Prêts pour le prochain défi

massimo portrait 4Lors de sa séance du 12 octobre dernier, le Conseil fédéral a décidé de soumettre trois objets à la votation populaire du 12 février prochain. Outre les questions de naturalisation facilitée et l’éventuelle réforme sur l’imposition des entreprises, c’est l’arrêté sur la création d’un fonds pour les routes nationales et pour le trafic d’agglomération (FORTA) qui retient l’attention du monde de la construction.

Ce dernier projet vise à poser les bases d’un futur fonds qui devra être nancé par toute une série de recettes, dont celles de la vignette et de l’impôt sur les huiles minérales réservée pour la route passera en outre de 50 à 60%. Les Cantons participeront par ailleurs à l’intégration de 400 km de routes cantonales au réseau national, intégration qui avait été repoussée avec le «non» à la hausse de la vignette à 100 francs.

L’élaboration du fonds FORTA a été marquée par la pression du lobby routier, qui voulait affecter à la route l’entier des impôts sur les carburants. À défaut d’obtenir gain de cause dans les urnes via l’initiative «vache à lait», ces milieux ont pu convaincre le Parlement de revoir les modalités de financement.

La gauche et les écologistes ont aussi été entendus. Des projets de mobilité douce, de trams et de métros dans les agglomérations feront partie intégrante du fonds routier. Les Cantons pourront, eux, préfinancer certains projets routiers, et l’installation de bornes pour les voitures électriques sur les aires de repos des autoroutes sera soutenue. FORTA est donc un fonds qui va bien au-delà du message «tout pour la bagnole» dont tentent encore de l’affubler certains. C’est au contraire un outil de pérennisation et de développement de toutes les mobilités.

La route, les transports publics, la mobilité douce sont des thèmes centraux dans nos sociétés mobiles, urbaines et pendulaires. Des sujets que nous traitons très régulièrement dans les pages de Chantiers & Rénovation et plus particulièrement dans notre numéro d’octobre-novembre à peine sorti de presse, un «hors-série – spécial communes et travaux publics». Nous y faisons un pointage sur le chantier de CEVA à cinq ans du premier coup de pioche. Vous y découvrirez la vision lausannoise de la mobilité faite de nouveaux aménagements routiers, d’audacieuses passerelles et d’une connaissance du terrain centimètre par centimètre ou les leçons tirées d’un incendie de parking. Nous avons aussi rencontré des ingénieurs de l’État de Vaud, des architectes du comité de la SIA et des entrepreneurs courageux pour parler d’innovation appliquée sur l’un des ponts les plus sollicités de Suisse (p. 44), des rôles de chacun dans le processus de construction (p. 21) ou de transition énergétique (pp. 6, 30 et 52). Tous les projets présentés comportent une part importante de difficulté, un challenge technique et humain que les intervenants se sont évertués à surmonter. Avec succès.

Un programme riche et éclectique qui prouve une fois de plus la diversité et le dynamisme du monde de la construction. Qu’ils soient actifs dans des entreprises privées ou au sein d’entités publiques, ces hommes et ces femmes bâtisseurs s’engagent pour le bien public avec force et passion, et dans leur for intérieur n’attendent qu’une chose: relever le prochain défi !