Et moi, et moi, et moi

Editorial

massimo portrait 4Nous y revoilà. Entrepreneurs et syndicats sont à nouveau face à face au sujet de la convention nationale du secteur principal de la construction. Ou plutôt non, justement, ils ne sont pas face à face, les négociations étant objectivement entravées.

Le secteur emploie près de 85000 personnes en Suisse. Bien sûr, son histoire compte des pages d’abus et de combats. Mais, dans notre pays, sa force est surtout celle du partenariat social et de la paix du travail. Les conditions de travail et des travailleurs se sont grandement améliorées. La convention nationale de la construction est saluée par beaucoup comme étant la meilleure, tous secteurs confondus. Pour rappel, elle prévoit un salaire minimal de 5500 francs (x13) pour les maçons titulaires d’un CFC et de 4600 francs (x13) pour les travailleurs sans formation professionnelle, la semaine de 40,5 heures, cinq à six semaines de vacances, le paiement du salaire pendant 720 jours en cas de maladie ou d’accident et la retraite anticipée à 60 ans. Entérinée par le SECO et validée par le Conseil fédéral, elle a valeur de loi pour tout le secteur; même les entreprises non affiliées doivent s’y tenir.

Certains détails techniques peuvent éventuellement être encore améliorés et reviennent périodiquement dans les discussions. Les syndicats souhaitent élaborer une définition plus précise – et stricte – de la notion d’intempéries avec des obligations de fermeture totale des chantiers à partir d’une certaine température. Ils demandent une lutte plus acharnée contre le travail au noir et la garantie du maintien de l’âge de la retraite à 60 ans.

Le bras de fer actuel est d’autant plus surprenant que, sur le terrain, les entreprises ont depuis longtemps déjà adopté de nombreuses mesures pour limiter la pénibilité des tâches, assurer la sécurité et protéger la santé des collaborateurs, notamment par la signature de la «Charte sécurité» qui stipule le droit et le devoir de tout un chacun de dire stop lorsque les conditions de sécurité ne sont pas garanties. Le travail au noir nuit à la saine concurrence. Il est fortement combattu par les entreprises, par exemple avec l’introduction des badges personnels pour tous les travailleurs et des contrôles d’accès sur les chantiers de plus en plus systématiques. Par ailleurs, bien que son financement doive être ajusté, la retraite à 60 ans n’est jamais remise en cause.

«Les jeunes aiment les honneurs et perdent les guerres.»

Les partenaires se doivent le respect. Pourtant, ces dernières années, les syndicats, et en particulier Unia, se sont évertués à affaiblir le partenariat social et à rendre le dialogue plus tendu, préférant les annonces-chocs par médias interposés, les manifestations ou les menaces, plutôt que la table des négociations. La création du « service d’analyse des risques » fièrement mis en place à Zurich, est un manque de fair-play flagrant. Cela équivaut pour les entreprises de la place à jouer un match dans lequel l’arbitre est, certes, membre de la fédération, mais également employé de l’adversaire! Le conflit d’intérêts est patent!

Dans L’Iliade, Homère fait dire au sage et âgé Nestor: «Les jeunes aiment les honneurs et perdent les guerres.» Alors que l’euro tremble, que l’économie continentale peine à se reprendre, que le franc fort pèse sur la Suisse, que le marché immobilier se complique, que les convictions radicales d’une minorité tiennent en otage la planète et que bien des certitudes du passé sont remises en cause, Unia et ses quelques «jeunes têtes» à la recherche de gloire feraient bien d’y réfléchir. La guerre ne se gagne pas en trompant son partenaire. Une vision plus large et un dialogue réellement constructif représentent une bien meilleure défense des travailleurs et de leurs emplois.

Depuis 50 ans dans votre poche!

Manuel pour cadres de la construction

Construction manager and engineer working on building siteAu printemps 1965, l’auteur Franz Büchel souligne dans la préface de la première édition du Manuel pour cadres de la construction qu’il n’est plus possible, sur un chantier, de
ne se fier qu’à son expérience et son sentiment. Pour respecter les règles de l’art de construire, il faut donc absolument mettre à disposition des cadres de la construction un ouvrage leur exposant les règles, directives et processus de travail importants et nécessaires à l’usage quotidien. C’est le commencement d’une réussite qui dure depuis 50 ans.

L’idée d’un manuel pour cadres de la construction germait depuis déjà longtemps dans l’esprit des organisateurs de cours de perfectionnement pour contremaîtres à Zurich. La SUVA, la Police des constructions de la ville de Zurich, l’Office des travaux publics zurichois ainsi que le Service de recherches et conseils techniques en matière de ciment et béton Wildegg ont également mis à disposition leur précieuse expérience. Cadres de la Construction Suisse, connue à l’époque sous le nom de Fédération suisse des contremaîtres, et son président central Konrad Buff furent immédiatement disposés à participer à la création de cet ouvrage.

Fondée en 1911, la Fédération suisse des contremaîtres organisait chaque mois des cours de perfectionnement, des exposés et des présentations de produits. Mais c’est 54 ans plus tard que tous les conducteurs de travaux et contremaîtres purent enfin tenir en main un ouvrage complet, adapté à leurs exigences. En 1965, la première édition de 3000 exemplaires fut si rapidement épuisée que, la même année, 4000 exemplaires durent être réimprimés.

Prêts pour le download                                                                                                     En 1967, le précieux manuel fut édité pour la première fois en italien puis, en 1973, en français. La 14 édition du manuel a permis d’atteindre en 1988 la barre des 50 000 exemplaires. Un chiffre remarquable! La préoccupation constante des auteurs est celle d’être toujours au top niveau du développement technique. Les nouveaux acquis et techniques du bâtiment entraînent également de nouveaux dangers. Outre d’excellentes explications textuelles, le manuel veille à documenter, avec des images optimales, le maniement correct et à faciliter ainsi la compréhension et l’exécution des tâches.

« près de 120 000 exemplaires en 50 ans »

Le chapitre A est un élément important pour les utilisateurs du manuel. Il comprend les sections «Formation des apprentis», «Carte de qualification, feuille d’évaluation des apprentis et ouvriers» ainsi que le «Lexique en usage sur les chantiers en allemand, italien, espagnol et français». Ils couronnent une excellente littérature spécialisée, indispensable aux conducteurs de travaux, contremaîtres, planificateurs, architectes, ingénieurs et écoles professionnelles contemporains. En 2011, le comité central a en outre décidé de proposer pour la première fois une application avec la 27è édition. (informations: www.baukader.ch)

La modularité en plus!

Modulis Business Park, VersoixCHR 5_modulis 1

Aux portes du canton de Genève, Modulis Business Park propose 9600 m2 de surfaces administratives. En préambule, une phase de travaux spéciaux. Au final, des bureaux modulables et efficients. Entre deux, une construction exemplaire menée par Implenia Entreprise Générale.

La ville de Versoix, située aux portes du canton de Genève, jouit d’une position enviable. Au cœur de la région lémanique, proche des pôles économiques de Genève, Nyon et Lausanne, à deux pas de l’auto- route et de l’aéroport, elle cumule de nombreux avantages. Etendue sur les rives du Léman, la bourgade conserve une ambiance villageoise et lacustre et une convivialité qui semble suspendue dans le temps.

Diverses opérations immobilières d’envergure ont récemment ajouté des touches de DocarDFSK_F_220x280pxmodernité au cœur même de la ville et en ont enrichi l’offre commerciale, hôtelière et résidentielle. Le projet que nous présentons ici s’inscrit dans cet élan.

Modulis s’adresse aux entreprises du secteur tertiaire, pour leurs activités de front, middle et back office. Il présente une élégante architecture extérieure recourant à des matériaux de qualité. Doté de quatre étages sur rez-de-chaussée pour une surface totale de 9600 m2, l’ensemble propose à la location de beaux et lumineux espaces intérieurs. Divisibles dès 400 m2, les plateaux sont disponibles au gré du preneur et laissent une grande liberté d’aménagement et d’équipements.

Comme son nom l’indique, ce bâtiment se distingue par sa modularité, qui offre aux locataires une grande liberté de composition. Modulis est bâti en quatre unités bien pensées et parfaitement adaptées aux besoins des entreprises de dimension moyenne à grande.

Entre autres avantages, le niveau de loyer est particulièrement attractif et la localisation en périphérie de Genève est une solution idéale face aux encombrements du trafic. Le cadre agréable et la proximité du lac sont plus qu’un simple argument commercial. Ils assurent aux entreprises qui s’y installent confort et efficacité (nombreuses places de parking en sous-sol, situation directement le long de la route de Suisse, axe direct et particulièrement fluide relié à l’aéroport par l’autoroute, gare de Pont-Céard à 5 minutes à pied). CHR 5_modulis 4

Business class                                                                                                               La construction a débuté en septembre 2012 par une première phase de travaux préparatoires. La parcelle, qui était en friche, a été mise en forme et excavée jusqu’à environ 12 mètres de profondeur. La proximité immédiate de la route de Suisse a nécessité l’installation de parois berlinoises, afin de garantir une parfaite stabilité du soutènement durant la phase du terrassement, jusqu’au fond de fouille.

La proximité immédiate du lac n’a pas créé de difficultés particulières, si ce n’est le creusement de quatorze puits pour le pompage de l’eau jusqu’à l’assainissement complet.

Une cinquantaine de forages destinés à la géothermie ont également été réalisés. Profonds de 160 mètres, ils sont répartis sur toute la surface de terrassement et participent au concept énergétique, tant pour le chauffage que pour le refroidissement, dans le respect des exigences du label MINERGIE®. En toiture, les capteurs solaires sont dédiés à la production de l’eau chaude.

Le volume total est articulé en quatre unités, ce qui permet de répondre aisément à des demandes diverses, dès 400 m2. Les plateaux sont baignés de lumière naturelle, les circulations et la communication interne agréables et simples. Les faux plafonds actifs et les faux planchers techniques sont la combinaison optimale pour les exigences de confort des usagers.

Les surfaces ont été mises à disposition des locataires, comme prévu par le planning, au mois de mars dernier. CHR 5_modulis 2

Quand les barrages vieillissent

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Le béton est très durable. C’est pourquoi il s’agit du matériau de construction le plus utilisé au monde. Mais le béton vieillit lui aussi. Des fissures apparaissent alors, comme conséquence de la réaction alcali-granulat (RAG). Selon des estimations, il est possible que 10 à 20 % des barrages des Alpes suisses soient concernés par cette dégradation répandue, également nommée le «cancer du béton». Un projet de recherche à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) élabore une base afin que les ingénieurs puissent réagir de manière appropriée à la formation de fissures.

Par Dr Benedikt Vogel (OFEN)

Il existe plus de 200 lacs de barrage dans les Alpes suisses. L’un d’entre eux est le lac de Salanfe au-dessus de Martigny (VS). Le barrage construit en 1952 mesure 52 m de haut et a une couronne de plus de 600 m de long. Quelque 230000 m3 de béton ont été utilisés pour ce barrage de taille moyenne. Les générateurs dans le bâtiment des turbines fournissent fiablement du courant depuis des décennies. Il s’agit d’un lac de barrage tout à fait normal pour les randonneurs qui admirent les Alpes valaisannes. Mais les DocarDFSK_F_220x280pxapparences sont trompeuses. Il y a quelque temps, on a pu constater que les murs en béton se dilataient sur des périodes prolongées, de façon certes très lente mais mesurable. Plus tard, on a constaté que cette dilatation s’accompagnait de petites fissures. Ce processus qui se poursuit très lentement mais continuellement au fil des années peut provoquer une dilatation de plusieurs centimètres. Un processus qu’il n’est pas possible de stopper selon les connaissances actuelles.

Le barrage de Salanfe présente les signes de vieillesse typiques du béton. Le phénomène a été observé pour la première fois sur un barrage suisse au milieu des années 90. Depuis lors, plusieurs barrages des Alpes ont été concernés. La cause de cette altération est un processus physique-chimique très lent: la réaction alcali-granulat (RAG). Cette réaction provoque de fines fissures à l’intérieur du béton. Avec le temps, ces fissures peuvent s’étendre jusqu’à la surface et provoquer l’apparition de réseaux visibles.

Des fissures sur un barrage – cela ressemble à une menace imminente. Karen Scrivener est professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et experte en RAG. Elle ne voit aucune raison de s’inquiéter: «Dans de nombreux cas, les conséquences de la RAG sont si minimes qu’on ne peut pas véritablement parler d’altération du béton. Les barrages suisses sont soumis à une surveillance stricte qui permet de détecter d’éventuels dangers de manière précoce», affirme-t-elle.

« le béton gonfle lentement »

Même s’il n’existe aucune menace imminente actuellement, les fissures dans les barrages font l’objet de recherches intenses. Depuis environ dix ans, Karen Scrivener, ingénieur britannique en génie des matériaux, étudie le phénomène pour les matériaux de construction dans un laboratoire de l’EPFL. La réaction alcali-granulat a déjà fait l’objet de trois doctorats rédigés dans sa chaire. Une expérience financée par l’Office fédéral de l’énergie et Swisselectric Research analyse actuellement et sur plusieurs années le comportement du béton en cas de RAG. Pour compléter l’expérience, les scientifiques de l’EPFL élaborent des modèles mathématiques afin de pouvoir comprendre de manière aussi réaliste que possible les processus qui se déroulent dans le béton.

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Sous pression                                                                                                                Le Dr Cyrille Dunant travaille dans un labo- ratoire souterrain de l’EPFL. C’est là que le collaborateur scientifique de Karen Scrivener a monté sa dernière expérience sur quelques mètres carrés. Cet ingénieur en génie des matériaux de 35 ans veut analyser à quelle vitesse le béton se dilate sous l’influence de la RAG. Contrairement aux expériences précédentes, le nouvel essai tient compte du fait qu’un barrage concerné par la RAG ne peut pas se dilater librement. La pression exercée sur les différents côtés permet d’agir contre la dilatation: celle du lac de barrage, du massif avoisinant et du poids propre du béton.

Six cylindres en acier inoxydable de 150 cm de hauteur et 30 cm de diamètre ont été construits en laboratoire en collaboration avec des collègues scientifiques. Ces cylindres contiennent des échantillons de béton entourés d’eau dans lesquels une RAG a lieu. Chaque échantillon de béton, dans l’ordre d’essai vertical et horizontal, est exposé à des pressions différentes situées entre 0 et 15 mégapascals (ce qui correspond à 150 bars). L’expérience est en cours depuis déjà dix mois et doit durer encore au moins aussi longtemps. Les capteurs mesurent le niveau de dilatation dû à la RAG des échantillons de béton dans les cylindres en acier inoxydable toutes les 30 secondes. Les valeurs de mesure sont transmises à un ordinateur installé dans la salle voisine par le biais d’un câble en fibres de verre. «L’expérience est encore en cours et nous ne sommes pas encore en mesure d’en tirer des conclusions définitives, affirme Cyrille Dunant, mais ce que nous avons mesuré jusqu’à présent nous a extrêmement surpris.» En dix mois, le volume des échantillons de béton a augmenté jusqu’à 0,7 %. Contrairement à ce que Dunant avait prévu, la pression ne semble pas empêcher l’expansion du béton.

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Besoin d’espace?                                                                                                           Si ce résultat se confirme au cours de l’expérience, cela voudrait dire que la dilatation provoquée par la RAG du béton a lieu même sous pression. Cela signifie-t-il que la menace est bien présente? Cyrille Dunant répond par la négative: «Dans ce cas, le danger ne serait pas plus grand mais différent de ce que nous pensions jusqu’à présent.» Les résultats du laboratoire de l’EPFL fournissent en effet des informations importantes aux ingénieurs sur la manière de procéder au mieux avec les barrages concernés. Jusqu’à présent, nous avons rénové les barrages en ouvrant des fentes afin de créer de l’espace pour la dilatation du béton. C’est ainsi que le barrage de Salanfe a été assaini il y a deux ans: les ingénieurs ont fait 22 entailles de 11 mm d’épaisseur avec un fil diamanté. Ces entailles, comme le supposent les ingénieurs, augmenteraient la sécurité des barrages car le béton subit moins de dommages s’il peut se dilater.

Cyrille Dunant veut vérifier cette hypothèse. Comme supposé jusqu’à présent, il admet l’éventualité que le béton ne se dilate pas proportionnellement à la quantité de gel de silice formé par la RAG mais proportionnellement au nombre de fissures. «Si l’expérience confirme mon hypothèse, ce serait une grande découverte pour les ingénieurs spécialisés en barrages. Cette découverte pourrait permettre dans certains cas d’éviter les entailles dans les barrages à l’avenir », dit-il. Les chercheurs de l’EPFL soulignent également que nous ne pourrons jamais renoncer complètement aux entailles. Ces dernières sont nécessaires, par exemple pour éviter les déformations du bâtiment des turbines susceptibles d’altérer la génération d’électricité. L’assainissement par entailles serait également judicieux pour le barrage de Salanfe en raison de sa géométrie particulière. Cela s’applique aussi à d’autres barrages suisses.

Ces réflexions montrent l’importance que l’expérience de longue durée réalisée au sous-sol de l’EPFL pourrait prendre. Dans un premier temps, Cyrille Dunant doit faire preuve de patience. Avec son expérience, il a imité un processus qui prend un demi-siècle dans la nature. Pour ne pas avoir à attendre les résultats aussi longtemps, le chercheur accélère le processus en laboratoire. Grâce à une température plus élevée, la dilatation du béton due à la RAG a lieu en accéléré. C’est pourquoi la température est de 38 °C dans le laboratoire. Ainsi, la dilatation du béton est environ 20 fois plus rapide que dans la réa- lité. Et les chercheurs obtiennent les résultats 20 fois plus vite.beton alcali

Bétonnez, respirez!

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Le Pavillon de l’Italie est l’un des plus visités de ces premières semaines de l’Exposition universelle de Milan. Sa façade est réalisée en ciment i.active Biodynamic qui, sous l’effet de la lumière du soleil, capture certains polluants de l’air.

DocarDFSK_F_220x280pxL’Exposition universelle de Milan a ouvert ses portes le 1 mai dernier. Le thème «Nourrir la planète, énergie pour la vie» veut couvrir tout ce qui touche à l’alimentation, au problème de la sous-alimentation dans certaines régions du monde et à celui de la nutrition. L’Exposition est un lieu de réflexion et de discussion sur les différents moyens jusque-là mis en œuvre pour tenter de trouver des solutions aux contradictions de notre monde. La réflexion sur le thème est aussi un moment de partage et de fête, grâce à des rencontres, des événements et des spectacles. La manifestation regroupe 148 participants officiels (145 pays et 3 organisations internationales).

Au-delà du thème, chaque Exposition universelle ou internationale est l’occasion de proposer des architectures et des matériaux innovants. Le Pavillon de l’Italie est parmi les plus visités de ces premières semaines d’exposition. C’est un bâtiment au plan carré d’environ 58 m de côté qui s’élève de 25 m. Les espaces intérieurs se développent sur plus de 13000 m2. Les six niveaux accueillent des expositions, des events ainsi que des zones institutionnelles et représentatives du Gouvernement italien et des excellences du «made in Italy». Lorsque l’Expo fermera ses portes, le 31 octobre, le bâtiment deviendra un pôle pour l’innovation technologique.

Son architecture, signée du bureau romain Nemesi & Partners, suggère une «forêt urbaine». Les ramifications de sa façade sont à la fois primitives et hautement tech- nologiques. Les 9000 m2 de l’enveloppe résultent de l’assemblage de panneaux pré- fabriqués de béton lisse et lumineux dont la beauté plastique captive les regards… et bien plus.

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De l’air!                                                                                                                             En effet, le béton des plus de 900 éléments de façade – chacun unique dans son dessin – possède des caractéristiques novatrices.

Il s’agit du nouveau ciment i.active Biodynamic, fruit de la Recherche et Développement de la société Italcementi. Le nom du produit fait écho à ses fonctionnalités innovantes. Le préfixe «bio» est donné par les propriétés photocatalytiques du nouveau ciment, obtenues grâce au principe actif TX Active breveté par le cimentier italien. Au contact de la lumière du soleil, le principe actif présent dans le matériau permet de «capturer» certains polluants dans l’air, en les transformant en sels inertes et en contribuant ainsi à en débarrasser l’atmosphère. Le mortier comporte également l’utilisation de 80% de granulats recyclés, provenant en partie de morceaux de marbre de Carrare, ce qui lui donne une luminosité plus élevée que les ciments blancs traditionnels.

«capturer certains polluants»

La «dynamique» est une caractéristique propre à ce nouveau matériau dont la fluidité permet la réalisation de formes complexes. Grâce à sa maniabilité particulière, i.active Biodynamic peut s’incorporer facilement dans les coffrages pour épouser parfaitement la forme finale du panneau, tout en assurant une excellente qualité de surface. Ce nouveau matériau présente également des caractéristiques de maniabilité et de résistance supérieures en comparaison avec le mortier classique. Il a une fluidité initiale trois fois supérieure (300 mm contre 100 mm), il est deux fois plus résistant à la compression (plus de 60 MPa par rapport à 30 MPa pour les mortiers classiques) et deux fois plus résistant à la flexion (plus de 10 MPa par rapport aux 5 MPa des mortiers classiques).CHR 5_béton_expo2015_2 CHR 5_béton_expo2015_5 CHR 5_béton_expo2015_6 CHR 5_béton_expo2015_7

Gliss’en Ville

Couverture_Editions_Juin2015-660x330C’est maintenant! Venez tous à Gliss’en Ville, l’événement de l’été!                       Un toboggan géant de 200 m installé à la Rue Voltaire! Glissez et vivez l’événement de l’été organisé par le journal Nouvelles édité par Publi Annonces, également éditeur de Chantiers & rénovation. Plus d’infos ici: www.glissenville.ch

Les pieds dans la boue!

massimo portrait 4Un ami dessinateur en bâtiment raconte qu’un jour, alors qu’il était tout jeune apprenti, il rentre fièrement à la maison avec en tête la composition du béton fraîchement apprise par cœur. Le petit manuel gris de l’époque récite: «250 kg de ciment, 800 kg de sable, 1200 kg de gravier, 125 l d’eau.» Il défie son père, un simple ouvrier émigré du sud de l’Italie dans les années 50: «Papa, donne-moi la composition d’un mètre cube de béton!» Le père: «Cinq sacs de ciment (ndlr: les sacs étaient encore de 50 kg à cette époque), trois brouettes de sable pour chaque sac de ciment et assez d’eau mais pas trop!» De la théorie à la pratique, il y a certaines nuances que les mains calleuses et le dos cassé du vieux père connaissaient.

J’assistais, il y a quelques semaines, à une conférence donnée par Rudy Ricciotti à l’occasion du World of Concrete qui s’est déroulé au cœur du salon Intermat de Paris. Le célèbre architecte franco-italien-gitan-algérien est un maître de l’utilisation du béton. Ses bâtiments exaltent la matière, lui insufflent tantôt la puissance, tantôt la délicatesse, ici la pureté immaculée d’une surface lisse, là la brutalité d’un agrégat robuste. Son père était un ouvrier italien qui travaillait en Algérie. Dès son plus jeune âge, il l’entraîne sur les chantiers. Il lui fait connaître la vie des manœuvres et des maçons, la sueur, les coups de gueule et la ténacité de ceux qui maîtrisent l’art de la construction, le premier et le plus noble d’entre tous. Alors que défilent les superbes photos de ses plus récentes réalisations, Ricciotti s’en prend «aux intellectuels de l’architecture» qui le taxent d’être un maniériste ou le portent aux nues sans jamais avoir mis les pieds sur un chantier. Son parler provençal prend le dessus: «Vous les avez vus tous ces types pâles et chétifs avec leur pull col roulé noir? Ils écrivent dans de prestigieuses revues d’architecture et sont tous potentiellement cocus de par les vertus sexuelles des maçons italiens, espagnols, portugais ou algériens! Ils ne savent rien! Ils parlent toujours des architectes et jamais de ceux qui construisent vraiment les bâtiments. Nous, architectes, devons seulement dire merci, pardon, et nous coucher à plat ventre les bras en croix comme un prêtre pénitent devant ceux qui construisent. Les implorer de bien vouloir faire ce que nous avons eu l’impudence d’imaginer et de dessiner!» Au-delà de la verve du personnage et du petit show qu’il aime créer autours de ses interventions, l’architecte met à nouveau le doigt sur le décalage entre théoriciens et praticiens.

« architectes et ingénieurs ne peuvent pas abandonner le terrain! »

Le 6 mai dernier, à la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia), presque deux cents personnes, dont une majorité d’étudiants, ont assisté à la table ronde placée sous le thème «Y a-t-il un pilote sur le chantier?» qui visait à investiguer les nouveaux modèles de gestion des travaux. Dans ses mots d’introduction, le Professeur Lionel Rinquet projette une vieille photo de chantier sur laquelle sont présents Le Corbusier et Pablo Picasso. Il lance: «Oui, un architecte sur un chantier!» Et l’assistance d’éclater de rire. La table ronde qui a suivi s’est finalement révélée très peu intéressante. Mais la boutade du professeur – chargé de l’enseignement de l’architecture, de la construction et de la gestion de projet – et l’hilarité qu’elle a provoqué en disent sans doute beaucoup sur le fossé que ces théoriciens se sont plu à créer entre le bureau et le chantier! Pire encore, elle est révélatrice d’un certain mépris envers l’acte de construire et d’un manque de respect palpable envers les hommes de chantier. Architectes et ingénieurs ne peuvent pas abandonner le terrain, croire qu’ils font partie d’un autre monde et rester enfermés dans leurs tours d’ivoire. Les lacunes en gestion de chantier et en direction de travaux sont souvent criantes. Ces compétences ne peuvent s’acquérir que par la pratique, pieds dans la boue, casque sur la tête!corbu picasso

Encore plus grand!

Photo du 05.06.15 à 16.36

Le nouveau n° de « Chantiers & rénovation » vient de sortir et il est encore plus grand!

Du béton pour mieux respirer, des bureaux pour la liberté et des machines quasi-vivantes! Découvrez tout ça dans notre n° 5.2015 (532è parution) qui vient de paraître!

Ma peau métallique

Steel-Training – Réhabilitation des enveloppes

CHR 4_metal_facade 5La rénovation et l’assainissement des bâtiments sont des secteurs en expansion. La construction métallique y joue un grand rôle, notamment en ce qui concerne la réhabilitation des enveloppes. Le SZS (Centre suisse de la construction métallique) organise régulièrement des ateliers de formation continue. Le prochain aura lieu le 8 juin à Genève.

Les exigences en matière d’isolation et d’efficience énergétique donnent lieu à un grand développement du secteur de la rénovation. L’âge moyen relativement élevé du parc immobilier romand accentue le phénomène et pousse nombre de propriétaires à planifier une transformation, un agrandissement ou un assainissement de leur bâtiment.

Dans tous ces domaines, la construction métallique offre de nombreuses possibilités aux concepteurs. Une surélévation peut par exemple bénéficier du poids relativement réduit d’une charpente métallique. Les renforcements de la structure porteuse existante seront ainsi superflus ou de moindre mesure et les coûts de l’opération réduits. Un agrandissement, un nouveau volume ou des impératifs de charges plus élevés, là encore, la construction métallique permet de répondre aux attentes les plus diverses alliant performance statique et rapidité d’exécution.

Aussi en façade                                                                                                                En façade, l’acier remplit de multiples fonctions: ossature secondaire d’éléments vitrés ou opaques, remplissage, bardage. La variété des produits d’habillage ou de vêture et des produits en acier disponibles pour les façades a permis le développement d’enveloppes métalliques de grande qualité dans tous les programmes.

Cette variété tient à la diversité des formes, aspects et dimensions liés aux modes de fabrication mais aussi à la gamme des finitions possibles.

Dans la continuité et en cohérence avec les planchers composites, la façade assemblée entre dans la même logique de composants industrialisés assemblés sur le site du chantier. La façade fait partie de la filière sèche, les standards industriels conditionnent en termes de fiabilité et de qualité la fabrication de ces éléments. Par ailleurs, la mise en place de ces matériaux permet de s’affranchir plus rapidement des intempéries et d’assurer la sécurité du bâtiment.

En contrepartie, il faut faire preuve de rigueur en conception, en particulier dans les détails, répondre avec précision aux difficultés et aux points singuliers qui se situent au niveau des assemblages entre les différents composants. Par ailleurs, il est nécessaire de bien connaître les standards de manière à éviter les modifications ou adaptations sur le chantier des éléments fabriqués. Des zones de réglage sont tout de même prévues avec des éléments aux dimensions ajustables pour avoir une certaine tolérance sur le chantier.

Avant le montage, la réalisation d’un prototype peut être intéressante pour vérifier les détails d’assemblage, tester les performances du système et aborder les problèmes de pose. Cette étape donne une référence en termes de qualité pour la construction effective de la façade.

« échange entre professionnels »

La série «Steel-Training» mise en place par le SZS offre aux ingénieurs, architectes et autres professionnels du secteur de la construction métallique des cours de formation continue et des ateliers dans des domaines spécifiques. Le 17 avril dernier à l’EPFL, Patrick Chiché et Pierre Engel, respectivement architecte et ingénieur, ont animé un atelier sur le thème de la réhabilitation des enveloppes. Ce même atelier sera tenu à Genève le 8 juin prochain.

Dans son introduction, le professeur Michel Crisinel, responsable de l’Antenne romande de la SZS et consultant scientifique au sein du Laboratoire de construction métallique de l’EPFL, en a rappelé les enjeux. « La réhabilitation des bâtiments, pour mieux les isoler,les réparer ou adapter leur architecture à un nouvel usage, est en pleine expansion, a-t-il dit. Ce mouvement sans précédent a été engendré par l’émergence de nouvelles contraintes esthétiques, thermiques, acoustiques et environnementales. Les aciers plats galvanisés, prélaqués ou encore autopatinables sont appréciés des concepteurs pour ces interventions.»

Conçus comme un échange entre professionnels, ces workshops sont ouverts aux architectes, aux ingénieurs, aux entrepreneurs et aux maîtres d’ouvrage désireux de comprendre les solutions disponibles utilisant l’acier pour rénover ou pour modifier des façades par la mise en œuvre de nouvelles peaux isolées. Celui-ci aborde aussi l’ajout de claustras ou de brise-soleil qui modifient radicalement la lecture architecturale comme les paramètres d’exploitation thermiques des constructions.

Pierre Engel, l’un des intervenants, est également l’auteur du Guide de la réhabilitation des enveloppes et des planchers, édité chez Eyrolles.CHR 4_metal_facade 8 CHR 4_metal_facade 9 CHR 4_metal_facade 7 - copie