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Big Data Paradise

Le plus grand data center de Suisse                                                                   CHR 9_safe host 1L’entreprise genevoise Safe Host est en train de construire ce qui sera le plus grand data center de Suisse. Avant de pouvoir installer 80000 serveurs informatiques sur plus de 14000 m2 il faut construire un immense bâtiment et le doter de toutes les sécurités physiques et techniques nécessaires.

« Essentiellement, c’est une grosse boîte à chaussures! » Difficile pour un architecte de parler de concept et d’image au moment de construire un data center. Et en particulier celui-ci, qui sera le plus grand de Suisse, avec ses 123 mètres de long, 40 de large, 23 de haut et un total de 14 000 m2 de surfaces dédiées à la location.

En effet, un tel bâtiment est fondamentalement fonctionnel et technique; la grande activité qui s’y déroule se concentre dans les milliers de serveurs informatiques qu’il accueille. La demande d’hébergement et de sécurité de données ne cesse de croître. Née en 2000, Safe Host vante déjà une longue expérience … découvrez le reportage complet dans notre édition de décembre 2015, contactez Tania et recevez un exemplaire gratuit!

Tour d’horizon durable

Energies Renouvelables

Symposium ER’14 – 19-20 novembre à Yverdon-les-Bains.

Inscrivez-vous!

Programme_ER14Le secteur du bâtiment représente une part très importante de la consommation énergétique en Suisse avec quasiment un tiers de la consommation d’énergie finale. Par ailleurs, ce secteur génère d’importants impacts sur l’environnement.

Afin de répondre à ces problématiques, la HEIG-VD organise tous les deux ans le Symposium sur l’Efficacité Energétique, l’Environnement et les Energies renouvelables dans le domaine du bâtiment (Symposium ER). Cette manifestation propose un tour d’horizon des nouvelles technologies et de réalisations exemplaires permettant de réduire la consommation énergétique et les impacts environnementaux du secteur du bâtiment. La septième édition du symposium aura lieu les 19 et 20 novembre 2014 à Yverdon-les-Bains et traitera des thématiques suivantes :

  • Rénovation énergétique (19 novembre)
  • Efficacité énergétique et environnement (19 novembre)
  • Ecoconstruction et éco-matériaux (20 novembre)
  • Energies renouvelables (20 novembre)

Informations et inscriptions :

www.er14.ch

téléchargez le programme:

Programme_ER14

Fonction: production!

fehr 1FEHR+Cie SA, La Chaux-de-Fonds

Fondée en 1924, la société Fehr + Cie SA fabrique des cadrans pour le compte de différents horlogers de la région. Comptant aujourd’hui une centaine de collaborateurs, elle regroupe ses activités dans un nouveau bâtiment qui s’articule autour d’un hub central, cœur de la production.

En nonante ans d’existence, la société Fehr + Cie SA s’est forgé une solide réputation. Pionnière à maintes reprises dans le développement de nouvelles techniques de fabrication de cadrans, l’entreprise traverse le siècle et les soubresauts de l’histoire ainsi que les aléas typiques de toute entreprise familiale. Fondée en 1924 par Arnold Fehr, rejoint par son fils André durant près de vingt ans, la société est l’une des premières à être dirigée par une femme – Nelly Fehr, épouse d’André – lorsque père et fils décèdent à quelques mois d’intervalle en 1943. Malgré les réticences initiales de la part d’une frange de la clientèle et des collaborateurs, Nelly Fehr mènera l’entreprise d’une main de maître

jusqu’en 1962. Discrétion, sérieux, savoir-faire et force d’innovation sont les traits qui caractérisent les personnalités qui se succèdent et se côtoient à la tête de l’entreprise et en imprègnent l’esprit.

La croissance est continue et le nombre de collaborateurs ne cesse d’augmenter. L’activité s’enrichit au fil des ans. Elle est aujourd’hui en grande partie automatisée et informatisée. Les compétences se diversifient: galvanoplastie, atelier de vernissage et de laquage, ainsi que fabrication d’appliques. Avec l’acquisition en 2007 d’un nouveau site de production, la société chaux-de-fonnière intègre Technofrap SA, une entité active dans la réalisation de frappes pour cadrans et appliques. En 2012, elle acquiert la Maison Mayor, une référence en matière de guillochage. Fehr+Cie SA poursuit ainsi une logique de concentration de compétences. Aujourd’hui, l’entreprise compte une centaine de collaborateurs et produit plus de 200 000 cadrans par an. Le nouveau site sera inauguré en juillet 2014. L’entreprise pour- suit son développement et mise sur la création de nouveaux emplois d’ici à 2018.

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La production au centre

Le nouveau bâtiment de l’entreprise Fehr + Cie SA s’intègre comme un élément structurant dans le secteur d’activités des Eplatures à l’ouest de la ville de La Chaux-de- Fonds. Conçu comme une pièce unitaire intégrée dans le terrain, l’édifice entre en dialogue avec ses voisins et réagit à la pente par un positionnement précis des différents niveaux d’entrée, l’accueil des visiteurs se faisant au rez-de-chaussée supérieur.

Il en résulte une structuration du lieu, non seulement au niveau des espaces intérieurs de l’édifice, mais également des aménagements extérieurs, cette nouvelle pièce urbaine initiant un système de dessertes et de terrasses pour le développement futur de l’ensemble du site.

Le regroupement de la production en un lieu unique représente un choix stratégique important dans l’histoire de l’entreprise. L’organisation intérieure du nouveau bâtiment reflète cette stratégie, en réunissant autour d’un espace central les fonctions de production, de réception et d’administration. Structurant les parcours dans l’édifice, ce secteur à double hauteur constitue un espace de référence au cœur de l’édifice, qui amène de la lumière naturelle et sert à la fois de zone d’accueil, de show-room et de lieu de rencontre.

Un continuum spatial à partir de cet espace central permet ensuite de relier efficacement l’entrée des visiteurs (à l’est) et celle des employés (depuis le parking au rez-de-chaussée inférieur). Cette configuration rélève par ailleurs des liaisons – tant verticales qu’horizontales – très fonctionnelles, dont une par l’intermédiaire d’une passerelle spectaculaire à travers l’espace central. L’administration est regroupée du côté nord et bénéficie d’un large dégagement sur le paysage, tandis que la production est située dans la partie sud du bâtiment, organisée autour d’un hub central inhérent aux modalités de production des cadrans.

Le programme des locaux contient des espaces à vocations très spécifiques, présentant des exigences liées à une technique de production de pointe. Le bâtiment répond à l’ensemble de ces exigences, tout en intégrant également une certaine flexibilité dans son essence structurelle et constructive.

La structure du bâtiment repose en effet sur l’utilisation d’une ossature répétitive en béton armé, tandis que les parois de sépara- tion sont conçues de manière non porteuse. Cette configuration autorise une certaine flexibilité des aménagements intérieurs dans le futur. Par ailleurs, le positionnement des espaces de production et d’administration de part et d’autre de l’espace central offre diverses possibilités pour d’éventuelles extensions futures sans devoir interrompre le fonctionnement de la manufacture.

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Matérialité et expression

Le concept du bâtiment reposant sur son essence fonctionnelle et structurelle, la démarche architecturale n’a pas intégré de volonté de «designer» artificiellement le bâtiment pour en travestir l’expression. Les différents choix réalisés au niveau des espaces intérieurs ou des éléments de façade découlent du concept adopté pour l’ensemble. Il en ressort un édifice aux lignes simples et résolument contemporaines, dont l’identité est adaptée à sa vocation, empreint de fonctionnalité et de force, diversifié et cohérent, dense et aéré, audacieux et pragmatique.

Exprimant la réunion des diverses activités sous un même toit, les façades situées à l’extérieur du volume sont constituées de panneaux métalliques de couleur anthracite. Ceux-ci permettent de rythmer la façade d’éléments pleins et vitrés sur les quatre côtés de la manufacture, avec la volonté de ne pas exprimer de distinction significative entre les espaces de production ou d’administration.

Une découpe importante est ensuite réalisée dans le volume primaire. Elle relie l’extérieur et l’intérieur du bâtiment en se prolongeant de l’espace central jusqu’à la façade ouest.

Exprimée par l’intermédiaire d’une couleur vive et lumineuse, cette découpe permet non seulement de marquer les différentes entrées dans l’entreprise , mais également d’ouvrir une perspective vers le paysage depuis le cœur de l’édifice. (Texte et informations: Bauart Architectes et Urbanistes SA/ Fehr + Cia SA). •

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Le développement doit continuer!

spécial infra_journée 1JOURNEE INFRA 2014

Le 4 février dernier, plus de 200 professionnels romands ont donné vie à la Journée Infra 2014. Sur un ton quasi célébratif, la Fédération Infra a salué le succès et le dynamisme de la région romande qui traverse une décennie de développement phénoménal et ne craint plus de comparaisons. Quels sont les ingrédients de cette réussite? Qui en sont les acteurs? Comment éviter que cet élan ne s’essouffle? Et comment tout cela est-il perçu par les autres régions de Suisse ou par l’étranger? Autant d’interrogations auxquelles des intervenants de haut niveau ont donné leurs réponses, sans bien sûr pouvoir anticiper l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse qui allait intervenir quelques jours plus tard.

Alors qu’un certain sentiment d’infériorité et une posture quelque peu fataliste et victimisante semblaient dominer les mentalités romandes il y a encore une quinzaine d’années, la dernière décennie est à l’enseigne de la «positive attitude». La conjoncture aidant, la région romande s’est découvert une identité et en a tiré une force. L’EPFL, et l’impulsion spectaculaire donnée depuis la nomination de Patrick Aebischer à sa présidence, est l’un des moteurs de ce développement. Tout comme l’aéroport de Cointrin, qui semblait voué à un certain redimensionnement alors que la compagnie nationale le délaissait pour se prosterner sur le tarmac «unique» de l’aéroport de zurich, et qui a finalement connu un développement fulgurant.

Hautes écoles dynamiques, infrastructures performantes et un tissu serré de petites et moyennes entreprises côtoyant sans complexe des multinationales venues s’installer dans la région, tels sont les ingrédients de base qui forgent le succès romand.

Après quelques mots introductifs de Felix Mann, membre du comité de la Fédération Infra, et de Blaise Clerc, vice-directeur de la SSE et secrétaire romand de la Fédération Infra, c’est le Professeur Francis-Luc Perret qui a pris la parole. En sa qualité de vice-président de la planification et de la logistique de l’EPFL entre l’an 2000 et 2013, il a inauguré plus de vingt bâtiments et est aujourd’hui reconnu comme étant l’homme de la métamorphose du campus de l’EPFL. Il est actuellement directeur de la Fondation ISREC (Institut Suisse de Recherche Expérimentale sur le Cancer) et mène le projet AGORA pour la construction d’un Centre du Cancer qui va rassembler la formidable expertise en oncologie disséminée entre les grandes institutions de recherche lémaniques en un lieu où les différentes spécialités, des plus fondamentales aux cliniques, se côtoieront et dialogueront pour imaginer les thérapies du futur.

INFRATAGUNG Lausanne 2014

Un b‰timent ic™ne pour marquer le lancement du nouveau Centre suisse du cancer - Lausanne

Hissez les voiles!

Au cours de sa présentation, Francis-Luc Perret a rapidement survolé les principaux projets qu’il a accompagnés au cours de sa carrière. Au-delà des bâtiments eux-mêmes ou de leurs fonctionnalités, c’est l’idée maîtresse qui soutient leur réalisation qui est révélatrice. Il s’agit de réunir des hommes et des femmes qui autrement ne seraient pas portés à travailler ensemble. Sublimant le rôle des architectes, les bâtiments deviennent les catalyseurs de l’innovation. Ainsi, tel est le constat de Francis-Luc Perret, le succès de la Romandie ne tient pas seulement à des conditions externes favorables ou à une quelconque bénédiction divine, mais à la capacité à réunir des compétences diverses pour en créer de nouvelles et pointer sur une excellence de niveau international.

Philippe Receveur, ministre jurassien de l’Environnement et de l’Equipement, a ensuite retracé brièvement la jeune histoire de son canton et illustré sa volonté d’ouverture non seulement vers les autres régions de Suisse mais également vers la France et l’Europe. Cette volonté de connexion au monde n’est que renforcée par la situation excentrée de la région – que Philippe Receveur a toutefois tenu à relativiser: une heure trente de Porrentruy à Lausanne n’est pas un temps plus long que ce que bien des pendulaires lausannois emploient pour rejoindre leur bureau genevois. Le canton développe aussi sa politique de relations extérieures, ce qui ne fait que revitaliser la notion d’indépendance et, par des alliances ciblées, lui permet de dépasser la taille critique nécessaire à la réalisation de certains projets. Il a également explicité l’importance de la liaison TGV et comment cette infrastructure doit être exploitée, non seulement pour rejoindre la capitale française mais surtout pour attirer les regards vers le Jura.

« des infrastructures performantes: ingrédients de base pour le succès romand »

Avec près de 14,5 millions de passagers en 2013, l’Aéroport International de Genève est un autre élément clé du succès romand actuel. Nicolas Gaspoz, directeur Infrastructures et Planification, a rappelé l’histoire de l’aéroport, né dans les années 20 et doté d’une piste en béton au milieu des années 40. La comparaison avec Zurich est significative: si l’on exclut le trafic en transit, le nombre de passagers est pratiquement identique. Le défi genevois tient à la relative exiguïté du site. L’aéroport de Genève ne possède qu’une piste et n’en aura jamais d’autres: les limites territoriales et l’intégration de l’aéroport dans sa région rendent toute velléité de piste supplémentaire à jamais caduque. Malgré sa surface totale de 320 ha, le site se trouve limité dans son expansion. Il est longé côté sud par l’autoroute A1, Palexpo, l’Arena, la gare CFF et quelques bâtiments administratifs. Au nord, il est bordé par la frontière française et des quartiers d’habitation. Les extrémités est et ouest n’offrent guère plus de dégagement. Ainsi, le développement de l’aéroport passe obligatoirement par une gestion optimisée des surfaces et des infrastructures existantes. La réflexion à ce sujet est perpétuelle. La construction d’une nouvelle aile est en cours d’étude; elle se concrétisera au cours des toutes prochaines années et appelle à de nombreuses adaptations préliminaires. L’aéroport doit également répondre à des exigences techniques en continue évolution, qu’il s’agisse de sécurité aéronautique, de services aux passagers ou de gestion énergétique des bâtiments et des installations.

La table ronde qui a suivi les conférences n’a soulevé que peu de débat. Quelques interrogations relayées par le public ont tout de même mis l’accent sur le besoin de renforcer la formation et la promotion des professions liées à la construction d’infrastructures afin que les besoins de la région et la relève soient assurés et sur le fait de savoir si les bons résultats romands donnaient plus de poids aux requêtes régionales auprès des institutions fédérales, en particulier au moment de recevoir l’une ou l’autre subvention.

Après la pause, Etienne Blanc, député de l’Ain, président de l’ARC et vice-président du Groupe d’Amitié France-Suisse, s’est fendu d’un véritable plaidoyer en faveur de la Suisse, sans manquer de lancer quelques piques à l’encontre de son propre gouver- nement. Ulrich Paetzold, directeur général de la FIEC (Fédération de l’Industrie Européenne de la Construction) a, pour sa part, ramené le discours à un niveau beaucoup plus pragmatique. Il a illustré les priorités européennes en matière d’infrastructures et les enjeux normatifs et légaux liés à l’évolution des marchés au sein de l’Union.

Le rendez-vous pour la prochaine Journée Infra est d’ores et déjà fixé au mardi 3 février 2015 avec sans doute des thèmes moins consensuels, notamment en regard des résultats des votations du 9 février et de leurs répercussions supposées ou réelles.KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAspécial infra_journée 5

INFRATAGUNG Lausanne 2014

Musique de ville

FLON PEPINIERES, Lausanne

 

Flon Pépinières

Le projet Pépinières constitue une étape majeure de la mutation du quartier du Flon. Trois nouveaux bâtiments s’apprêtent à accueillir la Haute Ecole de Musique ainsi que divers espaces administratifs et de loisirs. 

Situé au cœur de Lausanne, le quartier du Flon constitue une référence pour la ville, tant sur le plan topomorphologique qu’en matière d’animation du centre de la cité. Ce quartier se distingue tout d’abord par sa situation: construit dans le lit de la rivière Flon, sur une plateforme artificielle érigée au-dessus du cours d’eau canalisé, il se caractérise par son plan orthogonal, d’une part, et par le niveau des toitures qui correspond parfaitement à la profondeur de la vallée, d’autre part. Ces deux niveaux de référence constituent, à ce jour, l’un des éléments emblématiques du site.

Depuis une quinzaine d’années, la mutation progressive de ce quartier en fait un lieu vivant et animé où le passé architectural à vocation industrielle côtoie une architecture contemporaine. Le quartier du Flon devient ainsi le nouveau centre lausannois, animé de jour comme de nuit, qui attire autant les jeunes que la curiosité des aînés par la diversité de son offre en matière d’affectations (commerces, restauration, divertissement, administration, formation, logements).

Ce quartier très urbain dispose d’un maillage de rues et d’espaces publics lui permettant de vivre et de fonctionner selon différents régimes d’usage: diurne, nocturne ou événementiel. Ce réseau viaire constitue également la permanence de ce quartier à travers son histoire.

Le projet prévoit trois bâtiments (A,B,C) reprenant les différents gabarits existants, s’insérant ainsi en douceur dans le tissu environnant. Le bâtiment A s’adosse au mur mitoyen de l’Ecole de Jazz existante (EJMA), et constitue son extension. Le bâtiment B reprend le gabarit des petites constructions de l’époque industrielle du Flon. Le bâtiment C, plus important, redéfinit le front sud de l’esplanade du Flon; il est le bâtiment majeur de l’opération, tant par sa position que par sa taille. Les alignements de ces trois volumes s’inscrivent dans le prolongement des fronts existants, tandis que les inflexions des rez-de-chaussée créent des zones d’entrée protégées devant les vitrines.

Le programme vise une grande mixité d’affectations dans l’esprit du nouveau quartier du Flon. Divertissement tout d’abord avec le bowling et la discothèque; culture et formation avec la salle de concerts et l’Ecole de Musique; restauration avec plusieurs bars et restaurants, au rez-de-chaussée et aux étages. Enfin, il sera pourvu de nouveaux espaces publics, les venelles, et d’une toiture-jardin, accessible au public, véritable poumon de verdure en contrepoint de l’esplanade minérale du Flon.

En trois temps

La réalisation des bâtiments présente divers défis. Commencé au début de l’année 2012, le chantier s’inscrit dans un secteur désormais très urbain, grouillant d’activités. Les bureaux, les commerces et les lieux de divertissement du Flon attirent une foule nombreuse à toute heure du jour et de la nuit. Garantir la sécurité du chantier est une priorité, assurer un accès et un espace de travail suffisants, des zones de stockage des matériaux et des engins est un défi permanent.

Il faut également tenir compte des éléments construits présents sur le site, notamment une importante conduite de chauffage à distance souterraine qui alimente tout le quartier et qui traverse le chantier. Celle-ci a été étayée, puis suspendue à un système de poutres durant la phase de terrassement. Les travaux spéciaux se sont faits essentiellement en parois berlinoises ancrées. Une attention particulière a été requise lors des interventions contre le sous-sol existant de l’EJMA (partielle reprise en sous-œuvre) et contre les parois du parking. Tous les sous-sols ont ensuite été réalisés en murs préfabriqués, l’étroitesse des espaces ne permettant pas un coffrage traditionnel.

Les trois bâtiments sont ensuite construits selon des modes très différents entre eux. Le bâtiment A, extension de l’EJMA, cache quelques complexités dans ses murs. Deux murs transversaux des étages supérieurs travaillant en voile permettent de s’affranchir de porteurs dans le volume de la salle de concerts.

Les façades se composent de murs béton intérieurs avec isolation périphérique extérieure. La salle de concerts du sous-sol ainsi que les salles de cours demandent une isolation phonique renforcée – notamment pour éviter les transmissions de vibrations dues aux équipements techniques placés dans le sous-sol voisin. Les instruments appellent à une ambiance parfaitement maîtrisée, tant au niveau des variations de température qu’en ce qui concerne le taux d’humidité.

Le bâtiment B, le plus simple, adopte un système piliers/dalles en béton avec une façade rideau métallique. Les modules de façade sont réalisés en atelier. Ils sont montés avec trois aplombs différents, avec une variation maximale de 70 centimètres, selon un rythme apparemment aléatoire. Ce jeu architectural symbolise un empilement de containers industriels en témoignage du passé du lieu. Cette variation de profondeur a imposé le démontage de l’échafaudage et un montage à l’aide de nacelles.

Elément destiné à devenir l’un des emblèmes du Flon, le bâtiment C est habillé d’une résille en béton fibré à ultra-hautes performances (BFUHP). Ces éléments préfabriqués sont supportés par des cadres métalliques dont la forme reprend le motif des alvéoles dont l’image globale veut rappeler le cordon boisé situé à l’arrière du bâtiment.

La conception des supports qui servent à suspendre cette façade est des plus complexes. Le treillis métallique est découpé en éléments de 2,50 mètres de large et couvrant, d’un trait, toute la hauteur du bâtiment à l’exception du rez-de-chaussée. Une fois assemblée, l’ossature est en mesure d’englober les deux larges escaliers extérieurs. Bien que la résille en BFUHP n’ait pas un poids très important, concevoir cette fine ossature métallique a été un vrai défi.

L’ossature du bâtiment est composée d’un système piliers/dalles en béton et d’une première peau en isolation périphérique. Le programme varié que le bâtiment est destiné à accueillir – bowling, discothèque, bar et restaurants – impose un usage judicieux de voiles béton et de précontrainte. L’isolation phonique de la discothèque est assurée par une enveloppe intérieure totalement désolidarisée. En toiture seront aménagés un bar ainsi qu’un jardin public arboré.

L’ensemble des bâtiments répond aux exigences du label Minergie. A noter que les installations techniques de chauffage et de ventilation sont centralisées dans le bâtiment B. • (Informations: Burkhardt+Partner SA, Implenia Entreprise Générale SA)

Principaux intervenants

Maître d’ouvrage: LO Immeubles SA, Lausanne (une société du Groupe Mobimo)

Entreprise générale: Implenia Suisse SA, Buildings Ouest, Renens

Planificateur général: Burckhardt+Partner SA, Lausanne

Ingénieurs civils: Ingeni SA, Lausanne

Ingénieurs CVSe: GB Consult SA, Lausanne

MCR/régulation: Paul Vaucher SA, Crissier

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Pont de la Poya, Fribourg

Infrastructures
Connexion activée !

Le 4 octobre dernier le clavage du Pont de la Poya a réuni autorités et population fribourgeoises. Après plus de cinquante ans de projets et de discussions, la nouvelle traversée de la Sarine est aujourd’hui effective. Le chantier entre ainsi dans sa dernière année, la mise en service étant prévue pour l’automne 2014.

Le pont de la Poya fait partie intégrante des grandes réalisations routières que le Canton de Fribourg a mis en œuvre ces dernières années. Il constitue, depuis des décennies, l’une des priorités inscrites au plan directeur cantonal, au même titre que le furent la construction des autoroutes A1, A12 et la route de contournement de Bulle H189.

L’ouvrage est la pièce maîtresse d’un vaste projet qui comprend également l’adaptation de diverses voies d’accès telles que la Route de Morat, les carrefours de Bellevue/Schoenberg et du Général Guisan ainsi que deux ouvrages souterrains, la galerie St-Léonard et le tunnel sous les voies CFF. Le Projet Poya vise plusieurs objectifs. Il répond tout d’abord à un souci ancien des habitants de la ville de Fribourg et de ses autorités: dériver le trafic de transit qui asphyxie les artères de la ville. C’est en particulier le quartier historique du Bourg et la cathédrale Saint-Nicolas, symbole de la ville, qui souffrent le plus gravement du passage de quelque 25’000 véhicules par jour. Les témoignages ponctuels de sa dégradation en deviennent alarmants. De nombreuses études ont été réalisées dès 1959 pour une nouvelle traversée de la Sarine en ville de Fribourg.

Le projet actuellement en réalisation – issu d’un concours lancé par la Ville de Fribourg en 1989 et finalement approuvé par 81% des Fribourgeois en septembre 2006 – intègre des considérations plus récentes, telles la favorisation de la mobilité douce et durable dans l’agglomération ou l’amélioration des transports publics. Le premier coup de pioche est donné le 31 octobre 2008. La première pierre du pont, au pied du mât numéro 6, est posée le 3 septembre 2010. Le Projet Poya contribuera indiscutablement au développement économique de tout le canton. L’ensemble sera ouvert à la circulation à l’automne 2014.

Le plus long de Suisse

Partant du carrefour Bellevue (côté Schoenberg), le pont de la Poya passe au-dessus de la Sarine et de la station d’épuration de la ville sur une longueur de 851,60 mètres, pour se prolonger par un tronçon souterrain (sous le parc du Palatinat, la route de Grandfey et la voie CFF) d’une longueur de 272,15 mètres et pour déboucher dans une galerie souterraine qui s’ouvre sur la route de Morat. Le réaménagement de cette dernière comporte quatre pistes de circulation, partant du carrefour des Grives, vers la jonction de l’autoroute A12, sur une longueur de 830 mètres. La longueur totale de l’ouvrage, pont, tunnel et aménagements routiers compris est de 2770 mètres.

Le tablier, large de près de vingt mètres, comprend trois voies de circulation pour le trafic motorisé – deux voies en direction du Schoenberg et une voie en direction de la route de Morat – et une voie mixte de 3,50 m de largeur réservée aux cyclistes et aux piétons. Cette voie mixte n’emprunte pas les ouvrages souterrains mais raccorde le carrefour Bellevue au chemin du Palatinat.

 « pièce maîtresse de la nouvelle mobilité fribourgeoise  »

La longueur du  pont est découpée en treize axes. Il se compose de deux culées, dix piles et deux mâts. La partie centrale, haubanée sur 196 mètres (plus longue portée de Suisse pour un pont haubané), en constitue l’élément le plus spectaculaire. Les cinq piles du côté Schoenberg s’appuient sur des fondations simples. Le tablier y est construit de façon traditionnelle. Du côté Palatinat, la vallée présente un profil plus complexe, une qualité de terrain moindre et des accès difficiles, voire impossibles pour certains engins. D’importants travaux préparatoires ont été nécessaires pour déboiser les secteurs concernés, remodeler et sécuriser la falaise (travaux à l’explosif) et permettre l’installation de chantier. L’impossibilité d’accéder avec de grandes foreuses a imposé la réalisation de puits marocains afin de donner une assise sûre aux piles. Le tablier est mis en place par poussage. Ce sont ainsi trois systèmes différents qui cohabitent et concourent à la composition du pont.

Tous ensemble

Symboles d’unification et de franchissement d’obstacles, les ponts sont toujours des ouvrages forts. Dans le cas du Pont de la Poya, la symbolique est renforcée par le fossé linguistique qu’il comble devenant presque l’emblème de l’unité nationale.

Du point de vue technique, c’est également l’unité dans la diversité qui prime. Outre les trois systèmes décrits plus haut (dalle simple, pont poussé et pont haubané), il est bon de rappeler que le béton s’allie ici à la construction métallique pour donner forme à un ouvrage d’une finesse et d’une légèreté remarquable.

La construction des mâts et leur stabilisation ont marqué les premiers mois du chantier, avec des phases délicates et spectaculaires. Voir se dessiner les deux « Y » inversés au cœur desquels coure le tablier a aussi été un moment d’intense émotion pour les fribourgeois, jusqu’au clavage des deux parties symboliquement réalisée le 4 octobre dernier. Chaque phase d’avancement comporte son lot de contraintes et toutes imposent la plus grande attention. La complexité de l’ouvrage et l’interdépendance des différentes phases, appellent à une coordination sans failles.

Du côté des concepteurs et de la direction des travaux, on relève l’importance du travail pluridisciplinaire et l’extrême cohésion de tous les intervenants, sans doute galvanisés par le caractère exceptionnel de l’ouvrage. Cette unicité appelle à la permanente recherche de solutions spécifiques et toutes les entreprises réalisent ici un effort de développement peu banal. Tous ressentent cette légitime fierté de participer à la réalisation d’un ouvrage qui marque d’ores et déjà l’histoire de la ville et du canton.

Massimo Simone

Images et informations : www.pontpoya.ch

 

Dates clés
Concours de projets pour le pont (Ville de Fribourg)                  1989
Reprise du projet par le Canton de Fribourg                               1996
Votation populaire au niveau cantonal                                         2006
Projet urgent (loi fédérale sur le fond d’infrastructure)                2006
Approbation définitive du projet                                                    2007
Premier coup de pioche                                            31 octobre 2008
Pose de la première pierre du pont                        3 septembre 2010
Clavage du pont                                                           4 octobre 2013
Ouverture à la circulation                                              automne 2014

Caractéristiques principales

Longueur du pont                                                                 851,60 m
Largeur du tablier, hors tout                                                   19,25 m
Hauteur moyenne du tablier                                                  70,00 m
Portée centrale de l’ouvrage                                               196,00 m
Portées des travées haubanées adjacentes                         86,00 m
Hauteur des 2 mâts implantés au sol                                  110,00 m
Hauteur des barrières de sécurité                                           2,50 m
Couverture du pont                                                              160,00 m

Quantités principales

Ouvrage
Coffrage                                                                             38’700 m2
Béton                                                                                  16’000 m3
Armature                                                                                  2’800 t
Structure métallique                                                                 3’530 t
Haubans                                                                                      177 t

Terrassements
Excavation                                                                         44’000 m3
Remblayage                                                                      25’000 m3
Béton projeté                                                                        5’000 m3
Ancrages                                                                           720 pièces


Principaux intervenants

Maître de l’ouvrage : Etat de Fribourg, Fribourg
Ingénieurs du projet : Groupement GIPP, piloté par GVH Fribourg SA, Fribourg et Saint-Blaise
Construction :
Consortium IGR : Implenia Construction SA – Grisoni-Zaugg SA – Routes Modernes SA, Fribourg
Construction métallique : Zwahlen & Mayr SA, Aigle
Travaux spéciaux : ISR Injectobohr SA, Penthaz – TSM – Travaux Spéciaux et Minage Sàrl, Cerniat
Précontrainte : Freyssinet SA, Moudon
Coffrage : Rauh Betonschalungen AG, Uetendor