Levez la tête!

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La surélévation du barrage du Vieux-Emosson est un élément essentiel du projet Nant-de-Drance. Le groupement de construction doit réaliser 70000 m3 de béton en deux ans.

Grâce au jumelage des lacs d’Emosson et du Vieux-Emosson, l’usine de pompage-turbinage de Nant-de-Drance sera, à terme, l’une des plus puissantes d’Europe. Avec ses 900 MW, elle produira environ 2,5 milliards de kWh par année. Sa mise en service sera progressive dès 2018.

Nous vivons actuellement la phase centrale de la réalisation. Les travaux préparatoires et la reconstruction des tunnels d’accès sont terminés, alors que les chantiers de la caverne, des galeries d’amenée, de chaudronnerie ainsi que la surélévation du barrage du Vieux- Emosson battent leur plein. Le montage de certaines machines a même commencé.

Les travaux de construction ont débuté en septembre 2008. La surélévation du barrage du Vieux-Emosson, sur laquelle nous nous concentrons ici, n’était pas prévue dans le projet initial. C’est en 2011 qu’une modification de concession a été accordée afin de permettre une augmentation de puissance pour une centrale de 900 MW et c’est pour augmenter la capacité de stockage du lac que le barrage doit être surélevé.

Construit entre 1952 et 1956, l’ouvrage est un barrage à compression à simple voûte de 45 m de haut constitué de 62000 m3 de béton. Le projet actuel prévoit de rehausser le niveau maximal du réservoir de 20 m et celui du couronnement de 21,50 m. La cote maximale de l’ouvrage terminé culminera à 2226,50 mètres d’altitude.

La largeur au sommet du barrage existant n’est que de 4 m, ce qui rend impossible une simple surélévation. Il est tout d’abord nécessaire de procéder à la démolition partielle de l’ouvrage afin de recréer une base suffisante pour accueillir la construction neuve. Ce sont 15000 m3 de béton qui doivent être déconstruits. La démolition débute en juin 2012 et dure cinq mois.

La surélévation consiste en un barrage voûte à double courbure dont les sections horizontales et verticales sont formées de segments paraboliques. Au total, ce sont quelque 70000 m3 de béton qui doivent être produits, mis en place et vibrés. Le bétonnage se fait par plots de 1,50 m de haut et 12 m de long (484 au total). Un coffrage grimpant est utilisé. Entre les plots, des clés de cisaillement sphériques sont réalisées. Différents joints sont mis en place (bande Sika, bande mastix) ainsi que des tuyaux de clavage et les ancrages pour la console de l’étape suivante.

Le béton produit par la centrale installée au pied du barrage est mis en place à l’aide de la grue puis vibré à la pelle. Un vibreur est adapté et connecté au circuit hydraulique d’une pelle à déport court de 6 tonnes.

L’altitude impose ses contraintes. Les travaux sont interrompus durant les mois d’hiver.

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Plus bas, plus haut

Le choix des grues dans une telle réalisation est évidemment essentiel. La première variante optait pour l’utilisation de grues horizontales. La hauteur finale de l’ouvrage depuis la base étant de 71,50 m, une telle option aurait demandé la mise en place de grues de très grande hauteur induisant des difficultés lors du montage et certaines limitations de capacité (impossibilité d’accès au chantier avec un camion-grue d’une grandeur suffisante pour l’assemblage final des éléments; télescopage problématique vu le climat très changent à cette altitude; fréquence de travail ralentie par la hauteur ainsi que la vitesse du vent).

Le choix s’est donc porté sur des grues à flèche relevable. Les avantages sont multiples. Les tours sont moins hautes, le montage est plus simple, la puissance disponible est décuplée et l’espace aérien est moins occupé. Le groupement d’entreprises a fait confiance à la grande expérience du fabricant de grues Wolff, qui avait déjà pris part à la construction du barrage originel du Vieux-Emosson dans les années 50. L’installation d’une Wolff 1250 B (l’une des grues les plus puissantes du monde) montée sur une tour de 55 m de haut et dotée d’une flèche de 80 m est la solution idéale. Elle assure à elle seule tout le support de la phase de démolition. Elle manutentionne des bennes à gravats de 10m3 ainsi que les engins d’excavation nécessaire de plus de 35 t.

Dès 2013, elle est flanquée d’une Wolff 500 B montée sur une tour de 49,20 m de haut et munie d’une flèche de 60 m de long pour assurer la construction de la surélévation. Les flèches sont démontées durant l’hiver et les tours rehaussées – respectivement de 15 et de 10 m – pour la saison suivante. Ces choix induisent d’importantes économies au chapitre des transports et garantissent le respect d’un planning exigeant.

La Wolff 1250 B est machine impressionnante. Sa capacité est de 1250 m/t avec une charge maximale de 60 tonnes. Dans sa confi- guration sur le chantier du barrage celle-ci est de 40t à 29m. La flèche relevée permet d’être plus proche de l’ouvrage ce qui assure une excellente visibilité à l’opérateur. Celui-ci doit faire preuve d’une certaine dextérité: le câble étant plus long que sur une grue traditionnelle l’effet de balancier est augmenté.

Il ne faut toutefois que peu de pratique pour tirer le maximum de ce formidable engin. Le confort de la cabine, la clarté des informations fournies sur les écrans, la précision des commandes et surtout, sa vitesse et sa force sont grandement appréciés. Sa robustesse et sa fiabilité sont également des atouts majeurs, en particulier dans les conditions extrêmes que ce chantier d’altitude impose.

La fin du bétonnage est prévue pour la mi-octobre 2014. Les injections du mortier de clavage auront lieu l’année prochaine. L’ensemble des travaux de démolition et, de reconstruction du barrage du Vieux-Emosson représente un total d’environ 40 millions de francs et l’engagement d’un effectif atteignant un maximum de 50 personnes.

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Centrale
de pompage-turbinage

CHR 6_béton_vieux emosson_fonctionnement 9Fonctionnement 

La centrale de pompage-turbinage de Nant-de-Drance utilise la différence de niveau entre deux lacs de retenue existants pour produire et stocker de l’énergie. Lorsque les besoins en électricité sont importants, l’eau stockée dans le lac du Vieux-Emosson chute vers la centrale souterraine via deux puits verticaux de 425 m de haut. Elle y est turbinée pour produire de l’électricité puis est déversée dans le lac d’Emosson. A l’inverse, lorsque les besoins en électricité sont moindres, l’eau du lac d’Emosson est pompée vers le lac du Vieux-Emosson. La centrale de Nant-de-Drance permet ainsi de stocker l’électricité lorsque celle-ci est excédentaire sur le réseau. Le parcours de l’eau est le même lors des phases de pompage et de turbinage. Elle passe au travers des mêmes galeries, des mêmes puits et des mêmes groupes hydroélectriques. Les six turbines Francis installées dans la caverne des machines seront réversibles et pourront soit pomper, soit turbiner selon la phase du cycle.

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Principaux intervenants

Maître d’ouvrage

Nant-de-Drance SA, Finhaut

Planification générale

AF-Consult Switzerland AG, Baden-Dättwil

Planification surélévation barrage du Vieux-emosson

Stucky ingénieurs — conseils SA, Renens/Martigny

Entreprise de génie civil principale

GMI — Groupement Marti Implenia

Construction barrage du Vieux-emosson

GVE — Groupement Vieux-Emosson (Marti Implenia)

Grues

Wolffkran Schweiz AG, Dällikon

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Touch the sky

CHR 6_skylab 1Skylab, Plan-les-Ouates
Un nouveau centre multifonctionnel est en construction à Plan-les-Ouates. Un volume imposant, travaillé de l’intérieur pour assurer confort, souplesse d’utilisation et évolutivité dans le respect des normes environnementales les plus strictes.
La zone industrielle de Plan-les-Ouates compte parmi les plus riches d’activités. Plus de trois cents entreprises, dont un nombre impressionnant de prestigieux horlogers, y ont installé ou construit leurs sièges administratifs et autres centres de production ces dernières années. La commune connaît également un développement démographique significatif.

Ce dynamisme ne tarit pas et plusieurs chantiers d’envergure sont actuellement en cours. L’un des plus imposants est sans doute celui du complexe multifonctionnel baptisé Skylab.

Un premier projet, abandonné après les tra- vaux de fondation, avait laissé la parcelle tristement en friche durant de longues années. C’est finalement un fructueux partenariat public-privé qui permet aujourd’hui de valoriser cette parcelle de 8500 m2 avantageusement située. La commune a acquis les terrains en 2005 et a ensuite concédé un droit de superficie de nonante ans à la Fondation des terrains industriels de Genève (FTI) moyennant une rente annuelle. A son tour, la FTI a cédé un autre droit de superficie de second degré à l’investisseur qui se charge de construire le nouveau complexe et de louer les surfaces.

Le développeur et pilote de l’opération Concordo SA, spécialisé dans les projets immobiliers complexes, en association avec Rockspring Property Investment Managers, ainsi que la FTI, a élaboré et commercialisé le projet. Au programme, 20000 m2 de surfaces locatives répartis sur six niveaux voués à des espaces administratifs et industriels pour des activités de haute technologie. Au sous-sol, trois niveaux de parking public et privé ainsi que des locaux techniques. La commune ne se désengage pas et soutient avec décision le projet; elle a acquis plusieurs lots en vue d’y installer une crèche, la caserne des pompiers et des locaux pour des services communaux. Un restaurant sera également installé au rez-de-chaussée.

« puits de lumière et terrasses suspendues »

Fruit d’un concours d’architecture remporté en 2010 par le bureau d’architectes genevois Bassicarella, le bâtiment dépasse la simple fonctionnalité. Nombre de constructions récentes réalisées alentour privilégient le verre et l’acier dans une architecture aux apparences légères et transparentes. La façade minérale de Skylab, lourde à première vue, assied le bâtiment dans la zone industrielle et artisanale, s’imposant, de fait, comme un nouveau point de référence. Même si celui-ci n’est que partiel, le caractère public du bâtiment est également traduit par cette forte assise, voulue pour durer.

Depuis la route, plusieurs accès piétonniers permettent de s’introduire dans le bâtiment. Une rue intérieure le traverse longitudinalement. Cette volonté d’ouverture se développe également en hauteur. Des puits de lumière, aux largeurs variables, rythmés par des terrasses suspendues, animent cet espace. La lumière naturelle pénètre jusqu’au cœur du bâtiment; de la rue intérieure ou depuis les bureaux, on peut presque toucher le ciel!

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Terre à terre

La réalisation du projet a été confrontée d’emblée aux spécificités du site et aux particularités du terrain. Les éléments de fondation existants construits dans les années 90, perçus comme un avantage dans un premier temps, se révèlent être en effet une source de complexité supplémentaire. Les travaux spéciaux s’étendent finalement de mai 2013 à janvier 2014. Le niveau bas du bâtiment se situe 5 m plus bas en dessous du niveau du terrassement existant. Le mur d’en- ceinte existant est ancré et une paroi moulée est réalisée à sa base. La mise en tension des ancrages est rendue plus ardue par la nature argileuse du sol. Bluebox, le bâtiment mitoyen, a dû être repris en sous-œuvre par une paroi moulée ancrée.

Au niveau du concept structurel, l’infrastructure de sous-sol pose sur le radier (épaisseur 1,10 m) et localement sur un bassin de rétention des eaux pluviales sous-jacent. Les piliers préfabriqués du sous-sol reprennent des charges allant jusqu’à 1400 t. La structure est ensuite un piliers/dalles classique, dont la régularité n’est interrompue qu’au niveau de l’interface entre le premier stade de sous-sol et le rez-de-chaussée, où les descentes de charges sont désaxées entre l’infrastructure et la superstructure. Pour les reprendre, des sommiers en béton armé de 1,3 x 0,8 m ont été installés.

Le décalage des puits de lumière ainsi que la non-superposition fréquente des locaux requièrent un travail d’ingénieur conséquent. L’intégration des éléments préfabriqués des façades à la structure porteuse est également un chapitre technique important. La mise en place des 680 éléments préfabriqués (parement extérieur enrichi de béton recyclé et de verre – isolant – porteur intérieur), dont le plus lourd atteint un poids de 11 t, exige l’utilisation de moyens de chantier importants et demande une coordination sans faille.

Les travaux de gros œuvre se poursuivront jusqu’à l’automne, alors que les premières installations techniques ont déjà commencé. La pose de la façade intérieure – une façade préfabriquée métal/verre autoporteuse – occupera la fin de l’année et le début de l’hiver. La remise du bâtiment est fixée au mois d’octobre 2015.

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Label BREEAM

Very good!

Concordo SA a proposé de viser, pour le projet, l’obtention du label BREEAM (Building Research Etablishment Environmental Assessment Method). Cette certification, née en Grande-Bretagne en 1991, anticipe l’évolution du bâtiment dans les cinquante prochaines années, en prévoyant notamment le recyclage des matériaux en cas de démolition et son adaptation en cas d’éventuel changement d’affectation. Ce label se décline en dix chapitres (1: gestion du projet; 2: santé et bien-être; 3: énergie; 4: transport; 5: eau; 6: matériaux; 7: déchets; 8: pollution; 9: aménagement du territoire et écologie; 10: innovation). La première évaluation situe le bâtiment à une valeur de 70 points, à savoir «very good» (échelle: au-delà de 30 points: pass; au-delà de 45 points: good; au-delà de 55 points: very good; au-delà de 70 points: excellent; au-delà de 85: outstanding). L’entreprise générale concentre actuellement ses efforts en vue de porter le projet à franchir le palier supérieur.

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Principaux intervenants

Maître de d’ouvrage et pilote du projet
Sky Lab Real Estate SA, Genève Concordo SA, Genève

Architectes

Bassicarella Architectes SA, Genève

Entreprise totale

Induni & Cie SA, Petit-Lancy

Ingénieurs civils, géotechnique

BG Ingénieurs Conseils SA, Genève

Eléments préfabriqués

Prelco SA, Satigny

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Camping paradis

Citation

massimo portrait 4Selon le récit de la Genèse, au sixième jour de la création, après avoir créé les premiers êtres humains et les avoir placés dans le jardin d’Eden, Dieu les bénit et leur énonça leur mission: «Soyez féconds et devenez nombreux, remplissez la terre et soumettez-la.» De ce paradis originel, il nous resterait cet amour pour la nature inscrit en chacun de nous. Et la recherche de ce paradis perdu de nous pousser à d’inlassables efforts d’aménagements naturels, des grands parcs urbains aux bacs à fleurs de nos balcons.

De nos jours, nombreux sont ceux qui défendent comme image de perfection celle d’une nature sauvage et immaculée. Certes, l’être humain a enlaidi, pollué et ravagé tant d’endroits de la planète que la tentation est grande de dire stop à toute activité. Mais le commandement divin ne contient-il pas aussi l’idée d’une gestion du territoire de la part de l’homme? N’est-il pas aussi dit: «Soumettez-la»? Au cours de l’histoire et au fil des civilisations, bien des lieux ont été magnifiés par l’intervention humaine et nous courons la planète pour aller visiter ces vestiges, parfois si harmonieusement intégrés à la nature environnante qu’ils semblent en faire partie depuis toujours. Des monuments anciens ou des parcs, aménagés, si beaux que la nature en devient encore plus belle.

En Suisse, le débat actuel est celui de la protection des paysages de montagne. D’un côté, les défenseurs d’une nature parfaite par essence et intouchable. De l’autre, ceux qui croient que les paysages de montagne ont également une fonction économique et méritent d’être valorisés au bénéfice de leurs habitants et du pays tout entier.

« les constructeurs aiment aussi la nature »

Comme souvent ces derniers temps, la polarisation des débats amène les uns et les autres à la défense de positions extrêmes, rarement bonnes. L’équilibre à trouver tient de la quadrature du cercle. Protéger et entretenir, préserver et développer, maintenir l’image idyllique de nos montagnes qui attire des millions de touristes du monde entier sans que cet afflux n’en devienne néfaste, permettre aux populations résidentes de conserver leur mode de vie, leurs activités et leurs traditions sans les priver du confort, de la technologie et des infrastructures les plus actuelles. Il y a aussi les besoins de logement et de sécurité.

Certes, il y a des intérêts en jeu et chaque corporation défend sa vision. Mais à trop vouloir simplifier le débat on en tombe dans la caricature, risquant par-là même d’oublier une autre grande valeur de notre pays, le pragmatisme. Que le monde de la construction tende à encourager la voie du développement ne surprend personne. Dépeindre les entrepreneurs et les milieux économiques comme de vils bétonneurs avides de gains et fermer la porte à tout débat est pourtant une grossière erreur.

Les hommes et les femmes de la construction sont aussi des amants et des défenseurs de la nature. Le secteur a fait d’énormes efforts en matière de développement durable et de protection des ressources. Le pays doit aussi beaucoup à ses bâtisseurs. S’immerger dans la nature, l’admirer et la voir se développer est fascinant. Placer le pays sous une cloche de verre et contraindre ses habitants dans un «camping» éternel n’a rien de paradisiaque.

La Suisse n'est pas le Truman Show

La Suisse n’est pas le Truman Show

Cœur de ville

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Un ensemble de cinq bâtiments, utilisé jusque-là par divers ser- vices d’UBS, est en pleine transformation. Démolition, rénovations, sauvegarde du patrimoine, assainissement énergétique et valorisation commerciale sont tous au programme.

Texte et photos: Massimo Simone 

Bien connu des genevois, le bâtiment d’UBS situé au 8, rue du Rhône, a abrité divers services de la banque durant de lon- gues années. Aujourd’hui, cet ensemble de bâtiments vit une phase de renouvellement et de profonde transformation.

Cinq bâtiments forment l’îlot des rues de la Confédération, du Rhône, du Commerce et sont traversés par le passage des Lions. Le corps principal, qui fait front sur la rue du Commerce, est divisé en deux blocs dans la définition des travaux: bâtiments A et B. Le bâtiment C est sur la rue du Rhône, le E sur la rue de la Confédération. Le D prend place dans la cour intérieure.

Construit dans les années 1940, le bâtiment B est sans doute le plus représentatif: allure monumentale, habillage en pierre naturelle et bas-relief sur le pignon. Sa façade est conservée et mise en valeur (le corps du bâtiment est démoli). Les bâtiments C et E, construits entre 1903 et 1906, sont aussi dignes d’intérêt et protégés. Le bloc A, édifié plus tardivement, ainsi que le bâtiment D, ne présentent pas d’aspects notables; ils sont entièrement démolis. Le passage des Lions – élégante galerie piétonnière de style Art déco qui relie la rue de la Confédération à la rue du Rhône – est entièrement rénové et même complété par une nouvelle aile qui débouche sur la rue du Commerce.

Le projet est donc complexe et la relecture du site faite par les architectes n’en devient que plus fine. Renforcements ponctuels, assainissements, réfections à l’ancienne et conservation s’allient à la construction neuve et aux techniques les plus actuelles sous le regard vigilant des experts de la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS).

La banque, propriétaire de l’ensemble a, pour les besoins du chantier, transféré ses activités dans d’autres bâtiments. Dans la nouvelle distribution des surfaces, elle offrira sur le site un espace de distributeurs automatiques. Le rez-de-chaussée est une succession de commerces de diverses natures et dimensions; des quelque 2000 m2 occupés par un commerce dans le bâtiment A – l’espace s’articule sur quatre niveaux grâce à un élégant escalier et de larges ouvertures qui plongent du premier étage supérieur au deuxième sous-sol – aux 25 m2 des boutiques les plus petites. Pour le reste, mis à part le restaurant situé dans la cour, ce sont essentiellement des surfaces administratives qui sont aménagées. Le nouvel ensemble totalise 88 100 m3 et une surface de plancher de 25 100 m2.

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Evolution de langage 

Lauréat d’un concours, le projet est signé Richter•Dahl Rocha & Associés architectes SA, alors que l’exécution est menée en entreprise totale par Marti Construction SA. Les travaux préparatoires commencent en mars 2012. Après le curage, les démolitions lourdes débutent fin janvier 2013. C’est naturellement l’une des phases les plus délicates de l’opération. L’exiguïté du site, sa position centrale au coeur des rues Basses, l’importante et constante présence de piétons dans les alentours immédiats du chantier, le maintien en activité de certains commerces au sein même du chantier ainsi que le caractère précieux d’une grande partie du bâti existant, requièrent à la plus grande maîtrise.

La rénovation des bâtiments historiques (C et E) débute pratiquement en parallèle. Via des connecteurs métalliques, les planchers existants reçoivent une surale en béton vibré ultra performant. Toutes les installations techniques sont remises à neuf. L’enveloppe des bâtiments est amenée aux standards énergétiques actuels grâce à une nouvelle isolation intérieure et de nouvelles fenêtres équipées de triples-vitrages. Les toitures sont partiellement concernées, l’une d’elles ayant bénéficié d’une réfection relativement récente.

Du bâtiment B (angle rue du Rhône/rue du Commerce), ancien siège d’UBS construit en 1940, seule la façade est conservée. Une puissante structure métallique maintient l’énorme pan en place alors qu’à l’arrière de celui-ci tout l’édifice est rasé. Divers renforcements préliminaires (travaux spéciaux et pieux forés) sont nécessaires à son maintien. Aujourd’hui, la façade est intégrée à la nouvelle construction qui englobe les bâtiments A et B. Le nouveau volume adopte un langage résolument contemporain tout en dialoguant subtilement avec la partie ancienne. C’est une façade très minérale réalisée en éléments de béton préfabriqué avec divers niveaux de sablage/acidage. Les grandes ouvertures dont elle est dotée lui donnent un rythme régulier et un élan très vertical.

La volumétrie des deux niveaux supérieurs est plus travaillée, avec une partie d’attique en retrait par rapport à l’alignement général. Ce jeu de pleins et de vides a un double effet: d’une part, il met en valeur la façade historique qui se retrouve, pour ainsi dire, respectueusement encadrée et couronnée; de l’autre, il donne une fierté supplémentaire à la nouvelle construction qui lève haut le front sur la rue de la Confédération. Le changement de dimension des ouvertures du dernier étage ajoute à cet effet.

Au niveau de la rue du Commerce, l’attrait des vitrines est renforcé par la création d’arcades. La rue elle-même sera bientôt fermée au trafic. Un concours pour son aménagement est en cours d’étude.

Dans les sous-sols du bâtiment A, une sta- tion de pompage de l’eau du Rhône qui alimente énergétiquement non seulement les cinq bâtiments en transformation mais également des immeubles voisins, est maintenue en fonction durant toute la période du chantier, une exigence supplémentaire pour les mandataires et les entreprises en charge du gros œuvre.

Organisés autour de trois noyaux de circulation verticale, les aménagements intérieurs offrent la plus grande souplesse d’utilisation. Le locataire principal, occupe les cinq niveaux supérieurs, profitant des surprenantes percées visuelles sur la Rade qu’offre l’attique.

Dans la cour intérieure, l’ancien bâtiment D était un édifice peu fonctionnel, gourmand en espace et en énergie, qui privait une partie des autres bâtiments de lumière naturelle. Il est remplacé par un simple niveau de commerces qui s’adosse au bâtiment A et s’ouvre sur le passage des Lions. Cette aile basse est surmontée partiellement par un volume allongé qui accueille le restaurant. La terrasse, nichée au cœur de l’ensemble face à la verrière du passage, promet de devenir l’une des adresses prisées du centre-ville. Les architectes se sont passablement concentrés sur le traitement de cet espace intérieur. Les vis-à-vis, les rapports volumétriques et les apports de lumière naturelle ont été étudiés avec minutie. Ainsi, la façade cour du bâtiment A-B est habillée d’une structure métallique rapportée dotée de larges bacs desquels se développe d’une végétation riche et variée. Ce jardin vertical filtre les regards et la lumière naturelle dans les bureaux et donne à la cour un caractère inédit.

Les efforts se concentrent actuellement sur les équipements techniques et les futurs aménagements intérieurs. Les besoins des locataires se précisant, quelques adaptations s’avèrent nécessaires. Les surfaces brutes leur seront remises début 2015, alors que l’ouverture au public des nouveaux commerces devrait avoir lieu au second trimestre 2015.

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Principaux intervenants

Maître d’ouvrage UBS SA, Genève

Représentant du maître d’ouvrage TEKHNE SA, Lausanne

Architectes et pilotes du groupement des mandataires Richter•Dahl Rocha & Associés architectes SA, Lausanne

Groupement des mandataires

IngPhi SA, Lausanne

BG Ingénieurs Conseils SA, Châtelaine

L’Atelier du Paysage Jean –Yves le Baron Sàrl, Lausanne

BCS SA, Nechâtel

Entreprise totale Marti Construction SA, Meyrin

Façade métallique Fahrni Fassadensysteme AG, Lyss

Ferblanterie, étanchéité Genolet Toiture Concept SA, Carouge

Installation chauffage Thermex SA, Vernier

La qualité n’est pas un défaut!

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Editorial 

Selon une récente étude, dans la construction suisse de logements, le secteur du bâtiment consacre environ 8% de ses dépenses à éliminer les défauts de construction. Un montant annuel de quelque 1,6 milliards de francs. Sur les 75’000 logements en construction dans tout le pays, cela se traduit par d’interminables séances de chantier, d’infinis échanges de courriers, d’usantes confrontations devant divers avocats et juges et, globalement, un niveau difficilement mesurable de stress, de nervosité, de démotivation et de tensions au sein des entreprises.

Et les fatalistes de répéter les dictons d’usage: «cela c’est toujours passé comme ça», «cela ne changera jamais», «il n’y a que celui qui ne fait rien qui ne fait pas d’erreurs», «que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre», etc. Les plus remontés se plaignent du manque de bonne foi des mandataires et des maîtres d’ouvrage, de l’absence de plans et de planification, de l’incompétence crasse de ceux qui sont censés prendre les bonnes décisions.

Certes, tout cela est bien possible. Puisons encore dans la sagesse populaire et les locutions latines: «Nous ne sommes pas responsables des circonstances. Mais nous sommes responsables de comment nous faisons face aux circonstances.». Et encore: «errare humanum est, perseverare diabolicum»*.

Tentons une synthèse. Construire un bâtiment est à chaque fois un acte unique, chaque immeuble est un prototype. C’est un processus relativement long qui implique un nombre important d’intervenants différents. Qu’il y ait des défauts n’est finalement pas étonnant. Toutefois, dire que cela est inévitable et ne rien tenter pour améliorer les choses n’est pas acceptable. Les coûts liés à la réparation des défauts sont exorbitants; le déficit d’image qui en découle pour le secteur est tout aussi néfaste. Pourtant, bien des entrepreneurs continuent de se tirer une balle dans le pied, chantier après chantier*. Par esprit pratique, poussés par l’envie de faire (et pas toujours de bien faire), dans l’idée de répondre aux attentes de leur client, ils en oublient bien souvent quelques règles fondamentales.

Refuser un mandat si l’on en a pas les compétences 

Le guide «Les défauts dans le bâtiment, recommandation pour exécutants et décideurs» édité par la SSE et l’ETHZ vient de paraître en français. Il est un outil d’analyse et de réflexion précieux. Voici quelques principes: Avant d’accepter un mandat, chacun doit s’assurer d’avoir les compétences pour le mener à bien. Si l’exécutant remarque un problème de conception, il est en devoir de le signaler.

Lorsqu’une étape se termine, il est judicieux de procéder rapidement à la réception des travaux. Tout doit être consigné par écrit et figurer clairement dans les procès-verbaux.

Suivre son activité avec rigueur et sérieux comprend des tâches administratives nombreuses et souvent rébarbatives, c’est un fait dont il faut s’accommoder. Refuser d’accomplir un mandat si l’on en a pas les compétences humaines ou techniques, exiger des plans détaillés avant de réaliser les travaux ou demander la formalisation écrite des requêtes du client ne sont pas des aveux de faiblesse ou des impairs envers le rapport de confiance établi. Peux-t-on vous reprocher de vouloir bien faire votre travail? L’entrepreneur sera systématiquement mis en cause lorsqu’un défaut apparaîtra. Réagir rapidement face un problème et garder l’historique de toute intervention permettra de situer la responsabilité de chacun. Cette approche raisonnée est une marque de crédibilité et un gage de qualité … et la qualité n’est pas un défaut!

Fonction: production!

fehr 1FEHR+Cie SA, La Chaux-de-Fonds

Fondée en 1924, la société Fehr + Cie SA fabrique des cadrans pour le compte de différents horlogers de la région. Comptant aujourd’hui une centaine de collaborateurs, elle regroupe ses activités dans un nouveau bâtiment qui s’articule autour d’un hub central, cœur de la production.

En nonante ans d’existence, la société Fehr + Cie SA s’est forgé une solide réputation. Pionnière à maintes reprises dans le développement de nouvelles techniques de fabrication de cadrans, l’entreprise traverse le siècle et les soubresauts de l’histoire ainsi que les aléas typiques de toute entreprise familiale. Fondée en 1924 par Arnold Fehr, rejoint par son fils André durant près de vingt ans, la société est l’une des premières à être dirigée par une femme – Nelly Fehr, épouse d’André – lorsque père et fils décèdent à quelques mois d’intervalle en 1943. Malgré les réticences initiales de la part d’une frange de la clientèle et des collaborateurs, Nelly Fehr mènera l’entreprise d’une main de maître

jusqu’en 1962. Discrétion, sérieux, savoir-faire et force d’innovation sont les traits qui caractérisent les personnalités qui se succèdent et se côtoient à la tête de l’entreprise et en imprègnent l’esprit.

La croissance est continue et le nombre de collaborateurs ne cesse d’augmenter. L’activité s’enrichit au fil des ans. Elle est aujourd’hui en grande partie automatisée et informatisée. Les compétences se diversifient: galvanoplastie, atelier de vernissage et de laquage, ainsi que fabrication d’appliques. Avec l’acquisition en 2007 d’un nouveau site de production, la société chaux-de-fonnière intègre Technofrap SA, une entité active dans la réalisation de frappes pour cadrans et appliques. En 2012, elle acquiert la Maison Mayor, une référence en matière de guillochage. Fehr+Cie SA poursuit ainsi une logique de concentration de compétences. Aujourd’hui, l’entreprise compte une centaine de collaborateurs et produit plus de 200 000 cadrans par an. Le nouveau site sera inauguré en juillet 2014. L’entreprise pour- suit son développement et mise sur la création de nouveaux emplois d’ici à 2018.

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La production au centre

Le nouveau bâtiment de l’entreprise Fehr + Cie SA s’intègre comme un élément structurant dans le secteur d’activités des Eplatures à l’ouest de la ville de La Chaux-de- Fonds. Conçu comme une pièce unitaire intégrée dans le terrain, l’édifice entre en dialogue avec ses voisins et réagit à la pente par un positionnement précis des différents niveaux d’entrée, l’accueil des visiteurs se faisant au rez-de-chaussée supérieur.

Il en résulte une structuration du lieu, non seulement au niveau des espaces intérieurs de l’édifice, mais également des aménagements extérieurs, cette nouvelle pièce urbaine initiant un système de dessertes et de terrasses pour le développement futur de l’ensemble du site.

Le regroupement de la production en un lieu unique représente un choix stratégique important dans l’histoire de l’entreprise. L’organisation intérieure du nouveau bâtiment reflète cette stratégie, en réunissant autour d’un espace central les fonctions de production, de réception et d’administration. Structurant les parcours dans l’édifice, ce secteur à double hauteur constitue un espace de référence au cœur de l’édifice, qui amène de la lumière naturelle et sert à la fois de zone d’accueil, de show-room et de lieu de rencontre.

Un continuum spatial à partir de cet espace central permet ensuite de relier efficacement l’entrée des visiteurs (à l’est) et celle des employés (depuis le parking au rez-de-chaussée inférieur). Cette configuration rélève par ailleurs des liaisons – tant verticales qu’horizontales – très fonctionnelles, dont une par l’intermédiaire d’une passerelle spectaculaire à travers l’espace central. L’administration est regroupée du côté nord et bénéficie d’un large dégagement sur le paysage, tandis que la production est située dans la partie sud du bâtiment, organisée autour d’un hub central inhérent aux modalités de production des cadrans.

Le programme des locaux contient des espaces à vocations très spécifiques, présentant des exigences liées à une technique de production de pointe. Le bâtiment répond à l’ensemble de ces exigences, tout en intégrant également une certaine flexibilité dans son essence structurelle et constructive.

La structure du bâtiment repose en effet sur l’utilisation d’une ossature répétitive en béton armé, tandis que les parois de sépara- tion sont conçues de manière non porteuse. Cette configuration autorise une certaine flexibilité des aménagements intérieurs dans le futur. Par ailleurs, le positionnement des espaces de production et d’administration de part et d’autre de l’espace central offre diverses possibilités pour d’éventuelles extensions futures sans devoir interrompre le fonctionnement de la manufacture.

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Matérialité et expression

Le concept du bâtiment reposant sur son essence fonctionnelle et structurelle, la démarche architecturale n’a pas intégré de volonté de «designer» artificiellement le bâtiment pour en travestir l’expression. Les différents choix réalisés au niveau des espaces intérieurs ou des éléments de façade découlent du concept adopté pour l’ensemble. Il en ressort un édifice aux lignes simples et résolument contemporaines, dont l’identité est adaptée à sa vocation, empreint de fonctionnalité et de force, diversifié et cohérent, dense et aéré, audacieux et pragmatique.

Exprimant la réunion des diverses activités sous un même toit, les façades situées à l’extérieur du volume sont constituées de panneaux métalliques de couleur anthracite. Ceux-ci permettent de rythmer la façade d’éléments pleins et vitrés sur les quatre côtés de la manufacture, avec la volonté de ne pas exprimer de distinction significative entre les espaces de production ou d’administration.

Une découpe importante est ensuite réalisée dans le volume primaire. Elle relie l’extérieur et l’intérieur du bâtiment en se prolongeant de l’espace central jusqu’à la façade ouest.

Exprimée par l’intermédiaire d’une couleur vive et lumineuse, cette découpe permet non seulement de marquer les différentes entrées dans l’entreprise , mais également d’ouvrir une perspective vers le paysage depuis le cœur de l’édifice. (Texte et informations: Bauart Architectes et Urbanistes SA/ Fehr + Cia SA). •

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Succès historique

Rétrospective - Baumaschinenmesse 2014, Bernespécial machines_foire Berne 1

Les prévisions favorables de la Foire des machines de chantier 2014 se sont concrétisées: le déroulement positif de la foire reflète le vif intérêt porté aux secteurs des machines de chantier, du coffrage et des accessoires. Les organisateurs tirent un bilan positif.

Déjà avant le début de la foire, une forte demande émanant de la branche était perceptible: plus de 250 exposants occupaient jusqu’au dernier des 80000 m2 du parc d’exposition. « Nous nous réjouissons que plus de 23000 visiteuses et visiteurs soient venus confirmer ces signes positifs », déclare Rolf Krähenbühl, responsable de la Foire des machines de chantier. malgré un temps au beau fixe, la foire a en effet réussi à enregistrer le deuxième meilleur résultat de son histoire.

« plus grande plateforme d’innovation de la construction en Suisse »

L’Association suisse de l’industrie des machines de chantier VSBM, initiatrice de la manifestation, est elle aussi très satisfaite du déroulement de la plus grande foire nationale de la branche, comme le confirme son président Marcel Hartl: «La qualité des visiteurs s’est révélée excellente et les exposants ne cachent pas leur satisfaction. La foire a permis de nouer des contacts très prometteurs et de conclure de nombreuses ventes.» La Foire des machines de chantier VSBM à Berne est la plus grande plate-forme d’innovations et de tendances de la branche de la construction en Suisse. Elle en est déjà à sa quatorzième édition. Pendant six jours, plus de 250 exposants ont présenté les nouveautés et les tendances en matière de machines de chantier, des coffrages et d’accessoires sur le parc d’exposition de Bernexpo. Les visiteuses et les visiteurs provenaient en grande partie du secteur de la construction et des branches apparentées.


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Daniela Gilgen, responsable marketing de l’entreprise Hutter Baumaschinen AG, devant la nouvelle Kubota U27 présentée en première mondiale.

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Carlo Latino, conseiller technique au sein de l’entreprise Robert Aebi AG. Le groupe Volvo propose une gamme complète de camions et de machines de chantier toujours à la pointe de la technologie. Le nouveau Volvo FH a été élu international Truck of the Year 2014.

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Les importateurs redoublent d’initiatives pour répondre aux demandes du marché suisse. C’est le cas de Alexander Stehli, Président-directeur général de la société Carl Heusser AG. En étroite collaboration avec ses partenaires fabricants, il développe des engins aux caractéristiques uniques tel le dumper sur chenilles NC RT 1.5 3W (largeur totale 993 mm) doté d’une benne basculante à trois côtés. 

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Franz Kissling (deuxième depuis la gauche), CEO du groupe Kuhn, est entouré des représentants romands Jean-François Grogg, Guy Dafflon et Michel Dauphin devant la nouvelle pelle Komatsu Hybrid HB215LC. 

 

 

Laboratoire d’habitation

picpic-lmi 1Urbanisme – Pic-Pic et LMI du Parc Hentsch, Genève

L’ancien site industriel Pic-Pic ainsi que le stade des Charmilles laissent place à une vaste opération d’aménage- ment urbain. Autour des 3 hectares de parc public c’est un véritable laboratoire d’habitation qui prend forme: des lofts, des PPE, des logements à loyers contrôlés ainsi qu’une coopérative donnent vie à un ensemble exemplaire.

Cette portion de la ville a connu ses heures de gloire. C’est dans les années de l’avant-guerre que naissent ici les voitures Pic-Pic dont les modèles de pointe remportent moult Grands Prix et battent divers records de vitesse lors de compétitions de niveau mondial. La fabrication d’automobiles cesse en 1921, mais l’activité industrielle ne quitte pourtant pas les lieux. Armement, horlogerie, production de machines à coudre se succèdent et se côtoient, regroupant sur le site, au plus fort de l’activité, près de 10 000 travailleurs.

Ce sont aussi les pages glorieuses du football genevois qui s’écrivent ici. Le Stade des Charmilles est construit en 1930 à l’occasion de la Coupe des Nations, tournoi amical organisé dans le cadre du 40e anniversaire du club. Dans cette enceinte, devenue mythique pour les supporters, le Servette FC remporte dix-sept titres de champion, détenant jusqu’à aujourd’hui le deuxième meilleur palmarès de Suisse. Le stade a une capacité initiale de 9300 spectateurs; il en accueille quelque 20 000 lors des cinq matchs de la Coupe du Monde de 1954 qui y sont organisés et jusqu’à 27’000 en 1962 alors que les «grenat» remportent un deuxième titre consécutif devant le Lausanne Sport et le FC La Chaux-de-Fonds. Il ferme en 2002 au profit du tout nouveau Stade de Genève érigé à la Praille, puis est démoli en 2011.

L’ensemble du site, est aujourd’hui intégré à un vaste projet de revalorisation. Le premier bâtiment de l’ancienne usine est restructuré et surélevé. Baptisé «The Factory», il abrite 23 lofts et 12 nouveaux appartements dans la surélévation. Une deuxième aile est démolie et remplacée par un nouvel immeuble. Dénommé «The Residence», il totalise 72 logements. A l’autre bout du parc, à l’emplacement même de l’ancienne tribune principale du stade, prend place un troisième immeuble, le LMI-du-Parc (logements à mixité intégrée) fort de 140 logements.

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Industrie lourde

La surélévation de l’ancienne usine engendre des travaux lourds et importants. Toutes les fondations sont reprises. Les semelles filantes existantes sont mises à nu et l’ensemble de cette ancienne trame est goujonné et connecté à un nouveau radier général d’une trentaine de centimètres d’épaisseur. Des grosses barres de raccordement (diamètre 32 mm) sont placées autour des poteaux afin de renforcer ces points sensibles et d’éviter tout risque de poinçonnement. Ce travail structurel de base comprend également diverses reprises en sous-œuvre et le forage d’une série de micro-pieux, notamment sous le mur mitoyen entre l’ancien bâtiment et la nouvelle aile.

Si les poteaux existants se révèlent globalement adéquats à la reprise des charges de la nouvelle typologie, ceux du dernier niveau ne sont pas suffisamment résistants pour reprendre les charges de la surélévation. Zone par zone, la dalle de toiture est étayée, les poteaux existants démolis puis reconstruits dans les mêmes dimensions mais avec une armature adéquate. L’ancienne toiture – composée d’un système à nervures et d’une dalle très fine (à peine 5 centimètres) – a été utilisée comme coffrage pour la nouvelle dalle. Armée et d’une épaisseur de 20 centimètres, celle-ci reprend et répartit les charges de la surélévation.

Le même système à nervures, typique de l’époque, compose le plancher de tous les niveaux. On lui ajoute 15 centimètres de béton allégé afin d’améliorer les propriétés phoniques et de protection incendie de l’ensemble. Quelques profilés métalliques et de nouveaux sommiers sont introduits ponctuellement pour optimiser la statique de l’ouvrage. La «lecture» minutieuse de la structure existante et la finesse des interventions révèle le remarquable travail des ingénieurs.

Deux cages d’escalier existantes, rapportées au volume principal, doivent être conservées et sont remises à neuf. De nouveaux ascenseurs y sont intégrés. L’accès aux appartements se pratique via des coursives ouvertes. De plus, deux nouvelles cages de circulation verticale sont créées au cœur du bâtiment afin de desservir les niveaux supérieurs. Les volumes intérieurs donnent tout leur caractère à la réalisation: hauts plafonds en béton nervuré, éléments de structure apparents et adjonction de quelques éléments fermés pour articuler les nouvelles fonctions.

Inscrit dans le prolongement de l’ancienne usine, le nouvel immeuble s’élance sur près de 90 mètres de long. Il affirme avec force sa modernité et ses lignes horizontales très marquées semblent vouloir dialoguer tant avec le contexte actuel du lieu qu’avec son passé. Là encore, béton et métal alternent. Les appartements, tous destinés à la vente, ont des proportions plus usuelles mais non moins généreuses. La variété et l’originalité des typologies est remarquable: duplex-jardin, duplex aux étages, quatre pièces, cinqs pièces et attiques-terrasses répondent aux attentes des acheteurs les plus exigeants. De deux niveaux plus haut que son voisin, ce nouvel immeuble reçoit le label Minergie.

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Habitat évolutif

Le bâtiment LMI, situé le long du chemin des Sports, est construit en limite ouest du secteur; il jouit d’un rapport privilégié avec le futur parc. L’orientation principale du bâtiment est est-ouest, pratiquement tous les appartements sont traversants et profiteront du dégagement visuel à l’est, avec, au premier plan, l’espace vert aménagé du parc.

Le bâtiment intègre un nouveau concept de logements à mixité intégrée (LMI). Il s’agit d’offrir des surfaces qui s’adaptent à l’évolution familiale en créant une cellule autonome à usage multiple avec entrée séparée. Cette cellule est reliée à l’appartement par la cuisine; elle sera aménagée d’un WC/douche et d’une kitchenette en option. Les occupations possibles sont: profession indépendante (télé travail, thérapeute, esthéticienne, etc.) ou personne âgée, adolescent, fille au pair, nounou, maman de jour, etc.

Le bâtiment comporte neuf niveaux dont huit niveaux de logements le rez-de-chaussée est ouvert, il accueille les six entrées, les locaux à poussettes, une buanderie ainsi que divers locaux disponibles pour différentes activités. Les six entrées distribuent 140 logements, dont 96 logements en HM et 44 logements en PPE. Sur les 44 appartements en PPE, 28 intègrent la pièce LMI.

La structure porteuse de l’immeuble est exclusivement en béton armé avec des murs et des dalles plates coffrés et coulés insitu. Les façades sont en éléments préfabriqués à ossature bois et panneaux de bardage extérieurs. Les fenêtres sont constituées de cadres bois- métal. Les fenêtres des chambres disposent de stores à lamelles à commande électrique. Les balcons sont continus sur toute la façade de l’immeuble, ils sont en béton préfabriqué. Les garde-corps sont en béton préfabriqué alterné avec des éléments de verre translucide, les séparations de balcon sont en verre translucide.

La construction est réalisée afin d’atteindre le standard Minergie comprenant le système de ventilation double flux, avec une récupération de chaleur de haut rendement au moyen de panneaux solaires en toiture, assurant 30% de la production d’eau chaude. La production de chaleur est assurée par le chauffage à distance des SIG, les appartements sont chauffés à basse température par le sol. La production d’eau chaude sanitaire est assurée par le chauffage à distance et par l’installation de panneaux solaires en toiture. L’immeuble ne comporte aucune alimentation au gaz.

Un parking de plus de 300 places, sur un seul niveau, court sous le nouveau bâtiment puis sous le parc, sur près de 300 mètres de long. Entre les immeubles, le futur parc Gustave et Léonard Hentsch s’étend sur 3 hectares. Entièrement aménagé par la promotion, il sera remis à la Ville de Genève qui en assurera l’entretien.

 

 

 

Rome ne s’est pas faite en un jour

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Le 10 avril dernier, le conseiller d’Etat Antonio Hodgers, chef du Département de l’aménagement, du logement et de l’énergie (DALE) du Canton de Genève, se félicitait devant la presse de la nouvelle étape franchie par le projet de futur quartier Praille-Acacias-Vernets (PAV). En effet, le plan directeur de quartier (PDQ) a été mis en consultation publique dès cette date. L’occasion pour rappeler les enjeux de ce mégaprojet. Il s’agit de redéfinir l’affectation d’une portion de territoire destinée à devenir un nouveau centre-ville: 230 hectares situés sur les communes de Genève, Carouge et Lancy, voués à accueillir 11 000 nouveaux logements et 11 000 nouveaux emplois.

Si les confrontations se sont concentrées ces dernières années sur le nombre de logements, et en particulier de logements sociaux, que le futur quartier devrait accueillir (ndlr: le taux de logements sociaux est passé de 50% à 30% dans la dernière mouture du projet), lors de sa présentation en 2007, ce sont les tours prévues (175 mètres de haut) qui avaient attiré l’attention. Des «signaux urbains» forts, susceptibles d’identifier le quartier et de donner un élan décisif à l’ensemble du projet. Pris par un enthousiasme quelque peu naïf et me réjouissant de voir de mes yeux la mutation d’une ville qui m’est chère, je réalisai à cette époque une interview de Robert Cramer, alors conseiller d’Etat (somnolent) à la tête du Département du territoire. A la question: «Quand verrons-nous les tours? », il avait répondu, le plus sérieusement du monde: «2012-2015 me semble plausible pour les bâtiments les plus importants.»

«après sept ans de travail, les bases mêmes du projet doivent être reprises»

Plusieurs législatures se sont succédées depuis, ainsi que quatre directeurs/directrices de projet. La dernière en date, Nathalie Luyet Girardet, a quitté son poste au début de l’année pour devenir la nouvelle cheffe du projet Pôle Gare de Lausanne. Un rôle plus proche du terrain et un projet qui va prendre forme en quelques années. De quoi motiver une professionnelle dont le domaine de prédilection est l’urbanisme opérationnel. Et de quoi raviver l’impression, que beaucoup ont, que les choses avancent toujours plus vite à Lausanne qu’à Genève.

Se pose à nouveau la question de la gouvernance. Les perpétuels remaniements et changements de nom des départements du Gouvernement genevois ne sont sans doute pas étrangers à ce sentiment de flottement qui entoure les grands projets du Canton. Sans douter de la bonne volonté et de la bonne foi d’Antonio Hodgers, l’entendre dire «qu’aujourd’hui il essaie de travailler sur l’ossature du projet» a quelque chose de désolant: après sept ans de travail, d’études et d’investissements, les bases mêmes du projet ne sont pas claires et doivent être reprises! Certes, c’est la réalité du terrain. Le secteur n’est pas une friche à l’abandon que l’on peut raser et reconstruire aisément. Elle grouille d’activités et d’habitants. Des entreprises d’envergure vont devoir déménager. Des tours en 2015? Sûrement pas! Si tout se passe bien, quelque 1500 logements verront le jour sur le site de l’actuelle caserne … d’ici à 2020. Le ton se fait plus réaliste. Le PAV est une mutation échelonnée sur les trente à cinquante prochaines années. Patience, Rome ne s’est pas faite en un jour

Transmission de pensée

 epfl SwissTech 2SwissTech Convention Center, EPFL, Ecublens 

Après l’audacieux Rolex Learning Center, l’EPFL se dote d’un nouveau bâtiment qui promet à son tour de faire parler de lui. Le SwissTech Convention Center, ambitieux centre de congrès d’une capacité d’accueil de 3000 personnes, vient d’ouvrir ses portes. Dictée par la fonction, sa forme unique l’apparente à un objet tiré d’un film de science-fiction!

Texte et photos: Massimo Simone

Le Rolex Learning Center est devenu l’emblème de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et a fait parler de l’EPFL dans le monde entier. Le campus, qui accueille plus de 8400 étudiants et quelque 11 000 personnes au total, professeurs et personnel compris, s’étend désormais sur 65 hectares.

Il manquait à l’école un complexe pour accueillir les grands congrès scientifiques internationaux. C’est chose faite avec le SwissTech Convention Center. «Grand, modulable, ultramoderne et niché au coeur des bâtiments d’enseignement et de recherche, il constitue un outil idéal pour brasser les idées et les connaissances scientifiques les plus récentes», pour reprendre les paroles de Patrick Aebischer, président de l’EPFL.

Situé au nord du campus, ce centre de congrès est le cœur du nouveau quartier qui comprend également une galerie marchande avec un large choix d’enseignes, 515 logements pour étudiants et un parking souterrain. L’arrêt de métro M1 et les lignes de bus sont directement reliés au site, la desserte en transports publics est donc optimale.

epfl SwissTech 3epfl SwissTech 1L’espace naît de l’intérieur

Les architectes sont partis de la volonté d’assurer une bonne visibilité à chacune des 3’000 personnes qui viendront assister aux conférences. La conception est donc née de l’intérieur, de la fonction première d’un centre de congrès qui est celle de partager une connaissance avec l’assistance. Les besoins de souplesse d’utilisation, d’espaces de rencontre, de surfaces administratives et logistiques, s’ajoutent aux réflexions premières. Ainsi, ici plus qu’ailleurs, la structure et l’enveloppe sont assujetties au programme.

Pour donner forme à ce programme, le défi principal est celui de libérer un volume suffisant. C’est donc un étroit dialogue qui s’est noué entre les architectes et les ingénieurs. Ensemble, ils ont mené une grande recherche sur les schémas statiques qui les ont conduit à la conception de deux méga-poutres qui sont l’âme du bâtiment. C’est une structure métallique tridimensionnelle de 110 mètres de long par 80 mètres de large qui s’inspire des châssis typiques de l’industrie automobile; un assemblage de tubes en acier dont les triangulations dessinent l’imposante ossature. Celle-ci s’appuie sur quatre piles – des noyaux de service en béton armé – placées au centre et au nord du bâtiment. Au sud, les poutres sont en porte-à-faux sur une longueur de 42 mètres! Soucoupe volante, scarabée géant, Transformers en mutation … des images de science-fiction viennent spontanément à l’esprit! Une étude indépendante est lancée pour calculer et optimiser les nœuds d’assemblage; établir la juste hiérarchie des forces est une gageure en soi! Les charges générées sont considérables. Pour permettre la déformation verticale et horizontale de la toiture, un système d’appuis glissants par piston a été mis au point.

Au total, ce sont 12000 mètres cubes de béton et 1500 tonnes d’acier qui sont mis en place. Le tout repose sur une trame de 300 pieux de 60 à 100 cm de diamètre.

Géométrie variable

Du côté du constructeur, les premières questions qui se posent ont trait à la subdivision de la structure pour pouvoir la construire, la transporter et la monter.

Vu la grandeur des éléments triangulés, pratiquement rien ne peut être préassemblé en usine et transporté tel quel. Toutes les pièces de la charpente ont donc été usinées en 3D pour permettre la soudure des tubes directement sur le chantier. Les nœuds les plus sollicités sont composés par l’assemblage de neuf tubes. Certaines pièces ont une portée de plus de 40 mètres entre appuis.

La définition des assemblages, la hiérarchie des nœuds, la géométrie variable des éléments triangulés ajoutent à la difficulté de fabrication. Mais, au-delà de la fabrication en atelier, le gros défi se trouve sur le chantier. Absolument tous les assemblages sont soumis à un contrôle par ultrasons. Même les nœuds classiques sont assez imposants. Les méga-poutres sont soudées alors que la partie centrale qui couvre la salle entre les deux poutres est boulonnée.

Trois phases d’étayage sont nécessaires pour le montage de chaque poutre. Le site se révèle être relativement exigu par rapport aux interventions et aux engins nécessaires. Le sol, de plutôt mauvaise qualité, impose une attention particulière pour la validation de tous les points d’appuis et pour ne pas courir le risque d’une perforation de la dalle ou du radier. La structure à elle seule totalise 850 tonnes d’acier et quelque 2700 pièces distinctes livrées sur le chantier.

Au-delà de la charpente métallique, d’autres parties du bâtiment sont elles-aussi un concentré de défis techniques. Entre les deux piles, la liaison intermédiaire qui soutient le balcon et les gradins s’apparente à un pont. La façade, avec ses surfaces imposantes et sa complexité propre, est un ouvrage en soi.

Estimé à 225 millions de francs et issu d’un partenariat public-privé (PPP) entre la Confédération, l’EPFL, HRS Real Estate SA et deux fonds immobiliers du Credit Suisse SA, le SwissTech Convention Center a été inauguré le 3 avril.

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Nouvelles technologies

Couleur soleil

Pas moins de 300 mètres carrés de cellules photovoltaïques à colorant sont intégrés dans la façade ouest du SwissTech Convention Center de l’EPFL. Ce prototype est la première application de cette technologie sur un bâtiment public. Les panneaux translucides, construits et assemblés par des PME de la région (Solaronix, à Aubonne, et Hevron, à Courtételle), exploitent une invention de Michael Graetzel chercheur à l’EPFL. Intégralement financée par Romande Energie, cette réalisation constitue une nouvelle concrétisation du partenariat conclu entre Romande Energie et l’EPFL pour développer un parc solaire d’envergure et mener des projets de recherche et développement. Elle s’inscrit pleinement dans la stratégie de l’EPFL de ne consommer que du courant d’origine renouvelable.

Le projet tire parti du potentiel particulier de ce type de cellules. Translucides, elles sont également indifférentes à l’angle d’incidence de la lumière et peuvent être déployées verticalement sans aucune perte de rendement. En plus de produire de l’électricité d’origine renouvelable, elles protègent le bâtiment de l’ensoleillement direct, et réduisent ainsi le recours à une énergie de refroidissement.

Inventées en 1991 par Michael Graetzel, professeur à l’EPFL, les cellules à colorant reproduisent les principes du processus de photosynthèse à l’œuvre dans les feuilles des végétaux. Le vitrage photovoltaïque doublant la façade ouest du SwissTech Convention Center constitue la première intégration architecturale en extérieur de cette technologie de pointe. En collaboration avec le laboratoire Graetzel et le bureau Richter • Dahl Rocha & Associés, l’artiste Catherine Bolle a imaginé une composition chromatique compatible avec cette nouvelle technologie.

Se déployant sur quelque 300 mètres carrés, cette installation doit démontrer le potentiel de ce type de cellules et constituer une première étape vers leur production et leur utilisation à grande échelle.

Ce projet de vitrage photovoltaïque est l’aboutissement d’une longue politique d’innovation menée à l’EPFL. Pas moins de onze entreprises ont acheté une licence dans le but de mettre sur le marché les cellules Graetzel. Cette première intégration architecturale est d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec Romande Energie, partenaire clé de l’école dans le domaine énergétique.

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Modularité

Soirée de gala

La technologie «Gala System» permet la transformation rapide et automatique de plate- formes de scènes et de rangées de sièges amovibles pour y accueillir des événements différents. Les éléments du système breveté au Canada «Salle Gala» permettent de configurer automatiquement une salle de congrès en de multiples configurations différentes, répondant aux critères particuliers de chaque événement et du public.

Cette opération qui consiste à faire passer les sièges à volonté du dessus au-dessous de l’unique plancher de la salle est effectuée grâce à un système novateur de pivots motorisés dissimulés sous la structure des plateformes et reliés à chaque groupement de sièges. D’accès facile depuis le foyer, la salle plénière est donc totalement modulable et innovatrice. Elle peut se transformer en 15 minutes d’une salle de congrès avec gradins en zone d’exposition ou de banquet entièrement plane grâce à la technologie «Gala System» dont elle est équipée et qui est installée pour la première fois en Europe à une telle échelle. En marge de la salle plénière de 2206 places, un balcon de 794 places permet d’atteindre 3000 places. La modularité est impressionnante et quelque quinze variantes types sont à la disposition des organisateurs. Une animation vidéo à voir sur le site dédié www.tstcc.ch en donne la démonstration.

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Principaux intervenants

maîtres d’ouvrage

Partenariat public-privé (PPP): Confédération, EPFL, HRS Real Estate SA deux fonds immobiliers du Credit Suisse SA (CS REF Hospitality, CS REF LivingPlus)

Entreprise totale

HRS Real Estate SA, Crissier

Architectes

Richter • Dahl Rocha & Associés architectes SA, Lausanne

Ingénieurs civils

Ingeni SA, Lausanne Daniel Willi SA, Montreux

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