatif des besoins énergétiques à l’aide d’une valeur standard. Il est toutefois impossible de chiffrer à quel point cette valeur standard est juste sans une analyse détaillée.

Dunstrohre HertensteinstrasseEviter les fuites

L’architecte lucernois Giorgio Morandini souhaite impérativement mettre un frein aux pertes d’énergie par les ouvertures de fonction. “ Une maison collective de cinq étages avec dix grands appartements construite selon les normes légales consomme environ 6700 l de fioul par an. Avec sept ouvertures de fonction, environ 550 l d’énergie sont perdus « , calcule le fondateur de 69 ans de la société de conseil Oekag Wassertechnik AG. Morandini souhaite particulièrement intervenir sur les bâtiments existants. En collaboration avec l’école supérieure de Lucerne et le soutien de la Fondation Suisse pour le climat et l’OFEN, il a conçu des soupapes qui devraient fortement réduire les pertes d’énergie à l’avenir.

Les soupapes de Morandini sont construites différemment selon l’application prévue mais suivent toujours le même objectif: Au repos, elles évitent la fuite de l’air réchauffé de l’intérieur de la maison et réduisent ainsi les pertes d’énergie. Les soupapes se composent d’un boitier en plastique de la taille d’un ballon de football qui peut être disposé sur les extrémités des tubes pour y couper le flux d’air. Les clapets élastiques des membranes en plastique sont équipés de particules magnétiques afin de rester fermés de manière fiable et ce également en cas de surpression et de dépression comme elles peuvent survenir avec des vents de 80 km/h.

Giorgio Morandini a commercialisé la première série de soupapes. La soupape d’eau de toiture sera disponible dans les commerces spécialisés à partir de mi-2014. “ Les pertes par les ouvertures de fonction sont les dernières grosses fuites ignorées jusqu’à présent pour lesquelles il existe désormais un produit commercial ”, dit Rolf Moser, directeur du programme de recherche sur les bâtiments de l’Office fédéral pour l’énergie.

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Levez la tête!

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La surélévation du barrage du Vieux-Emosson est un élément essentiel du projet Nant-de-Drance. Le groupement de construction doit réaliser 70000 m3 de béton en deux ans.

Grâce au jumelage des lacs d’Emosson et du Vieux-Emosson, l’usine de pompage-turbinage de Nant-de-Drance sera, à terme, l’une des plus puissantes d’Europe. Avec ses 900 MW, elle produira environ 2,5 milliards de kWh par année. Sa mise en service sera progressive dès 2018.

Nous vivons actuellement la phase centrale de la réalisation. Les travaux préparatoires et la reconstruction des tunnels d’accès sont terminés, alors que les chantiers de la caverne, des galeries d’amenée, de chaudronnerie ainsi que la surélévation du barrage du Vieux- Emosson battent leur plein. Le montage de certaines machines a même commencé.

Les travaux de construction ont débuté en septembre 2008. La surélévation du barrage du Vieux-Emosson, sur laquelle nous nous concentrons ici, n’était pas prévue dans le projet initial. C’est en 2011 qu’une modification de concession a été accordée afin de permettre une augmentation de puissance pour une centrale de 900 MW et c’est pour augmenter la capacité de stockage du lac que le barrage doit être surélevé.

Construit entre 1952 et 1956, l’ouvrage est un barrage à compression à simple voûte de 45 m de haut constitué de 62000 m3 de béton. Le projet actuel prévoit de rehausser le niveau maximal du réservoir de 20 m et celui du couronnement de 21,50 m. La cote maximale de l’ouvrage terminé culminera à 2226,50 mètres d’altitude.

La largeur au sommet du barrage existant n’est que de 4 m, ce qui rend impossible une simple surélévation. Il est tout d’abord nécessaire de procéder à la démolition partielle de l’ouvrage afin de recréer une base suffisante pour accueillir la construction neuve. Ce sont 15000 m3 de béton qui doivent être déconstruits. La démolition débute en juin 2012 et dure cinq mois.

La surélévation consiste en un barrage voûte à double courbure dont les sections horizontales et verticales sont formées de segments paraboliques. Au total, ce sont quelque 70000 m3 de béton qui doivent être produits, mis en place et vibrés. Le bétonnage se fait par plots de 1,50 m de haut et 12 m de long (484 au total). Un coffrage grimpant est utilisé. Entre les plots, des clés de cisaillement sphériques sont réalisées. Différents joints sont mis en place (bande Sika, bande mastix) ainsi que des tuyaux de clavage et les ancrages pour la console de l’étape suivante.

Le béton produit par la centrale installée au pied du barrage est mis en place à l’aide de la grue puis vibré à la pelle. Un vibreur est adapté et connecté au circuit hydraulique d’une pelle à déport court de 6 tonnes.

L’altitude impose ses contraintes. Les travaux sont interrompus durant les mois d’hiver.

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Plus bas, plus haut

Le choix des grues dans une telle réalisation est évidemment essentiel. La première variante optait pour l’utilisation de grues horizontales. La hauteur finale de l’ouvrage depuis la base étant de 71,50 m, une telle option aurait demandé la mise en place de grues de très grande hauteur induisant des difficultés lors du montage et certaines limitations de capacité (impossibilité d’accès au chantier avec un camion-grue d’une grandeur suffisante pour l’assemblage final des éléments; télescopage problématique vu le climat très changent à cette altitude; fréquence de travail ralentie par la hauteur ainsi que la vitesse du vent).

Le choix s’est donc porté sur des grues à flèche relevable. Les avantages sont multiples. Les tours sont moins hautes, le montage est plus simple, la puissance disponible est décuplée et l’espace aérien est moins occupé. Le groupement d’entreprises a fait confiance à la grande expérience du fabricant de grues Wolff, qui avait déjà pris part à la construction du barrage originel du Vieux-Emosson dans les années 50. L’installation d’une Wolff 1250 B (l’une des grues les plus puissantes du monde) montée sur une tour de 55 m de haut et dotée d’une flèche de 80 m est la solution idéale. Elle assure à elle seule tout le support de la phase de démolition. Elle manutentionne des bennes à gravats de 10m3 ainsi que les engins d’excavation nécessaire de plus de 35 t.

Dès 2013, elle est flanquée d’une Wolff 500 B montée sur une tour de 49,20 m de haut et munie d’une flèche de 60 m de long pour assurer la construction de la surélévation. Les flèches sont démontées durant l’hiver et les tours rehaussées – respectivement de 15 et de 10 m – pour la saison suivante. Ces choix induisent d’importantes économies au chapitre des transports et garantissent le respect d’un planning exigeant.

La Wolff 1250 B est machine impressionnante. Sa capacité est de 1250 m/t avec une charge maximale de 60 tonnes. Dans sa confi- guration sur le chantier du barrage celle-ci est de 40t à 29m. La flèche relevée permet d’être plus proche de l’ouvrage ce qui assure une excellente visibilité à l’opérateur. Celui-ci doit faire preuve d’une certaine dextérité: le câble étant plus long que sur une grue traditionnelle l’effet de balancier est augmenté.

Il ne faut toutefois que peu de pratique pour tirer le maximum de ce formidable engin. Le confort de la cabine, la clarté des informations fournies sur les écrans, la précision des commandes et surtout, sa vitesse et sa force sont grandement appréciés. Sa robustesse et sa fiabilité sont également des atouts majeurs, en particulier dans les conditions extrêmes que ce chantier d’altitude impose.

La fin du bétonnage est prévue pour la mi-octobre 2014. Les injections du mortier de clavage auront lieu l’année prochaine. L’ensemble des travaux de démolition et, de reconstruction du barrage du Vieux-Emosson représente un total d’environ 40 millions de francs et l’engagement d’un effectif atteignant un maximum de 50 personnes.

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Centrale
de pompage-turbinage

CHR 6_béton_vieux emosson_fonctionnement 9Fonctionnement 

La centrale de pompage-turbinage de Nant-de-Drance utilise la différence de niveau entre deux lacs de retenue existants pour produire et stocker de l’énergie. Lorsque les besoins en électricité sont importants, l’eau stockée dans le lac du Vieux-Emosson chute vers la centrale souterraine via deux puits verticaux de 425 m de haut. Elle y est turbinée pour produire de l’électricité puis est déversée dans le lac d’Emosson. A l’inverse, lorsque les besoins en électricité sont moindres, l’eau du lac d’Emosson est pompée vers le lac du Vieux-Emosson. La centrale de Nant-de-Drance permet ainsi de stocker l’électricité lorsque celle-ci est excédentaire sur le réseau. Le parcours de l’eau est le même lors des phases de pompage et de turbinage. Elle passe au travers des mêmes galeries, des mêmes puits et des mêmes groupes hydroélectriques. Les six turbines Francis installées dans la caverne des machines seront réversibles et pourront soit pomper, soit turbiner selon la phase du cycle.

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Principaux intervenants

Maître d’ouvrage

Nant-de-Drance SA, Finhaut

Planification générale

AF-Consult Switzerland AG, Baden-Dättwil

Planification surélévation barrage du Vieux-emosson

Stucky ingénieurs — conseils SA, Renens/Martigny

Entreprise de génie civil principale

GMI — Groupement Marti Implenia

Construction barrage du Vieux-emosson

GVE — Groupement Vieux-Emosson (Marti Implenia)

Grues

Wolffkran Schweiz AG, Dällikon

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Il faut que tu respires!

spécial énergie 1SPECIAL ENERGIE – ventilation

Les standards énergétiques qui se sont imposés ces dernières années misent énormément sur une parfaite isolation et étanchéité des bâtiments. La maîtrise de la ventilation n’en devient que plus importante.

Par Massimo Simone

Pour être performant, un bâtiment doit être bien isolé et encore mieux ventilé. En effet, il ne s’agit pas uniquement d’éviter des ponts thermiques, ou déperditions de chaleur, synonymes d’inconfort et de facture énergétique élevée.

Un logement correctement isolé et ventilé préserve aussi la santé de ceux qui y vivent et permet une meilleure gestion du confort, été comme hiver.

Pas question cependant de colmater ou de calfeutrer intégralement son logement de manière à empêcher toute entrée et sortie d’air. La maison est comme un être humain: elle a besoin de respirer 24 heures sur 24 et donc d’évacuer les polluants divers générés par les matériaux qui la composent et bien sûr par toute activité humaine. Pour une seule personne, le simple fait de respirer dans une pièce dégage chaque jour trois litres de CO2. D’autres activités, comme la cuisine ou le bricolage, engendrent elles aussi des microparticules, dispersées entre autres, sous forme de COV (composés organiques volatils). Et ce n’est pas tout car les matériaux, comme les peintures ou les moquettes, la plomberie, l’électricité ou l’ameublement, dégagent également des polluants. Sans compter que l’humidité et la condensation peuvent aussi générer divers désagréments. Une mauvaise ventilation entraîne une certaine dégradation du bâtiment et une conséquente baisse de sa valeur. En résumé, plus un bâtiment est isolé, plus il faut veiller à une gestion fine de sa ventilation. Le simple fait d’aérer en ouvrant des fenêtres ou des portes ne suffit pas.

Réduire les déperditions

De même, les impératifs de protection de l’environnement et d’inflation des cours du baril de pétrole ont poussé les pouvoirs publics et les spécialistes du secteur à durcir les règles relatives à l’isolation, et par ricochet à la ventilation. Les divers bilans énergétiques s’accompagnent désormais systématiquement d’un test d’étanchéité à l’air (le bâtiment est complètement isolé avant que l’on y insuffle ou aspire de l’air afin de détecter et traquer toutes les sources de fuites de chaleur). L’objectif est clair: plafonner la consommation d’énergie primaire.

D’accessoire, la ventilation devient primordiale et passe même en troisième priorité, après le bâti et l’isolation, pour acquérir le statut de bâtiment réellement performant. Ces trois priorités s’inscrivent dans une même démarche, l’une complétant l’autre.

Aujourd’hui, une solution semble s’imposer progressivement: efficace, économique et confortable, la ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux constitue l’un des meilleurs choix pour bien ventiler un habitat isolé aux normes les plus performantes. Elle conjugue en effet de nombreux avantages. Elle assure le renouvellement de l’air, permet de régler son débit, organise sa circulation entre pièces humides (cuisine, toilettes, salle de bains) et pièces sèches (chambre, salon, etc.) et extrait l’humidité du logement. En période hivernale, elle préchauffe l’air entrant; en été, elle le rafraîchit grâce à son système d’échangeur.

«une mauvaise ventilation entraîne une dégradation du bâtiment» 

Même si ce système fonctionne à l’aide de moteurs électriques, la consommation d’électricité est compensée par les économies générées sur le long terme par l’installation. La VMC double flux permet de récupérer jusqu’à 92% des calories dépensées par le chauffage.

Une autre alternative qui séduit beaucoup de propriétaires est celle qui allie un système simple flux associé à une micro-pompe à chaleur (PAC). Ce système fait alors office de ventilation ainsi que de chauffage pour l’eau chaude sanitaire grâce à l’air récupéré. Reste l’option ultime dite «quatre en un», à partir d’une base VMC double flux et d’une micro- PAC, apportant quatre fonctions: la ventilation, la production d’eau chaude sanitaire à partir de l’air récupéré, le chauffage en hiver et le rafraîchissement en été. Les premiers systèmes sont commercialisés. Ils devraient émerger d’ici à deux ans avant de se généraliser, promettent les spécialistes.

Installer et entretenir

Pour être performants, une importance toute particulière doit être accordée à l’installation des équipements de ventilation pour assurer à la fois une qualité de l’air et une consommation optimales. Cela passe d’abord par une installation effectuée par un spécialiste agréé, dans un endroit facilement accessible. Il faudra par exemple veiller à ce que les bouches d’extraction soient placées en face des portes des salles d’eau qui très souvent ne comportent pas de fenêtres.

Mais une bonne installation ne garantit pas tout. Un entretien régulier est tout aussi fondamental. Un nettoyage périodique et consciencieux des bouches et des filtres est par exemple très important car il suffit que ces éléments soient encrassés pour que le système de ventilation ne fonctionne plus de manière efficace, engendrant une augmentation de la consommation d’énergie nécessaire à sa bonne marche.

spécial énergie 6Certaines hautes écoles se sont dotées d’impressionnantes souffleries et procèdent à des essais grandeur nature poussés. 

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Comme le montrent ces dessins de Renzo Piano relatifs au Centre culturel Tjibaou de Nouméa, les études sur la ventilation s’affinent de jour en jour.