Marcher sur l’eau

massimo portrait 4Du 18 juin au 3 juillet, des milliers de personnes ont vécu l’expérience quasi mystique de marcher sur l’eau. Ou presque. Habitué des installations artistiques sur des sites naturels ou urbains de grande ampleur, l’artiste Christo a transformé le tranquille lac d’Iseo, en Italie du Nord, en une attraction touristique éphémère.

L’œuvre «The Floating Piers» est constituée d’une succession de passerelles flottantes qui, depuis la rive, permettent aux visiteurs de rejoindre à pied les îles de Monte Isola et San Paolo, sur un parcours total d’environ 3 kilomètres. Dépassant à peine le fil de l’eau, les passerelles offrent une perspective nouvelle et mettent les visiteurs dans une situation inédite. Ils flânent au milieu du lac, peuvent observer le paysage sous de nouveaux angles. Vue du ciel, la large bande jaune orangé semble tracer des limites dans le lac. Le contraste des couleurs est du plus bel effet. L’œuvre est une réflexion sur le territoire ainsi qu’une invitation à la découverte de la richesse artistique classique de la région qui l’accueille.

Au-delà de la réussite artistique et du succès rencontré auprès du public, cette œuvre est aussi un challenge technique. Les passerelles sont constituées de quelque 220 000 cubes et de tiges de polyéthylène à haute densité habillés de 100 000 m2 de tissu. Les éléments sont moulés et assemblés. Les cubes – de 50 cm de côté – sont dotés d’anneaux d’assemblage dans lesquels s’insèrent les tiges de manière à unir solidement plusieurs pièces. 190 blocs de béton armé de plus de 5 tonnes ont été positionnés près des rives et servent d’ancrage pour les passerelles, afin d’éviter tout mouvement et de garantir leur positionnement.

Seule certitude: l’incertitude.

Les blocs de béton sont montés sur une sous-structure métallique pour faciliter les opérations de retrait et éviter qu’ils ne s’enfoncent dans le sol boueux des rives du lac. Ils ont été transportés et mis en place à l’aide de ballons flotteurs.

Les concepteurs et les autorités ont cueilli l’occasion pour réaliser une numérisation des fonds lacustres et des réseaux en place à l’aide d’un mini sous-marin téléguidé via GPS et équipé de divers sonars.

Plus près de nous et nettement plus terre à terre, ces premières semaines estivales n’amènent pas qu’un air de légèreté. La sécurité et le travail au noir continuent d’occuper le monde de la construction. Les contrôles d’accès et les badges sont une part de la solution. Mais ils ne sont toujours pas généralisés et lorsque arrivent les entreprises des du second oeuvre la situation se complique encore. L’augmentation des moyens de contrôle et la stigmatisation des tricheurs sont un gage de crédibilité pour toute la branche.

Les incertitudes internationales continuent d’ébranler tristement la planète et l’économie est également mise sous pression. Le Brexit introduit une nouvelle donne que peu avaient anticipée. Quelles seront les répercussions sur la Suisse? Qu’il s’agisse de marchés financiers, de délocalisation ou de rapatriement d’activités britanniques et de la conséquente influence de ces choix sur la demande de surfaces administratives ou de logements dans notre région, nul n’ose encore aucune prévision. Seule certitude: l’incertitude.

«The Floating Piers» donne l’illusion de marcher sur l’eau. Mais pour rester à flot, il nous faudra plus qu’une illusion. Un miracle peut-être?

Bientôt la révolution

Machines de chantier – analyse de donnée                                                                    CHR 5_machines_intro 4

 

Une enquête menée auprès des fabricants européens de matériels de chantier place la télématique en tête des prochaines évolutions. Pourtant l’analyse des méga-données n’est encore que peu exploitée. Affaire à suivre.                                                                          Le CECE, Comité européen des construc- teurs d’engins, a mené une enquête auprès de 78 fabricants européens d’engins de chantier, de toutes tailles et de différentes nationalités. L’une des questions portait sur l’identification des techniques appelées à se développer dans les engins de chantier durant les cinq années à venir. «La télématique et les radiocommandes» ont répondu 62% des sondés, avant «la réduction des émissions polluantes» (55%) et «les trans- missions hybrides et électriques» (37%). étonnamment, le plus mauvais score est «l’analyse des méga-données», qui ne représente un enjeu d’avenir que pour 14% des entreprises interrogées.

Pourtant, l’analyse des données est le corollaire de la télématique sans laquelle cette dernière n’offre finalement que peu d’avantages. Le traitement du flux de données généré par les utilisateurs est la réelle valeur de la télématique. Télématique et traitement des données sont une seule et même technologie, ce que Caterpillar et Komatsu, les deux marques les plus avancées sur le sujet, ont bien compris. Visiblement, beaucoup de fabricants anticipent l’arrivée de la connectivité dans leurs machines sans vraiment saisir de quoi il s’agit.

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L’acier intelligent                                                                                                        Lors d’une conférence de presse donnée en marge de Bauma, Doug Oberhelman, CEO de Caterpillar, a résumé le cap qu’il compte imprimer à l’entreprise pour les années à venir avec la formule «acier intelligent». «Il y a une vraie transformation de notre monde autour des nouvelles technologies, a-t-il précisé. Nous voulons être le leader dans ce domaine et nous apporterons des solutions non seulement pour les machines Caterpillar mais également pour toutes les autres machines.»

L’Américain considère en effet que les chantiers n’ont pas encore vécu le boom de productivité que l’informatisation a provoqué dans l’industrie et les services. Il s’y prépare autour de deux axes: la connectivité et l’analyse de données. «Avec 400 000 machines connectées, Caterpillar possède déjà des millions de données enregistrées. C’est une expertise unique au monde.» Doug Oberhelman en pro te pour rappeler que l’entreprise maintient un budget de recherche et développement de 2 milliards de dollars par an (soit près de 8 millions de dollars par jour!) dont une bonne partie est allouée au développement de logiciels.

La gestion et l’informatisation des engins de chantier promet d’énormes gains en termes de gestion et d’exploitation. Aux états-Unis, en Europe tout comme en Suisse, les entreprises n’en sont qu’aux balbutiements en la matière et de nouvelles compétences doivent être acquises afin d’amener la gestion du parc machines dans une nouvelle dimension.

Des questions restent néanmoins en suspens, et pas seulement d’ordre technique. Par exemple: à qui appartiennent les données émises par une machine, à son fabricant ou à son propriétaire? Un fournisseur est-il autorisé à analyser dans leurs moindres détails les méthodes de travail de ses clients? Si le modèle recherché par Caterpillar est celui d’un quasi-monopole, comme ceux qui dominent actuellement la nouvelle économie, c’est plutôt sur le terrain légal que les rmes doivent encore travailler.

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Google chantier?                                                                                                    

Depuis 2002 déjà, Caterpillar et Trimble collaborent sur divers projets de guidage et sur le traitement des données. Spécialiste du secteur, Trimble a acquis ces dernières années une force grandissante et ses liens avec Google laissent imaginer des développements surprenants dans un futur proche.

Lors de la dernière foire Bauma, Trimble a d’ailleurs signé des accords avec plusieurs autres grands fabricants, notamment Volvo, Hyundai et Doosan.

Avec les deux Coréens, l’accord porte sur le pré-câblage de plusieurs modèles de pelles pour faciliter le branchement ultérieur d’accessoires Trimble. Avec Volvo, cela va un peu plus loin puisqu’il s’agit de l’intégration complète d’un système de guidage et de positionnement en trois dimensions à l’intérieur d’une pelle Volvo, vendue ainsi tout équipée par le fabricant lui-même.

L’intégration complète de ces systèmes électroniques d’aide à la conduite a plusieurs avantages. Montés en usine, directement sur la chaîne d’assemblage, les composants sont mieux intégrés et mieux protégés. Vendus comme une option, ils sont couverts par la garantie globale de la machine et suivis par le même service après-vente.

CHR 5_machines_intro 5Bien avancé également dans ce domaine, Komatsu avait, lui, choisi de s’associer avec Topcon pour lancer en 2013 ses premiers modèles tout équipés, une gamme qui ne cesse depuis de s’étendre. Force est de constater que les autres marques sont en retard, le pré-câblage n’étant qu’une facilité de branchement qui nécessite de faire appel à un tiers pour rendre sa machine «intelligente». Comme (presque) à chaque fois qu’une évolution majeure s’apprête à émerger, ce sont les grands acteurs – qui ont la vision et les moyens pour investir dans la R&D – qui jouent les précurseurs. Dans ce domaine et au vu des sommes colossales qui sont en jeu, l’agilité et la réactivité des plus petits n’est souvent pas suffisante.

 

Ça, c’est fait! Et après?

EDITORIAL

massimo portrait 4«Impressionnant!», c’est sans doute l’exclamation qui a le plus retenti le 1er juin dernier parmi les invités à l’inauguration du tunnel de base du Gothard. Et, une fois n’est pas coutume, l’expression n’est pas usurpée.

Le tunnel de base du Gothard est long certes, c’est même le plus long tunnel ferroviaire au monde. Mais ce n’est pas seulement sa longueur qui le rend impressionnant. Le lieu et les conditions de son percement ne laissent pas indifférent. Il y a dans une telle infrastructure un cumul phénoménal de connaissances, de moyens techniques et financiers ainsi que d’engagement personnel et collectif qui force l’admiration.

Il concentre également les technologies les plus innovantes, c’est un tunnel high-tech d’une grande complexité. L’une de ses caractéristiques est l’absence de toute signalisation lumineuse à l’intérieur des deux galeries. Grâce au système ETCS (pour European Train Control System) Level 2, la transmission des informations de circulation se fait directement dans la cabine du mécanicien par un réseau de balises. Les mouvements des trains, la vitesse maximale, l’autorisation de circuler, la direction de voie sont indiqués au mécanicien en flux permanent. Ce système permet de raccourcir les intervalles entre les trains à deux minutes.

A l’intérieur des deux tubes, divers équipements offrent une sécurité de pointe. Deux stations multifonctionnelles ont été aménagées à la hauteur de Sedrun et de Faido, divisant ainsi les 57 kilomètres en trois tronçons d’égale longueur. Elles sont constituées de stations d’arrêt d’urgence et de deux diagonales permettant de faire passer les convois d’un tube vers l’autre en cas de problème. Les aiguillages, les systèmes d’alarme et les guidages automatiques des trains, les 176 rameaux de communication entre les deux tubes et les équipements de sécurité qu’ils contiennent ou encore les milliers de sondes (détection des incendies, des dégagements de chaleur anormaux, des boîtes d’essieux en surchauffe, des freins bloqués, des bâches mal fermées ou des marchandises mal arrimées sur un wagon), tout, absolument tout est à la pointe de la modernité! La voie de roulement elle-même est une autre innovation technique majeure. Les rails reposent en effet sur des blochets (demi-traverses) coulés dans du béton; 380 000 en tout. Cette solution sans ballast offre un double avantage: elle réduit les coûts d’entretien et améliore le confort de conduite. Les trains voyageurs pourront circuler jusqu’à 250 km/h.

« d’autres projets attendent »

Sa dimension symbolique, pour la Suisse et pour l’Europe, est également forte comme en témoigne la présence d’Angela Merkel, de François Hollande et de Matteo Renzi. Rapprocher les peuples, réduire les distances, franchir ensemble des obstacles, unir le Nord et le Sud sont autant de vertus que l’on attribue au tunnel. C’est donc plus qu’un simple outil commercial permettant aux marchandises et aux voyageurs d’atteindre plus rapidement leur destination. Les centaines d’hommes qui ont vécu sous terre et loin des leurs pour construire cette importante infrastructure méritent le respect.

L’importance de tels ouvrages est aujourd’hui célébrée, reconnue et saluée par tous. C’est pourtant le résultat d’un combat populaire, politique et économique de longue haleine. D’autres projets doivent être portés jusqu’à la phase de réalisation à Genève, à Neuchâtel, à Morges comme à Lausanne ou au Gothard même. Pour que le développement continue, pour désengorger nos villes et faciliter nos vies, ils ont eux aussi besoin d’hommes et de femmes prêts à s’engager et à travailler, parfois longtemps, dans les «souterrains» politico-économiques.

Du ventre au cœur

Canopée du Forum des Halles, ParisCHR 4_metal_halles 2

Après plus de cinq ans de travaux, la rénovation du Forum des Halles a été révélée au public le 5 avril dernier. Sa Canopée, immense couverture constituée de 7000 tonnes de charpente métallique et de 26000 m2 de vitrage, est le nouveau symbole des lieux.

Construit dans les années 70, le Forum des Halles avait redonné vie à un trou béant laissé vide par la démolition d’anciennes halles de marché, celles décrites par Émile Zola dans le roman Le Ventre de Paris publié en 1873.

D’abord saluée pour sa modernité, l’architecture du site est vite devenue obsolète. Le centre commercial – entièrement souterrain, étriqué, bas de plafond et mal éclairé – ainsi que les aménagements alentour ont rapidement perdu de leur attrait. Pourtant, sa position centrale dans le 1er arrondissement de Paris et sa connexion à la plus grande gare souterraine de France (plus d’un million de voyageurs transitent chaque jour dans la station Châtelet-Les Halles dans laquelle convergent trois lignes RER et cinq lignes de métro) lui confèrent un potentiel phénoménal.

L’heure était donc venue de redonner éclat et attractivité au lieu et c’est chose faite avec le projet inauguré le 5 avril dernier.CHR 4_metal_halles 8

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Une gigantesque feuille                        Comme une gigantesque feuille ondulant au-dessus de Paris, un immense toit d’acier et de verre recouvre désormais le Forum des Halles. Cette prouesse architecturale, haute de 14 mètres, est vaste comme la Cour carrée du Louvre! Les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti ont puisé leur inspiration dans la nature pour concevoir cette toiture étonnante. «J’ai dessiné comme des fluides toutes les énergies naturelles et urbaines agissant sur ce site complexe et, en optimisant ceux-ci, ils ont commencé à faire apparaître un motif qui a modelé la silhouette de l’architecture», explique avec passion Patrick Berger, le co-concepteur de la Canopée. «Ce joli mot désigne habituellement la partie supérieure des forêts en contact direct avec l’atmosphère et les rayons du soleil», ajoute-t-il.

Les quinze «ventelles» de verre de la Canopée, sortes d’immenses lames, se superposent et laissent passer la lumière et l’air.CHR 4_metal_halles 9CHR 4_metal_halles 6 Grâce à cet édifice couleur de sable et ses 18000 écailles de verre, la clarté du jour pénètre à travers les puits des escalators. Les rues souterraines des Halles et les cent cinquante enseignes rénovées et aux surfaces agrandies deviennent ainsi plus lumineuses, plus accueillantes. Cette architecture novatrice relie «la ville du dessous à celle du dessus» selon le souhait de ses concepteurs.

Spot touristique                                                                                                         Situé dans l’hypercentre de la ville, le site vise à devenir le nouveau cœur de Paris. Ouvert, vivant, accueillant et lumineux, le nouveau Forum des Halles se mue en véritable lieu de vie et non seulement lieu de transit.

Les concepteurs ont ainsi porté une attention particulière à reconnecter le forum au quartier. Quatre entrées supplémentaires ont été créées et des commerces de proximité – s’adressant premièrement aux habitants du quartier – s’ajoutent à l’offre commerciale. Les nouveaux lieux de restauration promettent également d’être très appréciés. Il y a notamment deux brasseries, avec vue panoramique sur la Canopée, et des terrasses donnant sur le futur jardin que le directeur du centre commercial imagine comme un «Champ-de-Mars» où les gens viendront pique-niquer.CHR 4_metal_halles 5

Le centre compte aussi sur son offre culturelle pour attirer les visiteurs (cinémathèque, centre de culture hip-hop, deux salles de spectacles, école de danse, conservatoire, médiathèque, cinéma multisalle, bibliothèque, etc.). •

Les idées n’ont pas de prix

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Plus haute que le Burj Khalifa (828 m tout de même), la tour de Creek Arbour à Dubaï, présentée par Emaar Properties, est dessinée par Santiago Calatrava.

Né en Espagne, l’architecte-ingénieur star a fait une partie de ses études à l’ETHZ de Zurich où il a également enseigné. C’est sur les bords de la Limmat qu’il a installé son bureau en 1983 déjà. Il y a donc un peu de Suisse dans cette nouvelle tour dont on dit qu’elle devrait être terminée avant l’ouverture de la Dubai World Expo de 2020.

La tour de Dubaï, dont on ne connaît ni le nom, ni la hauteur, fera partie d’un nouveau complexe résidentiel et commercial situé à Creek Arbour. Les travaux vont commencer à la fin du mois de juin et les coûts de construction sont estimés à un milliard de dollars. Emaar Properties est l’une des plus grandes sociétés immobilières de Dubaï. C’est à elle que l’on doit déjà le Burj Khalifa, le gratte-ciel le plus haut du monde (pour le moment) ainsi que le Dubai Mall, le plus grand centre commercial du monde (pour le moment).

Les images disponibles nous montrent un bâtiment très fin, évidemment très élancé, drapé de câbles structurels rappelant nombre de ponts qui ont rendu célèbre l’architecte. Pour le reste, on nous parle de technologies de pointe et de toutes les meilleures intentions du monde sans que beaucoup de détails ne filtrent.

« La plus haute tour du monde sera suisse! (un peu) »

Sans entrer dans le débat de l’(in)utilité de tels bâtiments et de la course (puérile) au record (pour rappel, la Kingdom Tower de Jeddah actuellement en construction vise les 1000 m de haut), on peut remarquer l’originalité structurelle proposée par Calatrava. L’utilisation de câbles et l’élégant travail statique ainsi réalisé sont inédits dans le cercle fermé des super- gratte-ciel et ont sans doute fait la différence au moment du concours. C’est encore une fois la preuve que la réussite vient de l’innovation et que, si les idées n’ont pas de prix, elles peuvent tout de même rapporter gros!

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La Suisse a donc des idées et s’enorgueillit même, année après année, d’être placée en tête du classement mondial des pays les plus innovants. Nombres d’indicateurs, tels la performance environnementale, la capitalisation boursière (en pourcentage du PIB), le volume des droits, licences et patentes (en pourcentage de la balance commerciale) ou la stabilité politique, sont pris en compte et contribuent fortement au bon classement de la Suisse.

Au chapitre des points noirs, notre pays présente des lacunes significatives (difficulté à créer une entreprise, faible part de diplômés en sciences et ingénierie, déficience de l’offre administrative en ligne). ChantiersLes chercheurs de l’Organisation internationale de la propriété intellectuelle (WIPO), de la Cornell University et de l’INSEAD qui ont réalisé l’étude mettent également en évidence la frilosité des banquiers suisses: le pays se place au 48e rang mondial en ce qui concerne l’obtention d’un financement bancaire.

L’eau, la vie

AQUATIS, LAUSANNE

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Si vous avez emprunté la ceinture autoroutière de Lausanne dernièrement vous n’avez pas pu manquer le scintillement des 100’000 disques d’aluminium de la façade d’Aquatis. L’effet produit par le vent évoque tantôt des écailles de poisson sous les rayons du soleil, tantôt des vagues sur un plan d’eau.

Le plus grand aquarium d’eau douce d’Europe promet d’immerger les visiteurs dans une odyssée à travers les cinq continents. Un parcours ludique et didactique rythmé par une cinquantaine d’aquariums et vingt écosystèmes. Le plus grand d’entre eux, dénommé « Evolution », contiendra un million de litres d’eau!

À un an de l’ouverture d’Aquatis, nous faisons le point sur ce chantier unique.
… découvrez l’article complet dans notre édition de mars 2016, contactez Tania et recevez un exemplaire gratuit! CHR 3_aquatis 4
Capture d’écran 2016-05-09 à 10.08.31RDR, Architectes à Lausanne. Lausanne-Vennes, AquapôleCHR 3_aquatis 1

Normalement exceptionnel

massimo portrait 4Née à Bagdad en 1950, elle étudie les mathématiques à Beyrouth puis l’architecture à Londres et ouvre son propre bureau en 1980. Visionnaire et géniale, Zaha Hadid est aussi une boulimique de travail. La liste des ses réalisations est impressionnante, tout comme celle des concours auxquels elle a participé et des universités dans lesquelles elle a enseigné. Elle s’est éteinte à 65 ans le 31 mars dernier, à Miami – alors qu’elle suivait la construction d’une tour – atteinte d’une bronchite puis terrassée par une crise cardiaque.

A l’heure où l’on parcoure sa vie et son œuvre, un détail significatif est systématiquement mentionné. Au début da sa carrière, l’architecture puissante et délicate imaginée par Zaha Hadid est considérée comme étant trop compliquée et difficile à construire. C’est le soutient d’un ingénieur de renom, Peter Rice, qui lui permet d’imposer ses projets. Décédé en 2002, le spécialiste des structures en acier ne vivra pas le sacre de sa benjamine, alors qu’elle reçoit le Prix Pritzker en 2004, enfin reconnue par le monde entier. Elle est, à ce jour encore, la seule femme à s’être vu décerner le Nobel de l’architecture.

Chantiers

Pour elle tout comme pour beaucoup d’autres architectes, l’étroite collaboration avec les ingénieurs est déterminante. Sans eux, aucune construction n’est possible d’autant moins celles exceptionnelles proposées par les archistars. Leur travail est indispensable à tous les niveaux et devient fondamental dans les régions et les moments de fort développement tel que nous le connaissons actuellement en Suisse romande.

Alors que cantons, communes et Confédération investissent des millions de francs dans l’entretien et le développement d’infrastructures de transport ou dans la construction de nouveaux quartiers, les ingénieurs se font rares. Les spécialistes en génie civil ou ferroviaire et les ingénieurs en système de transports sont aujourd’hui des profils très recherchés par les opérateurs ferroviaires régionaux, les bureaux privés ou encore les entreprises de transports publics qui tous rivalisent pour embaucher ce personnel qualifié.

Le porte-parole des Transports publics fribourgeois (TPF) Martial Messeiller confirme d’ailleurs cette tendance dans une récente interview concédée à nos confrères de la RTS: «Avant même d’avoir terminé leurs études, les différents ingénieurs ont déjà quasiment tous deux ou trois postes de travail possibles. Il y a une grande compétition entre les entreprises, les bureaux privés. Nous sommes au début d’un manque d’une génération d’ingénieurs. Donc le risque est qu’on ne puisse pas réaliser dans les temps impartis les projets prévus». Certains pointent du doigt l’EPFL, l’accusant de s’être distanciée des besoins du marché romand. C’est sans doute un peu vrai, mais ce n’est que l’un des paramètres. Un travail d’image est encore nécessaire ainsi qu’une meilleure défense de la profession induisant une plus grande reconnaissance auprès des maîtres d’ouvrages et du grand public.

Bien sûr, il n’y a pas que des bâtiments à l’architecture aussi exaltante que celle de Zaha Hadid. Pourtant, éminemment moderne, fortement axé sur le développement durable, gratifiant par son côté concret et produisant un résultat souvent très bénéfique pour la communauté, le métier d’ingénieur, comme celui d’architecte autant que tous ceux du monde de la construction, dispose de nombreux atouts pour attirer la relève. Souvent loin du monde des stars, les femmes et les hommes de la construction relèvent d’énormes défis et réalisent, en équipe, des œuvres uniques; ils sont tous normalement exceptionnels.

Welcome, Bienvenue, 歓迎

Pavillon d’accueil – Under One Roof, EPFLCHR 2_1roof epfl 1

Le campus de l’EPFL ne cesse d’évoluer. Après le Rolex Learning Center, c’est le projet Under One Roof qui vient compléter les bâtiments d’accueil de l’école. Un pavillon à la triple fonction fait de bois, d’acier et d’ardoise.

Par Massimo Simone

La construction du Learning Center a donné une impulsion nouvelle au campus de l’EPFL. Ce bâtiment fait office de porte d’entrée de l’école ainsi que de lieu de vie, de rencontre et de travail pour les étudiants, les collaborateurs et les visiteurs. La place Cosandey sur laquelle il s’ouvre est aujourd’hui en mutation. ChantiersUne longue construction, conçue par le bureau japonais Kengo Kuma & Associates, va créer un nouveau lien et une nouvelle attraction au cœur du campus.

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Baptisé «Under One Roof», ce bâtiment réunit trois pavillons aux fonctions distinctes sous le même toit. Deux porches couverts, l’un piéton, l’autre pour les véhicules motorisés, les relient. Le bureau d’architectes CCHE Architecture et Design SA a été choisi en tant qu’architecte local. L’entreprise Marti Construction SA gère le tout en entreprise totale.

La particularité de ce projet réside dans son apparente simplicité et …

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Il est là!

N02-2016_ChR_Mars2016Notre deuxième numéro de l’année (539è parution depuis la création du magazine!) sort de presse. Il est sans doute déjà chez vous!

Vous y découvrez, entre autres, comment le Globe de la Science et de l’Innovation du CERN retrouve sont équilibre. Vous serez également surpris par le (ou doit-on dire les?) nouveau bâtiment de l’EPFL imaginé par les architectes japonais du bureau Kengo Kuma & associés.

Puis, en avant-première, vous connaîtrez les principales nouveautés du monde des machines qui seront présentées en avril à la prochaine Bauma de Munich.

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Le bois entre en scène

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Le Grand Théâtre de Genève a fermé ses portes jusqu’à l’automne 2018 pour une rénovation lourde. Au cours de ces deux saisons, mélomanes et autres amateurs de ballets et de récitals seront accueillis dans un théâtre éphémère, entièrement en bois. Ce bâtiment provisoire a été acheté à la Comédie-Française qui l’a construit en 2012 lors du réaménagement de la célèbre Salle Richelieu du Palais-Royal.

Depuis le début de l’année, le Grand Théâtre de Genève est fermé pour y permettre d’importants travaux. Afin de ne pas priver les amoureux du bel canto de représentations, l’institution a racheté le théâtre éphémère de la Comédie-Française et l’a implanté – après quelques péripéties et moult modifications et adaptations – dans la Campagne Rigot, à deux pas du Palais des Nations. Rebaptisé «Opéra des Nations», il a accueilli les premières représentations en février.

Cette construction en modules de bois préfabriqués, conçus pour être rapidement assemblés et démontés, a séduit le Grand Théâtre de Genève qui était à la recherche d’une structure semblable.

Les éléments existants ont été réutilisés et complétés. Le budget pour l’ensemble de l’opération, à savoir le démontage, le transport, l’adaptation et le montage à Genève, s’élève à environ 10 millions de francs suisses pour lesquels des mécènes se sont mobilisés.

«un théâtre provisoire entièrement en bois»

Afin de répondre au mieux aux nouveaux types de représentations, la structure globale a été élargie et allongée, la scène et les gradins sont transformés et une fosse d’orchestre est intégrée, tout comme les loges d’artistes et les locaux techniques. L’ossature primaire est entièrement neuve.

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Art vivant

Le projet genevois démontre toute la versatilité de la construction bois. Partant des éléments de base – 1000 m3 de bois, ayant nécessité 70 semi-remorques pour le transport de Paris à Genève –, les architectes et ingénieurs ont créé, avec force et finesse, un nouveau bâtiment. Tous les nouveaux éléments – des pieux battus dans le terrain à la structure porteuse primaire – ont été réalisés en bois local provenant des forêts genevoises, vaudoises et fribougeoises. La trame a été scindée et …

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