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Là-haut dans le passé

Complexe Bel-Air, Lausanne

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Démarré en 2006, le projet de réfection du complexe Bel-Air à Lausanne, propriété de Zurich IMRE, franchit aujourd’hui une nouvelle étape importante. Menée par le bureau d’architectes lausannois CCHE, la complète rénovation intérieure de la tour ainsi que le rafraîchissement de sa façade sont désormais terminés. La rénovation du socle et de l’extension devrait s’achever quant à elle fin 2016. Dans les étages les plus hauts, les appartements semblent suspendus dans le temps.

Les huit étages d’appartements et six étages de bureaux occupant la tour Bel-Air sont désormais terminés. Les appartements, dont les finitions ont été pensées pour préserver et mettre en valeur la vue exceptionnelle, comprennent un penthouse sur deux étages et six appartements occupant chacun un étage entier. Les bureaux proposent des surfaces semi-finies. Le Penthouse de 224 m2 intègre beaucoup de matières nobles et de bois et est surmonté d’une terrasse de 85 m2 avec vue panoramique sur tout Lausanne et environs. Ce bien d’exception a été pensé pour évoquer le confort d’une villa urbaine.

Le projet présenté en 2006 par CCHE, lors du concours sur invitation pour la réfection du complexe Bel-Air, comprenait l’assainissement de la structure métallique du bâtiment et de son enveloppe, la rénovation des parties endommagées et une mise en conformité générale selon les lois et les directives en vigueur. Étaient également compris l’aménagement intérieur avec des logements, des surfaces commerciales et administratives ainsi que des interventions de mise en valeur extérieure.

Imaginé entre les années 1929 et 1932 par l’architecte Alphonse Laverrière, le complexe est recensé en note 1 à l’inventaire des monuments historiques depuis 1992. Le plus grand défi lié à sa réfection se trouve dans la gestion des procédés de rénovation et de mise aux normes, l’évaluation et la restauration des éléments historiques en collaboration avec le Service des monuments et sites du Canton de Vaud et le maintien d’éléments de construction et d’espaces représentatifs des années 30 et de l’architecture d’origine.

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Plus de 10000 plans

Hannes Ehrensperger, architecte associé du bureau CCHE, explique: «À travers cette rénovation, le bureau a souhaité redonner son caractère d’antan à ce bâtiment comprenant 19500 m2 de surface de plancher, dont 15500 m2 de surface locative, tout en lui permettant de s’adapter aux besoins actuels d’un quartier en évolution depuis plusieurs années.»

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De nombreux relevés, diagnostics et expertises ont permis d’appréhender au mieux l’ensemble des détails constructifs et des contraintes. Selon Philippe Steiner, chef de projet développement chez CCHE, «le nombre impressionnant de dessins, plannings, listings et PV nous a amenés à créer une plateforme de mise à jour automatique, via un cloud, pour communiquer notre connaissance du bâtiment et faciliter la coordination entre les professionnels.»

CCHE a dirigé l’intégralité du projet, de la conception architecturale à la gestion des délais, des entreprises et des coûts. La direction des travaux est d’ailleurs implantée dans l’enceinte même du complexe pour superviser en permanence l’avancée des travaux. Le chantier, démarré début 2014, a été mené avec des interventions par étapes et en partie avec les locataires qui continuent à habiter les locaux. Martin Diaz, chef de projet exécution pilotant la direction du chantier, précise que «cette stratégie a permis d’avan- cer en parallèle différentes zones de chantier et de livrer aujourd’hui les appartements et les bureaux sis dans la tour, alors que le complexe et l’extension doivent encore terminer leur mue.» •CHR 6_renovation_Bel-Air 10

Construire son patrimoine

Les conditions d’accès à la propriété deviennent plus restrictives. Les répercussions des nouvelles exigences ne sont pas encore mesurables, mais des tensions sont d’ores et déjà perceptibles. Dans ce contexte, il nous semble bon de rappeler que la création de logements en PPE représente une grande part du marché de la construction à valeur ajoutée, un secteur important pour les entreprises de la branche. Le projet présenté ici en est un bon exemple.

La construction d’infrastructures, de pôles d’activités ou de grands projets urbains fait le plus souvent les titres de la presse et remplit également les pages de Chantiers & Rénovation. Ces derniers temps pourtant, l’immobilier focalise quelque peu l’attention de la branche. La SSE elle-même y a consacré plusieurs pages d’analyse dans son dernier rapport annuel. Conditions d’accès à la propriété plus restrictives, nouvelle loi sur l’aménagement du territoire ou franc fort sont autant de sources de doutes. Le marché donne des signes d’essoufflement après des années de pleine puissance. Certains projets sont d’ores et déjà redimensionnés. Les répercussions pour les entreprises de la construction ne sont pas encore chiffrées. D’aucuns rappellent aux mémoires la crise des années 90; d’autres, sans doute moins catastrophistes, prévoient un ralentissement en douceur.

Bien que les constructions de logements en PPE ne soient pas toujours les plus spectaculaires ou les plus innovatives du point de vue technique, il nous semble correct de rappeler qu’elles constituent une part importante du volume d’activité du secteur de la construction et un marché considérable pour nombre d’entreprises, petites et grandes. La réalisation que nous présentons est donc représentative de tous ces «petits» projets qui donnent du travail à des milliers de collaborateurs sur les chantiers et dans l’industries des fournisseurs et concentrent une grande part des compétences humaines du secteur.

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Local, mondial           Le projet «Les Balcons du Lavaux» est une réalisation de Steiner SA pour le compte d’Ariex Développements Immobiliers SA. Il consiste en la construction de onze petits immeubles avec un total de 32 appartements en PPE ainsi qu’en la construction de deux parkings souterrains de 67 places. Les immeubles ont entre trois et cinq niveaux et sont répartis en deux secteurs (nord et sud) séparés par une route communale devant rester en service tout au long des travaux.

Situé dans les hauts de Vevey, à proximité du centre du village de Jongny, l’ensemble surplombe des zones de Lavaux inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco.

La surface totale du terrain est de près de 11 000 m2 et regroupe quatre parcelles. Celles- ci n’étaient pas construites au début du projet, si ce n’est la présence d’un abri à animaux et d’un bassin de récolte des eaux de source. La configuration du projet et la typologie du site ont imposé la réalisation d’enceintes de fouilles importantes (parois berlinoises et parois clouées). Le volume total d’excavation représente environ 15000 m3 dont une partie importante dans la roche (2000 m3).

Le projet est réparti en deux secteurs. Les cinq bâtiments du sud totalisent 1551 m2 de surface bâtie. Un parking souterrain de 29 places, avec caves et locaux techniques, sert d’assise à l’ensemble. Quatre bâtiments s’élèvent de trois niveaux, le dernier de deux; le tout regroupe quatorze logements.

Le secteur nord est un peu plus grand et compte six immeubles (surface bâtie: 2095 m2). Ici, le parking souterrain de 38 places, avec caves et locaux techniques, dessert quatre bâtiments directement et deux via un tunnel de liaison. Quatre bâtiments s’élèvent de trois niveaux, les deux derniers comptent quatre étages, pour un total de dix-huit logements.

Le projet sera labellisé Minergie® (une labellisation provisoire a déjà été obtenue). Une production de chaleur centrale à l’aide d’une chaudière à pellets de bois au secteur sud permet de distribuer la chaleur à chaque sous-station de bâtiment. Elle est complétée par des panneaux solaires thermiques posés horizontalement en toiture pour l’eau chaude sanitaire. Les appartements sont munis d’un réseau de chauffages au sol à très basse température (30 °C).

Les toitures sont végétalisées et prennent en considération un concept de rétention d’eau établi selon les données locales d’exposition et les contraintes du réseau existant conformément au PGEE. A l’exception du bâtiment Nord-A, chaque édifice est équipé d’un ascenseur, dont le dernier niveau donne généralement accès directement aux duplex des étages supé- rieurs.

Un plan de quartier strict dicte des aménagements extérieurs riches et soignés (choix des finitions, revêtement et emplacement des murets, essence des arbres, etc.). Les toitures sont recouvertes d’une végétalisation en bandes. CHR 7_balcons lavaux new 1 CHR 7_balcons lavaux new 2