The show must go on…

massimo portrait 4Un hélicoptère part de Lausanne avec à son bord sept personnes, toutes membres du directoire de la Fédération vaudoise des entrepreneurs. Elles n’arriveront jamais à la conférence à laquelle elles étaient attendues. La machine se crashe sur un hangar à Bart, dans le Doubs. Le drame fait la une de l’actualité, secoue la FVE et tout le milieu de la construction romand et suisse.

A titre personnel, et au nom du magazine Chantiers & Rénovation, je ne peux qu’exprimer mon émotion et transmettre mes condoléances aux familles et amis des victimes. Sur des chantiers, lors de conférence, pour des interviews ou lors de rencontres amicales, j’ai eu l’occasion de m’entretenir et de côtoyer maintes fois plusieurs des disparus. Franchise, sympathie, caractère, autodérision, sérieux sans se prendre trop au sérieux, la description de ces personnalités nous est familière. C’est celle des entrepreneurs, des bâtisseurs, des hommes de terrain que vous êtes et que nous sommes.

Le drame du 2 octobre dernier, comme tant d’autres, nous rappelle douloureusement le caractère éphémère de l’existence, notre impuissance face à la fatalité. Pourtant, nous allons reprendre nos activités, nous plonger dans nos projets, affronter les exigences et les imprévus que nos chantiers nous réservent. Nous échauffer aussi, nous battre pour tel ou tel mandat, avoir nos coups de gueule et nos coups de sang et parfois aller trop loin, en paroles haineuses ou en gestes excessifs.

Le stress, la pression des prix, l’impatience palpable à tous les niveaux nous poussent continuellement vers l’individualisme. Comme une tension perpétuelle qui ne laisse que peu de place à la considération pour l’autre, le collègue ou le confrère que l’on côtoie sur le chantier, celui que l’on ne connaît pas mais qui passera après nous pour d’autres tâches ou celui qui sera l’utilisateur du bâtiment. Constat sociétal, esprit des temps.

Il existe pourtant une autre face à cette terne médaille. Les membres de la FVE qui ont perdu la vie dans l’accident incarnaient l’engagement pour la communauté. L’idée de respect mutuel, de solidarité, de l’action menée non seulement par intérêt propre mais également au bénéfice des autres. Etre actif dans une fédération tout en menant sa propre entreprise témoigne d’un attachement qui n’a rien à voir avec le gain matériel ou l’égoïsme.

The show must go on – que les proches endeuillés qui pourraient me lire ne voient rien d’irrévérencieux dans ce propos, au contraire. Il est évident que la majorité d’entre nous ne subit pas le bouleversement existentiel qui est le leur. Mais avant de nous replonger dans notre course quotidienne, il serait sans doute sage de prendre un peu de recul. Que le souvenir des disparus puisse nous inciter au respect et à nous attarder sur les valeurs et les motivations qui nous guident chaque jour!

 

Une enveloppe vraiment étanche

CHR 6_second oeuvre_soupapes 2CHR 6_second oeuvre_soupapes 3INNOVATION – Soupapes de contrôle

Même les bâtiments bien isolés perdent de la chaleur: les canalisations d’aération et d’évacuation des eaux usées ainsi que les diverses ouvertures de fonction dans l’enveloppe du bâtiment provoquent la perte de plusieurs pour cent de l’énergie de chauffage. Un architecte de lucernois a conçu, en collaboration avec l’école supérieure de technique et d’architecture de Lucerne, des soupapes adaptées pour réduire ces pertes d’énergie dans les bâtiments neufs et existants.

Texte: Benedikt Vogel/OFEN
Images: OEKAG/B. Vogel/G. Morandini

Afin de réduire la consommation d’énergie, l’isolation thermique des bâtiments est sans cesse améliorée. La force motrice est fournie par les normes Minergie mais également par les modèles de prescriptions énergétiques des cantons dans le domaine de l’énergie (MuKEn). Plus l’enveloppe du bâtiment est isolée efficacement, plus les pertes thermiques dues à des fuites sont faibles. Les ventilations de confort qui rendent l’ouverture des fenêtres pour l’aération superflue dans les bâtiments neufs modernes en sont un exemple parlant.

Toutefois, malgré toutes les mesures pos- sibles, l’enveloppe d’un bâtiment n’est jamais absolument étanche. Une porte doit être installée quelque part pour laisser le gens entrer et sortir. A cela s’ajoute les divers ouvertures indispensables pour des raisons techniques comme, par exemple, pour les canalisations d’eau usée, les installations de ventilation, les conduites sanitaires vers la canalisation. Toutefois, même les drainages de toit à l’inté- rieur, les cages d’ascenseur et les tubes pour l’alimentation d’air et les gaz d’échappement des installations de combustion traversent l’enveloppe du bâtiment. Même si ces ouvertures de fonctions ont de faibles coupes transversales dans la plupart des cas, elles laissent échapper l’air réchauffé et ainsi une précieuse énergie de chauffage. On chauffe quasiment l’extérieur.

5% de pertes

Les pertes d’énergie par les ouverture de fonction ont été longtemps ignorées ou considérées comme négligeables mais le souhait d’améliorer le rendement énergétique à poussé la branche de la construction à se préoccuper de ces ouverture. Des chercheurs de l’école supérieure de technique et d’architecture de Lucerne ont maintenant analysé et quantifié les pertes d’énergie dans une étude subventionnée par l’Office fédérale pour l’énergie (OFEN). “ La perte d’énergie peut s’élever à 5 % des besoins en énergie de chauffage d’une maison individuelle ”, écrit l’ingénieur diplômé Serge Mattli, auteur principal de l’étude qu’il a rédigé au centre de technique intégrée du bâtiment (ZIG) de l’école supérieure de Lucerne.

Les 5 % s’appliquent pour une maison individuelle bien isolée Minergie-P avec installation d’évacuation d’air de cuisine, poêle suédois et tuyauterie d’évacuation d’air pour les installations sanitaires. En réalité, les pertes d’énergie par les ouvertures de fonctions devraient être plus élevées dans la mesure où l’étude n’a pas encore tenu compte des pertes d’énergie par infiltration (échange d’air en raison des différences de pression entre les pièces intérieures et l’environnement). “ Le vent et l’aspiration générée, par exemple, l’air ambiant chaud qui circule vers l’extérieur par la cheminée peut générer des pertes d’énergie supplémentaires considérables « , ajoute Serge Mattli. Ce faisant, il faut toutefois savoir que ces pertes sont déjà calculées aujourd’hui pour le justificatif des besoins énergétiques à l’aide d’une valeur standard. Il est toutefois impossible de chiffrer à quel point cette valeur standard est juste sans une analyse détaillée.

Dunstrohre HertensteinstrasseEviter les fuites

L’architecte lucernois Giorgio Morandini souhaite impérativement mettre un frein aux pertes d’énergie par les ouvertures de fonction. “ Une maison collective de cinq étages avec dix grands appartements construite selon les normes légales consomme environ 6700 l de fioul par an. Avec sept ouvertures de fonction, environ 550 l d’énergie sont perdus « , calcule le fondateur de 69 ans de la société de conseil Oekag Wassertechnik AG. Morandini souhaite particulièrement intervenir sur les bâtiments existants. En collaboration avec l’école supérieure de Lucerne et le soutien de la Fondation Suisse pour le climat et l’OFEN, il a conçu des soupapes qui devraient fortement réduire les pertes d’énergie à l’avenir.

Les soupapes de Morandini sont construites différemment selon l’application prévue mais suivent toujours le même objectif: Au repos, elles évitent la fuite de l’air réchauffé de l’intérieur de la maison et réduisent ainsi les pertes d’énergie. Les soupapes se composent d’un boitier en plastique de la taille d’un ballon de football qui peut être disposé sur les extrémités des tubes pour y couper le flux d’air. Les clapets élastiques des membranes en plastique sont équipés de particules magnétiques afin de rester fermés de manière fiable et ce également en cas de surpression et de dépression comme elles peuvent survenir avec des vents de 80 km/h.

Giorgio Morandini a commercialisé la première série de soupapes. La soupape d’eau de toiture sera disponible dans les commerces spécialisés à partir de mi-2014. “ Les pertes par les ouvertures de fonction sont les dernières grosses fuites ignorées jusqu’à présent pour lesquelles il existe désormais un produit commercial ”, dit Rolf Moser, directeur du programme de recherche sur les bâtiments de l’Office fédéral pour l’énergie.

CHR 6_second oeuvre_soupapes 1

Traquer les défauts, assurer les garanties

 

5 à 7 de la construction 

5 a 7 defauts 3

La SSE organise périodiquement des séances spécialisées destinées aux entrepreneurs baptisées les «5 à 7 de la construction». La dernière en date a eu lieu le mercredi 11 juin à Lausanne. Après une présentation d’un ouvrage de recommandations concernant les défauts dans le bâtiment, c’est le thème épineux des garanties de l’entrepreneur qui a été abordé.

Dans sa pratique quotidienne, l’entrepreneur doit faire face à bien des difficultés. La multiplication des normes et la complexité légale de certaines situations a de quoi en laisser perplexe plus d’un. Pour les seconder quelque peu face à leurs responsabilités, la SSE organise périodiquement les «5 à 7 de la construction» au cours desquels des thèmes spécifiques sont abordés de façon détaillée.

Le 11 juin dernier à Lausanne, ce sont les questions relatives aux défauts et aux garanties, qui ont été affrontées. La publication du guide «Les défauts dans le bâtiment, recommandations pour exécutants et décideurs» en français était l’occasion pour affronter le premier sujet.

Présenté par Andreas Schmidt-Ginzkey, responsable technique et économie du secrétariat romand de la SSE et fruit de trois ans d’études menés par Olivier Kriebus et Sacha Menz, respectivement ingénieur civil doctorant et professeur au sein de la chaire d’architecture et de processus de construction de l’EPF de Zurich, le guide est un outil précieux. L’étude a pris en considération les procès-verbaux de défauts de 54 projets de logements et 505 expertises complétés par plus de cent interviews avec des maîtres d’ouvrage, concepteurs (architectes, ingénieurs civils, ingénieurs CVSE), directeurs des travaux, entreprises totales et générales, responsables de l’exécution des travaux (entrepreneurs, constructeurs de fenêtres, constructeurs de toitures plates, plâtriers, peintres, poseurs de parquets, carreleurs), juristes et autres spécialistes en la matière.

La première partie du guide inventorie les défauts. Les différentes grilles de lecture proposées sont très intéressantes. On y trouve non seulement le type de défauts rencontrés par partie d’ouvrage, mais également l’identification des responsables des dits défauts et les normes y relatives. Ainsi, un étancheur mis en cause pour un défaut sur une terrasse pourrait être en effet victime d’un défaut de conception. Au moment d’affronter les coûts de réparation, l’identification de la cause première du défaut ne devient que plus importante.

«évaluer, communiquer, formaliser»

Au chapitre des recommandations, le guide met en garde les entrepreneurs face leur propension naturelle à répondre rapidement aux demandes du maître d’ouvrage, sans préalablement évaluer les questions de compétences et de responsabilité. Les ajouts de dernière minute sont un exemple typique. L’architecte demande à l’entreprise de «vite ajouter» des éléments acoustiques dans un hall. Qui a évalué la qualité acoustique? Cette personne en a-t-elle les compétences? L’entreprise a-t-elle la compétence, la connaissance ou l’expérience pour réaliser ces travaux dans les règles de l’art? Si la solution appliquée n’apporte pas les résultats escomptés, qui en sera tenu pour responsable? Autant de questions trop souvent ignorées et donnant lieu, après coup, à d’infinis conflits.

Les autres principales recommandations touchent à la communication et à la formalisation des rapports entreprise/direction des travaux/maître d’ouvrage. Maintenir une communication ouverte durant tout le processus, signaler rapidement tout problème, notifier tous les événements au procès-verbal, jalonner les étapes par des avis d’achèvement et réception, même partielle, des travaux sont des devoirs essentiels de l’entreprise. En cas de divergence technique, l’entreprise peut également se prévaloir de son devoir d’avis.

5 a 7 defauts 1

Garanties de l’entrepreneur

La deuxième partie du «5 à 7» était confiée à Maître Pierre Perritaz, avocat spécialiste FSA construction-immobilier. Pour poser les bases de la question des garanties, il faut d’entrée établir quelle norme est appliquée. Si l’on souhaite que la norme SIA 118 fasse foi, ceci doit être mentionné explicitement dans le contrat; il n’y a aucun automatisme en la matière. Si tel n’est pas le cas, les relations contractuelles entre l’entreprise et le maître d’ouvrage seront régies par le Code des Obligations (CO). C’est objectivement la première variante qui est à préférer. Pour des ouvrages importants ou particuliers, il est aujourd’hui commun que des contrats détaillés aillent au-delà de la norme.

Pour que la garantie puisse être invoquée, il faut que les travaux soient terminés, ce qui implique une réception formelle qui doit intervenir dans un délai de 30 jours à compter de l’annonce d’achèvement.

La réception d’ouvrage marque le moment X, point de départ des 5 ans de garantie. Selon la norme SIA, si il y a des défauts évidents au moment de la réception et il n’en est pas fait mention, la règle dit que le maître d’ouvrage renonce tacitement à leur correction. De là court un premier délai de deux ans au cours desquels il peut annoncer les défauts qui apparaissent. Dans cette période, si un défaut apparaît le Maître d’ouvrage peut l’annoncer à tout moment. Dans les trois années suivantes, par contre, si un le Maître d’ouvrage constate un défaut, il est tenu de l’annoncer immédiatement. Si il ne le fait pas, il tombe sous le coup de l’annonce tardive et la garantie n’est pas engagée.

Lorsqu’un défaut est signalé dans les règles, le Maître d’ouvrage peut en exiger la réparation ou demander éventuellement une réduction du prix. Le CO envisage même l’annulation complète du contrat. Dans certains cas, des dommages et intérêts pourraient être réclamés. L’entrepreneur averti fera rédiger préalablement par un avocat quelques articles complémentaires au contrat; les cas les plus évidents en la matière étant ceux liés à des travaux pour le compte d’un industriel, d’un commerçant ou d’hôtelier dont l’activité serait empêchée par un défaut dans les travaux.

La trentaine d’entrepreneurs présents au «5 à 7» n’ont pas manqué de soumettre moult questions à Maître Perittaz. En synthèse, la nécessité de bien définir le cadre légal dans lequel on agit (SIA 118/CO) est un facteur essentiel, tout comme celui de fixer le moment exact du début de la période de garantie. Insister pour formaliser la réception des travaux ou procéder à des réceptions partielles est tout aussi important, même sur des petits chantiers, notoirement moins protocolés.

Levez la tête!

CHR 6_béton_vieux emosson 1

La surélévation du barrage du Vieux-Emosson est un élément essentiel du projet Nant-de-Drance. Le groupement de construction doit réaliser 70000 m3 de béton en deux ans.

Grâce au jumelage des lacs d’Emosson et du Vieux-Emosson, l’usine de pompage-turbinage de Nant-de-Drance sera, à terme, l’une des plus puissantes d’Europe. Avec ses 900 MW, elle produira environ 2,5 milliards de kWh par année. Sa mise en service sera progressive dès 2018.

Nous vivons actuellement la phase centrale de la réalisation. Les travaux préparatoires et la reconstruction des tunnels d’accès sont terminés, alors que les chantiers de la caverne, des galeries d’amenée, de chaudronnerie ainsi que la surélévation du barrage du Vieux- Emosson battent leur plein. Le montage de certaines machines a même commencé.

Les travaux de construction ont débuté en septembre 2008. La surélévation du barrage du Vieux-Emosson, sur laquelle nous nous concentrons ici, n’était pas prévue dans le projet initial. C’est en 2011 qu’une modification de concession a été accordée afin de permettre une augmentation de puissance pour une centrale de 900 MW et c’est pour augmenter la capacité de stockage du lac que le barrage doit être surélevé.

Construit entre 1952 et 1956, l’ouvrage est un barrage à compression à simple voûte de 45 m de haut constitué de 62000 m3 de béton. Le projet actuel prévoit de rehausser le niveau maximal du réservoir de 20 m et celui du couronnement de 21,50 m. La cote maximale de l’ouvrage terminé culminera à 2226,50 mètres d’altitude.

La largeur au sommet du barrage existant n’est que de 4 m, ce qui rend impossible une simple surélévation. Il est tout d’abord nécessaire de procéder à la démolition partielle de l’ouvrage afin de recréer une base suffisante pour accueillir la construction neuve. Ce sont 15000 m3 de béton qui doivent être déconstruits. La démolition débute en juin 2012 et dure cinq mois.

La surélévation consiste en un barrage voûte à double courbure dont les sections horizontales et verticales sont formées de segments paraboliques. Au total, ce sont quelque 70000 m3 de béton qui doivent être produits, mis en place et vibrés. Le bétonnage se fait par plots de 1,50 m de haut et 12 m de long (484 au total). Un coffrage grimpant est utilisé. Entre les plots, des clés de cisaillement sphériques sont réalisées. Différents joints sont mis en place (bande Sika, bande mastix) ainsi que des tuyaux de clavage et les ancrages pour la console de l’étape suivante.

Le béton produit par la centrale installée au pied du barrage est mis en place à l’aide de la grue puis vibré à la pelle. Un vibreur est adapté et connecté au circuit hydraulique d’une pelle à déport court de 6 tonnes.

L’altitude impose ses contraintes. Les travaux sont interrompus durant les mois d’hiver.

CHR 6_béton_vieux emosson 2

Plus bas, plus haut

Le choix des grues dans une telle réalisation est évidemment essentiel. La première variante optait pour l’utilisation de grues horizontales. La hauteur finale de l’ouvrage depuis la base étant de 71,50 m, une telle option aurait demandé la mise en place de grues de très grande hauteur induisant des difficultés lors du montage et certaines limitations de capacité (impossibilité d’accès au chantier avec un camion-grue d’une grandeur suffisante pour l’assemblage final des éléments; télescopage problématique vu le climat très changent à cette altitude; fréquence de travail ralentie par la hauteur ainsi que la vitesse du vent).

Le choix s’est donc porté sur des grues à flèche relevable. Les avantages sont multiples. Les tours sont moins hautes, le montage est plus simple, la puissance disponible est décuplée et l’espace aérien est moins occupé. Le groupement d’entreprises a fait confiance à la grande expérience du fabricant de grues Wolff, qui avait déjà pris part à la construction du barrage originel du Vieux-Emosson dans les années 50. L’installation d’une Wolff 1250 B (l’une des grues les plus puissantes du monde) montée sur une tour de 55 m de haut et dotée d’une flèche de 80 m est la solution idéale. Elle assure à elle seule tout le support de la phase de démolition. Elle manutentionne des bennes à gravats de 10m3 ainsi que les engins d’excavation nécessaire de plus de 35 t.

Dès 2013, elle est flanquée d’une Wolff 500 B montée sur une tour de 49,20 m de haut et munie d’une flèche de 60 m de long pour assurer la construction de la surélévation. Les flèches sont démontées durant l’hiver et les tours rehaussées – respectivement de 15 et de 10 m – pour la saison suivante. Ces choix induisent d’importantes économies au chapitre des transports et garantissent le respect d’un planning exigeant.

La Wolff 1250 B est machine impressionnante. Sa capacité est de 1250 m/t avec une charge maximale de 60 tonnes. Dans sa confi- guration sur le chantier du barrage celle-ci est de 40t à 29m. La flèche relevée permet d’être plus proche de l’ouvrage ce qui assure une excellente visibilité à l’opérateur. Celui-ci doit faire preuve d’une certaine dextérité: le câble étant plus long que sur une grue traditionnelle l’effet de balancier est augmenté.

Il ne faut toutefois que peu de pratique pour tirer le maximum de ce formidable engin. Le confort de la cabine, la clarté des informations fournies sur les écrans, la précision des commandes et surtout, sa vitesse et sa force sont grandement appréciés. Sa robustesse et sa fiabilité sont également des atouts majeurs, en particulier dans les conditions extrêmes que ce chantier d’altitude impose.

La fin du bétonnage est prévue pour la mi-octobre 2014. Les injections du mortier de clavage auront lieu l’année prochaine. L’ensemble des travaux de démolition et, de reconstruction du barrage du Vieux-Emosson représente un total d’environ 40 millions de francs et l’engagement d’un effectif atteignant un maximum de 50 personnes.

CHR 6_béton_vieux emosson 4CHR 6_béton_vieux emosson 5CHR 6_béton_vieux emosson 6

_______________________________________________

Centrale
de pompage-turbinage

CHR 6_béton_vieux emosson_fonctionnement 9Fonctionnement 

La centrale de pompage-turbinage de Nant-de-Drance utilise la différence de niveau entre deux lacs de retenue existants pour produire et stocker de l’énergie. Lorsque les besoins en électricité sont importants, l’eau stockée dans le lac du Vieux-Emosson chute vers la centrale souterraine via deux puits verticaux de 425 m de haut. Elle y est turbinée pour produire de l’électricité puis est déversée dans le lac d’Emosson. A l’inverse, lorsque les besoins en électricité sont moindres, l’eau du lac d’Emosson est pompée vers le lac du Vieux-Emosson. La centrale de Nant-de-Drance permet ainsi de stocker l’électricité lorsque celle-ci est excédentaire sur le réseau. Le parcours de l’eau est le même lors des phases de pompage et de turbinage. Elle passe au travers des mêmes galeries, des mêmes puits et des mêmes groupes hydroélectriques. Les six turbines Francis installées dans la caverne des machines seront réversibles et pourront soit pomper, soit turbiner selon la phase du cycle.

___________________________________________________

Principaux intervenants

Maître d’ouvrage

Nant-de-Drance SA, Finhaut

Planification générale

AF-Consult Switzerland AG, Baden-Dättwil

Planification surélévation barrage du Vieux-emosson

Stucky ingénieurs — conseils SA, Renens/Martigny

Entreprise de génie civil principale

GMI — Groupement Marti Implenia

Construction barrage du Vieux-emosson

GVE — Groupement Vieux-Emosson (Marti Implenia)

Grues

Wolffkran Schweiz AG, Dällikon

CHR 6_béton_vieux emosson_grues 7

Touch the sky

CHR 6_skylab 1Skylab, Plan-les-Ouates
Un nouveau centre multifonctionnel est en construction à Plan-les-Ouates. Un volume imposant, travaillé de l’intérieur pour assurer confort, souplesse d’utilisation et évolutivité dans le respect des normes environnementales les plus strictes.
La zone industrielle de Plan-les-Ouates compte parmi les plus riches d’activités. Plus de trois cents entreprises, dont un nombre impressionnant de prestigieux horlogers, y ont installé ou construit leurs sièges administratifs et autres centres de production ces dernières années. La commune connaît également un développement démographique significatif.

Ce dynamisme ne tarit pas et plusieurs chantiers d’envergure sont actuellement en cours. L’un des plus imposants est sans doute celui du complexe multifonctionnel baptisé Skylab.

Un premier projet, abandonné après les tra- vaux de fondation, avait laissé la parcelle tristement en friche durant de longues années. C’est finalement un fructueux partenariat public-privé qui permet aujourd’hui de valoriser cette parcelle de 8500 m2 avantageusement située. La commune a acquis les terrains en 2005 et a ensuite concédé un droit de superficie de nonante ans à la Fondation des terrains industriels de Genève (FTI) moyennant une rente annuelle. A son tour, la FTI a cédé un autre droit de superficie de second degré à l’investisseur qui se charge de construire le nouveau complexe et de louer les surfaces.

Le développeur et pilote de l’opération Concordo SA, spécialisé dans les projets immobiliers complexes, en association avec Rockspring Property Investment Managers, ainsi que la FTI, a élaboré et commercialisé le projet. Au programme, 20000 m2 de surfaces locatives répartis sur six niveaux voués à des espaces administratifs et industriels pour des activités de haute technologie. Au sous-sol, trois niveaux de parking public et privé ainsi que des locaux techniques. La commune ne se désengage pas et soutient avec décision le projet; elle a acquis plusieurs lots en vue d’y installer une crèche, la caserne des pompiers et des locaux pour des services communaux. Un restaurant sera également installé au rez-de-chaussée.

« puits de lumière et terrasses suspendues »

Fruit d’un concours d’architecture remporté en 2010 par le bureau d’architectes genevois Bassicarella, le bâtiment dépasse la simple fonctionnalité. Nombre de constructions récentes réalisées alentour privilégient le verre et l’acier dans une architecture aux apparences légères et transparentes. La façade minérale de Skylab, lourde à première vue, assied le bâtiment dans la zone industrielle et artisanale, s’imposant, de fait, comme un nouveau point de référence. Même si celui-ci n’est que partiel, le caractère public du bâtiment est également traduit par cette forte assise, voulue pour durer.

Depuis la route, plusieurs accès piétonniers permettent de s’introduire dans le bâtiment. Une rue intérieure le traverse longitudinalement. Cette volonté d’ouverture se développe également en hauteur. Des puits de lumière, aux largeurs variables, rythmés par des terrasses suspendues, animent cet espace. La lumière naturelle pénètre jusqu’au cœur du bâtiment; de la rue intérieure ou depuis les bureaux, on peut presque toucher le ciel!

CHR 6_skylab 3CHR 6_skylab 7

Terre à terre

La réalisation du projet a été confrontée d’emblée aux spécificités du site et aux particularités du terrain. Les éléments de fondation existants construits dans les années 90, perçus comme un avantage dans un premier temps, se révèlent être en effet une source de complexité supplémentaire. Les travaux spéciaux s’étendent finalement de mai 2013 à janvier 2014. Le niveau bas du bâtiment se situe 5 m plus bas en dessous du niveau du terrassement existant. Le mur d’en- ceinte existant est ancré et une paroi moulée est réalisée à sa base. La mise en tension des ancrages est rendue plus ardue par la nature argileuse du sol. Bluebox, le bâtiment mitoyen, a dû être repris en sous-œuvre par une paroi moulée ancrée.

Au niveau du concept structurel, l’infrastructure de sous-sol pose sur le radier (épaisseur 1,10 m) et localement sur un bassin de rétention des eaux pluviales sous-jacent. Les piliers préfabriqués du sous-sol reprennent des charges allant jusqu’à 1400 t. La structure est ensuite un piliers/dalles classique, dont la régularité n’est interrompue qu’au niveau de l’interface entre le premier stade de sous-sol et le rez-de-chaussée, où les descentes de charges sont désaxées entre l’infrastructure et la superstructure. Pour les reprendre, des sommiers en béton armé de 1,3 x 0,8 m ont été installés.

Le décalage des puits de lumière ainsi que la non-superposition fréquente des locaux requièrent un travail d’ingénieur conséquent. L’intégration des éléments préfabriqués des façades à la structure porteuse est également un chapitre technique important. La mise en place des 680 éléments préfabriqués (parement extérieur enrichi de béton recyclé et de verre – isolant – porteur intérieur), dont le plus lourd atteint un poids de 11 t, exige l’utilisation de moyens de chantier importants et demande une coordination sans faille.

Les travaux de gros œuvre se poursuivront jusqu’à l’automne, alors que les premières installations techniques ont déjà commencé. La pose de la façade intérieure – une façade préfabriquée métal/verre autoporteuse – occupera la fin de l’année et le début de l’hiver. La remise du bâtiment est fixée au mois d’octobre 2015.

CHR 6_skylab 12

__________________________________________________

Label BREEAM

Very good!

Concordo SA a proposé de viser, pour le projet, l’obtention du label BREEAM (Building Research Etablishment Environmental Assessment Method). Cette certification, née en Grande-Bretagne en 1991, anticipe l’évolution du bâtiment dans les cinquante prochaines années, en prévoyant notamment le recyclage des matériaux en cas de démolition et son adaptation en cas d’éventuel changement d’affectation. Ce label se décline en dix chapitres (1: gestion du projet; 2: santé et bien-être; 3: énergie; 4: transport; 5: eau; 6: matériaux; 7: déchets; 8: pollution; 9: aménagement du territoire et écologie; 10: innovation). La première évaluation situe le bâtiment à une valeur de 70 points, à savoir «very good» (échelle: au-delà de 30 points: pass; au-delà de 45 points: good; au-delà de 55 points: very good; au-delà de 70 points: excellent; au-delà de 85: outstanding). L’entreprise générale concentre actuellement ses efforts en vue de porter le projet à franchir le palier supérieur.

CHR 6_skylab 10________________________________________________________________

Principaux intervenants

Maître de d’ouvrage et pilote du projet
Sky Lab Real Estate SA, Genève Concordo SA, Genève

Architectes

Bassicarella Architectes SA, Genève

Entreprise totale

Induni & Cie SA, Petit-Lancy

Ingénieurs civils, géotechnique

BG Ingénieurs Conseils SA, Genève

Eléments préfabriqués

Prelco SA, Satigny

CHR 6_skylab 13

Camping paradis

Citation

massimo portrait 4Selon le récit de la Genèse, au sixième jour de la création, après avoir créé les premiers êtres humains et les avoir placés dans le jardin d’Eden, Dieu les bénit et leur énonça leur mission: «Soyez féconds et devenez nombreux, remplissez la terre et soumettez-la.» De ce paradis originel, il nous resterait cet amour pour la nature inscrit en chacun de nous. Et la recherche de ce paradis perdu de nous pousser à d’inlassables efforts d’aménagements naturels, des grands parcs urbains aux bacs à fleurs de nos balcons.

De nos jours, nombreux sont ceux qui défendent comme image de perfection celle d’une nature sauvage et immaculée. Certes, l’être humain a enlaidi, pollué et ravagé tant d’endroits de la planète que la tentation est grande de dire stop à toute activité. Mais le commandement divin ne contient-il pas aussi l’idée d’une gestion du territoire de la part de l’homme? N’est-il pas aussi dit: «Soumettez-la»? Au cours de l’histoire et au fil des civilisations, bien des lieux ont été magnifiés par l’intervention humaine et nous courons la planète pour aller visiter ces vestiges, parfois si harmonieusement intégrés à la nature environnante qu’ils semblent en faire partie depuis toujours. Des monuments anciens ou des parcs, aménagés, si beaux que la nature en devient encore plus belle.

En Suisse, le débat actuel est celui de la protection des paysages de montagne. D’un côté, les défenseurs d’une nature parfaite par essence et intouchable. De l’autre, ceux qui croient que les paysages de montagne ont également une fonction économique et méritent d’être valorisés au bénéfice de leurs habitants et du pays tout entier.

« les constructeurs aiment aussi la nature »

Comme souvent ces derniers temps, la polarisation des débats amène les uns et les autres à la défense de positions extrêmes, rarement bonnes. L’équilibre à trouver tient de la quadrature du cercle. Protéger et entretenir, préserver et développer, maintenir l’image idyllique de nos montagnes qui attire des millions de touristes du monde entier sans que cet afflux n’en devienne néfaste, permettre aux populations résidentes de conserver leur mode de vie, leurs activités et leurs traditions sans les priver du confort, de la technologie et des infrastructures les plus actuelles. Il y a aussi les besoins de logement et de sécurité.

Certes, il y a des intérêts en jeu et chaque corporation défend sa vision. Mais à trop vouloir simplifier le débat on en tombe dans la caricature, risquant par-là même d’oublier une autre grande valeur de notre pays, le pragmatisme. Que le monde de la construction tende à encourager la voie du développement ne surprend personne. Dépeindre les entrepreneurs et les milieux économiques comme de vils bétonneurs avides de gains et fermer la porte à tout débat est pourtant une grossière erreur.

Les hommes et les femmes de la construction sont aussi des amants et des défenseurs de la nature. Le secteur a fait d’énormes efforts en matière de développement durable et de protection des ressources. Le pays doit aussi beaucoup à ses bâtisseurs. S’immerger dans la nature, l’admirer et la voir se développer est fascinant. Placer le pays sous une cloche de verre et contraindre ses habitants dans un «camping» éternel n’a rien de paradisiaque.

La Suisse n'est pas le Truman Show

La Suisse n’est pas le Truman Show

Cœur de ville

UBS Rhône ok 1UBS Rhône, Genève 

Un ensemble de cinq bâtiments, utilisé jusque-là par divers ser- vices d’UBS, est en pleine transformation. Démolition, rénovations, sauvegarde du patrimoine, assainissement énergétique et valorisation commerciale sont tous au programme.

Texte et photos: Massimo Simone 

Bien connu des genevois, le bâtiment d’UBS situé au 8, rue du Rhône, a abrité divers services de la banque durant de lon- gues années. Aujourd’hui, cet ensemble de bâtiments vit une phase de renouvellement et de profonde transformation.

Cinq bâtiments forment l’îlot des rues de la Confédération, du Rhône, du Commerce et sont traversés par le passage des Lions. Le corps principal, qui fait front sur la rue du Commerce, est divisé en deux blocs dans la définition des travaux: bâtiments A et B. Le bâtiment C est sur la rue du Rhône, le E sur la rue de la Confédération. Le D prend place dans la cour intérieure.

Construit dans les années 1940, le bâtiment B est sans doute le plus représentatif: allure monumentale, habillage en pierre naturelle et bas-relief sur le pignon. Sa façade est conservée et mise en valeur (le corps du bâtiment est démoli). Les bâtiments C et E, construits entre 1903 et 1906, sont aussi dignes d’intérêt et protégés. Le bloc A, édifié plus tardivement, ainsi que le bâtiment D, ne présentent pas d’aspects notables; ils sont entièrement démolis. Le passage des Lions – élégante galerie piétonnière de style Art déco qui relie la rue de la Confédération à la rue du Rhône – est entièrement rénové et même complété par une nouvelle aile qui débouche sur la rue du Commerce.

Le projet est donc complexe et la relecture du site faite par les architectes n’en devient que plus fine. Renforcements ponctuels, assainissements, réfections à l’ancienne et conservation s’allient à la construction neuve et aux techniques les plus actuelles sous le regard vigilant des experts de la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS).

La banque, propriétaire de l’ensemble a, pour les besoins du chantier, transféré ses activités dans d’autres bâtiments. Dans la nouvelle distribution des surfaces, elle offrira sur le site un espace de distributeurs automatiques. Le rez-de-chaussée est une succession de commerces de diverses natures et dimensions; des quelque 2000 m2 occupés par un commerce dans le bâtiment A – l’espace s’articule sur quatre niveaux grâce à un élégant escalier et de larges ouvertures qui plongent du premier étage supérieur au deuxième sous-sol – aux 25 m2 des boutiques les plus petites. Pour le reste, mis à part le restaurant situé dans la cour, ce sont essentiellement des surfaces administratives qui sont aménagées. Le nouvel ensemble totalise 88 100 m3 et une surface de plancher de 25 100 m2.

UBS Rhône ok 2

Evolution de langage 

Lauréat d’un concours, le projet est signé Richter•Dahl Rocha & Associés architectes SA, alors que l’exécution est menée en entreprise totale par Marti Construction SA. Les travaux préparatoires commencent en mars 2012. Après le curage, les démolitions lourdes débutent fin janvier 2013. C’est naturellement l’une des phases les plus délicates de l’opération. L’exiguïté du site, sa position centrale au coeur des rues Basses, l’importante et constante présence de piétons dans les alentours immédiats du chantier, le maintien en activité de certains commerces au sein même du chantier ainsi que le caractère précieux d’une grande partie du bâti existant, requièrent à la plus grande maîtrise.

La rénovation des bâtiments historiques (C et E) débute pratiquement en parallèle. Via des connecteurs métalliques, les planchers existants reçoivent une surale en béton vibré ultra performant. Toutes les installations techniques sont remises à neuf. L’enveloppe des bâtiments est amenée aux standards énergétiques actuels grâce à une nouvelle isolation intérieure et de nouvelles fenêtres équipées de triples-vitrages. Les toitures sont partiellement concernées, l’une d’elles ayant bénéficié d’une réfection relativement récente.

Du bâtiment B (angle rue du Rhône/rue du Commerce), ancien siège d’UBS construit en 1940, seule la façade est conservée. Une puissante structure métallique maintient l’énorme pan en place alors qu’à l’arrière de celui-ci tout l’édifice est rasé. Divers renforcements préliminaires (travaux spéciaux et pieux forés) sont nécessaires à son maintien. Aujourd’hui, la façade est intégrée à la nouvelle construction qui englobe les bâtiments A et B. Le nouveau volume adopte un langage résolument contemporain tout en dialoguant subtilement avec la partie ancienne. C’est une façade très minérale réalisée en éléments de béton préfabriqué avec divers niveaux de sablage/acidage. Les grandes ouvertures dont elle est dotée lui donnent un rythme régulier et un élan très vertical.

La volumétrie des deux niveaux supérieurs est plus travaillée, avec une partie d’attique en retrait par rapport à l’alignement général. Ce jeu de pleins et de vides a un double effet: d’une part, il met en valeur la façade historique qui se retrouve, pour ainsi dire, respectueusement encadrée et couronnée; de l’autre, il donne une fierté supplémentaire à la nouvelle construction qui lève haut le front sur la rue de la Confédération. Le changement de dimension des ouvertures du dernier étage ajoute à cet effet.

Au niveau de la rue du Commerce, l’attrait des vitrines est renforcé par la création d’arcades. La rue elle-même sera bientôt fermée au trafic. Un concours pour son aménagement est en cours d’étude.

Dans les sous-sols du bâtiment A, une sta- tion de pompage de l’eau du Rhône qui alimente énergétiquement non seulement les cinq bâtiments en transformation mais également des immeubles voisins, est maintenue en fonction durant toute la période du chantier, une exigence supplémentaire pour les mandataires et les entreprises en charge du gros œuvre.

Organisés autour de trois noyaux de circulation verticale, les aménagements intérieurs offrent la plus grande souplesse d’utilisation. Le locataire principal, occupe les cinq niveaux supérieurs, profitant des surprenantes percées visuelles sur la Rade qu’offre l’attique.

Dans la cour intérieure, l’ancien bâtiment D était un édifice peu fonctionnel, gourmand en espace et en énergie, qui privait une partie des autres bâtiments de lumière naturelle. Il est remplacé par un simple niveau de commerces qui s’adosse au bâtiment A et s’ouvre sur le passage des Lions. Cette aile basse est surmontée partiellement par un volume allongé qui accueille le restaurant. La terrasse, nichée au cœur de l’ensemble face à la verrière du passage, promet de devenir l’une des adresses prisées du centre-ville. Les architectes se sont passablement concentrés sur le traitement de cet espace intérieur. Les vis-à-vis, les rapports volumétriques et les apports de lumière naturelle ont été étudiés avec minutie. Ainsi, la façade cour du bâtiment A-B est habillée d’une structure métallique rapportée dotée de larges bacs desquels se développe d’une végétation riche et variée. Ce jardin vertical filtre les regards et la lumière naturelle dans les bureaux et donne à la cour un caractère inédit.

Les efforts se concentrent actuellement sur les équipements techniques et les futurs aménagements intérieurs. Les besoins des locataires se précisant, quelques adaptations s’avèrent nécessaires. Les surfaces brutes leur seront remises début 2015, alors que l’ouverture au public des nouveaux commerces devrait avoir lieu au second trimestre 2015.

UBS Rhône ok 12

UBS Rhône ok 3UBS Rhône ok 9UBS Rhône ok 8UBS Rhône ok 6

UBS Rhône ok 10
UBS Rhône ok 11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Principaux intervenants

Maître d’ouvrage UBS SA, Genève

Représentant du maître d’ouvrage TEKHNE SA, Lausanne

Architectes et pilotes du groupement des mandataires Richter•Dahl Rocha & Associés architectes SA, Lausanne

Groupement des mandataires

IngPhi SA, Lausanne

BG Ingénieurs Conseils SA, Châtelaine

L’Atelier du Paysage Jean –Yves le Baron Sàrl, Lausanne

BCS SA, Nechâtel

Entreprise totale Marti Construction SA, Meyrin

Façade métallique Fahrni Fassadensysteme AG, Lyss

Ferblanterie, étanchéité Genolet Toiture Concept SA, Carouge

Installation chauffage Thermex SA, Vernier

La qualité n’est pas un défaut!

massimo portrait 4

Editorial 

Selon une récente étude, dans la construction suisse de logements, le secteur du bâtiment consacre environ 8% de ses dépenses à éliminer les défauts de construction. Un montant annuel de quelque 1,6 milliards de francs. Sur les 75’000 logements en construction dans tout le pays, cela se traduit par d’interminables séances de chantier, d’infinis échanges de courriers, d’usantes confrontations devant divers avocats et juges et, globalement, un niveau difficilement mesurable de stress, de nervosité, de démotivation et de tensions au sein des entreprises.

Et les fatalistes de répéter les dictons d’usage: «cela c’est toujours passé comme ça», «cela ne changera jamais», «il n’y a que celui qui ne fait rien qui ne fait pas d’erreurs», «que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre», etc. Les plus remontés se plaignent du manque de bonne foi des mandataires et des maîtres d’ouvrage, de l’absence de plans et de planification, de l’incompétence crasse de ceux qui sont censés prendre les bonnes décisions.

Certes, tout cela est bien possible. Puisons encore dans la sagesse populaire et les locutions latines: «Nous ne sommes pas responsables des circonstances. Mais nous sommes responsables de comment nous faisons face aux circonstances.». Et encore: «errare humanum est, perseverare diabolicum»*.

Tentons une synthèse. Construire un bâtiment est à chaque fois un acte unique, chaque immeuble est un prototype. C’est un processus relativement long qui implique un nombre important d’intervenants différents. Qu’il y ait des défauts n’est finalement pas étonnant. Toutefois, dire que cela est inévitable et ne rien tenter pour améliorer les choses n’est pas acceptable. Les coûts liés à la réparation des défauts sont exorbitants; le déficit d’image qui en découle pour le secteur est tout aussi néfaste. Pourtant, bien des entrepreneurs continuent de se tirer une balle dans le pied, chantier après chantier*. Par esprit pratique, poussés par l’envie de faire (et pas toujours de bien faire), dans l’idée de répondre aux attentes de leur client, ils en oublient bien souvent quelques règles fondamentales.

Refuser un mandat si l’on en a pas les compétences 

Le guide «Les défauts dans le bâtiment, recommandation pour exécutants et décideurs» édité par la SSE et l’ETHZ vient de paraître en français. Il est un outil d’analyse et de réflexion précieux. Voici quelques principes: Avant d’accepter un mandat, chacun doit s’assurer d’avoir les compétences pour le mener à bien. Si l’exécutant remarque un problème de conception, il est en devoir de le signaler.

Lorsqu’une étape se termine, il est judicieux de procéder rapidement à la réception des travaux. Tout doit être consigné par écrit et figurer clairement dans les procès-verbaux.

Suivre son activité avec rigueur et sérieux comprend des tâches administratives nombreuses et souvent rébarbatives, c’est un fait dont il faut s’accommoder. Refuser d’accomplir un mandat si l’on en a pas les compétences humaines ou techniques, exiger des plans détaillés avant de réaliser les travaux ou demander la formalisation écrite des requêtes du client ne sont pas des aveux de faiblesse ou des impairs envers le rapport de confiance établi. Peux-t-on vous reprocher de vouloir bien faire votre travail? L’entrepreneur sera systématiquement mis en cause lorsqu’un défaut apparaîtra. Réagir rapidement face un problème et garder l’historique de toute intervention permettra de situer la responsabilité de chacun. Cette approche raisonnée est une marque de crédibilité et un gage de qualité … et la qualité n’est pas un défaut!

Fonction: production!

fehr 1FEHR+Cie SA, La Chaux-de-Fonds

Fondée en 1924, la société Fehr + Cie SA fabrique des cadrans pour le compte de différents horlogers de la région. Comptant aujourd’hui une centaine de collaborateurs, elle regroupe ses activités dans un nouveau bâtiment qui s’articule autour d’un hub central, cœur de la production.

En nonante ans d’existence, la société Fehr + Cie SA s’est forgé une solide réputation. Pionnière à maintes reprises dans le développement de nouvelles techniques de fabrication de cadrans, l’entreprise traverse le siècle et les soubresauts de l’histoire ainsi que les aléas typiques de toute entreprise familiale. Fondée en 1924 par Arnold Fehr, rejoint par son fils André durant près de vingt ans, la société est l’une des premières à être dirigée par une femme – Nelly Fehr, épouse d’André – lorsque père et fils décèdent à quelques mois d’intervalle en 1943. Malgré les réticences initiales de la part d’une frange de la clientèle et des collaborateurs, Nelly Fehr mènera l’entreprise d’une main de maître

jusqu’en 1962. Discrétion, sérieux, savoir-faire et force d’innovation sont les traits qui caractérisent les personnalités qui se succèdent et se côtoient à la tête de l’entreprise et en imprègnent l’esprit.

La croissance est continue et le nombre de collaborateurs ne cesse d’augmenter. L’activité s’enrichit au fil des ans. Elle est aujourd’hui en grande partie automatisée et informatisée. Les compétences se diversifient: galvanoplastie, atelier de vernissage et de laquage, ainsi que fabrication d’appliques. Avec l’acquisition en 2007 d’un nouveau site de production, la société chaux-de-fonnière intègre Technofrap SA, une entité active dans la réalisation de frappes pour cadrans et appliques. En 2012, elle acquiert la Maison Mayor, une référence en matière de guillochage. Fehr+Cie SA poursuit ainsi une logique de concentration de compétences. Aujourd’hui, l’entreprise compte une centaine de collaborateurs et produit plus de 200 000 cadrans par an. Le nouveau site sera inauguré en juillet 2014. L’entreprise pour- suit son développement et mise sur la création de nouveaux emplois d’ici à 2018.

fehr 5 fehr 2

La production au centre

Le nouveau bâtiment de l’entreprise Fehr + Cie SA s’intègre comme un élément structurant dans le secteur d’activités des Eplatures à l’ouest de la ville de La Chaux-de- Fonds. Conçu comme une pièce unitaire intégrée dans le terrain, l’édifice entre en dialogue avec ses voisins et réagit à la pente par un positionnement précis des différents niveaux d’entrée, l’accueil des visiteurs se faisant au rez-de-chaussée supérieur.

Il en résulte une structuration du lieu, non seulement au niveau des espaces intérieurs de l’édifice, mais également des aménagements extérieurs, cette nouvelle pièce urbaine initiant un système de dessertes et de terrasses pour le développement futur de l’ensemble du site.

Le regroupement de la production en un lieu unique représente un choix stratégique important dans l’histoire de l’entreprise. L’organisation intérieure du nouveau bâtiment reflète cette stratégie, en réunissant autour d’un espace central les fonctions de production, de réception et d’administration. Structurant les parcours dans l’édifice, ce secteur à double hauteur constitue un espace de référence au cœur de l’édifice, qui amène de la lumière naturelle et sert à la fois de zone d’accueil, de show-room et de lieu de rencontre.

Un continuum spatial à partir de cet espace central permet ensuite de relier efficacement l’entrée des visiteurs (à l’est) et celle des employés (depuis le parking au rez-de-chaussée inférieur). Cette configuration rélève par ailleurs des liaisons – tant verticales qu’horizontales – très fonctionnelles, dont une par l’intermédiaire d’une passerelle spectaculaire à travers l’espace central. L’administration est regroupée du côté nord et bénéficie d’un large dégagement sur le paysage, tandis que la production est située dans la partie sud du bâtiment, organisée autour d’un hub central inhérent aux modalités de production des cadrans.

Le programme des locaux contient des espaces à vocations très spécifiques, présentant des exigences liées à une technique de production de pointe. Le bâtiment répond à l’ensemble de ces exigences, tout en intégrant également une certaine flexibilité dans son essence structurelle et constructive.

La structure du bâtiment repose en effet sur l’utilisation d’une ossature répétitive en béton armé, tandis que les parois de sépara- tion sont conçues de manière non porteuse. Cette configuration autorise une certaine flexibilité des aménagements intérieurs dans le futur. Par ailleurs, le positionnement des espaces de production et d’administration de part et d’autre de l’espace central offre diverses possibilités pour d’éventuelles extensions futures sans devoir interrompre le fonctionnement de la manufacture.

fehr 9

Matérialité et expression

Le concept du bâtiment reposant sur son essence fonctionnelle et structurelle, la démarche architecturale n’a pas intégré de volonté de «designer» artificiellement le bâtiment pour en travestir l’expression. Les différents choix réalisés au niveau des espaces intérieurs ou des éléments de façade découlent du concept adopté pour l’ensemble. Il en ressort un édifice aux lignes simples et résolument contemporaines, dont l’identité est adaptée à sa vocation, empreint de fonctionnalité et de force, diversifié et cohérent, dense et aéré, audacieux et pragmatique.

Exprimant la réunion des diverses activités sous un même toit, les façades situées à l’extérieur du volume sont constituées de panneaux métalliques de couleur anthracite. Ceux-ci permettent de rythmer la façade d’éléments pleins et vitrés sur les quatre côtés de la manufacture, avec la volonté de ne pas exprimer de distinction significative entre les espaces de production ou d’administration.

Une découpe importante est ensuite réalisée dans le volume primaire. Elle relie l’extérieur et l’intérieur du bâtiment en se prolongeant de l’espace central jusqu’à la façade ouest.

Exprimée par l’intermédiaire d’une couleur vive et lumineuse, cette découpe permet non seulement de marquer les différentes entrées dans l’entreprise , mais également d’ouvrir une perspective vers le paysage depuis le cœur de l’édifice. (Texte et informations: Bauart Architectes et Urbanistes SA/ Fehr + Cia SA). •

12L01_130822_Visualisation 3D_INTERIEUR

Succès historique

Rétrospective – Baumaschinenmesse 2014, Bernespécial machines_foire Berne 1

Les prévisions favorables de la Foire des machines de chantier 2014 se sont concrétisées: le déroulement positif de la foire reflète le vif intérêt porté aux secteurs des machines de chantier, du coffrage et des accessoires. Les organisateurs tirent un bilan positif.

Déjà avant le début de la foire, une forte demande émanant de la branche était perceptible: plus de 250 exposants occupaient jusqu’au dernier des 80000 m2 du parc d’exposition. « Nous nous réjouissons que plus de 23000 visiteuses et visiteurs soient venus confirmer ces signes positifs », déclare Rolf Krähenbühl, responsable de la Foire des machines de chantier. malgré un temps au beau fixe, la foire a en effet réussi à enregistrer le deuxième meilleur résultat de son histoire.

« plus grande plateforme d’innovation de la construction en Suisse »

L’Association suisse de l’industrie des machines de chantier VSBM, initiatrice de la manifestation, est elle aussi très satisfaite du déroulement de la plus grande foire nationale de la branche, comme le confirme son président Marcel Hartl: «La qualité des visiteurs s’est révélée excellente et les exposants ne cachent pas leur satisfaction. La foire a permis de nouer des contacts très prometteurs et de conclure de nombreuses ventes.» La Foire des machines de chantier VSBM à Berne est la plus grande plate-forme d’innovations et de tendances de la branche de la construction en Suisse. Elle en est déjà à sa quatorzième édition. Pendant six jours, plus de 250 exposants ont présenté les nouveautés et les tendances en matière de machines de chantier, des coffrages et d’accessoires sur le parc d’exposition de Bernexpo. Les visiteuses et les visiteurs provenaient en grande partie du secteur de la construction et des branches apparentées.


spécial machines_foire Berne 11

 

 

 

 

 

Daniela Gilgen, responsable marketing de l’entreprise Hutter Baumaschinen AG, devant la nouvelle Kubota U27 présentée en première mondiale.

spécial machines_foire Berne 17

 

 

 

 

 

 

Carlo Latino, conseiller technique au sein de l’entreprise Robert Aebi AG. Le groupe Volvo propose une gamme complète de camions et de machines de chantier toujours à la pointe de la technologie. Le nouveau Volvo FH a été élu international Truck of the Year 2014.

spécial machines_foire Berne 16

 

 

 

 

 

 

Les importateurs redoublent d’initiatives pour répondre aux demandes du marché suisse. C’est le cas de Alexander Stehli, Président-directeur général de la société Carl Heusser AG. En étroite collaboration avec ses partenaires fabricants, il développe des engins aux caractéristiques uniques tel le dumper sur chenilles NC RT 1.5 3W (largeur totale 993 mm) doté d’une benne basculante à trois côtés. 

spécial machines_foire Berne 6

 

 

 

 

 

 

Franz Kissling (deuxième depuis la gauche), CEO du groupe Kuhn, est entouré des représentants romands Jean-François Grogg, Guy Dafflon et Michel Dauphin devant la nouvelle pelle Komatsu Hybrid HB215LC.