La Suisse en or!

BIM D’OR – Nouvel hôpital Limmattal

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L’édition 2015 des BIM D’OR a vu le projet de construction du nouvel hôpital Limmattal à Schlieren, près de Zurich, un projet dont le développement et la réalisation reviennent à Losinger Marazzi SA, remporter le prix de la catégorie projets internationaux.

Mercredi 16 septembre 2015 a eu lieu, à Paris, la remise des prix des BIM D’OR 2015, concours qui récompense les meilleures utilisations du BIM (Building Information Modeling) et de la maquette numérique. Elle était organisée par Le Moniteur, la revue hebdomadaire de référence en France dans le domaine de la construction, et les Cahiers techniques du bâtiment. Le concours distinguait, pour la deuxième année consécutive, les projets mettant en œuvre de nouvelles pratiques autour du BIM. Il comportait dix catégories pour lesquelles pas moins de cent huit dossiers ont été déposés.

Une organisation numérique
au service du projet
Dans la catégorie projets internationaux, la palme est revenue à celui du nouvel hôpital Limmattal, développé et réalisé par Losinger Marazzi SA en collaboration avec BFB Architekten à Zurich et Brunet Saunier Architecture à Paris. Le jury a particulièrement apprécié la centralisation des données et la fluidité permanente des échanges, entre tous les participants au projet. Le processus de synthèse 2D permet de gérer l’ensemble des remarques et des modifications sous la forme d’annotations numériques. La traçabilité de l’évolution du projet devient effective. La synthèse 3D permet à tous – architectes (BFB Architekten à Zurich et Brunet Saunier Architecture à Paris), ingénieur civil (BG Ingénieurs) et ingénieur chauffage ventilation climatisation sanitaire CVCS (Hans Abicht) de détecter les conflits entre les métiers et de les résoudre lors des réunions de coordination.

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Modélisation des données du bâtiment                                                                      Le BIM constitue la première étape d’une numérisation intégrale du monde de la construction. Il induit une nouvelle qualité dans les échanges entre les différents intervenants. Tous ceux qui sont impliqués dans les études et l’exécution travaillent simultanément à un même processus. Ils ont accès aux mêmes données, toujours actualisées et sans redondances. En d’autres termes, ils parlent la même langue. Le BIM va au-delà des logiciels classiques de conception assistée par ordinateur (CAO). Ainsi, il permet de simuler le projet sous différents aspects (thermiques, sismiques, éco-conception, etc.) et de prévoir l’organisation du chantier (matériaux et matériels, personnel, etc.). On parle de 3D, 4D, 5D, 6D et même 7D! (4D = image 3D avec le planning des délais; 5D = image 3D avec la calculation des coûts; 6D = image 3D avec les simulation de l’efficacité énergétique; 7D = image 3D avec les informations liées à l’exploitation ou Life Cycle Management).

Construire avant de construire                                                                                          Le BIM permet de réaliser une construction numérique avant la réalisation …

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Big Data Paradise

Le plus grand data center de Suisse                                                                   CHR 9_safe host 1L’entreprise genevoise Safe Host est en train de construire ce qui sera le plus grand data center de Suisse. Avant de pouvoir installer 80000 serveurs informatiques sur plus de 14000 m2 il faut construire un immense bâtiment et le doter de toutes les sécurités physiques et techniques nécessaires.

« Essentiellement, c’est une grosse boîte à chaussures! » Difficile pour un architecte de parler de concept et d’image au moment de construire un data center. Et en particulier celui-ci, qui sera le plus grand de Suisse, avec ses 123 mètres de long, 40 de large, 23 de haut et un total de 14 000 m2 de surfaces dédiées à la location.

En effet, un tel bâtiment est fondamentalement fonctionnel et technique; la grande activité qui s’y déroule se concentre dans les milliers de serveurs informatiques qu’il accueille. La demande d’hébergement et de sécurité de données ne cesse de croître. Née en 2000, Safe Host vante déjà une longue expérience … découvrez le reportage complet dans notre édition de décembre 2015, contactez Tania et recevez un exemplaire gratuit!

Mais, qui va payer?

JOURNÉE INFRA 2016 – Infrastructures romandes, avec quel financement?

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Pour sa 10e édition, la traditionnelle journée Infra, qui aura lieu le 2 février prochain à l’EPFL, revient sur le thème central du financement des infrastructures. Deux conseillers d’Etat seront notamment présents pour débattre des enjeux politiques et économiques qui y sont liés. Le célèbre philosophe et écrivain ainsi qu’ancien ministre français Luc Ferry donnera, quant à lui, une conférence sur le thème de l’innovation et de l’avenir de la mobilité.

Le développement démographique et économique romand se poursuit avec force. N’en déplaise à quelques bien-pensants des bords de la Limmat, c’est bien la région lémanique qui, ces dernières années, se montre la plus dynamique du pays. Cette ardeur a aussi son corollaire de nuisances, dont la non-fluidité du trafic est la plus évidente.

Certes, beaucoup de chantiers sont ouverts. Néanmoins, pour l’heure, il reste évident que les infrastructures de la région ne sont pas encore à la hauteur des attentes et des besoins de la population et de l’économie.

Alors que le Conseil fédéral vient d’imposer sa clé de répartition sur le financement du rail lié au FAIF (projet de nancement et d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire) et qu’il devient clair que le fonds FORTA ne sera pas suffisant pour tous les projets, la question du financement reste ouverte.

«avant de construire, il faut financer»

Qu’il s’agisse de la traversée de la Rade, des goulets d’étranglement, du contournement de Morges ou des paquets pour les projets d’agglomération 1 et 2, la volonté n’est pas suffisante. Afin que la construction puisse se faire, le financement doit être assuré; à l’heure actuelle, seule règne l’incertitude.

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Jusqu’où aller?

Le débat, au programme de la prochaine journée Infra, s’annonce donc animé. La manifestation – qui est la plus importante du secteur de la construction en Suisse romande – regroupera quelque deux cents professionnels le 2 février prochain à l’EPFL. La conseillère d’Etat, Nuria Gorrite, cheffe du département des infrastructures et des ressources humaines du Canton de Vaud, Luc Barthassat, conseiller d’Etat genevois chargé du département de l’environnement, des transports et de l’agriculture, ainsi que le président central du Touring Club Suisse (TCS) Peter Gœtschi et le vice-président de l’Association suisse des transports routiers (ASTAG), échangeront sur le thème «Enjeux, jusqu’où doit-on aller? Jusqu’où peut-on aller?»

En deuxième partie, c’est le philosophe et écrivain français ainsi qu’ancien ministre Luc Ferry qui présentera une conférence intitulée «Innovation et nouvelles technologies – l’avenir de la mobilité en question». •

Informations et inscriptions:                                                                                 www.infra-suisse.ch/journee

L’eau, la vie

aqua pro gaz 2016, BulleCHR 9_aqua pro 3

La 8e édition du salon aqua pro gaz aura lieu du 20 au 22 janvier 2016 à Espace Gruyère à Bulle. Evénement bisannuel et unique salon professionnel suisse spécifiquement dédié aux domaines de l’eau potable, du gaz et de l’assainissement, elle regroupera près de cent vingt exposants. Pour son édition 2016, le salon a choisi d’accueillir comme invités d’honneur l’Association des Usiniers Romands (ADUR) et la Fondation Mhylab. Sept cycles de conférences sont à l’agenda, ainsi qu’une exposition thématique sur la gestion durable de l’eau.

L’édition 2016 réunira près de cent vingt exposants, en provenance de toute la Suisse. Parmi eux, plus d’une dizaine d’entreprises se présentent pour la première fois sur cette plate-forme, ce qui dénote l’intérêt croissant des entreprises professionnelles du secteur pour la manifestation.

Durant les trois journées, sept cycles de conférences, débats et questions-réponses sont organisés par les associations faîtières des domaines concernés (les Distributeurs d’Eau Romands DER, l’Association des Usiniers Romands ADUR en partenariat avec la Fondation Mhylab, le Groupement Romand des Exploitants de Stations d’Épuration des Eaux GRESE, la Société Suisse de l’Industrie du Gaz et des Eaux SSIGE en collaboration avec les Gaziers Romands, l’Association Suisse des Transports Routiers ASTAG avec la Fédération faîtière de formation pour la branche d’entretien des installations d’évacuation des eaux ADVK, ainsi que l’Association suisse des professionnels de la protection des eaux VSA). Le programme détaillé est accessible par téléchargement PDF du catalogue sur le site aqua-pro-gaz.ch. La participation aux séminaires se déroule sur inscription.CHR 9_aqua pro 1

Honneurs et récompenses

Deux invités d’honneur seront présents en 2016: l’Association des Usiniers Romands (ADUR) et la Fondation Mhylab, deux organismes qui rassemblent leurs compétences dans le domaine des petites centrales hydroélectriques. Section romande de l’ISBK, l’ADUR est l’association faîtière qui regroupe plus de deux cents producteurs indépendants. Mhylab conçoit des solutions sur mesure dans le développement des turbines performantes adaptées aux besoins des petites centrales hydroélectriques.

«cent vingt exposants, sept cycles de conférences»

Comme lors de chaque édition, le salon attribue une distinction à la meilleure innovation en relation aux secteurs représentés dans le salon. L’entreprise lauréate sera révélée le 20 janvier, premier jour du salon, lors de son inauguration officielle.

Le salon réussit à chaque édition à allier professionnalisme et convivialité. Situé au cœur de la Gruyère, le centre d’exposition et de congrès Espace Gruyère à Bulle séduit aussi les professionnels de cette branche par son accueil personnalisé et sa convivialité. •

aqua pro gaz 2016                                                                                                    Salon professionnel suisse de l’eau potable, du gaz et de l’assainissement
Du 20 au 22 janvier 2016
Espace Gruyère, Bulle                                                                                        www.aqua-pro-gaz.ch

Maîtriser l’information

Swissbau 2016CHR 9_planification 1

Tous les deux ans, Swissbau met le monde de la construction à l’honneur. Le salon bâlois compte parmi les plus grands d’Europe avec près de 1100 exposants et plus de 100 000 visiteurs attendus. De la conception à la réalisation, avant de construire, il faut maîtriser l’information. Swissbau est l’occasion immanquable d’avoir un aperçu complet du marché, de découvrir de nouveaux produits ou services et de multiplier les contacts ainsi que les conseils professionnels. L’édition 2016 ouvre ses portes le 12 janvier.

Nous vivons à l’ère de l’information et de la communication. Le secteur de la construction n’échappe naturellement pas à la nécessité d’acquérir, de trier, d’exploiter et de sauvegarder toutes sortes d’informations. Du choix des matériaux et des équipements d’un nouveau bâtiment, de la méthode de construction à l’exploitation et l’entretien, il y a une somme inouïe d’informations qu’il est indispensable de maîtriser.

Pourtant, l’acte de construire va bien au-delà du simple objet; à chaque construction, c’est une parcelle de notre territoire, de la ville et, nalement, de la planète, qui est transformée. Cette forte conscience est de plus en plus présente et, à toutes les échelles, la préservation de la nature et l’efficience énergétique sont une priorité. S’il appartient aux édiles, aux urbanistes et aux architectes de dessiner le développement de notre cadre de vie, la récente révision de la loi sur l’aménagement du territoire nous a montré à quel point ces questions nous concernent tous.

Le salut par la technique?

Développement des agglomérations, densification des villes, renouvellement et amélioration des infrastructures de transport ou mise à niveau du parc immobilier: les questions liées au monde de la construction sont continuellement à l’ordre du jour. Tous les deux ans, le salon Swissbau marque un temps de réflexion. L’industrie suisse de la construction se retrouve, se présente au grand public et se questionne; un peu de recul pour une meilleure vision. La prochaine édition aura lieu du 12 au 16 janvier 2016 à Bâle.

En plus des quelque 1100 stands – dont certains sont des plus impressionnants – et des innombrables nouveaux produits, les visiteurs avisés pourront assister et participer à un riche programme de conférences regroupées depuis quatre ans dans le format Swissbau Focus. Depuis son lancement il y a quatre ans, Swissbau Focus s’est établi comme un format de manifestation et de réseautage d’une grande importance, où le secteur de la construction, la politique, l’économie, les médias et les autorités se rencontrent. Des leaders d’opinion et des experts de différents domaines débattront des challenges et les opportunités actuels de l’industrie du bâtiment. Sous la devise «Salut par la technique?», les développements techniques dans la construction et leurs conséquences sur le futur seront au centre des discussions.CHR 9_planification 2                                                                                   Les nouvelles techniques et les systèmes technologiques qui sont mis en œuvre dans la construction en Suisse ont une puissance énorme. On leur attribue la capacité de modeler le futur – en particulier celui de la construction – d’une manière à la fois créative et rationnelle. On s’en remet à eux. Pourtant, la technique impose aussi des contraintes, fixe des conditions, limite le champ d’action des constructeurs, entrave la liberté et la créativité. Dans quelle mesure le salut viendra de la technique ou devons-nous nous en libérer?

«les nouvelles techniques ont une puissance énorme»

Les manifestations du Swissbau Focus se penchent sur les différents domaines spécialisés et leurs problématiques individuelles. Près de soixante manifestations, divisées en dix groupes thématiques, auront lieu. Les thèmes traités couvrent les domaines suivants: transformation numérique, aménagement du territoire, architecture et planification, construction d’infrastructures, futur énergétique de la Suisse, gestion technique du bâtiment, architecture d’intérieur, usage et entretien ainsi que formation initiale et continue.CHR 9_planification 5

Swissbau conçoit et organise les quelque soixante manifestations en collaboration étroite avec plus de trente associations professionnelles, organisations, hautes écoles et médias. L’Office fédéral de l’énergie avec le label SuisseEnergie et la SIA, Société suisse des ingénieurs et architectes, soutiennent le Swissbau Focus en tant que leading partners.

«La technique a toujours joué un rôle important dans la construction, souligne Stefan Cadosch, Président de la SIA. La numérisation croissante et la mise en réseau des processus de plani cation et de construction hissent cependant le sujet à un niveau totalement nouveau. Dans ce contexte, il est urgent de discuter des chances et des risques de cette évolution dans un format de grande envergure tel que Swissbau Focus.»

Bien sûr, la technique à elle seule ne permet pas d’épuiser le potentiel dans le domaine du bâtiment. Il faut pour cela des hommes et des femmes avec une vision et une volonté créatrice. «Nous avons besoin de solutions globales et transversales, et surtout d’une bonne et étroite collaboration au sein de l’industrie du bâtiment, mais aussi au-delà, reconnaît Daniel Büchel, Directeur du programme d’action SuisseEnergie au sein de l’Office fédéral de l’énergie. Swissbau Focus est une plateforme idéale pour cela. Elle permet des discussions sur notre avenir énergétique et pour une meilleure mise en réseau.»

La cérémonie d’ouverture, en présence de personnalités de premier plan, mettra à l’honneur l’importance économique et sociale de l’art de la construction et de l’ingénierie suisse dans la perspective de l’inauguration du tunnel de base du Saint-Gothard. •

Swissbau 2016                                                                                                            Salon suisse de la construction                                                                                        Du 12 au 16 janvier 2016                                                                                           Centre de foires, Bâle                                                                               www.swissbau.ch

Habemus BIM!

massimo portrait 4Débuté en avril 1505 et terminé en novembre 1626, le chantier de la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome, a vu se succéder moult commanditaires, concepteurs et bâtisseurs. Si les architectes les plus importants en sont Bramante, Michel-Ange et Le Bernin, on relève également et parmi d’autres, la contribution substantielle de Giuliano da Sangallo, Raphaël et encore Antonio da Sangallo le Jeune.

Ce dernier aura, durant un laps de temps, un pouvoir considérable alors que quelques- uns des ses concurrents directs sont morts ou éloignés de Rome et que le pape en charge lui confie la responsabilité de toutes les constructions pontificales.

Le chantier de la basilique dure déjà depuis plusieurs décennies et le projet a été modifié de nombreuses fois. Afin de proscrire toute modification future, Antonio da Sangallo entreprend la construction d’une maquette détaillée de l’ouvrage.

Conservée et aujourd’hui visible dans l’une des salles de la Basilique même, la maquette est impressionnante. Réalisée à l’échelle 1/30, elle ne mesure pas moins de 7,36 mètres de long, 6,02 mètres de large et 4,68 mètres de haut au niveau de la coupole. Ses coûts sont exorbitants et atteignent les 4000 écus, somme qui aurait été, dit-on, plus que suffisante à la construction d’une vraie église. Mais les montants sont justifiés à ce moment-là par la volonté du «Maître de l’ouvrage» de l’époque, la Congrégation de Saint-Pierre, qui ressent le besoin d’une maîtrise totale de l’information relative au projet. La maquette doit correspondre dans les moindres détails à la basilique projetée et la basilique construite devra respecter précisément la maquette! «Grâce elle, pense-t-on, plus besoin d’architectes, que des ouvriers exécutants!»

La construction de la maquette dure plus de sept ans ! Da Sangallo y mettra toute son énergie. Elle lui permet d’expliquer et de communiquer, et doit aussi servir de garantie. L’architecte touche et voit son projet déjà réalisé; il présavoure sa gloire sachant qu’il ne verra sans doute pas la basilique terminée de son vivant. Aujourd’hui, Saint- Pierre est l’un des monuments les plus visités au monde et l’un des symboles de la cité éternelle ainsi que de la capitale du monde catholique.

« la maîtrise totale »

Dans les pages de cette édition de «Chantiers & rénovation», vous ne trouverez pas d’images ou de reportages sur la basilique Saint-Pierre. Il y a pourtant une relation. Aujourd’hui comme par le passé, l’acte de construire est un manifeste de confiance en l’avenir. Pourtant, la brièveté de la vie ainsi que l’unicité de chaque construction, font naître dans les maîtres d’ouvrages autant que dans les concepteurs, la même angoisse: «Et si, une fois construit, le bâtiment ne correspondait pas aux attentes?». Commence ainsi la recherche de garanties de tout type, qui trouve son apogée (actuelle) dans le BIM. La maquette numérique en 3D, 4D, 5D, 6D et même 7D (voir p. 15) doit tout nous dire du futur bâtiment: comment il va être construit, combien il va coûter et consommer, comment il va être utilisé et finalement, comment il va être détruit! La maîtrise totale avant même d’avoir posé la première pierre!

Passionnante, justifiée et légitime dans ses intentions, la démarche risque là aussi d’appeler à un investissement de temps et d’argent considérable, tout comme la for- midable maquette de da Sangallo. Face à notre désir de toute puissance, rappelons qu’à sa mort, da Sangallo est succédé par Michel-Ange qui fait démolir quelques murs et modifie le projet. Bien que mort à l’âge vénérable de quatre-vingt-huit ans, Michel-Ange non plus ne verra jamais l’œuvre terminée, alors que la construction sera poursuivie (et modifiée) pas d’autres, puis par d’autres encore.

Ainsi devrions-nous accompagner nos normes, labels et anticipations technologiques d’une pointe d’humilité et d’un minimum de distance; nos certitudes et nos grandes déclarations d’aujourd’hui seront sans doute dépassées demain. Mort un pape, on en fait un autre! Habemus BIM!

Angle vif

JTI – Japan Tobacco International, Genève

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Inauguré le 27 octobre dernier, le nouveau siège de JTI est un bâtiment impressionnant. Sis dans le quartier de Sécheron à Genève, il totalise près de 38000 m2 de surface et culmine à cinquante-et-un mètres de haut.

Avec quelque 26 000 collaborateurs dans le monde et près de 11,9 milliards de dollars de chiffre d’affaire, JTI (Japan Tobacco International) tient son rang parmi les grands fabricants mondiaux de produits de tabac. Cette filiale du groupe JT est établie à Genève depuis plus de 45 ans. C’est ici que se trouve son siège social international ainsi que les activités essentielles d’un quartier général telles que les départements marketing, ressources humaines, finances, informatique, juridique et communication.

L’entreprise est présente dans cent vingt pays et exploite vint-cinq usines, dont une en Suisse. Ses activités sont également supportées par six centres de recherche et développement et cinq usines de conditionnement du tabac.

Installée dans trois bâtiments à Carouge et à Petit-Lancy, JTI vit une période de croissance. Le succès de ses activités ainsi que l’acquisition d’une nouvelle firme en 2007 ont porté rapidement le nombre de collaborateurs de 700 à 1000 aujourd’hui, ne faisant qu’accentuer le souhait de disposer d’un nouveau siège afin de regrouper tous les départements en un seul lieu.

C’est en 2009 qu’a été annoncé le lancement du projet immobilier destiné à la construction du nouveau siège social que nous vous présentons ici. Conçu par Skidmore, Owings & Merrill LLP (SOM) – cabinet d’architectes historique à qui l’on doit notamment le John Hancock Center de Chicago, la Burj Khalifa de Dubaï, la plus haute tour du monde, ou le prestigieux One World Trade Center qui vient remplacer les tours jumelles du WTC détruites le 11 septembre 2001 –, il promet d’être un nouvel emblème architectural de Genève.

zzCHR HS_JTI 2Le bâtiment prend place dans le quartier de Sécheron, sur une parcelle propriété de l’Etat cédée en droit de superficie. Anciennement dominé par les ateliers électro-mécaniques, ce quartier connaît une formidable métamorphose. La construction du siège de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), puis de celui de la société pharmaceutique Merck ont donné l’impulsion. La nouvelle gare CFF et sa passerelle de liaison, plusieurs rénovations d’immeubles voisins, ainsi que la construction de la Maison des étudiants Edgar et Danièle de Picciotto et de la Maison de la paix — deux éléments phare du campus de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) — ont définitivement scellé la transformation du secteur.

Il est intéressant de suivre la démarche entreprise par les architectes londoniens de SOM, de toute évidence impressionnés par les nombreuses qualités du site. Kent Jackson, directeur du design chez SOM, explique: «Le site en soi est source d’inspiration. Il allie à la fois la proximité des organisations internationales, de grands parcs publics, le lac et les montagnes en toile de fond. Rares sont les villes qui permettent de créer une telle har- monie avec leur cadre. Le design est conçu à partir d’une forme élémentaire que nous dégageons du sol afin de mettre l’espace en valeur. Nous souhaitons que le bâtiment puisse être reconnu de manière distincte au niveau du sol par les piétons et, dans une plus large perspective, qu’il contribue à l’identité de Genève par les contours de sa silhouette.»

Les concepteurs se sont donc plongés dans une étude fine du lieu, partant de l’échelle humaine (les parcours piétonniers dans le périmètre, les vis-à-vis, les dégagements) puis élargissant la vision jusqu’à la dimension de la ville et du panorama. Ils ont également mené une analyse détaillée des conditions climatiques du site, tenant non seulement compte du rayonnement solaire ou des variations et des pics de température tout au long de l’année, mais également des précipitations et des vents dominants ainsi que de la manière dont ils s’engouffrent dans le quartier et soufflent sur le bâtiment.

Les variations de température au cours de l’année sont toutefois importantes. Il convient d’en tenir compte afin de garantir le confort des utilisateurs. Un système automatisé de ventilation nocturne est d’emblée préconisé. De cette analyse globale est né le concept général de durabilité du bâtiment qui intègre, entre autres, les exigences du label Minergie®.

Forme et fonction

CHR HS_JTI 3 - copie 2C’est tout d’abord dans la volumétrie du bâtiment que se traduisent ces réflexions. Le plan dessine un long triangle dont les deux arêtes principales finissent par se superposer à la pointe sud. Les façades développent leur longueur en marquant des pentes successives. En partant du point le plus bas, côté sud, l’aile remonte jusqu’à l’angle nord-est – libéré de tout porteur et ouvert dans un impressionnant porte-à-faux — puis redescend jusqu’à l’angle nord-ouest.

«espace en valeur»

L’aile principale remonte ensuite jusqu’à la pointe sud, libérant de nouveau une large ouverture vers la cour centrale. Cette géométrie originale permet de maximiser la surface des façades, tant sur le périmètre extérieur que du côté cour et d’optimiser par là même l’apport en lumière. Le confort visuel des collaborateurs de la société est également accru; vue et dégagements sont garantis aux étages élevés.

Les porte-à-faux sud et est laissent pénétrer les vents dominants et facilitent l’approvisionnement en air frais, qui est ensuite canalisé et alimente le système de ventilation intérieure. La toiture est recouverte d’une végétation variée. Cette toiture verte participe également au concept climatique et écologique du bâtiment. Elle se divise en deux secteurs, passant progressivement d’une terrasse végétalisée aménagée à une zone de végétalisation intensive et extensive.

 

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Concentré de haute technologie

Le jeu savant des volumes tient donc compte de l’implantation du bâtiment et de son environnement à grande échelle. Mais la ré exion ne s’arrête pas là.

Poussant le détail, la façade rideau extérieure est composée de deux variations de panneaux de verre orientés et inclinés avec maîtrise. Au-delà de l’indéniable réussite esthétique, c’est encore une fois un effet physique qui est recherché. Chaque verre est en effet incliné tant sur son axe horizontal que vertical de manière à ce que les rayons solaires impactent de façon moins directe sur la façade. La légère inclinaison du verre lui donne une orientation quelque peu fuyante face aux rayons solaires. La qualité des verres et des éléments de façade alliée à ce design optimisé selon l’orientation de chaque portion de façade en font un concentré de haute technologie.

Les installations géothermiques comprennent 108 forages d’une profondeur de 250 mètres alimentant des pompes à chaleur qui assurent les besoins en chaleur et rafraîchissement. Le bâtiment compte un maximum de neuf niveaux avec un point culminant à 51 mètres de haut. Il offre une surface utile d’environ 28000 m2 sur lesquels s’articule un programme fait majoritairement de bureaux en open space, d’espaces collaboratifs et de salles de réunion. Le bâtiment comporte également un centre de conférences doté d’un auditorium, d’un restaurant ainsi que d’un fitness. Une garderie d’une capacité de 104 places, destinée tant aux enfants des collaborateurs qu’aux familles du quartier, est construite dans un bâtiment à côté et complète le projet de JTI dans la zone.zzCHR HS_JTI 8 - copie

Sur la bonne route, mais …

Révision de l’AIMPCHR HS_AIMP marchés publics 1

La révision du droit des marchés publics est en route. La procédure de consultation concernant l’Accord intercantonal sur les marchés publics (AIMP) a commencé en automne 2014, suivie par la publication de l’avant-projet de nouvelle loi sur les marchés publics (AP-LMP). Les projets développés par la Confédération et les cantons font évoluer le droit des marchés publics de manière globalement appropriée. L’harmonisation visée conforte le marché intérieur. La sécurité juridique et la flexibilité des procédures sont également accrues. Néanmoins, les milieux professionnels regrettent un nombre trop important d’articles ainsi qu’une marge de manoeuvre extrêmement réduite au niveau cantonal.

L’avant-projet du nouveau droit des marchés publics est disponible depuis le printemps dernier. La procédure de consultation s’est poursuivie jusqu’au 1er juillet. Un groupe de travail, composé de représentants des adjudicateurs, a élaboré l’avant-projet. Les cantons ont également pris part à ce processus; ils ont d’ailleurs publié un projet d’Accord intercantonal sur les marchés publics (AIMP) à l’automne 2014. Les deux projets coïncident certes sur de nombreux points; ils comportent néanmoins aussi des différences. Professeurs à l’Université de Fribourg, Jean-Baptiste Zufferey et Hubert Stöckli, respectivement président et directeur de l’Institut du droit de la construction, ont publié un commentaire juridique paru dans «La Vie économique» (revue éditée par le SECO et le DEFR), que nous vous résumons ici.

La révision clarifie le champ d’application de la loi, une amélioration bienvenue au vu des nombreuses incertitudes actuelles. On peut mentionner en particulier les difficultés inhérentes à la définition d’un marché public ainsi qu’à celle des pouvoirs publics et des entreprises publiques. D’autres précisions appréciables concernent la limitation des concessions et la soumission des services juridiques à cette même loi.

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Dur dur, la procédure                                                                                            

Depuis toujours, le droit fédéral des marchés publics autorise les négociations, y compris celles qui concernent les prix. Cette possibilité demeure dans le projet et c’est le droit (inter)cantonal qui propose de s’aligner. Cette solution est judicieuse dans son principe, car l’interdiction des négociations favorise des pratiques douteuses, que l’on observe en particulier lors de la mise au point du contrat après l’adjudication.

La révision du droit fédéral en cours ne devrait toutefois pas dépendre du fait que les cantons puissent se résoudre ou non à lever leur interdiction de négociations; il ne s’agit pas d’une question capitale. De toute façon, les cas dans lesquels des pourparlers sont possibles resteront limités. Le projet provoque même une nouvelle restriction, dans la mesure où il n’autorise désormais plus les cycles de pures négociations sur les prix. Cela représente une limitation considérable sur le plan fédéral; il n’est toutefois pas encore clair si la Confédération veut véritablement introduire cette restriction.

CHR HS_AIMP marchés publics 7Le projet introduit la procédure du «dialogue compétitif» pour les commandes très complexes ou qui portent sur des prestations innovantes. Cette procédure se pratique dans l’Union européenne, où elle fait souvent l’objet de lois spéciales. Elle doit permettre aux parties de développer la prestation désirée en commun et donc de discuter entre elles de leur futur contrat, sans être empêchées par la rigidité de la procédure de soumission. Un tel dialogue se pratique déjà avec un certain succès.

On ne sait pas exactement comment le dialogue compétitif devra se dérouler; le projet de révision de l’Ordonnance sur les marchés publics (OMP) ne contient pas de disposition sur cette procédure. On peut, par exemple, se demander comment l’adjudicateur choisit son interlocuteur et comment il rémunérera les droits de propriété intellectuelle des participants.

L’avant-projet aborde le «contrat-cadre». Il est certain que cet instrument a besoin d’être réglementé, car le marché-cadre se pratique de plus en plus. Il permet d’éviter de trop nombreux appels d’offres. Toutes les questions que soulève cette procédure d’adjudication – le projet d’OMP n’en donne aucune précision – seront à traiter à la lumière du droit européen, très développé en la matière.

Au surplus, le projet propose quantité de petites précisions qui seront extrêmement utiles aux praticiens parce qu’elles mettent fin à des controverses. En voici quelques exemples: une étude de marché préalable à l’appel d’offres n’entraîne pas la préimplication du mandataire; pour déterminer la valeur d’un marché, tous les éléments de la rémunération doivent être pris en compte, en particulier les primes, les commissions et les intérêts attendus, à l’exclusion de la TVA; la procédure de gré à gré peut être concurrentielle.

CHR HS_AIMP marchés publics 5Il faut également mentionner les précisions apportées au régime des variantes ainsi que la nouvelle possibilité de prévoir plusieurs phases d’évaluation et de ne continuer la procédure qu’avec les trois offres les mieux classées. Les autorités adjudicatrices disposeront de pouvoirs accrus pour contrôler la méthode de calcul du prix proposé par les soumissionnaires. Ce régime peut être critiqué. Il serait, en particulier, dérangeant que les adjudicateurs obtiennent par ce biais le droit de supprimer par décision administrative chez leur partenaire contractuel toute rémunération qui dépasserait les coûts («cost plus fee»).

Ce ne sont là que quelques-uns des points principaux qui animent le débat. Bien rodée et globalement bénéfique, la LMP a encore de grandes marges d’amélioration.

Les milieux professionnels regrettent notamment un nombre trop important d’article. « Cette densité normative, font-ils savoir via l’association de la construction de la Suisse romande, ne laisse pratiquement plus aucune autonomie aux cantons alors que le système actuel d’un accord-cadre a globalement fait ses preuves. » L’association relève également un enjeu politique, puisque les cantons ne pourront plus exercer de compétences, hormis sur des questions résiduelles et secondaires, alors que les parlements cantonaux n’ont d’autre choix qu’accepter ou refuser l’AIMP.

Comme neufs, voire mieux!

Viaducs de ChillonCHR HS_infrastructures Chillon 1

Les travaux d’assainissement des viaducs de Chillon touchent (enfin) à leur terme. Une intervention majeure qui dure depuis quatre ans et qui rend aux usagers des ouvrages comme neufs, voire mieux!

Ouverts à la circulation en 1969, les viaducs de Chillon comptent parmi les ouvrages d’art les plus spectaculaires du réseau autoroutier suisse. Ils assurent, dans des conditions géomorphologiques exigeantes, la fluidité du trafic entre la plaine du Rhône et Vevey. Avec une fréquentation d’environ 50000 véhicules par jour, ils accueillent notamment une quantité importante du trafic de loisirs le vendredi soir, le samedi matin et le dimanche. Les pointes atteignent jusqu’à 7300 véhicules par heure.

Leur dégradation s’est accélérée ces dernières années jusqu’à exiger un assainissement conséquent. Approuvés en 2011, les travaux visaient à mettre en conformité les ouvrages avec les normes désormais en vigueur.

Les étapes 2012 et 2013 ont permis de remplacer les bordures et les dispositifs de retenue sur chacun des deux viaducs. Le renforcement des piles pour respecter les exigences parasismiques a démarré en 2013. Des investigations complémentaires menées en 2012 ont finalement mis en lumière des présences de RAG (Réaction Alcali-Granulat). En conséquence, les travaux sur les viaducs se sont prolongés d’une année et s’achèveront sous peu.

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Place à l’innovation

Les solutions traditionnelles étudiées (épaississement de la dalle avec du béton armé, renforcement de la dalle par collage de lamelles de fibres de carbone) ne sont pas optimales. La première comporterait une augmentation importante du poids propre que les viaducs ne seraient en mesure de reprendre qu’avec un lourd et coûteux renforcement de la structure primaire, la deuxième n’améliorerait que trop peu la résistance à l’effort tranchant.

Ce sont les carences de ces deux premières variantes qui ont ouvert la voie à la mise en place de BFUP (béton fibré ultraperformant): pour une masse volumique similaire à celle d’un béton, ce nouveau matériau offre des propriétés de module et de résistance (notamment à la traction) bien supérieures, ce qui permet de pouvoir travailler en couche mince.

«amélioration de la résis- tance à la exion, à l’effort tranchant et à la fatigue»

Des recherches et développements menés à l’EPFL depuis quinze ans ont démontré l’important potentiel d’amélioration de la résistance à la exion, à l’effort tranchant et à la fatigue d’une dalle en béton armé par la pose d’une couche de BFUP qui, en plus d’être plus étanche, permet de créer une section mixte.

Les essais effectués préalablement ont montré que le renforcement d’un élément de dalle en béton armé au moyen d’une couche de BFUP armé permet d’obtenir une augmentation de la résistance ultime de plus de 50%, le maintien d’un comportement structural ductile de l’élément renforcé et des modes de rupture flexionnels lorsque la résistance ultime est atteinte.

L’ajout d’une couche de 40 mm de BFUP a fait passer l’épaisseur de la dalle de roulement de 180 à 220 mm. L’augmentation de poids a pu être compensée par une réduction de l’épaisseur du revêtement de 100 à 75 mm, qui fait que les charges permanentes ne sont que peu modifiées. Les joints longitudinaux entre les quatre étapes de BFUP sont situés où les moments transversaux sont positifs, c’est-à-dire lorsque le BFUP est en compression.

Afin d’améliorer le comportement transversal et d’augmenter la résistance de la dalle de roulement, une armature transversale a systématiquement été ajoutée dans le BFUP.

CHR HS_infrastructures Chillon 3En résumé, la mince couche de BFUP armé disposée sur l’ensemble de la surface des tabliers permet de renforcer la dalle de roulement à la flexion, à l’effort tranchant, au poinçonnement et à la fatigue, de renforcer le système longitudinal global, de limiter le développement des déformations futures et d’empêcher l’apport d’eau dans le support contaminé par la RAG.

Les mandataires et l’entreprise en charge des travaux ont mis en place une centrale de production in situ et développé une machine capable de réaliser la pose des 2400 m3 de BFUP nécessaires.

Grâce à cet engagement, à une préparation détaillée et à un cumul de compétences non négligeable, le renforcement de la dalle de roulement des viaducs de Chillon au moyen du BFUP armé a été réalisé avec succès dans le court délai imparti et sans difficulté notable. Le coût des travaux BFUP se monte à 230 francs/m2 de surface de roulement, ce qui est économique au regard des exigences. Cette réalisation exemplaire fait d’ores et déjà l’ob- jet d’études au niveau international.

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(Informations et images: OFROU)

A mi-parcours

Tunnel de Pinchat CEVA, Genève

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Voilà quatre ans que le premier coup de pioche de CEVA a été donné. Avec le percement du tunnel de Pinchat, célébré le 8 octobre dernier, le chantier franchit une étape importante. La connexion des secteurs Carouge ― Bachet et Val d’Arve marque symboliquement la mi-parcours dans la réalisation de l’ensemble de CEVA.

Oubliées les années de bataille et de procédure, depuis quatre ans déjà c’est la réalité du terrain qui occupe l’actualité de CEVA. Les chantiers ont mis la ville sans dessus dessous. Si pour certains les désagréments de surface semblent interminables, en souterrain les travaux avancent à un rythme soutenu.

La réalisation du tracé est divisée en sept secteurs. En partant de la gare Cornavin ceux-ci sont: St-Jean−Jonction, La Praille, Carouge−Bachet, Val d’Arve, Champel− Hôpital, Genève−Eaux-Vives et Trois- Chênes.

Les deux premiers empruntent un tronçon de voies existant qui néanmoins nécessite des adaptations dont la plus importante est la reconstruction du tablier du viaduc de la Jonction. S’y ajoutent l’adaptation des tunnels de St-Jean et de la Bâtie (ripage et abaissement des voies pour offrir le gabarit suffisant, création des chemins de fuite, gaines techniques), la modification de l’alimentation des voies (15000 V/25000 V avec commutation automatique), ainsi que la création de diverses bifurcations et de parois anti-bruit.

Le secteur de La Praille couvre l’ensemble de la zone de la gare de marchandises de La Praille ainsi que la station actuelle de Lancy−Pont-Rouge, qui sera remplacée par une toute nouvelle gare. Celle-ci aura une place centrale dans la vie du futur quartier Praille-Acacias-Vernets dont les premières esquisses commencent à se concrétiser.

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De là, CEVA poursuit sa course essentiellement en souterrain suivant un tracé entièrement réalisé pour l’occasion. Le secteur Carouge−Bachet, tout d’abord, qui s’étend du siège des TPG jusqu’à l’Office cantonal des automobiles et de la navigation (OCAN) et qui comporte la construction de l’une des cinq nouvelles stations ainsi que le percement du tunnel de Pinchat. C’est sans doute le secteur le plus complexe techniquement, la halte étant située sous un carrefour principal réunissant un maximum de contraintes (autoroute, route, trams, bus, chambres SIG, collecteurs et autres réseaux). Puis vient le secteur Val d’Arve. A peine sortis du tunnel de Pinchat, les trains circuleront dans une tranchée couverte, franchiront l’Arve grâce à un pont et plongeront dans le tunnel de Champel qui marque le début du secteur suivant dénommé Champel−Hôpital. C’est ici que trouvera place la station la plus profonde du réseau, logée 25 mètres sous la ville entre l’avenue de Miremont et le plateau de Champel. Le secteur comprend également un tunnel de liaison piétonnier avec l’hôpital universitaire (HUG).

La réalisation du secteur Genève−Eaux- Vives, le moins étendu en longueur absolue, comporte des travaux conséquents et durera 72 mois. Il s’agit ici de construire une nouvelle gare, à 16 mètres de profondeur, ainsi que les tranchées couvertes Théodore-Weber et Frank-Thomas, le tout dans un périmètre extrêmement urbain et dense. La déviation d’une importante galerie Swisscom sera par ailleurs nécessaire.

«ouvriers et engins sont mis à rude épreuve»

Le dernier secteur, dénommé Trois-Chêne, court sur près de 4 kilomètres. Il s’agit principalement ici de construire une tranchée couverte afin d’enterrer et de doubler l’ancienne ligne ferroviaire. La réalisation de ce tronçon est ponctuée par la construction de la station de Chêne. Il comporte également la création d’un passage inférieur à la hauteur du chemin de Grange-Canal ainsi que la construction d’un pont sur la Seymaz en remplacement de celui existant. C’est aussi dans ce secteur que sera aménagée une voie verte.

Connexion!                                                                                                                     Le 8 octobre dernier, les deux fronts du tunnel de Pinchat se sont rejoints, à 30 mètres de profondeur, sous la route de Troinex. Trois ans après le début de ce chantier, ce moment fort a été célébré par ceux qui œuvrent à sa réalisation.

Le percement du tunnel de Pinchat vient, à son tour, marquer un jalon dans la concrétisation de CEVA, permettant à ses extrémités, Carouge−Bachet et Val d’Arve, d’être ainsi réunies. C’est également pour les ouvriers un temps fort, un moment clé de la concrétisation de cet ouvrage.

Durant la première année, les travaux ont consisté à réaliser les accès au tunnel, soit le puits d’attaque du Bachet et la tranchée couverte de la voirie de Carouge, permettant à la creuse de débuter à la fin de l’été 2013. Cent cinquante ouvriers ont ainsi travaillé pendant plus de 780 jours.CHR HS_CEVA Pinchat 3

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Long de 2100 mètres, le tunnel est aujourd’hui entièrement creusé sur sa demi-section, soit sa partie haute, la calotte. Les travaux s’achèveront dans une année et demie, le temps d’excaver sa partie basse, le stross, et de réaliser le radier et le revêtement. Suivront les phases d’équipement.

L’objectif de mise en service de CEVA, qui permettra au réseau régional LEMAN Express de se déployer sur 230 kilomètres de ligne et de relier 45 gares de part et d’autre de la frontière franco-suisse, reste décembre 2019.