1000 membres disent STOP

Charte sécurité                                                                                                         Chaque année, plus de 180000 personnes assurées auprès de la Suva sont victimes d’un accident professionnel, soit une centaine d’accidents par heure de travail. La Charte de la sécurité a justement pour but de réduire le nombre d’accidents.

L’entreprise de construction Les Fils de Léon Sarrasin SA à Martigny vient d’en devenir le millième membre et s’engage à ancrer fermement les règles de sécurité dans la pratique. «Devoir annoncer à une femme ou à des enfants qu’un époux ou un père de famille a été victime d’un accident grave au travail est lourd à porter», explique Léonard Sarrasin, directeur de l’entreprise de construction Les Fils de Léon Sarrasin SA. Et c’est pour éviter autant que possible d’être confronté à ce genre de situation qu’il a signé la Charte de la sécurité. Tout en étant conscient que le fait d’avoir apposé sa signature sur ce document ne signifie pas qu’il se soit déjà entièrement acquitté de ses obligations dans le domaine de la sécurité au travail.

«en cas de danger, chacun a le droit et le devoir de dire STOP»

Avec l’aide de la Charte de la sécurité, il veut simplement faire passer un message sans ambiguïté auprès de ses 45 collaborateurs: en cas de danger, chacun a le droit et le devoir de dire STOP. Des représentants de la Suva ont salué l’engagement de l’entreprise implantée à Martigny et lui ont symboliquement remis un exemplaire géant de la Charte. «La Charte de la sécurité est une aide pour susciter l’adhésion et ancrer la compréhension des règles de sécurité dans les entreprises. La Charte est également une légitimation autorisant à dire STOP en cas de danger et à ne reprendre le travail qu’après rétablissement ou mise en œuvre des conditions de sécurité», déclare André Meier, chef de la division Sécurité au travail à la Suva. «Aucun travail n’est suffisamment important pour risquer sa santé ou celle de ses collaborateurs», ajoute André Meier.

Préserver 250 vies ensemble                                                                                            La Charte de la sécurité jette un pont entre la campagne «Vision 250 vies» et les «règles vitales» élaborées par la Suva en collaboration avec différentes branches. En même temps, la Charte de la sécurité est une déclaration de volonté publique de l’ensemble des parties prenantes qui s’engagent à observer et à imposer systématiquement les «règles vitales» de la Suva. «Chaque règle est facile à appliquer, mais il faut l’intérioriser et y penser», souligne André Meier. Avec la mise en œuvre de «Vision 250 vies», la Suva veut réduire de moitié en dix ans le nombre des accidents professionnels mortels d’ici à 2020. Elle veut préserver 250 vies et éviter tout autant de cas d’invalidité grave. •

Informations:                                                                                                    www.suva.ch

Touche pas à mon échafaudage!

La Société des Entrepreneurs Suisses en Echafaudages (SESE) lance une campagne de sensibilisation contre la modification irréfléchie des échafaudages.

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Les échafaudages sont l’élément central parmi les équipements de sécurité sur les chantiers. Ils sont mis en place par des entreprises spécialisées qui se portent garantes de la vie des ouvriers et de tous ceux qui vont les emprunter jour après jour. Toutes les entreprises qui se côtoient et se succèdent sur le chantier vont utiliser cet équipement. Il en devient tellement familier que beaucoup n’hésitent pas à y apporter des modifications.

La thématique a été affrontée par la Société des Entrepreneurs Suisses en Echafaudages lors d’une conférence de presse tenue le 18 mars dernier à Olten dans le cadre de la campagne de sensibilisation intitulée «Stop! Pas de manipulation de l’échafaudage».

Au cours des dernières années, force est de constater que les modifications inappropriées des échafaudages sont de plus en plus fréquentes. Les raisons qui poussent un collaborateur à un tel geste – dont la portée est le plus souvent sous-estimée – sont multiples. Les conséquences aussi. Il s’agit d’un affaiblissement du système de sécurité qui peut être la cause d’accidents graves, voire même mortels, de dommages matériels, de retards dans l’avancement des travaux, d’une hausse des frais d’assurance ou encore de sanctions juridiques.

Selon les enquêtes de la SESE, les principaux responsables de ces manipulations sont les constructeurs de façades et les plâtriers- peintres, avec respectivement 25% et 20% des cas recensés. Suivent les entrepreneurs (18%), les couvreurs (15%), les constructeurs de fenêtres (6%) et les constructeurs métalliques (6%). La modification la plus fréquente est le retrait du garde-corps, mais le démontage des consoles ou le retrait des ancrages ne sont pas rares non plus.

Les situations et les types de travaux qui poussent à ces actions sont liés le plus souvent à un accès à la façade, à l’encombrement et au traitement des matériaux, au montage des ascenseurs, des tuyaux et des conduites ainsi qu’au montage des éléments de façade et des fenêtres.

OLTEN/AG, 18. MAERZ 2015 - STOP! KEINE MANIPULATION AM GERUEST: Die Referenen der heutigen Medienkonferenz in Olten.  In den letzten Jahren musste vermehrt festgestellt werden, dass Gerueste von den Benutzern abgeaendert werden. Die Gruende sind mannigfaltig, die Konsequenzen ebenfalls: Schwere Unfaelle, Unfaelle mit Todesfolge, Versicherungskosten, Materialschaeden und rechtliche Sanktionen. Ziel der Kampagne «Stop! Keine Manipulation am Geruest» des Schweizerischen Geruestbau-Unternehmer-Verbandes SGUV ist es, Aenderungen am Geruest, die das Unfallrisiko erhoehen, und ihre schwerwiegenden Folgen zu verhindern. ths/Photo by: E.T.STUDHALTER / SGUV / SUVA ABDRUCK HONORARFREI

 

Les entreprises d’échafaudages sont conscientes que l’équipement qu’elles mettent en place peut devenir gênant lors de certaines opérations. Lors de la conférence, il a été mis l’accent sur l’importance de la collaboration entre direction des travaux et entreprises. Josef Wiederkehr, président de la SESE, a déclaré: «Malgré la sensibilisation menée par les milieux professionnels et les cours que nombre de collaborateurs du bâtiment suivent, déléguer la responsabilité à chaque utilisateur d’échafaudage n’est pas acceptable. Seul un spécialiste peut réellement détecter les dangers et y remédier à temps. Les projets de construction actuels sont de plus en plus complexes et les délais serrés. Vu cette situation, la planification et la préparation du travail gagnent en importance. Il faut donc planifier et coordonner les divers types de travaux et leur déroulement de manière prévoyante.»

Lorsque la direction des travaux planifie correctement les différentes interventions, elle anticipe les moments où les échafaudages devront être modifiés et peut faire intervenir le spécialiste. Celui-ci transforme l’échafaudage afin que la phase de travaux en question puisse avoir lieu en toute sécurité et que l’échafaudage soit ensuite remis dans son état optimal. L’idée qu’il s’agit là d’une inutile perte de temps doit être éradiquée. Pour trop de collaborateurs, il semble si facile d’ôter un garde-corps et d’enjamber les quelques centimètres de vide qui séparent l’échafaudage de la façade sans autre mesure. C’est justement cette impulsivité, malheureusement typique des hommes de terrain guidés par leur esprit pratique et leur volonté et poussées par le stress omniprésent, qui est à la source de beaucoup d’accidents. De plus, même s’il ne se passe rien sur le moment, il est fréquent que l’échafaudage ne soit pas remis dans son état, mettant ainsi en danger tous les utilisateurs successifs, ignorant la malversation et confiants dans le système de sécurité.

L’objectif de la campagne «Stop! Pas de manipulation de l’échafaudage» de la SESE est d’empêcher des modifications sur l’échafaudage augmentant le risque d’accident et des conséquences graves. Les entreprises membres de la SESE afficheront des plans au bas de chaque escalier et attireront l’attention de chaque utilisateur. Des petites affiches seront placardées dans les baraques de chantier et dans les dépôts. Le slogan sera également pré- sent directement sur les échafaudages. •

Informations: www.sguv.ch

La Cigale devient fourmi

Coopérative La Cigale, Genève

CHR 6_rénovation_cigale 3Lauréat de deux prestigieuses récompenses en 2014 – le Prix Solaire Suisse et le Prix cantonal du développement durable –, le projet de rénovation de la coopérative La Cigale fait aujourd’hui office d’exemple. Le 5 juin dernier, le site a été choisi pour accueillir la cérémonie du Concours cantonal du développement durable 2015.

La réhabilitation de la coopérative La Cigale constitue un cas-pilote unique en Suisse en raison de la rénovation de ses bâtiments certifiée Minergie-P® et de l’ensemble des solutions innovantes déployées dans le cadre des travaux effectués. Soutenue par l’OFEN, une telle opération a vocation à être reproduite. 

En 2010, c’est le constat de l’importante consommation de mazout des deux immeubles de la coopérative qui a incité Brolliet SA, en charge de leur gestion, à proposer une rénovation à ses sociétaires. L’objectif est alors clair: rendre le site datant des années 50 moins énergivore, donner une nouvelle jeunesse à ses 273 appartements tout en offrant un cadre de vie plus confortable, plus écologique et plus économique à ses habitants.

Ce projet ayant été accepté, l’ensemble des acteurs réunis dans le cadre de ce dossier, soit les sociétés Brolliet SA, Signa-Terre SA, François Baud et Thomas Früh, BG Ingénieurs Conseils SA et les SIG, a alors élaboré une opération aux visées ambitieuses: une réduction de près de 70% des besoins en chaleur des bâtiments dans l’optique d’obtenir une certification Minergie-P®. Pour cela, le plan de rénovation imaginé s’est articulé autour de deux volets. D’une part, le pool de spécialistes en présence a opté pour une enveloppe de bâtiment à même de réduire fortement la consommation d’énergie. D’autre part, un concept de chauffage tout à fait novateur est adopté avec un système de production d’eau chaude et de chauffage assuré par une toiture solaire alimentant des pompes à chaleur ou directement les réseaux de chauffage; des bacs à glace permettent le fonctionnement du système en cas de stratus. Initié en 2013, le chantier a eu une durée exemplaire, puisqu’il n’a pris qu’un an, de manière à préserver la qualité de vie des habitants et à réduire les nuisances au minimum. Par ailleurs, la quasi-intégralité des opérations a été effectuée depuis l’extérieur des bâtiments, permettant aux sociétaires de rester chez eux durant toute la période des travaux.

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Haute performance énergétique                                                                                Les travaux terminés, La Cigale constitue une des plus grandes rénovations durables suisses labellisées Minergie-P®. Ces travaux ont divisé par cinq les besoins énergétiques totaux des 273 appartements. En outre, dans leur concept global, ces derniers ont intégré le solaire thermique pour la production de chauffage et d’eau chaude sanitaire (ECS). Des installations thermiques d’une surface totale de 1700 m2 produisent près de 52% des besoins énergétiques totaux des immeubles, incluant la consommation domestique. Ceci étant, cinq pompes à chaleur avec comme source d’énergie deux stocks d’eau alimentés par les toitures solaires assurent une plus grande indépendance aux énergies fossiles. De plus, la rénovation Minergie-P® et les capteurs solaires thermiques non vitrés installés ont contribué à faire chuter les émissions de CO2 de 1961 à 183 tonnes par an (–91%).

Par sa taille, cette opération à haute performance énergétique est un cas unique en Suisse et son impact est considérable, puisqu’il représente 98% de la surface Minergie-P® des transformations du canton de Genève. L’obtention de ce label sur des volumes si conséquents en fait une première sur le territoire helvétique. Soutenu par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), il s’agit d’un cas-pilote inédit par l’ensemble des solutions sociales, écologiques, financières mobilisées et tout à fait reproductible à l’échelle nationale. Par ailleurs, de tels travaux ont démontré qu’un partenariat actif entre pilote, équipe de spécialistes et maître d’ouvrage est une des clés du succès.

Finalement, l’effort s’est également porté sur l’aspect des loyers. Un plan financier a été établi par l’agence immobilière Brolliet afin de trouver un équilibre économique en adéquation avec la volonté de la coopérative. Le résultat a permis de limiter les hausses de loyer et de les maintenir au-dessous du marché, soit de –50% environ.

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Réduction confirmée                                                                                                    Un an après la fin du chantier conduisant à l’obtention de la certification Minergie-P®, l’analyse des résultats de la consommation énergétique primaire est très concluante, puisque l’on observe une réduction de cette dernière de l’ordre de 81%. A noter que 75% de l’énergie consommée provient d’énergies renouvelables.

D’autre part, ces analyses ont également révélé que des améliorations inhérentes à la régulation du système de chauffage per mettraient de baisser davantage encore la consommation d’énergie primaire de 26% à 40%. Ceci fait, les habitants de La Cigale seraient alimentés à hauteur de 95% par des sources d’énergies renouvelables. Enfin, à signaler que des économies d’énergie pourraient encore être réalisées en poursuivant le travail de sensibilisation auprès des habitants pour que leur comportement de consommation se rapproche autant que possible du standard Minergie-P®.

Terrain d’expérimentation

Bâtiment ME, EPFL                                                                                                 CHR 6_epfl_ME 13Après la réussite de la réhabilitation du bâtiment des services centraux, Steiner SA et DPA Dominique Perrault Architecture poursuivent leur intervention sur le campus de l’EPFL avec la transformation de l’ancienne halle de mécanique. Dès l’automne, celle-ci abritera des laboratoires interdisciplinaires, des salles de séminaires et des espaces de travaux pratiques. Cet immeuble servira aussi de terrain d’expérimentation pour les scientifiques de l’EPFL, qui prévoient d’étudier le déplacement des personnes à l’intérieur des locaux, mais aussi d’optimiser la gestion énergétique du nouvel édifice.                                                             

Construit à la base pour abriter le Centre de Neuroprothèses de (CNP), le nouveau bâtiment de mécanique, qui se dresse flambant neuf en face du Rolex Learning Center de l’EPFL, accueillera bientôt des laboratoires de la faculté STI actifs en microtechnique (IMT), mécanique (ME) et bioingénierie (IBI). Il abritera également des salles de travaux pratiques pour les étu- diants, ainsi que de nombreux espaces de vie et de travail.

Imaginé par l’architecte français Dominique Perrault, auquel on doit notamment la Bibliothèque nationale de France à Paris, il est réparti sur quatre étages et étalé sur 8000 m2. «Suite au départ du CNP pour le campus Biotech de Genève, le bâtiment a été repensé en tant que lieu multithématique, favorable à la création de synergies», explique Patrick Pugeaud, du service des Infrastructures de la faculté STI. Les unités de recherche ont été réparties selon leurs affinités scientifiques.

On trouvera ainsi, au rez-de-chaussée, des unités de recherche en mécanique et un auditoire, ainsi qu’une cafétéria. Le premier étage comprendra des chaires de robotique et de mécanique, un atelier de montage robotique et des salles d’étude en open space. Pour les travaux pratiques en électronique et en mécanique, les étudiants devront se rendre au deuxième étage, où se situeront également des groupes actifs en simulation mécanique et en simulation des matériaux. Enfin, le troisième étage, le plus lumineux, sera dédié à la bioingénierie et aux travaux pratiques en science des matériaux.

La particularité de l’édifice réside toutefois dans son atrium lumineux et vitré de 700 m2 et de 17 m de hauteur, qui perce le bâtiment en son centre et inonde de lumière pratiquement tous les étages. Quadrillé de passerelles servant à relier les étages entre eux, l’atrium sera avant tout un lieu de rencontre et de collaboration. «Les grandes passerelles fonctionneront comme des espaces de travail et de rencontre. Quant aux petites, elles seront principalement des lieux de passage», commente Elvio Alloi, chef de projet du bâtiment. A chaque niveau, un espace de l’atrium sera réservé aux expositions, pour la mise en valeur de certaines recherches.

Laboratoire géant                                                                                                     Outre sa fonction de bâtiment standard, l’édifice jouera aussi le rôle de laboratoire géant pour la communauté de l’Ecole, qui pourra y pratiquer diverses expérimentations. Son atrium ouvert se révèle particulièrement propice à ce genre d’exercices.

Pour l’heure, les expériences s’articulent autour de deux axes: l’étude des déplacements et du comportement des usagers en temps réel dans les différents locaux; et le développement d’un modèle de gestion énergétique du building.

L’axe énergétique impliquera plusieurs professeurs des facultés STI et IC. Il est notamment prévu d’utiliser le bâtiment comme une batterie de stockage virtuelle, capable de modifier sa consommation d’électricité en fonction de l’état du réseau électrique. «Les pics de production d’électricité liés aux fluctuations des énergies renouvelables provoquent des instabilités dans le réseau électrique. Pour les amortir, on peut soit utiliser des batteries onéreuses, soit effectuer des variations de température subtiles dans un bâtiment intelligent, qui devient ainsi une batterie virtuelle», explique Jean-Yves Le Boudec, professeur en IC. Selon ce modèle, l’édifice peut faire varier sa consommation électrique sur demande, sans que les usagers s’en rendent compte.

Pour établir leur modèle de monitoring, les chercheurs utiliseront les capteurs de luminosité, d’humidité et de température présents dans des pièces représentatives, pour comprendre le déplacement de l’air dans les locaux et les conséquences liées à un pré-chauffage matinal ou à des arrêts très courts du système de chauffage, par exemple.

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Didactique et participatif                                                                                                   En parallèle, le groupe de recherche du professeur Maher Kayal, professeur en STI, adoptera une approche très différente. Il s’agira d’inciter l’humain à devenir proactif, en adaptant son comportement de sorte à faire baisser sa consommation en énergie. L’idée consiste à afficher sur une tablette la consommation en énergie en temps réel (électricité, eau chaude, etc.), et de comparer le score obtenu à celui du bureau voisin. «Nous voulons placer l’homme au centre de la réflexion, car il peut agir sur son environnement pour autant qu’on l’informe correctement», commente Maher Kayal.

Pour mener cette expérience, trente-deux des nouveaux bureaux seront équipés de capteurs placés sur les prises électriques, ainsi que d’une tablette, développés par eSMART, start-up de l’EPFL. La tablette, qui peut également être reliée à un smartphone, permettra aux usagers de prendre connaissance en continu de leur consommation. «Un peu à l’image des systèmes qui, dans les automobiles, affichent la consommation en essence en temps réel», poursuit le professeur. Il s’agira par la suite de pousser le concept encore plus loin, en indiquant le prix de l’énergie, par exemple, ou encore le moment auquel l’énergie doit être consommée, selon la production en énergies renouvelables dans le réseau électrique. «Ce système peut fonctionner sur n’importe quel bâtiment. Il pourrait donc être intégré très facilement», ajoute encore le professeur.

D’autres groupes de scientifiques émanant des facultés ENAC, STI et IC prévoient quant à eux d’étudier l’évolution des flux de personnes à l’aide de caméras vidéo et de fibres optiques. Les données récoltées seront traitées par des systèmes de traitement de signaux et d’images. «La dalle du rez-de-chaussée et les escaliers menant au premier étage du bâtiment abritent des fibres optiques et nous avons déjà prévu les emplacements pour plusieurs caméras», précise Pascal Vuilliomenet, adjoint scientifique à l’EPFL. Dans leurs enregistrements, les scientifiques se concentreront uniquement sur la foule et non sur les individus, de sorte à respecter la vie privée de chacun. L’identité des usagers ne sera par exemple jamais enregistrée. «Cette étude nous permettra de comprendre comment le bâtiment est utilisé, et comment l’environnement architectural peut influencer le comportement de groupes», commente Pascal Fua, professeur en IC.

A terme, l’EPFL espère que de nombreux projets interdisciplinaires de ce type pourront être menés dans ce bâtiment. «Nous invitons les chercheurs à venir s’approprier ces lieux et à y mener des projets de recherche et de formation inédits», ajoute Pascal Vuilliomenet.

Et moi, et moi, et moi

Editorial

massimo portrait 4Nous y revoilà. Entrepreneurs et syndicats sont à nouveau face à face au sujet de la convention nationale du secteur principal de la construction. Ou plutôt non, justement, ils ne sont pas face à face, les négociations étant objectivement entravées.

Le secteur emploie près de 85000 personnes en Suisse. Bien sûr, son histoire compte des pages d’abus et de combats. Mais, dans notre pays, sa force est surtout celle du partenariat social et de la paix du travail. Les conditions de travail et des travailleurs se sont grandement améliorées. La convention nationale de la construction est saluée par beaucoup comme étant la meilleure, tous secteurs confondus. Pour rappel, elle prévoit un salaire minimal de 5500 francs (x13) pour les maçons titulaires d’un CFC et de 4600 francs (x13) pour les travailleurs sans formation professionnelle, la semaine de 40,5 heures, cinq à six semaines de vacances, le paiement du salaire pendant 720 jours en cas de maladie ou d’accident et la retraite anticipée à 60 ans. Entérinée par le SECO et validée par le Conseil fédéral, elle a valeur de loi pour tout le secteur; même les entreprises non affiliées doivent s’y tenir.

Certains détails techniques peuvent éventuellement être encore améliorés et reviennent périodiquement dans les discussions. Les syndicats souhaitent élaborer une définition plus précise – et stricte – de la notion d’intempéries avec des obligations de fermeture totale des chantiers à partir d’une certaine température. Ils demandent une lutte plus acharnée contre le travail au noir et la garantie du maintien de l’âge de la retraite à 60 ans.

Le bras de fer actuel est d’autant plus surprenant que, sur le terrain, les entreprises ont depuis longtemps déjà adopté de nombreuses mesures pour limiter la pénibilité des tâches, assurer la sécurité et protéger la santé des collaborateurs, notamment par la signature de la «Charte sécurité» qui stipule le droit et le devoir de tout un chacun de dire stop lorsque les conditions de sécurité ne sont pas garanties. Le travail au noir nuit à la saine concurrence. Il est fortement combattu par les entreprises, par exemple avec l’introduction des badges personnels pour tous les travailleurs et des contrôles d’accès sur les chantiers de plus en plus systématiques. Par ailleurs, bien que son financement doive être ajusté, la retraite à 60 ans n’est jamais remise en cause.

«Les jeunes aiment les honneurs et perdent les guerres.»

Les partenaires se doivent le respect. Pourtant, ces dernières années, les syndicats, et en particulier Unia, se sont évertués à affaiblir le partenariat social et à rendre le dialogue plus tendu, préférant les annonces-chocs par médias interposés, les manifestations ou les menaces, plutôt que la table des négociations. La création du « service d’analyse des risques » fièrement mis en place à Zurich, est un manque de fair-play flagrant. Cela équivaut pour les entreprises de la place à jouer un match dans lequel l’arbitre est, certes, membre de la fédération, mais également employé de l’adversaire! Le conflit d’intérêts est patent!

Dans L’Iliade, Homère fait dire au sage et âgé Nestor: «Les jeunes aiment les honneurs et perdent les guerres.» Alors que l’euro tremble, que l’économie continentale peine à se reprendre, que le franc fort pèse sur la Suisse, que le marché immobilier se complique, que les convictions radicales d’une minorité tiennent en otage la planète et que bien des certitudes du passé sont remises en cause, Unia et ses quelques «jeunes têtes» à la recherche de gloire feraient bien d’y réfléchir. La guerre ne se gagne pas en trompant son partenaire. Une vision plus large et un dialogue réellement constructif représentent une bien meilleure défense des travailleurs et de leurs emplois.

Depuis 50 ans dans votre poche!

Manuel pour cadres de la construction

Construction manager and engineer working on building siteAu printemps 1965, l’auteur Franz Büchel souligne dans la préface de la première édition du Manuel pour cadres de la construction qu’il n’est plus possible, sur un chantier, de
ne se fier qu’à son expérience et son sentiment. Pour respecter les règles de l’art de construire, il faut donc absolument mettre à disposition des cadres de la construction un ouvrage leur exposant les règles, directives et processus de travail importants et nécessaires à l’usage quotidien. C’est le commencement d’une réussite qui dure depuis 50 ans.

L’idée d’un manuel pour cadres de la construction germait depuis déjà longtemps dans l’esprit des organisateurs de cours de perfectionnement pour contremaîtres à Zurich. La SUVA, la Police des constructions de la ville de Zurich, l’Office des travaux publics zurichois ainsi que le Service de recherches et conseils techniques en matière de ciment et béton Wildegg ont également mis à disposition leur précieuse expérience. Cadres de la Construction Suisse, connue à l’époque sous le nom de Fédération suisse des contremaîtres, et son président central Konrad Buff furent immédiatement disposés à participer à la création de cet ouvrage.

Fondée en 1911, la Fédération suisse des contremaîtres organisait chaque mois des cours de perfectionnement, des exposés et des présentations de produits. Mais c’est 54 ans plus tard que tous les conducteurs de travaux et contremaîtres purent enfin tenir en main un ouvrage complet, adapté à leurs exigences. En 1965, la première édition de 3000 exemplaires fut si rapidement épuisée que, la même année, 4000 exemplaires durent être réimprimés.

Prêts pour le download                                                                                                     En 1967, le précieux manuel fut édité pour la première fois en italien puis, en 1973, en français. La 14 édition du manuel a permis d’atteindre en 1988 la barre des 50 000 exemplaires. Un chiffre remarquable! La préoccupation constante des auteurs est celle d’être toujours au top niveau du développement technique. Les nouveaux acquis et techniques du bâtiment entraînent également de nouveaux dangers. Outre d’excellentes explications textuelles, le manuel veille à documenter, avec des images optimales, le maniement correct et à faciliter ainsi la compréhension et l’exécution des tâches.

« près de 120 000 exemplaires en 50 ans »

Le chapitre A est un élément important pour les utilisateurs du manuel. Il comprend les sections «Formation des apprentis», «Carte de qualification, feuille d’évaluation des apprentis et ouvriers» ainsi que le «Lexique en usage sur les chantiers en allemand, italien, espagnol et français». Ils couronnent une excellente littérature spécialisée, indispensable aux conducteurs de travaux, contremaîtres, planificateurs, architectes, ingénieurs et écoles professionnelles contemporains. En 2011, le comité central a en outre décidé de proposer pour la première fois une application avec la 27è édition. (informations: www.baukader.ch)

La modularité en plus!

Modulis Business Park, VersoixCHR 5_modulis 1

Aux portes du canton de Genève, Modulis Business Park propose 9600 m2 de surfaces administratives. En préambule, une phase de travaux spéciaux. Au final, des bureaux modulables et efficients. Entre deux, une construction exemplaire menée par Implenia Entreprise Générale.

La ville de Versoix, située aux portes du canton de Genève, jouit d’une position enviable. Au cœur de la région lémanique, proche des pôles économiques de Genève, Nyon et Lausanne, à deux pas de l’auto- route et de l’aéroport, elle cumule de nombreux avantages. Etendue sur les rives du Léman, la bourgade conserve une ambiance villageoise et lacustre et une convivialité qui semble suspendue dans le temps.

Diverses opérations immobilières d’envergure ont récemment ajouté des touches de DocarDFSK_F_220x280pxmodernité au cœur même de la ville et en ont enrichi l’offre commerciale, hôtelière et résidentielle. Le projet que nous présentons ici s’inscrit dans cet élan.

Modulis s’adresse aux entreprises du secteur tertiaire, pour leurs activités de front, middle et back office. Il présente une élégante architecture extérieure recourant à des matériaux de qualité. Doté de quatre étages sur rez-de-chaussée pour une surface totale de 9600 m2, l’ensemble propose à la location de beaux et lumineux espaces intérieurs. Divisibles dès 400 m2, les plateaux sont disponibles au gré du preneur et laissent une grande liberté d’aménagement et d’équipements.

Comme son nom l’indique, ce bâtiment se distingue par sa modularité, qui offre aux locataires une grande liberté de composition. Modulis est bâti en quatre unités bien pensées et parfaitement adaptées aux besoins des entreprises de dimension moyenne à grande.

Entre autres avantages, le niveau de loyer est particulièrement attractif et la localisation en périphérie de Genève est une solution idéale face aux encombrements du trafic. Le cadre agréable et la proximité du lac sont plus qu’un simple argument commercial. Ils assurent aux entreprises qui s’y installent confort et efficacité (nombreuses places de parking en sous-sol, situation directement le long de la route de Suisse, axe direct et particulièrement fluide relié à l’aéroport par l’autoroute, gare de Pont-Céard à 5 minutes à pied). CHR 5_modulis 4

Business class                                                                                                               La construction a débuté en septembre 2012 par une première phase de travaux préparatoires. La parcelle, qui était en friche, a été mise en forme et excavée jusqu’à environ 12 mètres de profondeur. La proximité immédiate de la route de Suisse a nécessité l’installation de parois berlinoises, afin de garantir une parfaite stabilité du soutènement durant la phase du terrassement, jusqu’au fond de fouille.

La proximité immédiate du lac n’a pas créé de difficultés particulières, si ce n’est le creusement de quatorze puits pour le pompage de l’eau jusqu’à l’assainissement complet.

Une cinquantaine de forages destinés à la géothermie ont également été réalisés. Profonds de 160 mètres, ils sont répartis sur toute la surface de terrassement et participent au concept énergétique, tant pour le chauffage que pour le refroidissement, dans le respect des exigences du label MINERGIE®. En toiture, les capteurs solaires sont dédiés à la production de l’eau chaude.

Le volume total est articulé en quatre unités, ce qui permet de répondre aisément à des demandes diverses, dès 400 m2. Les plateaux sont baignés de lumière naturelle, les circulations et la communication interne agréables et simples. Les faux plafonds actifs et les faux planchers techniques sont la combinaison optimale pour les exigences de confort des usagers.

Les surfaces ont été mises à disposition des locataires, comme prévu par le planning, au mois de mars dernier. CHR 5_modulis 2

Quand les barrages vieillissent

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Le béton est très durable. C’est pourquoi il s’agit du matériau de construction le plus utilisé au monde. Mais le béton vieillit lui aussi. Des fissures apparaissent alors, comme conséquence de la réaction alcali-granulat (RAG). Selon des estimations, il est possible que 10 à 20 % des barrages des Alpes suisses soient concernés par cette dégradation répandue, également nommée le «cancer du béton». Un projet de recherche à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) élabore une base afin que les ingénieurs puissent réagir de manière appropriée à la formation de fissures.

Par Dr Benedikt Vogel (OFEN)

Il existe plus de 200 lacs de barrage dans les Alpes suisses. L’un d’entre eux est le lac de Salanfe au-dessus de Martigny (VS). Le barrage construit en 1952 mesure 52 m de haut et a une couronne de plus de 600 m de long. Quelque 230000 m3 de béton ont été utilisés pour ce barrage de taille moyenne. Les générateurs dans le bâtiment des turbines fournissent fiablement du courant depuis des décennies. Il s’agit d’un lac de barrage tout à fait normal pour les randonneurs qui admirent les Alpes valaisannes. Mais les DocarDFSK_F_220x280pxapparences sont trompeuses. Il y a quelque temps, on a pu constater que les murs en béton se dilataient sur des périodes prolongées, de façon certes très lente mais mesurable. Plus tard, on a constaté que cette dilatation s’accompagnait de petites fissures. Ce processus qui se poursuit très lentement mais continuellement au fil des années peut provoquer une dilatation de plusieurs centimètres. Un processus qu’il n’est pas possible de stopper selon les connaissances actuelles.

Le barrage de Salanfe présente les signes de vieillesse typiques du béton. Le phénomène a été observé pour la première fois sur un barrage suisse au milieu des années 90. Depuis lors, plusieurs barrages des Alpes ont été concernés. La cause de cette altération est un processus physique-chimique très lent: la réaction alcali-granulat (RAG). Cette réaction provoque de fines fissures à l’intérieur du béton. Avec le temps, ces fissures peuvent s’étendre jusqu’à la surface et provoquer l’apparition de réseaux visibles.

Des fissures sur un barrage – cela ressemble à une menace imminente. Karen Scrivener est professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et experte en RAG. Elle ne voit aucune raison de s’inquiéter: «Dans de nombreux cas, les conséquences de la RAG sont si minimes qu’on ne peut pas véritablement parler d’altération du béton. Les barrages suisses sont soumis à une surveillance stricte qui permet de détecter d’éventuels dangers de manière précoce», affirme-t-elle.

« le béton gonfle lentement »

Même s’il n’existe aucune menace imminente actuellement, les fissures dans les barrages font l’objet de recherches intenses. Depuis environ dix ans, Karen Scrivener, ingénieur britannique en génie des matériaux, étudie le phénomène pour les matériaux de construction dans un laboratoire de l’EPFL. La réaction alcali-granulat a déjà fait l’objet de trois doctorats rédigés dans sa chaire. Une expérience financée par l’Office fédéral de l’énergie et Swisselectric Research analyse actuellement et sur plusieurs années le comportement du béton en cas de RAG. Pour compléter l’expérience, les scientifiques de l’EPFL élaborent des modèles mathématiques afin de pouvoir comprendre de manière aussi réaliste que possible les processus qui se déroulent dans le béton.

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Sous pression                                                                                                                Le Dr Cyrille Dunant travaille dans un labo- ratoire souterrain de l’EPFL. C’est là que le collaborateur scientifique de Karen Scrivener a monté sa dernière expérience sur quelques mètres carrés. Cet ingénieur en génie des matériaux de 35 ans veut analyser à quelle vitesse le béton se dilate sous l’influence de la RAG. Contrairement aux expériences précédentes, le nouvel essai tient compte du fait qu’un barrage concerné par la RAG ne peut pas se dilater librement. La pression exercée sur les différents côtés permet d’agir contre la dilatation: celle du lac de barrage, du massif avoisinant et du poids propre du béton.

Six cylindres en acier inoxydable de 150 cm de hauteur et 30 cm de diamètre ont été construits en laboratoire en collaboration avec des collègues scientifiques. Ces cylindres contiennent des échantillons de béton entourés d’eau dans lesquels une RAG a lieu. Chaque échantillon de béton, dans l’ordre d’essai vertical et horizontal, est exposé à des pressions différentes situées entre 0 et 15 mégapascals (ce qui correspond à 150 bars). L’expérience est en cours depuis déjà dix mois et doit durer encore au moins aussi longtemps. Les capteurs mesurent le niveau de dilatation dû à la RAG des échantillons de béton dans les cylindres en acier inoxydable toutes les 30 secondes. Les valeurs de mesure sont transmises à un ordinateur installé dans la salle voisine par le biais d’un câble en fibres de verre. «L’expérience est encore en cours et nous ne sommes pas encore en mesure d’en tirer des conclusions définitives, affirme Cyrille Dunant, mais ce que nous avons mesuré jusqu’à présent nous a extrêmement surpris.» En dix mois, le volume des échantillons de béton a augmenté jusqu’à 0,7 %. Contrairement à ce que Dunant avait prévu, la pression ne semble pas empêcher l’expansion du béton.

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Besoin d’espace?                                                                                                           Si ce résultat se confirme au cours de l’expérience, cela voudrait dire que la dilatation provoquée par la RAG du béton a lieu même sous pression. Cela signifie-t-il que la menace est bien présente? Cyrille Dunant répond par la négative: «Dans ce cas, le danger ne serait pas plus grand mais différent de ce que nous pensions jusqu’à présent.» Les résultats du laboratoire de l’EPFL fournissent en effet des informations importantes aux ingénieurs sur la manière de procéder au mieux avec les barrages concernés. Jusqu’à présent, nous avons rénové les barrages en ouvrant des fentes afin de créer de l’espace pour la dilatation du béton. C’est ainsi que le barrage de Salanfe a été assaini il y a deux ans: les ingénieurs ont fait 22 entailles de 11 mm d’épaisseur avec un fil diamanté. Ces entailles, comme le supposent les ingénieurs, augmenteraient la sécurité des barrages car le béton subit moins de dommages s’il peut se dilater.

Cyrille Dunant veut vérifier cette hypothèse. Comme supposé jusqu’à présent, il admet l’éventualité que le béton ne se dilate pas proportionnellement à la quantité de gel de silice formé par la RAG mais proportionnellement au nombre de fissures. «Si l’expérience confirme mon hypothèse, ce serait une grande découverte pour les ingénieurs spécialisés en barrages. Cette découverte pourrait permettre dans certains cas d’éviter les entailles dans les barrages à l’avenir », dit-il. Les chercheurs de l’EPFL soulignent également que nous ne pourrons jamais renoncer complètement aux entailles. Ces dernières sont nécessaires, par exemple pour éviter les déformations du bâtiment des turbines susceptibles d’altérer la génération d’électricité. L’assainissement par entailles serait également judicieux pour le barrage de Salanfe en raison de sa géométrie particulière. Cela s’applique aussi à d’autres barrages suisses.

Ces réflexions montrent l’importance que l’expérience de longue durée réalisée au sous-sol de l’EPFL pourrait prendre. Dans un premier temps, Cyrille Dunant doit faire preuve de patience. Avec son expérience, il a imité un processus qui prend un demi-siècle dans la nature. Pour ne pas avoir à attendre les résultats aussi longtemps, le chercheur accélère le processus en laboratoire. Grâce à une température plus élevée, la dilatation du béton due à la RAG a lieu en accéléré. C’est pourquoi la température est de 38 °C dans le laboratoire. Ainsi, la dilatation du béton est environ 20 fois plus rapide que dans la réa- lité. Et les chercheurs obtiennent les résultats 20 fois plus vite.beton alcali

Bétonnez, respirez!

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Le Pavillon de l’Italie est l’un des plus visités de ces premières semaines de l’Exposition universelle de Milan. Sa façade est réalisée en ciment i.active Biodynamic qui, sous l’effet de la lumière du soleil, capture certains polluants de l’air.

DocarDFSK_F_220x280pxL’Exposition universelle de Milan a ouvert ses portes le 1 mai dernier. Le thème «Nourrir la planète, énergie pour la vie» veut couvrir tout ce qui touche à l’alimentation, au problème de la sous-alimentation dans certaines régions du monde et à celui de la nutrition. L’Exposition est un lieu de réflexion et de discussion sur les différents moyens jusque-là mis en œuvre pour tenter de trouver des solutions aux contradictions de notre monde. La réflexion sur le thème est aussi un moment de partage et de fête, grâce à des rencontres, des événements et des spectacles. La manifestation regroupe 148 participants officiels (145 pays et 3 organisations internationales).

Au-delà du thème, chaque Exposition universelle ou internationale est l’occasion de proposer des architectures et des matériaux innovants. Le Pavillon de l’Italie est parmi les plus visités de ces premières semaines d’exposition. C’est un bâtiment au plan carré d’environ 58 m de côté qui s’élève de 25 m. Les espaces intérieurs se développent sur plus de 13000 m2. Les six niveaux accueillent des expositions, des events ainsi que des zones institutionnelles et représentatives du Gouvernement italien et des excellences du «made in Italy». Lorsque l’Expo fermera ses portes, le 31 octobre, le bâtiment deviendra un pôle pour l’innovation technologique.

Son architecture, signée du bureau romain Nemesi & Partners, suggère une «forêt urbaine». Les ramifications de sa façade sont à la fois primitives et hautement tech- nologiques. Les 9000 m2 de l’enveloppe résultent de l’assemblage de panneaux pré- fabriqués de béton lisse et lumineux dont la beauté plastique captive les regards… et bien plus.

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De l’air!                                                                                                                             En effet, le béton des plus de 900 éléments de façade – chacun unique dans son dessin – possède des caractéristiques novatrices.

Il s’agit du nouveau ciment i.active Biodynamic, fruit de la Recherche et Développement de la société Italcementi. Le nom du produit fait écho à ses fonctionnalités innovantes. Le préfixe «bio» est donné par les propriétés photocatalytiques du nouveau ciment, obtenues grâce au principe actif TX Active breveté par le cimentier italien. Au contact de la lumière du soleil, le principe actif présent dans le matériau permet de «capturer» certains polluants dans l’air, en les transformant en sels inertes et en contribuant ainsi à en débarrasser l’atmosphère. Le mortier comporte également l’utilisation de 80% de granulats recyclés, provenant en partie de morceaux de marbre de Carrare, ce qui lui donne une luminosité plus élevée que les ciments blancs traditionnels.

«capturer certains polluants»

La «dynamique» est une caractéristique propre à ce nouveau matériau dont la fluidité permet la réalisation de formes complexes. Grâce à sa maniabilité particulière, i.active Biodynamic peut s’incorporer facilement dans les coffrages pour épouser parfaitement la forme finale du panneau, tout en assurant une excellente qualité de surface. Ce nouveau matériau présente également des caractéristiques de maniabilité et de résistance supérieures en comparaison avec le mortier classique. Il a une fluidité initiale trois fois supérieure (300 mm contre 100 mm), il est deux fois plus résistant à la compression (plus de 60 MPa par rapport à 30 MPa pour les mortiers classiques) et deux fois plus résistant à la flexion (plus de 10 MPa par rapport aux 5 MPa des mortiers classiques).CHR 5_béton_expo2015_2 CHR 5_béton_expo2015_5 CHR 5_béton_expo2015_6 CHR 5_béton_expo2015_7

Gliss’en Ville

Couverture_Editions_Juin2015-660x330C’est maintenant! Venez tous à Gliss’en Ville, l’événement de l’été!                       Un toboggan géant de 200 m installé à la Rue Voltaire! Glissez et vivez l’événement de l’été organisé par le journal Nouvelles édité par Publi Annonces, également éditeur de Chantiers & rénovation. Plus d’infos ici: www.glissenville.ch