Archives de catégorie : Reportage

Force intérieure

Hôpital Riviera-Chablais, Rennaz

Situé à Rennaz, l’établissement inter cantonal de soins aigus hébergera 350 lits, un large plateau technique et des services ambulatoires. Son volume, bien qu’imposant, est travaillé avec savoir pour dialoguer avec son environnement. Patios et cours intérieures permettent à la lumière naturelle de pénétrer jusqu’au coeur du bâtiment et offrent des espaces de sérénité et d’intimité aux patients.

Le futur Hôpital Riviera-Chablais se situe dans la commune de Rennaz, emplacement stratégique à l’union du canton de Vaud et du canton du Valais. Établissement intercantonal de soins aigus, il rassemble 350 lits d’hospitalisation, un large plateau technique et des services ambulatoires. Initiée pour des raisons techniques et économiques, et pour garantir la pérennité de soins de qualité sur la Riviera vaudoise et dans le Chablais, la réalisation de l’Hôpital Riviera-Chablais viendra remplacer les deux hôpitaux de la Riviera et du Chablais, et cinq sites de soins aigus existants.

En regroupant les soins aigus sur un seul site, le nouvel hôpital permettra de mieux répondre aux demandes de spécialisation, ainsi qu’à l’augmentation des maladies chroniques et des polypathologies liées au vieillissement de la population. Il consti- tuera le cœur d’un nouvel ensemble hospitalier, au service d’un bassin de population d’environ 180 000 personnes. Il accueillera près de 2000 personnes.

Activité / intimité

Conçu sur trois niveaux principaux, le bâtiment se glisse à l’horizontale dans le paysage. Tapi dans la vallée, il s’inscrit autant à l’échelle du territoire qu’à l’échelle locale ….

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Le vert est dans la ville

Écoquartier de la Jonction, Genève

Usine à gaz, Artamis, Carré Vert: dénominations et affectations changeantes pour un site urbain et postindustriel. Située entre la rue du Stand et le boulevard Saint-Georges, la parcelle s’apprête à accueillir un projet dont on a longtemps parlé. Pas encore terminé, l’écoquartier de la Jonction est pourtant déjà très vert.

Bordé par le Rhône côté nord et par l’Arve côté sud, le quartier de la Jonction a un lointain passé maraîcher. Légèrement en marge du centre de la ville, le secteur est ensuite marqué par plus d’un siècle d’activités industrielles diverses. Aujourd’hui, c’est un nouveau mode de vie, urbain et responsables qui donne son impulsion.

Le chantier appelé «Écoquartier Jonction» a débuté en 2013. Trois maîtres d’ouvrage construisent 312 logements et 6200 m2 de surfaces destinées à des activités tant artisanales, que commerciales, associatives ou artistiques. Ces trois maîtres d’ouvrage se sont associés dans un processus ouvert en lançant un appel à projets et une démarche participative afin de définir l’affectation des surfaces d’activités et de susciter la participation des futurs locataires. Ce programme mixte est complété par 18500 m2 dédiés à des dépôts patrimoniaux pour les musées de la Ville de Genève et par un parking souterrain de 320 places géré par la Fondation des Parkings.

Entre 2008 et 2012, les travaux d’assainissement prennent une envergure impressionnante. La présence d’hydrocarbures, de goudron, de cyanure et de métaux lourds dans le sous-sol, résultant des activités industrielles passées, impose la construction d’une vaste tente de confinement.

Puis, dès 2013, les bâtiments prennent forme. Il s’agit de trois immeubles distincts (Fondation de la Ville de Genève pour le logement social, Coopérative Artamis des Rois et Coopérative de l’habitat associatif) accompagnés d’un équipement public (salle de gymnastique, locaux parascolaires, crèche et salle pluridisciplinaire) et d’un parking souterrain de 319 places. Les quatre lots sont menés par des maîtres d’ouvrage différents.

De l’usine aux jardins

Par leurs échelles, les trois volumes projetés rappellent la mémoire industrielle du quartier et la phase d’occupation artistique de l’ex-site d’Artamis. Le projet fait une large place aux phénomènes d’appropriation, aux processus éphémères et aux démarches spontanées. Le projet vise …

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L’utile et l’agréable

Lac des Vernes, Meyrin

Pour récolter les eaux claires et faire tampon en cas de grosses intempéries, la Ville de Meyrin construit un bassin de rétention. Cette fonction devient l’occasion de créer une nouvelle zone de loisirs et de détente. L’inauguration est xée au samedi 10 juin.

C’est avant tout une infrastructure de génie civil indispensable, le maillon nal d’un vaste projet. Le lac est un bas- sin de rétention pour les eaux de pluies de Meyrin. Il a pour fonction de réguler les crues du Nant d’Avril et de récolter les excédents d’eau du quartier en périodes de pluie. Sa réalisation est liée à la mise en séparatif des collecteurs d’eaux ainsi qu’à la réalisation d’une importante galerie de décharge. En outre, au final, les habitants bénéficieront d’une nouvelle zone de détente et de nature très agréable.

Baptisé lac des Vernes, sa construction a été votée par le Conseil municipal en juin 1998 et acceptée …

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Grandeur nature

Innovation – Cabane de montagne

Un groupe de recherche international, basé en Slovénie, mène actuellement une expérience grandeur nature dans le cœur des Alpes. Il développe et fabrique des modules et les installe en haute montagne pour en étudier le comportement.

À l a frontière entre la Slovénie et l’Italie, le Mont Kanin culmine à 2587 mètres d’altitude. Le site offre des vues à 360° sur les vallées environnantes, sur le Mont Triglav – le plus haut sommet du pays qui en est également le symbole et est représenté sur le drapeau national – et jusqu’aux côtes adriatiques. C’est là qu’un groupe de recherche international qui réunit des architectes, des ingénieurs, des entreprises de construction spécialisées ainsi que des chercheurs a installé une cabane de montagne originale.

Le défi consiste à installer ces modules sur des sites isolés et d’étudier leur réponse aux phénomènes météorologiques extrêmes (violents changements de température, fort cumul de neige, pluie tempétueuse, terrain instable, etc.). Les conditions plus que difficiles exigent une réponse formelle, technique et matérielle (formes architecturales spécifiques, statique et structure adaptées, enveloppe et matériaux appropriés).

Aucune route ne conduit au site, tous les éléments sont transportés par hélicoptère – les modules et les charges sont préparés selon les limites de poids et d’équilibre. Sa position isolée exige le respect des res- sources naturelles et un impact minimal sur le terrain.

Le Mont Kanin revêt également une grande portée historique en raison des importants combats qui ont eu lieu ici pendant la Première Guerre mondiale. Les soldats se sont battus le long du front de l’Isonzo et de nombreux vestiges témoignent encore de ces années tragiques. Déjà largement reconnue pour sa beauté, la région est destinée à devenir encore plus prisée des randonneurs, grimpeurs, spéléologues, alpinistes et autres amoureux de la nature. Ainsi, au-delà des visées de recherche, l’idée de créer des modules qui servent de refuge prend tout son sens.

Science et tourisme

Les conditions météorologiques sont très difficiles. La couverture de neige dure plus de la moitié de l’année. En effet, la zone du
Kanin est connue pour les précipitations record de neige, qui dépassent régulièrement les 10 mètres. Les vents violents et les fortes pluies frappent aussi (précipitations record enregistrées pour une journée: 363 litres/m2). Des tremblements de terre sont aussi occasionnellement enregistrés.

Cet ensemble d’éléments porte les concepteurs à imaginer un module compact en bois. La forme géométrique particulière minimise l’emprise sur le terrain tout en offrant neuf places de couchage réparties sur trois plate-formes et une vue époustouflante. La décoration intérieure est réduite à son minimum et subordonnée à la fonction. Théoriquement, plusieurs modules pourraient être placés l’un à côté de l’autre afin de créer une structure d’une plus grande capacité et avec des fonctionnalités complémentaires.

La cabine a été entièrement financée par des dons et réalisée avec l’aide de nombreux volontaires. Les chercheurs l’utiliseront également en tant que base pour des observations climatologiques et géologiques ainsi que pour acquérir de nouvelles connaissances en ingénierie et architecture (statique, comportement des matériaux, etc.). La beauté du site et l’originalité architecturale ont d’ ores et déjà valu à la cabane du Mont Kanin diverses publications dans des magazines internationaux.•

Démocratie en chantier

Parlement Vaudois – Château Saint-Maire, LausanneCHR 7_Parlement_Lsne 1

Pascal Broulis nous fait la visite des deux chantiers emblématiques qui sont actuellement sous sa responsabilité: la reconstruction du Parlement Vaudois et la rénovation du Château Saint-Maire.

Passionné et parfaitement à l’aise au milieu des gravats, agile sur les échafaudages comme il l’est avec les chiffres. Le patron des Finances vaudoises a repris le dossier de la reconstruction du Parlement alors que celui-ci était pratiquement dans l’impasse pour cause de refus populaire de la nouvelle architecture, et en particulier de la toiture, proposée par le premier projet. L’homme a su remettre tout le monde autour d’une table et, arrondissant les angles (un peu) et redimensionnant le toit (surtout), il a évité que le site ne reste en friche encore plus longtemps et que les parties historiques pouvant encore être sauvées ne soient définitivement perdues. Le chantier est aujourd’hui bien avancé et l’inauguration approche à grands pas.

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Dans le respect des institutions, la rénovation centenaire du château Saint-Maire prévue de longue date, était mise en attente. «Il aurait été mal venu, explique Pascal Broulis, que l’on rénove le château avant d’avoir trouvé la solution pour le Parlement. Dès que la situation s’est débloquée, nous avons pu voter le crédit pour le château avec des projets quasi définitifs.» Aujourd’hui, le site de Perregaux, la butte qui domine la colline de la Cité et qui donne appui à ces deux bâtiments emblématiques de la démocratie vaudoise, est un vaste chantier.

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Là-haut dans le passé

Complexe Bel-Air, Lausanne

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Démarré en 2006, le projet de réfection du complexe Bel-Air à Lausanne, propriété de Zurich IMRE, franchit aujourd’hui une nouvelle étape importante. Menée par le bureau d’architectes lausannois CCHE, la complète rénovation intérieure de la tour ainsi que le rafraîchissement de sa façade sont désormais terminés. La rénovation du socle et de l’extension devrait s’achever quant à elle fin 2016. Dans les étages les plus hauts, les appartements semblent suspendus dans le temps.

Les huit étages d’appartements et six étages de bureaux occupant la tour Bel-Air sont désormais terminés. Les appartements, dont les finitions ont été pensées pour préserver et mettre en valeur la vue exceptionnelle, comprennent un penthouse sur deux étages et six appartements occupant chacun un étage entier. Les bureaux proposent des surfaces semi-finies. Le Penthouse de 224 m2 intègre beaucoup de matières nobles et de bois et est surmonté d’une terrasse de 85 m2 avec vue panoramique sur tout Lausanne et environs. Ce bien d’exception a été pensé pour évoquer le confort d’une villa urbaine.

Le projet présenté en 2006 par CCHE, lors du concours sur invitation pour la réfection du complexe Bel-Air, comprenait l’assainissement de la structure métallique du bâtiment et de son enveloppe, la rénovation des parties endommagées et une mise en conformité générale selon les lois et les directives en vigueur. Étaient également compris l’aménagement intérieur avec des logements, des surfaces commerciales et administratives ainsi que des interventions de mise en valeur extérieure.

Imaginé entre les années 1929 et 1932 par l’architecte Alphonse Laverrière, le complexe est recensé en note 1 à l’inventaire des monuments historiques depuis 1992. Le plus grand défi lié à sa réfection se trouve dans la gestion des procédés de rénovation et de mise aux normes, l’évaluation et la restauration des éléments historiques en collaboration avec le Service des monuments et sites du Canton de Vaud et le maintien d’éléments de construction et d’espaces représentatifs des années 30 et de l’architecture d’origine.

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Plus de 10000 plans

Hannes Ehrensperger, architecte associé du bureau CCHE, explique: «À travers cette rénovation, le bureau a souhaité redonner son caractère d’antan à ce bâtiment comprenant 19500 m2 de surface de plancher, dont 15500 m2 de surface locative, tout en lui permettant de s’adapter aux besoins actuels d’un quartier en évolution depuis plusieurs années.»

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De nombreux relevés, diagnostics et expertises ont permis d’appréhender au mieux l’ensemble des détails constructifs et des contraintes. Selon Philippe Steiner, chef de projet développement chez CCHE, «le nombre impressionnant de dessins, plannings, listings et PV nous a amenés à créer une plateforme de mise à jour automatique, via un cloud, pour communiquer notre connaissance du bâtiment et faciliter la coordination entre les professionnels.»

CCHE a dirigé l’intégralité du projet, de la conception architecturale à la gestion des délais, des entreprises et des coûts. La direction des travaux est d’ailleurs implantée dans l’enceinte même du complexe pour superviser en permanence l’avancée des travaux. Le chantier, démarré début 2014, a été mené avec des interventions par étapes et en partie avec les locataires qui continuent à habiter les locaux. Martin Diaz, chef de projet exécution pilotant la direction du chantier, précise que «cette stratégie a permis d’avan- cer en parallèle différentes zones de chantier et de livrer aujourd’hui les appartements et les bureaux sis dans la tour, alors que le complexe et l’extension doivent encore terminer leur mue.» •CHR 6_renovation_Bel-Air 10

Du ventre au cœur

Canopée du Forum des Halles, ParisCHR 4_metal_halles 2

Après plus de cinq ans de travaux, la rénovation du Forum des Halles a été révélée au public le 5 avril dernier. Sa Canopée, immense couverture constituée de 7000 tonnes de charpente métallique et de 26000 m2 de vitrage, est le nouveau symbole des lieux.

Construit dans les années 70, le Forum des Halles avait redonné vie à un trou béant laissé vide par la démolition d’anciennes halles de marché, celles décrites par Émile Zola dans le roman Le Ventre de Paris publié en 1873.

D’abord saluée pour sa modernité, l’architecture du site est vite devenue obsolète. Le centre commercial – entièrement souterrain, étriqué, bas de plafond et mal éclairé – ainsi que les aménagements alentour ont rapidement perdu de leur attrait. Pourtant, sa position centrale dans le 1er arrondissement de Paris et sa connexion à la plus grande gare souterraine de France (plus d’un million de voyageurs transitent chaque jour dans la station Châtelet-Les Halles dans laquelle convergent trois lignes RER et cinq lignes de métro) lui confèrent un potentiel phénoménal.

L’heure était donc venue de redonner éclat et attractivité au lieu et c’est chose faite avec le projet inauguré le 5 avril dernier.CHR 4_metal_halles 8

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Une gigantesque feuille                        Comme une gigantesque feuille ondulant au-dessus de Paris, un immense toit d’acier et de verre recouvre désormais le Forum des Halles. Cette prouesse architecturale, haute de 14 mètres, est vaste comme la Cour carrée du Louvre! Les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti ont puisé leur inspiration dans la nature pour concevoir cette toiture étonnante. «J’ai dessiné comme des fluides toutes les énergies naturelles et urbaines agissant sur ce site complexe et, en optimisant ceux-ci, ils ont commencé à faire apparaître un motif qui a modelé la silhouette de l’architecture», explique avec passion Patrick Berger, le co-concepteur de la Canopée. «Ce joli mot désigne habituellement la partie supérieure des forêts en contact direct avec l’atmosphère et les rayons du soleil», ajoute-t-il.

Les quinze «ventelles» de verre de la Canopée, sortes d’immenses lames, se superposent et laissent passer la lumière et l’air.CHR 4_metal_halles 9CHR 4_metal_halles 6 Grâce à cet édifice couleur de sable et ses 18000 écailles de verre, la clarté du jour pénètre à travers les puits des escalators. Les rues souterraines des Halles et les cent cinquante enseignes rénovées et aux surfaces agrandies deviennent ainsi plus lumineuses, plus accueillantes. Cette architecture novatrice relie «la ville du dessous à celle du dessus» selon le souhait de ses concepteurs.

Spot touristique                                                                                                         Situé dans l’hypercentre de la ville, le site vise à devenir le nouveau cœur de Paris. Ouvert, vivant, accueillant et lumineux, le nouveau Forum des Halles se mue en véritable lieu de vie et non seulement lieu de transit.

Les concepteurs ont ainsi porté une attention particulière à reconnecter le forum au quartier. Quatre entrées supplémentaires ont été créées et des commerces de proximité – s’adressant premièrement aux habitants du quartier – s’ajoutent à l’offre commerciale. Les nouveaux lieux de restauration promettent également d’être très appréciés. Il y a notamment deux brasseries, avec vue panoramique sur la Canopée, et des terrasses donnant sur le futur jardin que le directeur du centre commercial imagine comme un «Champ-de-Mars» où les gens viendront pique-niquer.CHR 4_metal_halles 5

Le centre compte aussi sur son offre culturelle pour attirer les visiteurs (cinémathèque, centre de culture hip-hop, deux salles de spectacles, école de danse, conservatoire, médiathèque, cinéma multisalle, bibliothèque, etc.). •

Le bois entre en scène

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Le Grand Théâtre de Genève a fermé ses portes jusqu’à l’automne 2018 pour une rénovation lourde. Au cours de ces deux saisons, mélomanes et autres amateurs de ballets et de récitals seront accueillis dans un théâtre éphémère, entièrement en bois. Ce bâtiment provisoire a été acheté à la Comédie-Française qui l’a construit en 2012 lors du réaménagement de la célèbre Salle Richelieu du Palais-Royal.

Depuis le début de l’année, le Grand Théâtre de Genève est fermé pour y permettre d’importants travaux. Afin de ne pas priver les amoureux du bel canto de représentations, l’institution a racheté le théâtre éphémère de la Comédie-Française et l’a implanté – après quelques péripéties et moult modifications et adaptations – dans la Campagne Rigot, à deux pas du Palais des Nations. Rebaptisé «Opéra des Nations», il a accueilli les premières représentations en février.

Cette construction en modules de bois préfabriqués, conçus pour être rapidement assemblés et démontés, a séduit le Grand Théâtre de Genève qui était à la recherche d’une structure semblable.

Les éléments existants ont été réutilisés et complétés. Le budget pour l’ensemble de l’opération, à savoir le démontage, le transport, l’adaptation et le montage à Genève, s’élève à environ 10 millions de francs suisses pour lesquels des mécènes se sont mobilisés.

«un théâtre provisoire entièrement en bois»

Afin de répondre au mieux aux nouveaux types de représentations, la structure globale a été élargie et allongée, la scène et les gradins sont transformés et une fosse d’orchestre est intégrée, tout comme les loges d’artistes et les locaux techniques. L’ossature primaire est entièrement neuve.

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Art vivant

Le projet genevois démontre toute la versatilité de la construction bois. Partant des éléments de base – 1000 m3 de bois, ayant nécessité 70 semi-remorques pour le transport de Paris à Genève –, les architectes et ingénieurs ont créé, avec force et finesse, un nouveau bâtiment. Tous les nouveaux éléments – des pieux battus dans le terrain à la structure porteuse primaire – ont été réalisés en bois local provenant des forêts genevoises, vaudoises et fribougeoises. La trame a été scindée et …

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Urbain et actif!

«Porte de Versoix»                                                                                                           CHR 7_Portes de Versoix_1A l’entrée de la ville, le complexe «Porte de Versoix» est destiné à faire le plein d’activités. Petite industrie, artisanat et commerces se côtoient dans un mix, inédit dans le canton, voué à donner vie à un secteur jusqu’ici quelque peu délaissé.

Avec un total de près de 20000 m2 de surfaces dédiées aux activités, le projet «Porte de Versoix» inaugure un nouveau type de mixité dans le canton de Genève. Le programme prévoit en effet de faire se côtoyer dans les mêmes bâtiments une grande surface commerciale, des ateliers destinés à divers artisans ainsi que de la petite industrie et des bureaux. On passe ainsi d’une zone industrielle et artisanale (ZIA) à une zone industrielle, artisanale et commerciale (ZIAC).

Initiée par la Fondation pour les terrains industriels de Genève (FTI), cette zone que l’on peut qualifier de «mixte» est une première dans le canton et un pari réussi puisque la volonté était au départ de créer quelque chose de nouveau et innovant et de s’éloigner de la zone industrielle traditionnelle.

La FTI a mis à disposition la parcelle en droit de superficie. L’architecte Dominique Grenier a créé et dessiné l’ensemble du centre. La société Induni, elle, est en charge de la construction des bâtiments. La société La Scie SA, spécialement créée pour l’occasion, gère l’ensemble du projet. Migros et BCGE quant à eux sont les principaux organes de financement du projet. Enfin, SPG Intercity assure le pilotage et la promotion commerciale du projet.

L’impact urbanistique est important. Le nouveau complexe marque désormais l’entrée sud de Versoix. Il se situe en contrebas du giratoire, entre la route des Fayards, la route de Suisse et la rivière de la Versoix. Le chemin de l’Ancien-Péage sera réservé à la mobilité douce, assurant ainsi une connexion de proximité conviviale et sécurisée avec les quartiers d’habitation voisins, en direction de la gare et vers le centre-ville. Les transports publics seront également reliés au site.

Le bâtiment principal se décompose en trois volumes. Le socle, entier, s’apprête à accueillir une Migros de moyenne dimension. Au-dessus, deux corps distincts abritent les activités. Le premier, de plan carré, propose des surfaces généreuses, propres à accueillir sur deux niveaux une ou plusieurs petites industries, des bureaux ou des activités (centre médical, laboratoire d’analyses, assemblages, etc.). Le second, plus étiré, compte parmi ses premiers propriétaires un centre de mécanique rapide (changement de pneus, contrôles, petites réparations, etc.), une carrosserie spécialisée en voitures de collection ainsi qu’une entreprise de menuiserie. Le tout s’appuie sur deux niveaux de sous-sols voués aux parkings et aux locaux techniques.

Un deuxième bâtiment, placé à l’arrière, est actuellement à l’étude. Il devrait comporter cinq niveaux hors-sol d’environ 1100 m2 chacun, ainsi qu’un sous-sol avec parking et dépôts.

CHR 7_Portes de Versoix_7Esprit industriel                                                                                                          Situé dans un couloir aérien, ce nouveau quartier ne possédera pas de logements. Tout comme quelques parcelles voisines, le site est historiquement lié à l’industrie. Plusieurs de ces anciens bâtiments ont d’ailleurs fait l’objet d’intéressantes rénovations au cours de ces dernières années. Les concepteurs ont voulu respecter cette mémoire et restituer quelque peu cet esprit industriel. En même temps, l’enjeu du projet est aussi celui de l’accueil et de l’ouverture et donc du dialogue avec le voisinage.

La volumétrie et les hauteurs de plafond sont celles des impératifs industriels. L’habillage de façade en briques de terre cuite s’inscrit dans cette même ligne, tout comme la forme et la dimension des ouvertures.

Le creux qui marque l’entrée principale est une invitation. La transparence de cette partie du socle et la facilité des accès créent le dialogue recherché. La qualité des matériaux et la netteté des finitions participent à ce même effort d’intégration. L’image générale est urbaine et conviviale. Du point de vue énergétique, l’ensemble répond aux exigences du label Minergie®, garantissant ainsi une véritable optimisation.CHR 7_Portes de Versoix_2

Terrain d’expérimentation

Bâtiment ME, EPFL                                                                                                 CHR 6_epfl_ME 13Après la réussite de la réhabilitation du bâtiment des services centraux, Steiner SA et DPA Dominique Perrault Architecture poursuivent leur intervention sur le campus de l’EPFL avec la transformation de l’ancienne halle de mécanique. Dès l’automne, celle-ci abritera des laboratoires interdisciplinaires, des salles de séminaires et des espaces de travaux pratiques. Cet immeuble servira aussi de terrain d’expérimentation pour les scientifiques de l’EPFL, qui prévoient d’étudier le déplacement des personnes à l’intérieur des locaux, mais aussi d’optimiser la gestion énergétique du nouvel édifice.                                                             

Construit à la base pour abriter le Centre de Neuroprothèses de (CNP), le nouveau bâtiment de mécanique, qui se dresse flambant neuf en face du Rolex Learning Center de l’EPFL, accueillera bientôt des laboratoires de la faculté STI actifs en microtechnique (IMT), mécanique (ME) et bioingénierie (IBI). Il abritera également des salles de travaux pratiques pour les étu- diants, ainsi que de nombreux espaces de vie et de travail.

Imaginé par l’architecte français Dominique Perrault, auquel on doit notamment la Bibliothèque nationale de France à Paris, il est réparti sur quatre étages et étalé sur 8000 m2. «Suite au départ du CNP pour le campus Biotech de Genève, le bâtiment a été repensé en tant que lieu multithématique, favorable à la création de synergies», explique Patrick Pugeaud, du service des Infrastructures de la faculté STI. Les unités de recherche ont été réparties selon leurs affinités scientifiques.

On trouvera ainsi, au rez-de-chaussée, des unités de recherche en mécanique et un auditoire, ainsi qu’une cafétéria. Le premier étage comprendra des chaires de robotique et de mécanique, un atelier de montage robotique et des salles d’étude en open space. Pour les travaux pratiques en électronique et en mécanique, les étudiants devront se rendre au deuxième étage, où se situeront également des groupes actifs en simulation mécanique et en simulation des matériaux. Enfin, le troisième étage, le plus lumineux, sera dédié à la bioingénierie et aux travaux pratiques en science des matériaux.

La particularité de l’édifice réside toutefois dans son atrium lumineux et vitré de 700 m2 et de 17 m de hauteur, qui perce le bâtiment en son centre et inonde de lumière pratiquement tous les étages. Quadrillé de passerelles servant à relier les étages entre eux, l’atrium sera avant tout un lieu de rencontre et de collaboration. «Les grandes passerelles fonctionneront comme des espaces de travail et de rencontre. Quant aux petites, elles seront principalement des lieux de passage», commente Elvio Alloi, chef de projet du bâtiment. A chaque niveau, un espace de l’atrium sera réservé aux expositions, pour la mise en valeur de certaines recherches.

Laboratoire géant                                                                                                     Outre sa fonction de bâtiment standard, l’édifice jouera aussi le rôle de laboratoire géant pour la communauté de l’Ecole, qui pourra y pratiquer diverses expérimentations. Son atrium ouvert se révèle particulièrement propice à ce genre d’exercices.

Pour l’heure, les expériences s’articulent autour de deux axes: l’étude des déplacements et du comportement des usagers en temps réel dans les différents locaux; et le développement d’un modèle de gestion énergétique du building.

L’axe énergétique impliquera plusieurs professeurs des facultés STI et IC. Il est notamment prévu d’utiliser le bâtiment comme une batterie de stockage virtuelle, capable de modifier sa consommation d’électricité en fonction de l’état du réseau électrique. «Les pics de production d’électricité liés aux fluctuations des énergies renouvelables provoquent des instabilités dans le réseau électrique. Pour les amortir, on peut soit utiliser des batteries onéreuses, soit effectuer des variations de température subtiles dans un bâtiment intelligent, qui devient ainsi une batterie virtuelle», explique Jean-Yves Le Boudec, professeur en IC. Selon ce modèle, l’édifice peut faire varier sa consommation électrique sur demande, sans que les usagers s’en rendent compte.

Pour établir leur modèle de monitoring, les chercheurs utiliseront les capteurs de luminosité, d’humidité et de température présents dans des pièces représentatives, pour comprendre le déplacement de l’air dans les locaux et les conséquences liées à un pré-chauffage matinal ou à des arrêts très courts du système de chauffage, par exemple.

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Didactique et participatif                                                                                                   En parallèle, le groupe de recherche du professeur Maher Kayal, professeur en STI, adoptera une approche très différente. Il s’agira d’inciter l’humain à devenir proactif, en adaptant son comportement de sorte à faire baisser sa consommation en énergie. L’idée consiste à afficher sur une tablette la consommation en énergie en temps réel (électricité, eau chaude, etc.), et de comparer le score obtenu à celui du bureau voisin. «Nous voulons placer l’homme au centre de la réflexion, car il peut agir sur son environnement pour autant qu’on l’informe correctement», commente Maher Kayal.

Pour mener cette expérience, trente-deux des nouveaux bureaux seront équipés de capteurs placés sur les prises électriques, ainsi que d’une tablette, développés par eSMART, start-up de l’EPFL. La tablette, qui peut également être reliée à un smartphone, permettra aux usagers de prendre connaissance en continu de leur consommation. «Un peu à l’image des systèmes qui, dans les automobiles, affichent la consommation en essence en temps réel», poursuit le professeur. Il s’agira par la suite de pousser le concept encore plus loin, en indiquant le prix de l’énergie, par exemple, ou encore le moment auquel l’énergie doit être consommée, selon la production en énergies renouvelables dans le réseau électrique. «Ce système peut fonctionner sur n’importe quel bâtiment. Il pourrait donc être intégré très facilement», ajoute encore le professeur.

D’autres groupes de scientifiques émanant des facultés ENAC, STI et IC prévoient quant à eux d’étudier l’évolution des flux de personnes à l’aide de caméras vidéo et de fibres optiques. Les données récoltées seront traitées par des systèmes de traitement de signaux et d’images. «La dalle du rez-de-chaussée et les escaliers menant au premier étage du bâtiment abritent des fibres optiques et nous avons déjà prévu les emplacements pour plusieurs caméras», précise Pascal Vuilliomenet, adjoint scientifique à l’EPFL. Dans leurs enregistrements, les scientifiques se concentreront uniquement sur la foule et non sur les individus, de sorte à respecter la vie privée de chacun. L’identité des usagers ne sera par exemple jamais enregistrée. «Cette étude nous permettra de comprendre comment le bâtiment est utilisé, et comment l’environnement architectural peut influencer le comportement de groupes», commente Pascal Fua, professeur en IC.

A terme, l’EPFL espère que de nombreux projets interdisciplinaires de ce type pourront être menés dans ce bâtiment. «Nous invitons les chercheurs à venir s’approprier ces lieux et à y mener des projets de recherche et de formation inédits», ajoute Pascal Vuilliomenet.