La sécurité en plus

INFRASTRUCTURES                                                                                                     Pont sur la route cantonale, Jaun                                                                                                       CHR 6_infrasctructures Jaun 1

Le canton de Fribourg apporte plusieurs améliorations au tracé de la route de montagne qui relie Jaun à Boltigen. A la sortie du village, un pont de 60 mètres est l’intervention la plus importante.

Le col du Jaun est un passage mythique, notamment pour les amateurs de cyclisme. Du village de Jaun, dans le canton de Fribourg, il rejoint Boltigen, dans l’Oberland bernois. Le point le plus haut se situe à 1509 mètres d’altitude. Afin de rendre la route plus sûre et le parcours plus aisé aux quelques habitants et aux nombreux touristes qui l’empruntent, le canton procède à divers travaux d’amélioration sur un tronçon d’environ 2 kilomètres. La vallée, étroite et abrupte, est traversée par la Jogne, la rivière qui coule jusqu’à Broc où ses eaux sont turbinées avant de rejoindre la Sarine.

Au pied du col, à la sortie du village et à une altitude de 1020 mètres, l’entreprise Routes Modernes SA est chargée de la construction d’un pont de 60 mètres. La route existante est relativement étroite à cet endroit et bordée de quelques habitations. Le nouveau tracé rend plus fluide le parcours et élargit le site. Large de 10 mètres, le pont dessine une double courbe, une sorte de «S» étiré.

CHR 6_infrasctructures Jaun 2Question d’appuis                                          Le flanc de la montagne est ici très raide. Quelque 5000 m3 de terrassements, réalisés par étapes en alternance avec les parois clouées, ont servi à libérer l’espace nécessaire pour le forage des pieux et la construction des culées et des piles. Celles-ci s’appuient sur des pieux forés d’une profondeur d’environ 15 mètres. Le premier défi a donc été celui d’amener la foreuse de 90 tonnes au bas du talus, au bord du torrent.

L’ouvrage est construit de manière traditionnelle, bétonné sur place. Avec des culées et quatre piles de pont d’une hauteur de 7 à 8 mètres. Le tablier, avec son tracé et son profil à géométrie variable, est bétonné grâce à des tables de coffrage préfabriquées par modules. Le détail de la bordure, relativement complexe, est déjà intégré. Le montage, la mise en place et les réglages sont grandement accélérés et facilités en comparaison avec une variante de coffrage in situ. Surtout, la sécurité des hommes est optimale durant toutes les phases des travaux.

Le concept statique a représenté un défi. D’une part, la nature du sol et des fondations n’était pas vérifiable au moment de l’étude. D’autre part, la géométrie complexe de l’ouvrage soumet les étais à des charges considérables. Ces dernières sont reportées sur des profils métalliques qui servent d’appuis intermédiaires entre les tables et les tours. De deux à quatre rangées de tours sont nécessaires. Le système de tour d’étayage H11 de Rauh est basé sur une résistance nominale de 20 tonnes répartie sur quatre pieds. Les extensions permettent d’augmenter cette capacité à six fois 5 tonnes ou huit fois 5 tonnes. Le tablier a une épaisseur de 50 centimètres et représente un total de 300 m3 de béton.

Le chantier est ouvert environ huit mois par année en raison des conditions météo. Les premiers travaux ont été réalisés au mois d’août 2014. Le coût de l’ouvrage est de 15 millions.CHR 6_infrasctructures Jaun 5