Team spirit

massimo portrait 4Du 21 au 23 novembre, nous avons tous vibré pour la victoire de l’équipe de Suisse de tennis en Coupe Davis. Roger Federer et Stanislas Wawrinka ont offert au pays sa première victoire dans cette prestigieuse compétition et ont été accueillis en héros à leur retour. Bien que le tennis soit un sport avant tout individuel, cette fois, c’est bien la victoire d’une équipe qui est célébrée.

Alors que les premiers signes de ralentissement se font sentir, c’est ce même esprit d’équipe qui doit animer le monde de la construction, tous secteurs confondus. En effet, selon l’indice de la construction de la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) et du Credit Suisse publié le 20 novembre, le nombre de permis de construire ainsi que les entrées de commandes sont en recul. Si leur niveau reste élevé, et si 2014 sera sans doutes close sur un bon résultat, notamment en raison de l’hiver doux, l’avenir est plus incertain. Pour 2015, la SSE table sur un léger recul de l’activité en Suisse, bien qu’un effondrement proprement dit ne soit pas à craindre. En Europe, la situation est bien plus inquiétante. La question n’est plus de savoir si la Suisse sera épargnée ou non, mais dans quelle mesure nous seront capables de faire face à l’impact.

Dans ce sens, l’actualité de ces derniers mois est quelque peu contrastée. D’un côté, syndicats et patronat sont à nouveau face à face concernant les négociations salariales et la révision de la convention collective de travail du secteur principal de la construction. De l’autre, les hautes écoles se montrent dynamiques et redoublent d’initiatives visant à créer la cohésion et à favoriser la collaboration entre les différents corps de métiers.

« on ne fait rien tout seul »

A l’EPFL, la Faculté Environnement Naturel, Architectural et Construit (ENAC) vient de lancer l’opération «Projeter Ensemble». Celle-ci a pour but de répondre à la nécessité croissante de coopération dans les projets d’architecture et d’ingénierie et se traduit par plusieurs actions dans les programmes d’enseignement d’architecture, de génie civil et d’ingénierie de l’environnement, dans les programmes de recherche scientifique des laboratoires de l’ENAC et dans les interactions entre l’ENAC et la société. Ce projet est un fort encouragement aux échanges entre tous les membres de la faculté, synergies que les architectes et ingénieurs sauront mettre ensuite à profit durant toute leur carrière professionnelle.

A un autre niveau, la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), qui regroupe cinq directions cantonales et 28 hautes écoles, vient de créer un nouveau Master HES-SO en innovation interdisciplinaire. Cette formation, unique en Suisse, est construite autour d’un projet pratique et professionnalisant confié par des PME/ PMI, des laboratoires de recherche ou des start-up, pour permettre aux étudiantes et étudiants d’acquérir des compétences interdisciplinaires. Celles-ci sont nécessaires pour développer des produits et services innovants et les commercialiser avec succès. Ce master est le fruit d’un partenariat entre les hautes écoles des domaines Economie et Services, Design et Arts visuels ainsi qu’Ingénierie et Architecture et sera lancé à la rentrée académique de septembre 2015.

Si l’on reconnaît que l’on ne fait rien tout seul, autant apprendre dès le début à travailler avec les autres. Maîtres d’ouvrage, concepteurs, techniciens spécialisés, four- nisseurs ou exécutants sont en réalité interdépendants. Pour faire face aux soubresauts économiques et aux adversités à venir, patronat et syndicats doivent dépasser leurs querelles et redécouvrir l’idée de partenariat. L’esprit d’équipe.

Parler avant de penser!

Urbanisme – Amsterdam                                                                                             L’urbanisme participatif est de mise. Les villes de Suisse s’y essaient, avec plus ou moins de succès. Aux Pays-Bas, Amsterdam a lancé depuis plusieurs années un processus global qui semble porter ses fruits. Ancienne maire adjointe et à la tête du projet de marketing international de la ville jusqu’en juin dernier, Carolien Gehrels raconte comment les urbanistes ont changé leur approche.CHR 8s_urbanisme amsterdam 1

Le slogan «I amsterdam», si simple et efficace, accueille touristes et visiteurs dès la sortie de l’aéroport Schiphol. Avec ses canaux, son cœur historique du Siècle d’or néerlandais et son ambiance à la fois exubérante et délicieusement figée dans le passé, la ville attire plus de 20 millions de visiteurs chaque année. Le nombre d’habitants recensés dans l’aire métropo- litaine d’Amsterdam dépasse 2 300 000 unités. Il faut également noter que la ville fait partie de la conurbation de la Rands- tad qui comprend notamment Utrecht, La Haye et Rotterdam, regroupe près de 8 millions d’habitants et s’étend quasi continuellement sur tout l’ouest des Pays- Bas.

Après le constat d’échec de leurs plans «classiques» d’aménagement du territoire, les urbanistes d’Amsterdam et de la Rands- tad ont radicalement changé leur manière de faire. Ancienne maire adjointe et alors à la tête du projet de marketing international de la ville, Carolien Gehrels s’entoure d’une équipe pluridisciplinaire qui va briser les codes établis. Renonçant au regard et aux solutions a priori des experts et spécialistes, il a été décidé de solliciter l’imagination des habitants en leur faisant raconter des histoires. Elle nous a relaté ces quatorze années d’activité originale et frénétique en marge d’une récente conférence.

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Chantiers & Rénovation (CR): Amsterdam est citée comme exemple d’urbanisme participatif. Expliquez-nous votre démarche.                                                                   Carolien Gehrels (CG): Nous avons invité la population à répondre à la question «Comment voyez-vous votre ville dans l’avenir» en canalisant les réponses sur quatre thèmes: le front de mer et le port, la densification, l’intégration des gares et de l’aéroport, le lien avec la campagne. Nous avons appelé ça «Mass amateurization of urban planning», à savoir «Amateurisation massive de l’aménagement du territoire». Le nouveau logo de la ville «I amsterdam» est né à ce moment‐là.

CR: Concrètement comment cela s’est organisé?
CG: Pendant six semaines, nous avons organisé une exposition-interactive-événements, où toutes les catégories des habitants ont été invitées à venir donner leur avis, leurs visions, leurs espérances. Les urbanistes ont moissonné et se sont donné pour tâche d’intégrer toutes les propositions. Et ça a donné des merveilles! Un plan d’aménagement du tonnerre, des politiciens ravis et des habitants contents!

CR: Les habitants étaient-ils surpris de se voir consultés de la sorte?
CG: Amsterdam a depuis toujours impliqué ses citoyens, car Amsterdam est construite par ses citoyens. Nous avons vraiment besoin les uns des autres pour résoudre les problèmes que nous avons, par exemple avec l’eau. Nous avons appris à coopérer et à travailler ensemble pour solutionner les problèmes de la ville. C’est comme cela que tout a commencé.

CHR 8s_urbanisme amsterdam 4CR: Quels sont les plus grands défis pour Amsterdam?
CG: Nous devons être très vigilants avec l’énergie et la mobilité. Amsterdam est une sorte de laboratoire urbain. Nous essayons de nouvelles choses et n’insistons pas lorsqu’elles ne plaisent pas aux habitants, mais nous essayons. La plupart du temps, la réaction de la population est positive.

CR: Vous avez créé cette sorte de «task force» en 2000 alors que la situation se cris- pait. Qu’est-ce qui ne fonctionnait plus?                                                         CG: On s’est aperçu qu’il fallait changer notre façon de faire de l’urbanisme. Les projets proposés n’avaient plus la faveur de la population. Nous avons élargi la réflexion et compris que les tensions n’étaient pas tant dans les projets eux-mêmes que dans la perception qu’en avait le public. Au moins 80% de l’urbanisme, c’est de la communication! Donc, comment communiquer mieux? La seule façon est d’ouvrir cette planification urbaine. Et c’est ce que nous avons fait. Notre expérience à Amsterdam a montré que dès que l’on commence à faire de la véritable planification urbaine ouverte, les gens deviennent très raisonnables. Si l’on force les choses, c’est perdu d’avance.

CR: Quelles idées sont-elles nées de ces consultations?
CG: Des milliers d’idées! Une phase passionnante du travail a été celle de les évaluer, de les regrouper pour sentir les tendances et tenter de leur donner une forme concrète. Le développement des quartiers nord d’Amsterdam doit beaucoup à cette phase tout comme la vision structurelle «Amsterdam 2040» que nous avons élaborée. Il y a aussi des actions à plus petite échelle, une «rue du Climat» pour la promotion de l’énergie renouvelable ou, en précurseurs, la création de bornes de recharge pour bateaux électriques.CHR 8s_urbanisme amsterdam 6

CR: Comment faire perdurer cet élan?
CG: Nous avons notamment créé le programme «Amsterdam Innovation Motor» qui est doté des moyens nécessaires pour perpétuer et renouveler le dialogue avec les entreprises et la population. Nous essayons de donner le plus d’information possible aux habitants. L’idée est de permettre aux citoyens, aux entreprises, aux visiteurs, de concevoir eux-mêmes des solutions intelligentes. Nous essayons de mobiliser le potentiel de créativité de chacun, pour créer une coopération urbaine, proposer des idées nouvelles, de nouveaux produits et services qui rendront la ville plus intelligente, plus efficace dans l’utilisation des ressources, plus agréable à vivre, etc. Cela va des masterplans au développement d’applications pour smartphones.CHR 8s_urbanisme amsterdam 3CHR 8s_urbanisme amsterdam 5CHR 8s_urbanisme amsterdam 7

Entre ville et champs

Landi Moléson SA, Bulle                                                                                        CHR 8_bois_Landi 4

Marquant l’entrée de la ville, le nouveau bâtiment Landi de Bulle est un édifice multiple. Les volumes articulés reflètent les différentes fonctions ainsi que le rôle d’élément de transition qu’il joue dans le contexte.

Landi est une marque bien établie dans toute la Suisse. Depuis plus de cent ans, en effet, celles qui sont nées comme des coopératives agricoles liées aux produits nécessaires aux exploitations ont grandement étoffé leur offre. Partenaires fiables de l’économie agricole suisse, elles ont complété leur assortiment professionnel avec des offres du commerce de détail pour la maison et des articles de jardin et se sont significativement ouvertes au grand public.

Présente depuis fort longtemps dans la région gruérienne, Landi construit actuellement un nouveau bâtiment à l’entrée de Bulle. Celui-ci regroupe un point de vente, des surfaces administratives et des appartements.

Le futur magasin, d’une surface de vente totale de 2100 m2, comporte différentes zones. Un espace de vente intérieur de 1120 m2 propose notamment tout l’assortiment pour animaux de compagnie, les boissons, les articles do it ainsi que les articles «Top Offre». Afin de mettre à disposition un vaste choix dans le «secteur vert» (plantes, plantons de légumes, fleurs et articles de jardin), une surface de 980 m2 attenante est aménagée en zone de vente extérieure.

Le dépôt (stock magasin et produits agricoles) dessine un volume imposant et s’étend sur environ 700 m2. Il offre une manutention optimale pour un stockage sécurisé de quelque 750 places palettes.

Le programme est complété par 24 appartements et deux surfaces de bureaux et s’appuie sur un vaste parking souterrain.

CHR 8_bois_Landi 2Transitions                          Marquant l’entrée en ville, le long de la route de Riaz, le bâtiment s’articule en plusieurs volumes. La partie résidentielle s’élève de six étages alors que les surfaces commerciales s’organisent horizontale- ment. Des décalages de niveaux sont également présents dans ces secteurs. La composition veut ainsi jouer le rôle d’élément de transition urbaine entre le quartier résidentiel à l’arrière et les zones d’activités de l’autre côté de la rue, opérant une gradation entre l’ouest, à faible densité, et l’est, à caractère industriel. Le renforcement du couloir visuel depuis le chemin de Champ-Francey vers la route de Riaz et le panorama lointain est également pris en compte.

Les flux de personnes et de véhicules sont clairement séparés et permettent de libérer de la surface afin d’aménager un espace public et de passage entre la zone d’habitation et la zone urbaine. Un arrêt de transports publics est prévu afin de valoriser ces nouveaux aménagements qui doivent dynamiser le quartier.

Une vie sociale de qualité est promue dans le quartier par la mixité d’utilisation des surfaces construites (logements, bureaux et activités commerciales) et par la palette de logements proposés. L’espace de rencontre situé devant l’entrée du bâtiment renforce les contacts sociaux. Le complexe a été élaboré dans le cadre d’un mandat d’étude parallèle comprenant l’ensemble du quartier et parti- cipe au développement maîtrisé du secteur. La proximité du centre de la ville de Bulle est un atout supplémentaire pour le succès de cette opération.

CHR 8_bois_Landi 7Bois urbain                                                            Le maître d’ouvrage a naturellement des exigences d’image. La position du bâtiment et les souhaits des autorités dirigent toutefois les concepteurs vers une relecture plus contemporaine. Les lignes sont tendues, les toitures plates et le bois, bien que très présent, est utilisé de manière originale et moderne. La couleur officielle verte des magasins Landi est déclinée ici dans une nouvelle tonalité. Les traditionnelles façades en bois des points de vente Landi se traduisent ici par un lattage horizontal qui habille le dépôt et le magasin. A l’intérieur également, le bois est omniprésent. L’atmosphère est chaleureuse et familière pour les clients habituels; le traitement est contemporain.

Un maillage de métal déployé – dont la tente dorée veut rappeler la couleur du blé – sert d’élément de transition. Il habille la zone de vente extérieure et certains bandeaux de la partie habitation. Cette dernière est quant à elle revêtue de grandes plaques en grès laminé. Bois, métal et minéral s’assemblent harmonieusement, distinguent les différentes fonctions et donnent son caractère au bâtiment.

«éléments modulaires préfabriqués»

La structure primaire du bâtiment associe des éléments en béton (sous-sol, cages d’ascenseurs), en acier (poteaux partie logements) et en bois (poteaux, poutres, planchers). La deuxième trame est essentiellement composée de bois ou de produits dérivés du bois (toiture et planchers en bois empilé, parois modulaires isolées, façades en lames de bois, OSB) pour un total de 1700 m3 de bois.

La plus grande partie du bâtiment est obtenue par l’assemblage d’éléments modulaires préfabriqués à partir de bois suisse dans le centre de production Strüby à Root, dans le canton de Lucerne. Pour certaines parties, la préfabrication comprend la pré-installation des éléments électriques ainsi que les fenêtres. La méthode requiert un minutieux travail d’étude, de planification et de coordination mais garanti une très haute qualité de réalisation.

L’ouverture du magasin est prévue pour février 2015 alors que les appartements seront mis à disposition en mai 2015.

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Renaissance du futurisme

CHR 8_actu_tour cityLife 1Tour CityLife, Milan

Avec ses 243 m de hauteur, la tour CityLife de Milan s’apprête à devenir le plus haut édifice d’Italie. Le projet, signé de l’archistar japonais Arata Isozaki, est un hommage au futurisme milanais.

Malgré la crise économique italienne et européenne des dernières années, Milan conserve en elle le dynamisme propre qui en a fait la capitale économique du pays. Avec plus de 7 millions d’habitants, l’aire urbaine de Milan est en effet la troisième d’Europe après celles de Paris et de Londres. La cité lombarde vit actuellement la frénésie typique de la préparation aux grands événements, avec son yoyo d’enthousiasmes, de déceptions, de grands projets, de scandales et d’idéaux. L’Exposition universelle, placée sous le thème «Nourrir la planète, énergie pour la vie» s’y tiendra de mai à octobre 2015 et les préparatifs entrent aujourd’hui dans le rush final.

Dans ce même élan, plusieurs bâtiments d’envergure ont vu le jour ces derniers temps à Milan. C’est peut-être la création de la nouvelle Fiera di Milano par Massimiliano Fuksas et la rénovation du théâtre de la Scala par Mario Botta qui marquent le début de cette période d’engouement architectural. De grandes opérations de requalification urbaine sont en cours, de nouveaux quartiers surgissent et les architectes internationaux rivalisent pour y laisser leur empreinte.

Le site de l’ancienne foire, à l’ouest de la ville, est le symbole de ce mouvement. C’est ici que se matérialise le projet CityLife qui comprend, entre autres, trois gratte-ciels signés par autant de stars de l’architecture internationale, à savoir Zaha Hadid, Daniel Libeskind et Arata Isozaki.

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Moteur de l’Italie                                                                                                        C’est le Japonais, auteur de projets prestigieux dans le monde entier et récompensé notamment par la médaille d’or du Royal Institute of British Architects en 1986 et le Chicago Architecture Award en 1990, qui s’octroie le record de hauteur. Avec ses 50 niveaux et ses 207 m de haut (243 avec l’antenne), la tour Isozaki (dénommée aussi «il dritto», le droit) surplombe ses deux voisines, la tour Hadid («lo storto», le tordu), 170 m pour 43 étages, et la tour Libeskind («il curvo», l’incurvé), 165 m et 30 étages. La tour Isozaki est également le bâtiment le plus haut de la péninsule. Achetée par Allianz, elle deviendra le siège national du groupe bavarois.

Les quelque 24000 m2 de façades en verre sont composés de 4500 éléments modulaires préfabriqués. Au total, quatorze ascenseurs, dont trois panoramiques sur chaque flanc de la tour, seront à disposition des 3800 personnes qui y travailleront. Le mouvement perpétuel des ascenseurs, visible depuis l’extérieur, caractérisera la tour, produisant l’effet «bâtiment-machine», hommage au futurisme milanais.

Long et étroit, le gratte-ciel est un parallélépipède posé sur deux colonnes latérales de béton qui en garantissent la stabilité. Elles sont alliées à une série de poutres placées à mi-hauteur et au sommet du bâtiment. Tous les plateaux ont les mêmes dimensions: 22 m de profondeur sur 60 m de long. Supports supplémentaires, quatre étais dorés, rapportés au onzième étage, donnent appui aux façades principales, désamorcent l’effet du vent et participent ainsi à l’absorption de l’oscillation de la tour.

Ce concept structurel original – pensé pour laisser vibrer la structure de manière imperceptible tout en lui assurant une extrême stabilité et en permettant un allégement conséquent de l’ossature primaire – est signé Francesco Iorio. Le jeune ingénieur berga- masque (il n’a pas encore 40 ans lorsqu’il se voit attribuer le mandat de la tour) est déjà plus qu’une étoile montante dans le monde de l’ingénierie structurelle. Avec son équipe, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas les 30 ans, il a déjà à son actif des collaborations internationales prestigieuses telles que la mosquée Shaikha Fatima Bint Mubarak à Abu Dhabi, le Shanghai International Design One, un centre multifonctionnel dans la mégapole chinoise, ou encore l’Auditorium del Castello à L’Aquila, signé Renzo Piano.

En plus de nombreux projets d’hôpitaux, de bâtiments commerciaux, administratifs et résidentiels en Italie et dans le monde, Francesco Iorio a également réalisé le renforcement structurel de l’Hôtel Gallia de Milan, présenté comme étant à ce jour la plus importante mise en conformité sismique d’un bâtiment historique jamais réalisée en Europe.

Sport, culture, futur

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Collège du Léman, Versoix

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Le Collège du Léman à Versoix se dote de deux nouveaux bâtiments. Au sud du campus, l’Espace Mandela, inauguré en septembre, est destiné à l’accueil récréatif des enfants. Au cœur de l’école, le chantier du complexe multifonctionnel sport et culture bat son plein.

Fondé en 1960, le Collège du Léman est devenu au fil du temps un établissement de référence parmi les écoles internationales de renom du bassin lémanique.

L’école accueille aujourd’hui plus de 2000 élèves représentant plus de 100 nationalités. Ils y reçoivent un enseignement académique d’excellence du préscolaire à la terminale et bénéficient de méthodes d’apprentissage qui suivront les élèves tout au long de leur vie. Le Collège du Léman fait partie de la Meritas Family of Schools, un réseau regroupant des écoles d’excellence dans le monde entier, offrant les plus hauts standards d’éducation et des opportunités uniques d’apprentissage au niveau international.

Le campus s’étend sur 8 hectares, sur les hauts de Versoix. Il se compose d’une vingtaine de bâtiments acquis ou construits successivement et intégrés dans un cadre verdoyant.

L’année en cours restera dans les annales de l’école comme une période marquée par de grands investissements dévolus à la construction de deux nouveaux bâtiments: l’Espace Mandela et le complexe polyvalent sport/culture.

SONY DSCCHR 8_college du leman 8Plus qu’un hommage                                                                                   Situé au sud du campus, l’Espace Mandela a été inauguré le 26 septembre dernier. Ce bâtiment, relativement compact, a une vocation d’accueil. Il permet d’abriter tous les enfants du primaire sous un préau couvert de 225 m2 en cas de mauvais temps. Ils peuvent également se rendre dans la salle polyvalente de l’étage pour la pause déjeuner. Avec sa configuration flexible, celle-ci servira également de salle de conférences, de salle de réunions et de salle de spectacles pour les plus jeunes.

Le bâtiment porte le nom de Nelson Mandela et est décoré aux couleurs de sa patrie. Au-delà du simple hommage, l’école tient à célébrer les valeurs incarnées par ce grand homme de paix telles que «équité», «justice», «solidarité» et «tolérance» et qu’elle souhaite faire résonner dans son établissement.

«éduquer et enseigner dans un esprit d’ouverture»

Depuis sa création en effet, le Collège du Léman poursuit des valeurs initiées par son fondateur Francis Clivaz qui souhaitait: «Eduquer et enseigner dans un esprit d’ouverture et de tolérance afin que les élèves puissent devenir les citoyens et leaders d’un monde respectueux des différences.»

Place à l’imagination                                                                                                  Près de 5000 m2 dédiés au sport et à la culture, tel est le programme du complexe multifonctionnel. Imaginé par les architectes Armand Schaefer et Enzo Mattana et situé en face des deux principaux bâtiments du secondaire, cet édifice de quatre étages sera polyvalent à souhait.

L’objectif est de proposer aux étudiants un bâtiment où il leur serait possible de se rencontrer, de pratiquer des activités extrascolaires, de mettre en avant leurs talents grâce à l’organisation d’événements sportifs ou artistiques, mais aussi d’y vivre. Dès l’entrée, le visiteur sera attiré par la salle multifonctions sur laquelle il aura une vue imprenable.

Complètement amovibles, les installations d’estrade et de gradins, ainsi que le système révolutionnaire d’opacité variable des fenêtres permettront de transformer cette salle en théâtre, cinéma ou même en stade capable d’accueillir des événements sportifs de grande envergure. Il suffit juste de laisser place à l’imagination. Les étudiants internes pourront aussi s’installer au dernier étage puisqu’une résidence lumineuse de 24 chambres y est prévue.

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Principaux intervenants                                                                                         Maître d’ouvrage                                                                                                    Collège du Léman, Versoix                                                                                  Architectes                                                                                                         Archideco & Mattana, La Croix-de-Rozon                                                           Ingénieurs                                                                                                                      SB Ingénierie, Carouge                                                                                     Maçonnerie                                                                                                           Casabat SA, Satigny                                                                                      Construction métallique                                                                                      Zwahlen & Mayr SA, Aigle

 

 

Multiplier les outils

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massimo portrait 4Maîtriser l’immigration, aider les populations les plus défavorisées tout en préservant notre qualité de vie et notre environnement, voici en résumé les objectifs que vise l’initiative Ecopop sur laquelle le peuple se prononcera le 30 novembre. Si une première lecture pourrait sembler séduisante à ceux qui sont à la recherche haletante d’un logement ou d’une place assise dans le train, les enjeux en sont bien plus vastes. L’initiative exige un plafonnement de la croissance de la population à 16 000 personnes par an. Si les auteurs de l’initiative mentionnent à présent d’autres chiffres dans la campagne qui précède le vote, ceux- ci ne sont pas crédibles. Ce contingent concerne de la même manière les travailleurs étrangers, les réfugiés et les Suisses de l’étranger. Au vu de sa radicalité, cette initiative menace l’existence de nombreuses entreprises tributaires de la main-d’oeuvre qualifiée étrangère. Elle accroît les contraintes bureaucratiques des PME et rend une planification du personnel à long terme impossible. Le milieu de la construction, tout comme l’industrie ou les métiers de la santé sont opposés à l’initiative. De plus, un oui à Ecopop représenterait une rupture sérieuse, voire définitive, avec l’UE.

Un proverbe japonais énonce: «Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou.» La polarisation du débat politique en fait quotidiennement la démonstration. Pour les adeptes du libéralisme pur et dur, tout ressemble à un besoin de croissance. Pour les dogmatiques de la Suisse de Guillaume Tell, tout ressemble à une menace.

Evidemment, ni les uns ni les autres n’ont raison. Un modèle de société basé uniquement sur la consommation a déjà prouvé ses méfaits. Et un pays fermé, barricadé idéologiquement sur un passé mythifié, est peut-être encore plus nocif.

Mal étudiée, mal élaborée et mal pré- sentée, l’initiative Ecopop «Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles» n’offre pas de réponses satisfaisantes aux défis, bien plus complexes, de notre époque. Reste qu’elle met le doigt sur des questions nous concernant tous. Encore une fois, les métiers liés à la construction, à la gestion de l’énergie, à la planification du territoire se trouvent au centre du débat. Architectes, ingénieurs et urbanistes sont appelés à travailler ensemble pour développer les modèles de demain. Dans ce sens, nous ne pouvons que saluer la création de la nouvelle chaire en écologie urbaine et espaces de vie durables qui sera créée à l’EPFL dès l’automne 2015. A la croisée de plusieurs disciplines, telles que les sciences environnementales, l’architecture et l’urbanisme dans le contexte du développement urbain en Suisse, elle offre l’opportunité de définir comment mieux vivre ensemble et interagir aussi bien dans nos environnements construits que naturels. Multiplier les outils, voilà une bonne manière d’appréhender notre monde et d’en accompagner l’évolution.

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Tour d’horizon durable

Energies Renouvelables

Symposium ER’14 – 19-20 novembre à Yverdon-les-Bains.

Inscrivez-vous!

Programme_ER14Le secteur du bâtiment représente une part très importante de la consommation énergétique en Suisse avec quasiment un tiers de la consommation d’énergie finale. Par ailleurs, ce secteur génère d’importants impacts sur l’environnement.

Afin de répondre à ces problématiques, la HEIG-VD organise tous les deux ans le Symposium sur l’Efficacité Energétique, l’Environnement et les Energies renouvelables dans le domaine du bâtiment (Symposium ER). Cette manifestation propose un tour d’horizon des nouvelles technologies et de réalisations exemplaires permettant de réduire la consommation énergétique et les impacts environnementaux du secteur du bâtiment. La septième édition du symposium aura lieu les 19 et 20 novembre 2014 à Yverdon-les-Bains et traitera des thématiques suivantes :

  • Rénovation énergétique (19 novembre)
  • Efficacité énergétique et environnement (19 novembre)
  • Ecoconstruction et éco-matériaux (20 novembre)
  • Energies renouvelables (20 novembre)

Informations et inscriptions :

www.er14.ch

téléchargez le programme:

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Tout va très vite!

INTERVIEW                                                                                                         SPECIAL MACHINES DE CHANTIER – LOCATION

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La location s’impose comme un outil de gestion incontournable pour les entrepreneurs. Pourtant, les entreprises suisses n’exploitent pas encore pleinement les solutions offertes par les loueurs. Nous en avons parlé avec Vincent Albasini, directeur d’Avesco Rent.

Chantiers & Rénovation (C&R): Née en 2000 du rachat par Ammann de la société Multirent, Avesco Rent jouit d’une longue expérience dans le marché de la location. Comment a évolué l’entreprise?                                                            Vincent Albasini (VA): Lors de la reprise de Multirent et au moment du lancement de la marque «The Cat Rental Store», nous avions 8 agences et 26 collaborateurs. Aujourd’hui, notre réseau est constitué de 18 agences et nous employons environ 150 personnes.

C&R: Vous êtes le leader sur le marché de la location de matériel et de services. Quelles sont vos forces?                                                                                             VA: Notre réseau couvre pratiquement tout le territoire national, ce qui est un gage de proximité et de réactivité face aux demandes de nos clients. Nous proposons quelque 220 types de machines et équipements différents et disposons d’un parc de plus de 5000 machines de diverses marques, et pas seulement de Caterpillar comme le pensent encore certains. Nos services s’adressent essentiellement au secteur bâtiment/travaux public, indépendamment de la taille de l’entreprise. L’historique de l’entreprise remonte à la fondation de Outiloc et Multirent en 1987; nous avons donc une expérience de près de 30 ans dans le secteur. Toutefois nous sommes également présents dans les secteurs événementiel, industriel et services. Pour ces secteurs, deux de nos agences, des centres de compétences, sont axées sur les besoins des clients de ce segment.

CHR 7_special machines_avesco rent 1 - copieC&R: Quel est le rapport à la location des entrepreneurs suisses?
VA: Nous assistons à un changement culturel. Les nouvelles générations ainsi que les sociétés actives dans les zones frontalières font largement appel à nos services. Quelques entreprises pratiquent un outsourcing quasi total de leur parc machines. Cela génère pour elles d’importantes économies. L’achat, l’entreposage, l’entretien, le transport ou l’amortissement sont des charges lourdes qui, ainsi, ne pèsent plus dans leurs bilans. La majorité de nos clients pratique une gestion annuelle du parc, avec un mix achat/location et parfois une location de longue durée qui débouche sur l’achat de la machine. Néanmoins, beaucoup d’entrepreneurs suisses sont encore attachés à l’idée de posséder leurs propres machines. Selon le dernier rapport de l’ERA (European Rental Association) dans les grands pays voisins entre 40% et 50% des machines vont au marché de la location; en Suisse, nous en sommes environ à 18%.

C&R: La machine comme «status symbol» de l’entreprise, une richesse que l’on montre…                                                                                                                         VA: Il y a certainement un peu de cela. Mais la dévaluation des machines est importante. Un parc vieillissant n’est plus une valeur. Certains en font la triste expérience au moment de remettre leur entreprise à un successeur. Notre parc de machines, au contraire, a un âge moyen de 3 ans. C’est également un gage d’efficacité et de sécurité. Nos clients ont la garantie de prendre en main les machines les plus modernes et performantes, de disposer des technologies et des outils les plus avancés, toujours entretenus et maintenus en parfait état.

C&R: Au-delà des mentalités, quels sont les défis que vous devez affronter?
VA: Nous constatons une évolution dans la gestion des chantiers. Les entrepreneurs sont appelés à réagir très vite; parfois nous n’avons qu’une journée pour fournir la machine. Les durées de location sont également en réduction. Nous devons assurer une logistique parfaite! Tout va très vite!

C&R: Quelles sont, à votre avis, les tendances pour les années à venir?
VA: La part de location va sans doute poursuivre sa croissance, c’est un outil de gestion qui est de plus en plus indispensable pour les entreprises. Notre réseau est voué à s’agrandir, tout comme notre présence online. La gamme de machines proposées va également continuer de s’étoffer. Nous venons par exemple de mettre à disposition de nos clients des engins rail/route.

C&R: Plus que sur les machines, vous aimez mettre l’accent sur les «solutions». Qu’enten- dez-vous dire?
VA: Nous sommes les partenaires des entreprises. Il est important pour nous d’être quotidiennement à côté de nos clients, sans aucun égard au secteur ou à la taille de l’entreprise, et de trouver ensemble des solutions pour leurs projets. De plus, nous avons également un centre de formation IPAF (Fédération Internationale du matériel d’Accès en Hauteur) au sein de notre organisation afin de soutenir les entreprises qui veulent investir dans la formation. Finalement, nous n’avons pas que les machines habituelles du bâtiment et du génie civil, mais également tout type de matériel et d’équipement de différents segments de produits comme l’élévation, la manutention, l’installation de chantier, la production d’énergie, le jardinage ou le chauffage. Surtout, nous avons un personnel spécialisé à même d’offrir un support technique optimal au moment de préparer une intervention. •

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